Jean-Michel Cousteau

Jean-Michel Cousteau

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        Jean-Michel Cousteau prolonge la remarquable odyssée des fonds marins, à l'image de son père; ce nouveau chapitre n'a pas fini de nous en apprendre sur un prédateur hors du commun, le Grand Requin Blanc.

    Jean-Michel avait déjà approché cet animal à plusieurs reprises au cour de sa vie, notamment en Australie au début des années 90. Cette fois, il nous entraîne avec son équipe dans les eaux froides d'Afrique du sud, près de Cape Town (cliquez sur la carte pour l'agrandir).

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    Dans cette expédition française de 8 personnes, avec Jean-Michel, se trouvent son fils Fabien, des plongeurs parmi les plus expérimentés de la planète, et aussi un des plus grands spécialistes du Grand Requin Blanc est à bord du Swallow (catamaran de 10m): Andre Hartman. Une équipe américaine de cameraman, spécialisée dans les prises de vue sous-marines, assiste nos amis à bord d'un plus petit bateau, le Black Cat. Un troisième bateau, le Moby Dick, est là pour la sécurité et le support technique.

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De gauche à droite: Fabien Cousteau, Andre Hartman, J.-M. Cousteau.

    L'équipe tient son quartier général dans le petit port de Kleinbaai (voir carte). Après une semaine de mauvais temps, les rayons de soleil du petit matin et la mer calme redonne le sourire à l'équipe qui s'empresse de préparer le matériel nécessaire pour leur "aventure". L'excitation est à son comble sur le Swallow!

    à environ 5 miles des côtes, les bateaux formant un cercle jètent l'ancre. Le fond n'est qu'à 9-12 mètres ici. L'eau est froide, mais supportable. Hartman s'occupe d'attirer les Grands Blancs dans les parages grâce à sa "recette-mixture spéciale", constituée de foies et de tripes de requins, "comme ils aiment" dit-il! Il jète également par dessus bord la tête d'un thon attachée à une corde.

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Vue d'hélicoptère sur le Swallow. Le Grand Blanc vient de mordre à l'appât.

    Jean-Michel Cousteau et Hartman s'équipent maintenant pour leur plongée avec combinaisons étanches, palmes, tubas et longues piques pour éventuellement repousser un requin trop entreprenant. Leur entrée dans l'eau se fait calmement, sans clapotis, "pour ne pas effrayer les requins" dit Hartman! Les deux hommes nagent lentement; l'équipe est juste derrière eux, caméras en main. 

    Après 10 minutes d'attente, on entend des cris provenant des bateaux: "il y en a un ici, ici!". La nageoire dorsale d'un grand blanc vient de fendre la surface de l'eau à environ 15 mètres de nos hommes. Ceux-ci peuvent distinguer l'œil noir et les reflets blancs de la peau du requin qui arrive droit sur eux, comme une torpille! Notre hôte ne mesure pas moins de 6 mètres. Un autre Grand Blanc ne tarde pas à les rejoindre et les deux requins entament une "danse" circulaire autour des bateaux.

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    Yves Lefèvre, un des cameraman, connaîtra ici une des plus grandes peurs de sa vie lors de la 3eme plongée dans des eaux un peu plus profondes (15m); alors que le requin n'était plus qu'à un mètre derrière Yves occupé à filmer Jean-Michel, François Sarano, un des plongeurs, fût obligé d'utiliser sa longue pique pour éloigner ce requin qui s'était fait oublier un instant. On venait de frôler l'accident; Lefèvre serra la main de Sarano, pendant que Cousteau félicitait le professionnalisme de son équipe.

    Puis, incroyablement, cela arriva! Cousteau est juste au dessus du requin. En deux coups de palmes, il arrive à le rejoindre et à le toucher du bout des doigts. Il attrapa la nageoire dorsale du requin entre son pouce et un doigt (moment critique!). Est-ce que le requin va accélérer ou essayer de le "désarçonner" et de lui faire lâcher prise? Cousteau ne sentit aucune résistance et pour quelques secondes, le requin le promena!

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La surprenante "chevauchée" de Cousteau, agrippé à la nageoire dorsale d'un Grand Requin Blanc.

    Après 30 minutes, la plongée prend fin et nos plongeurs éblouis regagnent le bateau. Ce qui vient de se passer est unique et l'équipe est en train de le réaliser! Hartman dit à Cousteau qu'il pourra inscrire ça dans son livre des records: en effet, après cette plongée, Cousteau est devenu la 16ème personne à nager avec un Grand Requin Blanc sans cage de protection!

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L'équipage français se réjouit de sa performance.

    Cousteau et Hartman font le point sur leurs diverses plongées lors de cette expédition. Laissons la parole aux experts... Ils ont dit:

Jean-Michel Cousteau Andre Hartman
"Nager librement avec un Grand Requin Blanc est quelque chose que mon père n'a jamais fait, mais je sais qu'il aurait adoré."

"Je crois fermement que les Grands Blancs ont été imprudemment décrits comme des créatures démoniaques et qu'ils ne sont pas des tueurs d'hommes assoiffés de sang, plus particulièrement si vous évoluez avec eux dans leur environnement."

"La vérité, c'est que j'aime l'océan, j'aime plonger. J'aime m'égarer des humains et être avec la nature. Les requins sont une part de la nature. Et c'est ici, entre toutes ces créatures et cette flore que je recharge mes batteries. C'est pourquoi, si nous protégeons l'océan, nous nous protégeons nous-mêmes."

"J'ai appris à avoir un grand respect et un sens de l'admiration pour le Grand Requin Blanc."

"La longue pique ou débordoir, c'est le meilleur moyen pour esquiver une attaque; ce n'est pas pour frapper le requin, mais bien pour le piquer."

"J'ai peur que quelques cinglés essaient de faire la même chose que J.- M. Cousteau et se fassent tuer. C'est très dangereux, et penser en faire un sport serait la plus stupide chose qui pourrait arriver."

"Une grande préparation et un planning sérieux sont nécessaires, ainsi qu'une équipe d'experts."

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Reportage de Tally Pozzoli pour "Diver magazine" (mars 2001).

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