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À
l'âge de quatre ans, je rêvais de devenir missionnaire en Afrique.
Je ne crois pas que c'était pour sauver des âmes.
J'associais plutôt les longues robes blanches aux lions, aux
éléphants et aux grands singes de la jungle.
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Ce rêve
avait dormi dans mon subconscient durant plus de soixante ans. Ma
réponse positive à la proposition que me fit un ami, un
jour de juin 1990, de le remplacer dans un projet pédagogique en
Afrique de l'Ouest me sembla tout à fait naturelle.
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| Le projet. |
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La CONFEMEN (Conférence des Ministres de
l'Éducation des pays ayant le français en partage) venait
de décider de produire une collection de manuels de
mathématique pour l'ordre primaire dont les auteurs principaux
seraient des enseignants africains. C'est ainsi que le Bénin, le Burkina
Faso, le Burundi, le Cameroun, le Congo, la Côte-d'Ivoire, la Guinée, le Mali, le
Sénégal, le Togo, la Communauté
française de Belgique, la France et le Québec avaient amorcé, l'année
précédente, cette ambitieuse entreprise. Les trois pays
du Nord en assureraient le soutien technique et pédagogique.
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Pendant cinq ans j'ai
participé à titre de consultant, à plusieurs
séminaires de travail à Bouaké en
Côte-d'Ivoire ainsi qu'à Bamako au Mali et à Mons
en Belgique.
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Grâce
à la compétence et la disponibilité d'un large
éventail international d'institutions et de personnes, nous
avons pu ainsi produire une série complète de manuels et
de guides pour les six années du primaire. Je tiens à
souligner le précieux apport de Jean-Claude JANSSENS, de
Belgique, sans qui le projet n'aurait pas vu le jour, de Jean-Claude
Guillaume, Thérèse PAGÈS et Philippe BLIN,
coopérants français, André Fournier
(Québec), Abdoulaye OUATTARA et Moussa TRAORE respectivement
directeur et directeur adjoint du Centre de Production de
Côte-d'Ivoire, Ibrahima Camara (Guinée), Gbakou AKOU
(Côte-d'Ivoire), Edjidi KOFFI (Togo), Benoît MIAKALOUBANZA
(Congo), Dieudonné Zoué BEKOUNG (Cameroun), Cyprien
RUPIYA (Burundi), Mansour SY (Sénégal), Dramane TRAORE
(Mali), Douro TALL (Burkina Faso), Edmond Magloire KOSSOU
(Bénin), ainsi que tous les membres de ces cellules nationales.
Voilà pour le boulot.
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Durant deux longues sessions de quatre mois chacune, nous avons
pu,
mon épouse Francoise et moi-même tisser des liens
étroits avec des
êtres exceptionnels. Moussa, mon ami, directeur adjoint du
Centre de
Formation et de Production des matériels didactiques de
Côte d'Ivoire,
m'a fait un peu mieux comprendre la culture africaine. Sa
conjointe
Fati, une excellente institutrice et une hôtesse
fabuleuse, nous a
initié à la nourriture ivoirienne, alors que pour les
repas quotidiens
il faisait bon se retrouver chez Bamba Long pour déguster ses
fameux
nems arosés d'une flaguette froide.Béman était notre homme de confiance.
Entrepreneur en construction de paillottes, il consacrait le plus fort
de son temps à essayer de nous faire plaisir. Nous avons
visité tout le pays en sa compagnie, des cascades et du pont de
lianes de Man aux tisserands de Korogo en passant par les
potières de Katiola. Il était notre guide dans les
villages traditionnels, nous servant souvent d'interprète. Il
aurait bien voulu nous suivre avec son fils au Québec.
La
Côte-d'Ivoire est un très beau pays qui gagnerait à
être mieux connue.

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