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Daria

L'Humour Vache


NEWS : la fin de la série


Comme le dit l'adage, "heureux les simples d'esprits car le royaume des cieux leur appartient." Il est vrai que c'est beaucoup moins guilleret quand on a un cerveau pour se rendre compte de tout ce qui tourne de traviole en ce bas monde, et qu'en plus on est entouré de spécimens peu reluisants de l'humanité. Voilà résumé en quelques mots l'argument de "Daria".

Ultime rempart contre la bêtise : l'humour corrosif. De ce côté-là, Daria est de l'acide fluorique concentré (si je me souviens bien de mes cours de chimie, c'est pire que le sulfurique, même le verre ne permet pas de le conserver très longtemps...).


Une famille en or :

17 ans, 1m60, lycéenne américaine de son état (avouez que déjà c'est pas de bol pour quelqu'un doté d'un tant soit peu de sens critique et de personnalité), Daria se balade dans l'ennuyeuse petite ville de Lawndale en tenue commando - toujours la même d'ailleurs, comme Albert Einstein - : godillots noirs assortis à sa jupe anti-glamour, veste verte informe (je pense que c'est pur hasard si ce sont les couleurs des Atréides), à l'opposé de sa jeune soeur Quinn, fashion victim absolue.

Quinn (aussi appelée Queeny) est autant l'archétype de l'ado américaine telle qu'on l'imagine dans nos pires cauchemars (obsédée de son look et membre émérite du club de mode - ci-contre -, un pois chiche en guise de cervelle, la mode et les garçons populaires pour seul horizon) que Daria en est l'antithèse (élève binoclarde brillante quoique pas enthousiaste, totalement étrangère au désir de plaire ou de se conformer à un quelconque modèle en vogue, ce qui est une tare absolue aux USA). Conclusion logique : les deux s'évitent autant que possible, et Quinn a tant honte de sa soeur qu'elle la fait passer auprès de ses amies du club de la mode (dont elle est la vice-présidente) pour une vague cousine hébergée par ses parents.
ci-contre : Quinn, Stacy et Tiffany, toutes trois membres du club de la mode.

Leurs géniteurs ne valent guère mieux : le père, Jacques, est un brave type un peu (beaucoup) dans la lune, carrément absent de sa vie familiale (il demande même un jour l'âge de Daria à Jane...) et totalement frustré par sa vie médiocre, son enfance mal vécue et son épouse qui réussit mieux que lui, au point qu'il frise parfois la démence.
Elaine, la mère est une avocate pleine de punch et surtout d'ambition, qui se fie aux bouquins des psychologues pour gérer ses relations (quasi-inexistantes) avec ses filles, sans succès vu la totale futilité de l'une et l'abyssale (in)différence de l'autre. Empathie : 0. On se demande vraiment si ces 4-là on des gènes en commun.


Friends in Black : y'a pire en face

C'est en cours de "sociabilisation", si je ne m'abuse, où Daria avait été envoyée d'office pour cause de non-participation à la vie associative du collège, qu'elle a rencontré Jane Lane, qui devint vite sa meilleure amie.

Si si, Daria a une vie sociale. Car ses jugements lapidaires sur ses congénères, pour implacables qu'ils soient, ne sont pas des condamnations, mais de simples constats dénués d'animosité.

Bien sûr, Jane n'est pas n'importe qui : c'est avant tout une artiste torturée, qui peint des oeuvres d'avant-garde franchement glauques, s'habille en noir de préférence, et pose sur le monde un regard presque aussi désabusé que Daria.

Elle vit seule avec son frère aîné Trent, le reste de sa famille étant le plus souvent par monts et par vaux : leurs parents, deux soeurs et un autre frère plus âgés, tous un peu hippies / new age, avec qui Trent et Jane sont peu en accord, eux qui sont plutôt du côté obscur de l'anti-conformisme.

erratum : après avoir vu des épisodes que j'avais initialement ratés, je me rends compte que Trent et Jane ne vivent pas seuls comme je l'avais dit, mais avec leur mère Amanda. Seulement celle-ci est tellement plus occupée par ses poteries que par le reste du monde, et partisane de laisser les enfants libres et responsables, semble-t-il, qu'on ne la voit quasiment jamais.

Trent passe le plus clair de son temps à composer et jouer avec son groupe Mystic Spiral, une sorte de rock alternatif metal-gothique. Pour des raisons mystérieuses et indépendantes de sa volonté, Trent est la seule personne connue à ce jour à avoir suscité en l'imperturbable Daria des émotions de son âge, à savoir un léger - mais persistant - béguin. Ca n'a débouché sur rien de concret jusqu'ici, si ce n'est de franches rigolades chez le spectateur devant les réactions de Daria à cette rare faiblesse de sa part.

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer les paroles d'une chanson de Trent, pour situer le personnage - il l'a composée quand, fait exceptionnel, sa famille était réunie à la maison, et donne un bon aperçu de ses relations avec eux... :

Les murs se rapprochent
Il faut que je décroche
Nulle part où être seul
Ma maison est un linceul
Réfugié du mental, réfugié du mental...

Le reste de la famille Lane au grand complet (un "spécial perron") :
la mère le père Wind Penny Summer Courtney et Adrian
Amanda, la mère (adepte de la poterie naturelle), le père, parcourant le monde pour le prendre en photo, Wind, le frère aîné, sentimental pathologique qui en est à son 2e divorce, Penny (Penny Lane, elle est pas rigolote celle-là?), revenue du Costa Rica après que sa boutique de cadres en fer blanc ait été consumée par un volcan, Summer, (occupation professionnelle inconnue), dont les 4 enfants passent semble-t-il leur temps à s'enfuir de chez elle (ici Adrian et Courtney, qui se sont invités chez leur grand-mère sans en avertir leur mère).
(le cadrage n'est pas la preuve du manque d'originalité des scénaristes, c'était pour le comique de répétition de l'épisode où apparaissent ces joyeux drilles, un des musts de la série)


Au lycée, c'est l'enfer.

La proviseur, Ms Li Donner, est une arriviste dingue d'armement, qui tente par tous les moyens de faire bien côter son établissement, ou du moins de lui faire quitter les dernières places du classement par état des lycées. Quitte à le farcir de caméras de surveillance, à obliger les élèves à suivre des activités para-scolaires humanitaro-médiatiques ou à profiter de toute opportunité de pub qui lui est offerte.

A cet égard, l'épisode où Daria attire l'attention de Val ("LA Val, du magazine 'Val', la star d'un média résolument orienté vers le pointu") grâce à un devoir sur sa vie de lycée (intitulé "Ma prétendue angoisse existentielle", et envoyé à la rédaction par le trop zélé Mr O'Neil, vu que Daria, on s'en doute, ne lit pas 'Val'...) est assez croustillant.
Une autre confrontation avec une spécialiste de la chirurgie esthétique, décidée à convertir Daria aux vraies valeurs de la vie (la drague, les fringues, la célébrité et la recherche d'un gigolo à sortir dans les soirées) lui vaudra le somptueux (?...) cadeau de deux prothèses mammaires externes, qui lui vaudra ce commentaire de Jane : "Fais pas ta timide, montre-moi tes seins"... (chose faite : Daria les a sortis de leur boîte et lui en a même donné un)

O'Neil
Les profs... L'un, Timothy O'Neil, est pétri de bonnes intentions et joue les bons copains imprégné de sa mission d'enseignement. Mais sa vision idyllique de la vie est souvent battue en brèche par le solide cynisme de Daria, quand ce n'est pas simplement par les dures réalités du monde.

Le prof d'histoire, Di Martino, est un hystérique (vraisemblablement vétéran du Vietnam ou de quelque autre conflit traumatisant) qui ne supporte pas la bêtise de ses ouailles, et est toujours sur le point de fondre un fusible.
Di Martino

Les élèves ne valent pas mieux.

L'inévitable chef des pom-pom girls, Brittany, blonde et court vêtue, piaille comme une truie qu'on égorge dès qu'on la contrarie, c'est à dire en général quand on lui vole la vedette ou qu'on tourne autour de "son Kevin".

Le-dit Kevin étant, bien sûr, le capitaine de l'équipe de foot américain, qui ne quitte pas son équipement, et a dix fois moins de neurones encore que sa petite copine, ce qui le place quelque part sur l'échelle de l'intelligence entre la pierre et le brin d'herbe.

Sandy
Sandy, (image de gauche) pimbêche sans nom, est la chef du club de mode, et donc la rivale (et/ou la meilleure amie) de Queen.

Jodie Landon (image de droite), la première de la classe, est avec Jane l'une des rares personnes avec qui Daria puisse discuter, et ce en dépit du fait qu'elle soit présidente du club de français, vice-présidente du club d'échecs, responsable de l'almanach, membre du club de tennis, populaire et qu'elle sorte avec Mack, un des gars de l'équipe de foot - qui à part cela est lui aussi assez fréquentable. Elle expliquera un jour à Daria qu'elle a l'impression de devoir être la jeune fille black idéale, et que c'est pour continuer à donner un exemple positif aux autres qu'elle reste dans le moule, même si parfois elle aimerait bien pouvoir se lâcher comme Daria.
Jodie

Le bon côté des choses, c'est que ce petit monde donne largement à Daria matière à ses vannes à froid et à aiguiser sa lucidité.

Et nous, qu'est-ce qu'on peut se gondoler! Voilà enfin de quoi nous réconcilier avec les U.S.A. : tout espoir n'est pas perdu s'il y reste des gens capables de pondre et de diffuser une série pareille.

Bon, soit-dit en passant, si quelqu'un sait comment contacter les auteurs, j'ai 2-3 petites questions à leur poser sur leurs diverses sources d'inspiration...




News : la fin de la série

La série s'est achevée aux USA (ainsi que sur Canal+ en mars 2002) sur la 5e saison, où on a vu Daria "s'humaniser" quelque peu - ce qui n'est pas forcément un bien de mon point de vue, même si c'était souvent assez rigolo à voir.

A noter que deux "longs métrages" télé de Daria ont également été produits par MTV - ils ont aussi été diffusés par Canal+, contrairement à ce que j'annonçais précédemment.

Le premier "Is it fall yet?" ("C'est quand l'automne?"), prend place entre la 4e et la 5e saison, et voit entre autre la résolution de quelques questions laissées en suspens à la fin de la 4e série. Notamment, le début de la relation amoureuse entre Daria et Tom, et l'évolution de l'amitié entre Daria et Jane, mise à mal précisément par "l'affaire Tom".

C'est aussi l'occasion de voir Daria obligée par sa mère de bosser pour l'été dans un "centre aéré pour enfants sensibles", avec ses profs O'Neil et Di Martino - on imagine sans peine à quel point ça la réjouit, elle qui adore les enfants...

Le second film, "Is it college yet?" ("C'est quand l'université?"), est situé après la 5e saison, et constitue donc la conclusion de la série.

Suite à sa diffusion sur MTV Europe (merci, merci à l'impérialisme Américain! (pour une fois)), j'ai pondu un résumé sur cette page.

Pour l'instant, seul quelques épisodes et le premier film sont disponibles en DVD Zone 1 (paru aux USA uniquement... A commander en ligne sur les sites américains, donc), et vu le suivi de MTV sur ses séries, rien ne dit que le reste sortira un jour.

Une pétition est en cours sur le site U.S. "Outpost Daria" - cf ci-dessous -, et vous pouvez également écrire à MTV pour leur faire part de votre désir de voir sortir ce petit bijou en DVD.




Quelques liens

Liens vérifiés en janvier 20003

Outpost Daria: le fan-site de référence sur la série, en anglais. Signez-y la pétition pour la sortie de "Daria" en DVD!

Daria a l'insigne honneur de se voir dédié nombre de sites francophones de qualité :


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