Le rat: Aspects techniques.
3.-Techniques.
* Habitat.
En dehors de l'habitat humain, cet animal vit dans les égouts, les talus, les fosses, les meules, des tas de bois, dans les digues, tout le long des canaux, à proximité de l'eau. A la campagne, on le rencontre dans les écuries, les hangars, les greniers, mais toujours dans des endoits peu éloignés de l'eau. Le rat d'égout peut se contenter d'une nourriture frugale, mais il a besoin d'eau. Le rat n'a pas un habitat bien déterminé, on le trouve partout sauf en mer.
* Albinisme.
L'albinisme est une anomalie congénitale consistant dans les diminution ou l'absence de matières colorantes de la peau et des poils qui sont d'un blanc mat tandis que les yeux sont rouges. On en dénombre plus ou moins deux par portées en cas de parents non-albinos.
* Vie communautaire.

Comme chez les hommes, une structure s'impose (ceci sera démontré plus tard dans une expérience). Mais le rat est aussi grégaire. Plusieurs familles, par étroite cohabitation , peuvent former une bande composée de 150 à 200 animaux. Ceux-ci se reconnaissent entre eux probablement par le sens de l'odorat qui est trés développé. Quand une bande de rats occupe un territoire déterminé, tous les sujets de cette communauté en défendent l'accès avec énergie aux autres individus de la bande voisine. D'autre part, il existe, entre les membres d'une même bande, une grande faculté de communiquer entre eux. Quand un rat se trouve en présence d'un appât, il l'examine, l'étudie et le flaire longuement, en observant les alentours et finalement décide s'il doit être consommé ou non par ses semblables. En cas de doute, il leur communique ses craintes pour éviter toutes méprises de leurs parts; il dépose à la surface de l'appât de l'urine ou des excréments. Les rats inexpérimentés sont ainsi à l'abri des accidents.
Chez les mammifères, dont les groupes les mieux étudiés sont les
rongeurs, les
carnivores, les
ongulés, les
primates, on assiste à une socialisation de plus en plus poussée des petits.
Chez les rongeurs, du plus simple au plus structuré, on note un isolementterritorial de la femelle et des jeunes chez l'écureuil, le hamster et le lemming. Chez le castor et le rat musqué, le mâle participe de façon durable à l'activité dans le territoire familial. Les surmulots sauvages forment des groupes multifamiliaux territoriaux sans structure interne définie, tandis que chez les cobayes sauvages, ces groupes qui défendent un territoire contre les autrers groupes,sont chacun strictement hiérarchisés. Chez les marmottes et les lapins, le mâle vit avec un harem de femelles et leurs petits; pendant la reproduction, celles-ci s'isolent sur une portion du teritoire commun. Les chiens de prairie, enfin, forment les sociétés territoriales hiérarchisées les plus structurées et les plus populeuses.
* Reproduction.

Le rat a une périodede gestation de 22 à 24 jours; ensuite, il faut laisser les petits 22 jours avec la mère. La reproduction chez les rats est très intense. La mère peut avoirdes portées plusieurs fois par an de 6 à 12 ratons. On estime que pour chaque habitant dans le monde il existe 2 à 3 rats. Un individu couvert par plusieurs mâles dans des conditions favorables, peut avoir 33 millions d'individus en 3 ans.
Le rôle inhibiteur de la progestérone sur l'ovulation, chez les femelles du rat et du cobaye, a été reconnu depuis longtemps. La progestérone, agissant par rétroaction négative sur l'hypothalamus, diminue le taux des hormones gonadotropesavec réduction de la croissance folluculaire. Après l'arrêt des injections de progestérone,

l'oesytus et l'ovulation se produisent régulièrement.
Mais cette méthode présentait des inconvénients: administration par injections; taux de fécondité relativement bas, du moins lors du premier oestrus.
La découvert essentielle fut la possibilité d'administrationde progestagènes par la voie vaginale.
* La peste.
La peste est l'une des maladies les plus dévastatrices du vingtième siècle. Mais on dénombre aussi 24 millions de victimes entre 1348 et 1352. En 1664, il y a eu 70 000 victimes à Londres et en 1720, 40 000 morts à Marseille. Le rat propage cette maladie, mais il en est aussi la première victime.Le vrai responsable, c'est la puce du rat. Le déclin relatif de la peste dans le monde, à partir des années cinquante, ne signifie nullement sa disparition: il marque seulement la fin de la pandémie moderne durant laquelle la navigation à vapeur a disséminé, avec les rats infecté, la maladie dans tous les ports du monde. Depuis la seconde guerre mondiale,la dératisation (rat-proofing) généralisée à la construction desnavires et des installations portuaires a, peu à peu, éliminé le Rattus («commis voyageur de la peste»). Mais les immenses zones où l'enzootie continue de régner parmi les rongeurs constituent une menace permanente. La situation réelle en matière de peste et son risque potentiel ne doivent pas être appréciés d'après le nombre annuel des cas humains, mais d'après l'étendue et le degré d'activité de ces foyers de peste animale.
* Toilettage.
Le rat se lèche premièrement les pattes avant. Ensuite, il les passent à toute vitesse, sur son dos, sa tête et derrière les oreilles. Pour finir, il se frotte les yeux et le museau.
* Dentition.
Tous les rongeurs ont quatre dents devant (les incisives). Toute leur vie, elles n'arrêtent pas de pousser. Heureusement, elles s'usent quand ils mangent. La face antérieure des incisives est recouverte d'émail très dur, et de ce fait, les dents s'usent en forme de biseau.

* Expériences.
1. Sur l'autonomie.
Les rats étudiés en laboratoire, sont des rats albinos dérivantdu surmulot (rat noir). L'expérience consiste à mettre un rat dansune cage. Chaque jour pendant trois heures, un grillage s'ouvre sur un tunnel long d'un metre cinquante. Au bout, se trouve un distributeur de croquettes. Les premiers jours,le rongeur atteint le distributeur sans avoir à se mouiller. Les jours suivants, de l'eau envahile tunnel. Au bout de deux semaines, le rongeur ne peut atteindre la nourriture qu'en plongeant et en nageant en apnée. Il trempe sa moustache, hésite, mais fini par plonger. Cette opération lui prend quatre secondes. Il ra répète six fois par jour, soit le nombre de croquetes dont il a besoin. Tous les rats, confronté à cette expérience, la réussissent sans problèmes. Didier Desor, du laboratoire de biologie du compertement et de psychologie de l'université de Nancy, réuni alors six rats. Tant qu'il n'y a pas d'eau, tous les rats vont se nourrir. Au bout de Quinze jours, lorsqu'ils doivent plonger, la situation change. Trois rongeurs regusent de se jeter à l'eau. Ce jour là, ils ne mangent pas. Le lendemain, ils vont pourtant se nourrir sans plonger. Comment? En arrachant leur nourriture aux plongeurs. Dès qu'un de ces rats revient avec une croquette, un "fainéant" l'attaque et s'empare de la nourriture. Sur les trois plongeurs, un seul se défend et garde sa croquette, on l'appellera "autonome". Les deux autres devront d'abord rassasié les fainéants avant de se nourrir, on les nommera "transporteurs". Cette structure sociale ne se modifiera plus.

L'équipe du laboratoire s'est alors demandé ce qui se passeraitsi l'on rénissait six transporteurs. Allaient-ils tous plonger? Pas du tout. Le même phénomène s'est reproduit. Trois rats ont refusé de plonger, l'un est devenu autonome, les deux autres sont restés transporteurs. Six non-transporteurs ont alors été réunis et le résultat a été strictement identique. Alors, peut-on parler de maître et d'esclave, de dominants et de dominés? Certainement pas, répond Didier Desor. D'abord, le rat qui résout le mieux le problème est incontestablement l'autonome. De plus, si vous privez le dominant de son ravitailleur,il se révélerat au bout d'un certain temps incapable de s'alimenter. Enfin, il ne devient pas non-transporteur parce qu'il se sent plus fort, mais par inhibition. La preuve? Administrez-lui un tranquillisant du genre Valium, et il plongera. Ces recherches ont mis en exergue l'existence decognition sociale chez lerat. En effet, lorsqu'un non transporteur pousse son congénère à plonger, cette incitation prouve que chacun connaît son rôle. Or, jusqu'à présent, on ignorait qu'à l'intérieur d'un groupe de rats, chacun avait de sa fonction une conscience aiguë. Ces expériences trouvent également des prolongements dans la pharmacologie: les rats réagissent aux mêmes tranquillisants que nous. Le modèle "piscine" apporte un plus, car ces expériences sont effectuées sur une collectivité et non sur des individus isolés. En permettant de mieux déceler les modifications du comportement, elles devraient amener à découvrir de nouvelles molécules ayant échappé à des tests classiques.
2. Sur le métabolisme.
Les recherches de J. Giaja (1938) ont montré que la dépense d'énergie maximale que peut réaliser un mammifère ou un oiseau dans la lutte contre le froid est de l'ordre de trois à quatre fois la valeur de la dépense basale.
Mais Giaja lui-même a déjà relevé que cette valeur dépend fortement de la durée de l'exposition au froid. Il a été constaté récemment que, quand on expose durant vingt-quatre heures à 12°C un rat blanc qui vit normalement à 30°C, sa température centrale commence à baisser tandis que ses échanges respiratoires ne sont que doublés.
Pratiquement, l'augmentation de la dépense d'énergie provoquée par le froid ne se manifeste, chez l'homme, que lors des bains froids. En effet, l'Eskimo et l'habitant des climats tempérés se protège par leurs vêtements contre les basses températures et ne séjournent au froid que le temps indispensable au travail à effectuer en dehors de l'habitat. L'énergie thermique maximale que l'organisme développe dans sa lutte contre le froid constitue ce que Giaja a appelé le "métabolisme de sommet".
3. Sur la mémoire.
L'interprétation des expériences de McGaugh en termes de dualité des mécanismes de mémorisation connu, au cours des dernières annés;es de la décénie de 1970, un regain d'intérêt, car d'autres techniques que l'électrochoc permettent aussi de mettre en évidence une période de consolidation progressive de traces mnémoniques récentes: ainsi, des chocs électriques non épileptogènes (ne provoquant pas de crises épileptiques) appliqués chez le rat dans des structures telles que l'hypocampe ou l'amygdale détruisent des traces mnémoniques récentes, mais n'influent guère sur les traces d'apprantissage ancient; par ailleurs, des stimulations de la formation réticulée mésencéphalique appliquées tout de suite après les séances d'entrainement accélère la rapidité d'apprantissage. Enfin, dans une remarquable série d'expériences, Bloch montre chez le rat qu'après déprivation de sommeil paradoxal pendant 48 heures l'électrochoc reste capable d'effacer les traces mnémoniques d'un conditionnement par épreuve unique. Le sommeil paradoxal apparaît ainsi comme un facteur d'importance primordiale dans la consolidation des traces mnémoniques, puisque son abscence entraine un allongement du temps d'apprentissage; par ailleurs, on constate que la durée du sommeil paradoxal chez le rat normal augmente chaque fois que celui-ci a été soumis à un nouveau type d'apprentissage.

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