En visitant le Sixth Floor Museum à Dallas, je me suis passionné pour l’histoire de Kennedy, peut-être parce que sa politique avait quelque chose d’idéaliste ou parce que des millions de personnes lui avaient rendu hommage aux quatre coins du monde... Cet homme devait avoir quelque chose de vraiment particulier. J’ai donc décidé d’étudier son histoire tant sur le plan politique qu’humain.
Si le personnage politique est intéressant, l’homme l’est davantage. Kennedy, surnommé Jack par ses proches, était le deuxième enfant d’une famille de neuf enfants. Si on parlait de « clan » ce n’était pas à cause du nombre impressionnant de progénitures, mais parce que le père, Joe Kennedy, avait su développer au sein de sa famille une « culture Kennedy ». A titre d’exemple, un de ses petits enfants avait répondu à un journaliste qui lui demandait ce qu’était un Kennedy : « C’est être comme les autres mais en mieux »... Voilà ce qui dominait chez eux : la compétition. Quelque soit le domaine dans lequel se lance un Kennedy, il ne doit pas se contenter de réussir, il doit être le meilleur et particulièrement en politique. C’est donc tout naturellement que Joe avait misé sur son fils aîné, Joe Jr. mais son décès au cours de la seconde guerre mondiale fit porter cet espoir sur Jack (JFK).
Je vous passe les incroyables histoires de rivalités entre Jack et Joe Jr. qui trouvèrent leurs prolongements dans la guerre d’où peut-être la mort tragique de Joe Jr. Quoiqu’il en soit, les Kennedy devaient suivre le destin qu’avaient tracé leurs ancêtres et la famille se mobilisa : il fallait faire entrer Jack sur la scène politique, donc au sénat. Les mauvaises langues prétendent que Joe avait mis tellement d’argent et connaissait tellement de monde qu’il aurait pu faire élire son propre chauffeur ! C’est donc sans surprise que Jack fut élu au sénat. Mais à l’époque ce n’était pas Jack qui était sénateur, c’était son père. Joe lui dictait la politique à mener, lui écrivait ses discours etc. En réalité Joe Kennedy avait dû quitter la politique, son fils était peut-être sa revanche en même temps que sa fierté.
Mais Jack était gravement malade, il portait depuis sa naissance un mal mystérieux qui le clouait au lit régulièrement. De plus sa colonne vertébrale le faisait atrocement souffrir et il dut subir de nombreuses interventions chirurgicales dont certaines faillirent bien lui être fatales. Comment pourrait-il être un jour président alors que ses jours étaient comptés ? Mais un malheur n’arrive jamais seul, peut-être plus particulièrement chez les Kennedy... La petite sœur de Jack, surnommée Kick, se tua dans un accident d’avion avec son amant. Ils partaient tous les deux passer des vacances à Cannes...
Cette seconde mort fut terrible pour Jack. Elle le plongea dans une crise existentielle, pratiquement métaphysique dont il ne sortit que lorsqu’un laboratoire pharmaceutique finit par trouver la molécule qui le sauva de sa maladie. Désormais Jack avait une espérance de vie normale (pour la première fois de sa vie) et il retrouva rapidement la santé. Sa crise existentielle l’avait aidé à se trouver, la scission d’avec son père était enclenchée et c’est seul, avec ses propres convictions qu’il s’engagea dans sa première véritable lutte politique... qu’il perdit. Jack se consola en passant ses vacances en Europe et oublia vite son échec. C’est durant cette période que Jackie perdit son enfant à la naissance. Mais le malheureux père ne semblait guère presser de quitter ni son bateau ni la nuée de jolies filles qui y traînaient...
En réalité Jackie était plus une contribution à son image, qu’une femme que l’on aime. Aux Etats-Unis, comme en France, un président se doit de ressembler au peuple qu’il dirige et doit donc être marié. Hasardeux serait l’homme qui oserait se présenter à la présidence sans une femme à ses côtés... Mais le mariage n’était qu’illusion, on soupçonne même le mari d’avoir tromper sa femme le jour de ses noces ! Quoiqu’il en soit, Jack et Jackie ne s’entendaient absolument pas et Jackie agitait régulièrement le spectre du divorce. Chaque fois c’était Joe qui intervenait pour sauver le mariage en même temps que la possibilité de voir son fils devenir président.
Si Jack commençait enfin à s’individualiser, il n’avait certes pas encore acquis son indépendance, quoiqu’il était déjà animé par son ambition personnelle plutôt que par celle de son père, de sorte qu’il parvenait enfin à se détacher du fantôme de son frère aîné.
Vers la fin 1959 Jack intègre son frère Bobby dans sa campagne présidentielle. Jack, à l’inverse de Nixon, se sert merveilleusement bien des organes de presse et particulièrement de la télévision, son charisme, ses discours l’emportent et Jack devient président des Etats-Unis. C’est l’apothéose chez les Kennedy, finalement Joe aura réalisé son rêve et son ambition même si le « petit » suit maintenant ses propres idées en matière de politique et d’économie.
Ici s’arrête l’histoire pour Joe qui, frappé par une attaque, se verra cloué dans un fauteuil, incapable de communiquer avec son entourage. Maintenant ce sont les deux frères Kennedy qui dirigent le pays, l’un est ministre de la justice et l’autre président.
Il y a une anecdote amusante d’autant qu’elle est d’actualité : Vous connaissez certainement Franck Sinatra, et bien Franck était un ami de la famille Kennedy (d’ailleurs si Jack a eu une aventure avec Marilyn c’est certainement grâce à Sinatra qui connaissait tout le monde dans le show-business). Mais l’ami de la famille Kennedy était aussi celui d’une autre famille, mafieuse celle là. C’est comme ça qu’une jeune et jolie femme s’est retrouvée au bras de Jack et de Giancana en même temps ! Le F.B.I. eut vent de l’histoire et obtînt un moyen de pression sur le président... (Bien entendu il n’y a rien d’officiel là-dedans).
Enfin il y eut toutes les affaires politiques que l’on connaît, la baie des cochons, le Vietnam etc. Le 22 novembre 1963, nouveau drame, Jack est assassiné.
Cette fois c’est Bobby qui doit porter la flamme « Kennedy ». Avant de se faire assassiner à son tour, Bobby aura réussit à transmettre l’esprit de compétition aux nombreuses ramifications de la famille. Récemment on a appris la mort d’un de ses enfants, Michael (décembre 1997).
En conclusion, sur une famille de neuf enfants, deux sont morts dans un accident d’avion (Joe Jr. en 44 et Kathleen, Kick, en 48), deux autres ont été assassiné (Jack en 63 et Bobby en 68) et le troisième enfant, Rosemary, est atteint d’une maladie mentale.
| Carte d'identité de John Fitzgerald Kennedy | |
|---|---|
| Date de naissance | 29 mai 1917 |
| Lieu de naissance | Brookline, Massachusetts |
| Origine | Irlandaise |
| Père | Joseph Patrick Kennedy (1888-1969) |
| Mère | Rose Fitzgearald Kennedy (1891-) |
| Femme | Jacqueline Lee Bouvier (1929-1994) |
| Enfant | 2 garçons et une fille |
| Etude | Choate School ; Ecole de Londres en Economie ; Princeton ;Harvard ;Stanford |
| Religion | Catholique |
| Profession | Auteur, reporter |
| Service militaire | Lieutenant, réserviste dans l’U.S. Naval |
| Partie politique | Démocrate |
| Président | De 1961 (il avait 43 ans) à 1963 |
| Vice président | Lyndon B. Johnson |
| Mort | 22 novembre 1963 à Dallas, Texas à 46 ans à 13h |
| Cause du décès | Assassiné |
| Particularités | Kennedy a été le premier président décédé avant ses parents. Le premier président du XXe siècle et le premier président dont l’investiture fut retransmise en couleur par la télévision. |