Ce récit de voyage en Indonésie est celui de deux amis qui se sont connus en Fac, François et William. Ils sont partis le guide du routard et le Lonely Planet en poche, quelques années auparavant, ils avaient fait " Interail " en Italie-Grèce et un voyage en Egypte. Leur récit est amusant et surtout bourré danecdotes qui se révèlent être autant de conseils très utiles si l'on souhaite partir en Indonésie.
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Lundi 16/08/1999
Départ de laéroport de Roissy Charles de Gaulle
(PARIS)
Notre budget étant serré, nous avons étudié méticuleusement les prix des billets davion pour lIndonésie. Après quelques recherches sur Internet, nous avons vite compris que la compagnie aérienne proposant les tarifs (Paris-Djakarta-Djakarta-Paris) les moins chers était Gulf air, mais il fallait sy prendre plusieurs mois à lavance. Dommage, cétait trop tard. Nous avons finalement trouvé des billets bon marché, avec la compagnie hollandaise KLM (5000F).
Le voyage de Paris vers Djakarta allait se dérouler en plusieurs étapes, tout dabord Paris-Amsterdam, changement davion, puis, Amsterdam-Singapour, avec escale à Singapour, enfin Singapour-Djakarta.
Ainsi le jour J tant attendu, laventure commence
16h55 : envol pour Amsterdam. Une superbe hôtesse hollandaise blonde nous sert à boire et à manger, le voyage se présente plutôt bien ce sera presque dailleurs notre dernier repas occidental sain et hygiénique.
18h00 : arrivée à Amsterdam. 2h de battements, on en profite pour flâner dans les duty-free et regarder le prix des camescopes numériques.
Départ à 20h00 dans un Boeing 747 pour Singapour dun voyage qui va durer près de 12h ! Heureusement on est servi comme des Rois (liqueurs, boissons, bouffe à volonté ), de plus les sièges sont assez confortables, cest le bonheur !
12h plus tard, on arrive donc à laéroport de Singapour où lon dispose dune heure de battement : là encore on se jette sur les duty-free. Lendroit est hyper clean (il paraît que cest la Suisse asiatique).
Envol pour Djakarta ! !
2h plus tard, on se retrouve dans la capitale du pays de nos rêves.
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Mardi 17/08/99 : Arrivée à Jakarta
Il est 17h (heure locale=heure française+5h). Après avoir négocié un petit peu avec les taxis, on prend finalement le bus pour 5F (dix fois moins cher que les taxis) qui nous amène au centre de jakarta (40km). De là, on entreprend daccéder au quartier des hôtels pour routard (Jalan Jaksa) à pied. Après une demi-heure de marche avec les sacs à dos à peine pénible après lavion, on trouve enfin le-dit quartier et au premier hôtel venu (Pension Wisma Delima), on prend une chambre pour 20F la nuit. (WC + Mandi sur le pâlier) hyper crades comme le disait le guide du routard, au moins on est pas surpris, mais cétait pour une nuit seulement. Il y avait des moustiques partout. François essaye sa moustiquaire, je me couvre de crème anti-moustique, on gobe le médicament anti-paludisme " Savarine " et bonne nuit.
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Mercredi 18/08/99 : A la recherche des camescopes dans Jakarta
On se réveille très tôt
avec une seule idée en tête, trouver des camescopes pas chers dans Jakarta.
1er magasin : Pusat Elektronica (Jl. Mangga Dua Raya), en fait, une galerie commerciale sur plusieurs étages avec uniquement des magasins d'équipements électroniques. Très peu de choix, prix élevés (plus chers quen France).
2ème magasin : Blok M (Jl. Iskandarsyah), léquivalent des Galeries Lafayettes : pas de JVC et les prix des Panasonic et des Sony sont plus chers quen France.
3ème magasin : Metro (Jl. Pondok Indah), une galerie commerciale sur plusieurs étages, on y trouve un grand magasin Sony et là, cest la confirmation Les camescopes en Indonésie sont carrément plus chers quen France. Cest la grosse claque, on est archi dégoûté, on a du mal à y croire, ça faisait deux mois quon y pensait tous les jours, cétait aussi important que le voyage en lui-même il faudra du temps pour sen remettre. On se dit quon écrira plus tard au guide du routard pour leur expliquer notre cas et les informer que ce sont des briseurs de rêves ! (désespérés, on achète finalement tous les deux un appareil photo merdique, mais pas trop non plus, la mort dans lâme). Les camescopes deviendront un sujet tabou, mieux vaut éviter de penser quon aurait pu les acheter à Amsterdam ou même en France...
Achat des billets de train (65F) et départ pour Yogjakarta (20h30, 9h de trajet). Le train 1ère classe avec air conditionné est pas mal à part ces putains de cafards qui longent la garniture de la fenêtre du côté de François. En voulant en tuer un avec de linsect-écran (le spray anti-moustique de François), il en sort des dizaines de la tablette où lon est sensé mettre la bouffe. François panique, il asperge lensemble de la tablette et la fenêtre puis les tue un à un avec des bouts de PQ Nos voisins de devant et de derrière sont immédiatement envahis par les cafards qui visiblement ont dû mal à supporter linsect-écran. Après une vingtaine de meurtres, de notre côté, ça se calme, même si de temps en temps, un cafard réapparaît. Lodeur de linsect-écran commence à se faire remarquer dans le train, discrètement jobserve avec plaisir les voisins de devant et derrière qui font eux aussi un véritable massacre avec les cafards. De temps en temps, une souris traverse le couloir, pourquoi pas, au point où on en est Quelques heures plus tard, la clim fonctionne à fond, on se gèle, cest classique. Tous les autres passagers dorment (y compris moi-même), François reste éveillé, il psychose en jetant un regard toutes les 10 s sur la fenêtre. Cest pourquoi il décide de rédiger lensemble des faits marquants de ces trois premiers jours. Dans son carnet, il écrira quil espère ne pas passer une nuit blanche, mais cest bien parti pour
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Jeudi 19/08/99 : Arrivée à Yogjakarta, le soir : Ballet Ramayana
On arrive vers 6h du matin à la gare de Yogjakarta
avec le lever du soleil. Les couleurs sont superbes, on voit une fumée
s échapper dun volcan au loin : cest limposant
Mérapi
On prend un becak (prononcez Betchak) jusquà un hôtel situé dans le quartier de
Prawirotaman 2 (le Metro GuestHouse Hôtel) hôtel que nous avions déjà choisit dans le
train à partir de ce que racontait le Guide du Routard. On se paie le luxe davoir
une chambre spacieuse avec air conditionné, ventilo, salle de bain avec toilette +
baignoire, eau chaude, pour la modique somme de 35F la nuit par personne. On décide de se
reposer 5 minutes, finalement on se réveille 5 heures plus tard !
Pour
faire tout de même quelque chose de la journée, le soir, on décide dassister au
ballet " Ramayana " dans le cadre enchanteur du temple de Prambanan (la scène du
ballet est au premier plan, le temple magnifiquement éclairé juste derrière). Le prix
des places est très bon marché, pour 10 à 50F, quelles que soient les places tout le
monde voit très bien. Le spectacle est à la fois grandiose et très raffiné, haut en
couleurs, avec plus dune centaine de danseurs.
La musique envoûtante est celle dun Gamelan (orchestre de percussions). Lhistoire correspond à celle dune épopée de la mythologie hindou : encore une histoire de princesse enlevée par un méchant et un prince qui se démène pour la récupérer. Bien sûr, ça se termine plutôt bien : Classique mais efficace.
Ce qui paraît invraisemblable en France se produit à la fin du spectacle, on nous invite carrément à monter sur la scène pour prendre les danseurs et les danseuses en photos, le résultat ne se fait pas attendre : on frôle lémeute ! Sous lassaut général, les danseurs et danseuses paraissent à la fois terriblement fiers et horriblement gênés.
Retour à lhôtel encore sous le charme du spectacle auquel on venait dassister, on se couche vers 00h30 pour se lever le lendemain à 6h30 : il est prévu une excursion organisée par lhôtel sur les sites de Pranbanan et Borobudur.
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Vendredi 20/08/99 : Visite des temples de Prambanan et de Borobudur
Lever 6h30 et départ pour le temple de Prambanan que nous avions entre aperçu la veille de nuit. Le manque de sommeil est complètement neutralisé par lexcitation de découvrir ces deux temples.
Les ruines du temple de PRAMBANAN est en fait un complexe constitué de 6 temples : le plus important, celui de shiva est au centre de 5 autres, parmi lesquels ceux de Brahma, Vishnou ainsi que ceux des animaux sacrés qui servaient de moyens de transport à Shiva : Nandi (la vache), Angsa (loie), et Garuda (laigle) comme la compagnie aérienne indonésienne du même nom.
Au loin, on aperçoit le volcan Mérapi qui semble nous provoquer. Serions capable de le gravir ? La question, à ce moment restait encore ouverte Ensuite, le Bemo (minibus) nous amène au temple du BOROBUDUR, gigantesque temple en forme de pyramide à 7 degrés, avec au sommet, les fameuses "cloches", toutes creuses avec un bouddha à lintérieur.
Bien entendu, nous respectons la tradition qui veut que lon gravisse le monument dans le sens des aiguilles dune montre pour atteindre le sommet représentant le Nirvana.
A défaut datteindre le Nirvana, nous atteignons tout
de même le sommet et là encore, comme le veut la tradition, on passe la main à travers
une " cloche " pour toucher Bouddha et faire un vu -qui se
réalise immédiatement- (dailleurs on est surpris) : Des filles nous supplient
de poser avec elles pour des photos et nous dévisagent en émettant des
gloussements !
Plus tard, un autre groupe de filles nous fait le même coup, puis un autre, puis un autre On décide quand même de rentrer à lhôtel.
En milieu daprès-midi, on part en Becak (pousse-pousse) visiter le marché aux oiseaux et là, on en prend encore plein les yeux ! Non pas au niveau des oiseaux, mais plutôt au niveau des plateaux remplis de fourmis rouges ou de vers grouillants, on voit une énorme chauve-souris dans une cage, ainsi que des singes et des lémuriens, sans parler dun aigle retenu par une petite chaîne ! et bien sûr des serpents
On retourne à lhôtel et là, pareil quau Borobudur : les filles que lon croise nous dévisagent et prononcent gentiment " Hello !" Au passage, on sarrête dans un supermarché, pour prendre un coca-cola. Le prix affiché est de 800 roupies (80 centimes) mais le prix à la caisse est de 2600 rp (2F50), en demandant des explications, on nous fait comprendre clairement quil y a un prix touriste (au moins, on est rassuré). Après plus dune heure de marche (le plan était un peu trop simplifié), on retrouve enfin lhôtel. On commence à se préparer psychologiquement à lascension du Mérapi prévue pour demain soir (départ à 22h, arrivée au pied du volcan 0h00, départ de la randonnée de la mort à 1h du mat pendant 4h minimum) on est très confiant, on est très confiant, on est très confiant, on est très confiant. Espérons que lauto-persuasion fonctionne
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Samedi 21/08/99 : On vient nous chercher Cest pour le Mérapi
Lever 11h. On a mal dormi à cause la Savarine qui nous empêche de trouver le soleil. Journée glande et préparation psychologique et psychique à lascension du volcan le plus actif dIndonésie : THE MERAPI.

Le soir : dîner très convenable dans un restaurant où sont représentés divers spectacles suivant le jour de la semaine. Ce soir là, nous avons eu droit à un spectacle de danses javanaises accompagnées par un orchestre de gamelans.

Il y avait très peu de monde dans la salle
et nous étions aux premières loges.
Après le spectacle, un des musiciens reste sur la scène et nous invite à venir
essayer leurs instruments. Evidemment, la tentation était trop forte. François et moi
sommes montés sur scène pour essayer ces fameux instruments. Nous avons aussi essayé le
gong. Les derniers clients sont partis sans que lon sen rende compte,
peut-être à cause de nous dailleurs...
Bon fini de jouer maintenant, on rentre à lhôtel, on se prépare une dernière fois et à 22h précise, on vient nous chercher Cest pour le Mérapi, on ne peut plus reculer. En route, on prend encore 6 autres personnes qui grimperont avec nous, puis on arrive dans le village de Selo au pied du Mérapi à 0h00.
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Dimanche 22/08/99 : le Volcan Mérapi : actif but safe, easy mais abrupt
De 00h00 à 1h00, on patiente dans une
cabane, où ceux qui le désirent boivent un thé (prient
). Dautres personnes
nous ont rejoint et parmi elles, on rencontre 4 autres français (visiblement des pros de
la randonnée vu leurs fringues et leurs chaussures) dont 2 qui travaillent en Indonésie
depuis 6 mois (des vrais de vrais). Il y a aussi un couple de hollandais et un jeune de
Kalimantan qui nous décrit avec passion la beauté de son île : Bornéo avec les
Orangs-outans et tout et tout
Sans oublier un couple danglais, plus très jeune, le mari, plutôt corpulent, est
en chemisette, alors quau sommet du Mérapi, il fait 0°C. Jai du mal retenir
un fou-rire à chaque fois que je le regarde (lavenir montrera quil en chiera
un max.). A ma stupéfaction, les " guides " ne disent rien.
Jécris " guides " parce que le guide du routard déconseillait
de faire lascension du Mérapi sans un guide assermenté et relié en permanence par
liaison talkie-walkie avec le centre de volcanologie le plus proche
Or les
" guides " ont environ 15 ans, sont en espadrilles et, disposer
dun talkie-walkie ou même dune trousse de premier secours, visiblement, ça
ne leur a jamais traversé lesprit !
A 1h, cest le départ. (je me demande si on nest pas en train de se lancer dans un truc qui va nous dépasser, pour me rassurer, je repense à ce quil y a décrit dans le Lonely Planet : cest facile mais abrupt )
ça commence par une petite montée finalement assez plane (1/2 h).
Mais très vite, les choses se compliquent affreusement et lascension tourne au calvaire. On grimpe dans un sentier hyper étroit au milieu des arbres qui nous griffent, puis il ny a plus darbres, juste des éboulis, on est obligé de saider de nos mains, tout en tenant la lampe torche. La mienne, cest une Fisher-price, je me dis quelle est un peu sous dimensionnée vu lampleur de la difficulté. Les rares pauses que nous faisons ne sont plus nécessaires mais vitales, dautant plus quil y a une tarée dans le groupe qui, à chaque fois quon sarrête, demande à repartir tout de suite. Elle commence à ménerver A chaque fois que lon sarrête, je me rends compte que mon cur bat tellement fort, que je me demande si ma poitrine ne va pas exploser.
Après 3h30 de " marche ", nous devenons de véritables robots, nous avançons sans plus trop savoir pourquoi, on survit vraisemblablement en puisant nos ultimes ressources dans le sang, la graisse... Tout dun coup, on saperçoit que 2 groupes se forment : les forts les faibles. Les faibles sarrêtent au niveau dune grotte (ils ne verront jamais le sommet). Nous continuons notre calvaire. Je me demande comment on a pu en arriver là. La question est : Quest-ce quon fout là ? Plus tard, nous commençons enfin à distinguer la silhouette du sommet du volcan qui paraît assez proche. ERREUR : en fait, la dernière heure est proprement inhumaine, nous sommes obligés de surpasser nos limites physiques. Je suis tellement épuisé, à bout de force que si je me laissais aller... Les dernières minutes sont une véritable torture, je marrête toutes les 20 secondes, je narrive plus à reprendre mon souffle, de plus il y a un vent glacial. Lorsque jarrive enfin au somment, je me rends compte que je titube...
François et les autres ont encore quelques forces. Le guide, toujours lucide, nous propose de voir " the fire " pour 5F de plus. Moi, je laisse tomber, ça ne mintéresse plus. Dommage car après 10 minutes, François me racontera à son retour que le guide les a effectivement amenés au niveau dune soufrière avec de la roche incandescente.
On grimpe encore une trentaine de mètres pour
atteindre le sommet du sommet (~3100m), et là, le spectacle est grandiose, hallucinant.
Le jour se lève et l'on voit l'ombre du volcan s'étirer jusqu'à l'horizon.
Une mer de nuage se disperse avec le lever du jour et laisse apparaître uniquement les
divers volcans aux alentours et tout ça à moins de 0°C.
Nous surplombons un immense cratère, une immense
soufrière avec des fumerolles partout, lambiance et lodeur sont malsaines au
possible. Je réalise que le volcan est clairement actif et pas aussi
" safe " que le prétendaient les guides...
Il est 6h du matin, on profite un peu de la vue +
quelques tartines de Nutella et cest reparti pour la descente.
Certes, cest un peu plus facile, on a plus le stress darriver après le lever du soleil, mais cette putain de descente va quand même durer 4 HEURES !
Quand on arrive tout en bas, épuisés, et quon
voit doù lon vient, on a du mal à y croire !
2h de bus pour le retour à lhôtel, tout le monde dort dans le bus. On arrive à 14h00 à lhôtel, nous luttons contre le sommeil et la fatigue pour apporter nos photos à développer dans une boutique à 100 m de lhôtel. Il fallait absolument le faire maintenant, pour les récupérer le soir.
Dîner avec spectacle de " Wayang Goleng " : pas terrible. Cest un beau spectacle de marionnettes mais on n'y comprend rien avec les dialogues en indonésien. Coucher vers 9h car demain : reveil à 6h pour prendre le car à destination du Mont Bromo.
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Lundi 23/08/99 : Le trajet le plus
cher dIndonésie :
Yogja-Mont Bromo via Surabaya
Le car est climatisé. Pour le moment, nous ne sommes quune dizaine, on remarque tout de suite 4 autres touristes (2 couples). On sarrête à une autre station et là, le car se remplit complètement. Nous navons toujours pas récupérer de leffort fourni la veille, nous sommes encore épuisés. François a mal au cur et le contact de sa banane portée en bandoulière, sur sa poitrine le gène. Il la met donc dans son sac quil tient entre ses jambes. La fatigue accumulée les jours précédents prend le dessus et lon sendort dans un profond sommeil, bercés par le ronronnement du car. Plusieurs heures plus tard, nous nous réveillons à Surabaya, le car sest arrêté et de nombreuses personnes sont descendues. François regarde par hasard dans son sac et là : HORREUR-MALHEUR, on lui a piqué son portefeuille dans lequel il avait 1.200.000 rp (1200FF) + 800FF + sa carte bancaire (Eurocard-Mastercard) + sa carte didentité Je noublierai jamais la tête quil a fait à ce moment là, cétait pas une blague, ça se voyait tout de suite. Immédiatement, il en informe le chauffeur et décide avant quon reparte daller faire opposition sur sa carte bancaire. Il passe 4 coups de téléphone en France : 100FF. Cest le coup dur des vacances, désormais, il faudra pomper à 2 sur ma carte bancaire...
Il fait nuit maintenant, on fait une halte à Probolinggo. Bizarrement, on est rassemblé avec les 4 autres touristes (1 couple danglais et un couple dItaliens) dans une boutique où lon nous fait la méga-pub dun hôtel de Cemoro Lawang (un petit village au bord de la caldeira du Mont Bromo) : le " Lava Hôtel ", on nous parle de la location de Jeeps, soi-disant indispensables pour aller jusquau Bromo Visiblement, les mecs veulent tout planifier à lavance et aimeraient nous faire payer maintenant sans nous laisser trop le choix. Ca ne me plaît pas du tout dans la mesure où nous navons même pas terminé un trajet pour lequel nous avons payé et que lon ne peut rien comparer ici en terme de prix. Comme ça pue larnaque à 10 km, et que la journée a déjà été pénible à ce niveau, jexplique aux autres touristes ma façon de voir les choses. Je rends tout le monde parano. Finalement, on part, on verra sur place.
Cest parti, le mini-bus, chargé à mort, fonce vers le " Lava Hôtel ". Le conducteur est un fou furieux, on est les uns sur les autres, entassés comme du bétail. Il y a même 3 personnes qui se cramponnent à lextérieur du mini-bus pour profiter du trajet, même sil ny a plus de place à lintérieur. J'estime que l'on file à environ à 80 km/h, il y a tellement de vent quils ont du mal à garder les yeux ouverts, sils tombent, cest la mort. Mais apparemment, cest une prise de risque " normale " ici. Par ailleurs, nos bagages sont sur le toit et elles ne sont même pas attachées, mais cest un détail On arrive dans la montagne (cest comme les Alpes), mais il ralentit à peine. A chaque virage, le bus chasse, on dérape un peu, le conducteur est complètement givré. Toutes les vitres sont ouvertes, on est dans le vent. Pendant le trajet, on fait connaissance avec les autres touristes, François parle italien avec litalien et je parle français avec langlaise qui comprend parfaitement le français. LItalien sappelle Maurizio, sa copine : Claudia, langlaise sappelle Betty, le gars qui laccompagne, Marc. Après, une demi-heure de trajet, il est clair que nous partageons le même enthousiasme pour ce type de voyage. Le courant passe vraiment entre nous.
Arrivée à lhôtel : il ny a plus délectricité donc tout le monde se ballade avec des bougies. Nous prenons une chambre pourrie pour 10 balles chacun, avec plein daraignées, les draps des lits auraient plein de choses à raconter, vu le nombre hallucinant de taches douteuses... Avant daller se coucher, nous retrouvons Maurizio, Claudia, Betty et Marc pour discuter et manger un peu. Nous discuterons au moins deux heures. Lambiance chalet de Montagne éclairé avec des bougies est particulièrement sympa. Nous parlons de nos précédants voyages à chacun. Enfin, Nous nous mettons daccord pour louer une Jeep à 6 (120FF la jeep=>20FF chacun) qui nous emmènera le lendemain vers 4h du matin au Mt Bromo. Il nous reste 4 heures de sommeil. Dans " vacances ", y a " souffrance " !
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Mardi 24/08/99 : Le cratère fumant du Gunung Bromo, la mer de sable
François dort très peu, il est inquiet pour sa carte bleue, il faut encore quil confirme lopposition et toutes les lignes téléphoniques sont coupées dans le village.
A 4h du matin, direction, la montagne en face du Mt Bromo pour voir le Lever du jour qui est assez fantastique !
Puis direction le bord du cratère du
Bromo. On se rend compte queffectivement la Jeep est absolument indispensable, la
" route " est souvent accidentée et il ny a rien de tel
quune mer de sable pour senliser.
La jeep nous amène jusquau pied du cratère du Bromo, où il y a un temple hindouiste au beau milieu de la mer de sable. Le paysage est lunaire. Après une centaine de marches qui permettent de gravir le Mt Bromo, on se retrouve sur la crête.
Lintérieur du cratère est très impressionnant avec toute la fumée qui se dégage des entrailles de la terre.
De retour à lhôtel, on dort de 8h à 11h30 et un bus nous raccompagne à Probolinggo. Maurizio et Claudia nous suivent tandis que Betty et Marc prendront le mini-bus du soir.
Lors de lattente à Probolinggo, dun car
du soir pour Bali, nous sympathisons encore un peu plus avec Maurizio et Claudia. Jeu
déchec, Dames. On discute, on discute, on échange des infos sur les expériences
de chacun. Maurizio est médecin.
A 17h30, Betty et Marc nous rejoignent et à 18h00, nous prenons le bus pour Denpasar (île de Bali). A 23h : traversée de la mer (le car monte direct dans un Ferry). A 4h du matin, on arrive à la station de bus de Denpasar. Maurizio et Claudia préfèrent aller dans un café pour attendre le lever du jour tandis que François, Betty, Marc et moi décidons de trouver un hôtel bon marché pour dormir quelques heures. Après avoir dit au revoir à Maurizio et Claudia, nous regretterons de ne pas leur avoir laissé au moins nos adresses e-mail. Sur le coup, nous navons pas osé, quelle bêtise !