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Mardi 31/08/99 : la journée des Temples " Le Besakih Mother Temple Tour ", la secousse ...
Départ 9H :
- direction la grotte Goa Gajah (la grotte de léléphant) : son nom demeure un mystère étant
donné quil ny a jamais eu déléphant sur lîle de Bali !
Lentrée est assez géniale avec cette représentation dun démon qui, avec sa
gueule ouverte, est prêt à vous avaler tout cru.
A lintérieur règne une atmosphère étouffante. Il ny a rien de spécial à
voir, si ce nest une représentation de Ganesh et des symboles phalliques.
Visite dune usine de batiks et ditakts :
Ce sont les 2 formes de tissus traditionnels indonésiens : le premier possède des motifs obtenus par teintes successives alors que les motifs du deuxième sont obtenus grâce un métier à tisser.
Visite du temple de Klungkung (ancienne capitale royale de lîle) :
On peut y voir le palais de justice ainsi que le pavillon flottant qui est entouré de douves avec des nénuphars et des lotus.
Visite du
plus grand temple de Bali : le Pura Besakih
On paie dabord la taxe pour le parking, puis le billet dentrée, ensuite on nous force un peu la main pour faire une offrande ... Quand on arrive enfin à la véritable entrée, des soit disant " gardiens du temple " nous affirment que leur présence à nos cotés est obligatoire durant la visite ! Bien évidemment cet accompagnement forcé nécessite une rétribution qui est assez exorbitante mais bizarrement on peut quand même la négocier ...

Ca na vraiment pas lair officiel, voir même que ça sent larnaque à
plein nez ... nous en parlons avec dautres touristes également dubitatifs et nous
décidons de passer outre. Lexpérience montrera quon a eu raison.
En fait, Besakih est un complexe grandiose qui sétend sur plusieurs centaines de mètres et sur des paliers successifs. En arrière plan, on peut voir limposant volcan de Bali " le Gunung Agung " qui détruisit en partie le temple lors dune terrible éruption en 1963.

Il est néanmoins regrettable que les allées, à lintérieur
même du temple, soient infestées de magasins de souvenirs.
Ce temple est principalement dédié aux 3 grandes divinités hindoues :
Brahma (feu / créateur), Vishnu (eau / protecteur) et Civa (vent / destructeur).
Les espèces de tours possèdent un certain nombre de toits en chaume (appelés Mérus) dont le nombre varie en fonction des castes. Ainsi, la classe la plus faible ira prier au niveau de la tour possédant un seul Méru, tandis que les tours à onze Mérus (le maximum) sont réservées aux familles princières.
- Visite du
second plus grand temple de Bali : le Pura Kehen
Ce temple est lun des plus vénérés de Bali. Il possède un escalier particulièrement imposant en bas duquel se trouvent deux statues déléphants alors que dhabitude, on trouve plutôt deux démons qui montent la garde.
On retourne sur Ubud (vers 16H) exténués et sans rien avoir mangé de la journée.
Le soir, on assiste au spectacle du Kecak (prononcez kétchak) et de la danse de la transe. Le spectacle du Kecak
est véritablement envoûtant : il sen dégage une ambiance quil est bien
difficile de retranscrire avec des mots... Imaginez une centaine de chanteurs torses nus,
assis en tailleur tout autour dune scène circulaire où évoluent des danseurs en
costume traditionnel. Les chanteurs ondulent, tout en imitant le cri de larmée des
singes (du Rãmãyana) quils sont chargés dincarner...
Plutôt que de longs discours, le mieux est découter un extrait sonore.
Deuxième partie du spectacle : la danse de la Transe.
Des écorces de noix de coco avec un peu dalcool sont utilisées pour allumer un feu au centre de la scène qui très vite laisse place à un tas de braises incandescentes. Un des danseurs évolue autour de ces braises ... tout à coup, il se met à shooter dedans puis à marcher dessus et ceci à plusieurs reprises ! Certains spectateurs assis par terre au 1er rang préfèrent séloigner avant quun incident narrive... Pas de doute possible, il devait vraiment être en transe pour en arriver à cette extrémité !
22H30 : On est dans notre phase
dendormissement. Jai une impression bizarre, comme si un animal sétait
glissé sous mon lit et quil le faisait bouger !... Dans le même temps, William me
dit : " Bon, arrête de faire le con avec mon lit !... ".
Jallume la lumière et après quelques secondes de réflexion, on prend conscience
quon vient dêtre témoin dune SECOUSSE SISMIQUE ! Il faut savoir
quen Indonésie, il y a environ 3 séismes / jour (plus ou moins perceptibles) !
Le sommeil sera difficile à retrouver après cette expérience.
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Mercredi 01/09/99 : Retour sur
Java
Le lendemain matin, on rencontre le patron de lhôtel à qui on demande sil a senti le séisme dhier soir. Il nous répond quil dormait à ce moment là et nous sort un dicton du style : " secousse du soir = beau temps pour le lendemain ". Les Indonésiens ont réussi à banaliser ce phénomène qui pour nous parait si impressionnant et si inquiétant... en plus, cest vrai quil faisait beau ce jour là ...
On prend le bus en direction de Gilimanuk (ville à lextrême Ouest de Bali où se trouve lembarcadère du Ferry pour Java). La route longe la côte sud et labsence de barrière naturelle de ce coté de lîle permet la formation de belles vagues appréciés des surfers. Après 1 H de route, un des passagers du car (un surfer français) demande au chauffeur de le débarquer en pleine cambrousse, il avait du voir des vagues qui lui plaisaient !
A Gilimanuk, on prend immédiatement le ferry pour Java et on a limpression de ne pas emprunter le chemin le plus court entre les 2 îles ! (Effectivement, ça se vérifiera plus tard sur une carte).
On arrive sur Java au terminal Ketapang et on sapprête à chercher le " Est Java Tourism Government Information " recommandé par le GDR. Comme par magie, 2 filles en uniforme nous accostent en se présentant comme membres de ce fameux office du tourisme. A partir de là, on est pris en charge de A à Z. Le responsable de cet office du nom de Agoss (un petit jeune dune vingtaine dannées) nous proposent la totale : un hôtel pas cher, lorganisation du tour au Kawah Idjen avec jeep, lachat des billets de bus pour le retour sur Yogakarta. Le Tour pour le Kawah Idjen semble un peu cher (250 FF) mais on accepte car le temps nous est compté.
On arrive à lHôtel de Banyuwangi (le Pinang Sari) qui proposent des bungalows très corrects à un prix abordable et un restaurant ouvert 24H/24H.
Laccueil de lhôtel nous
confirme que la plage nest quà quelques Km et nous décidons dy aller
(on imagine déjà une plage de sable fin et doré, des cocotiers, etc
).
Alors que la nuit commence à tomber, nous arrivons sur une plage de sable noire avec
juste en face une magnifique plate-forme pétrolière et on se rend vite compte que la
plage est une véritable décharge publique !
Agoss, qui nous servira de guide le lendemain pour le Kawah Idjen, dîne avec nous au restaurant de lhotêl. Dans un premier temps nous parlons de la situation politique et économique de lIndonésie mais très vite nous changeons de discours voyant que ce sujet est assez épineux Nous parlons notamment de la dernière coupe du Monde de Football et de la victoire de léquipe de France qui a vraiment la cote auprès des indonésiens. Ils connaissent tous les joueurs ainsi quune certaine Madame Karembeu dont le charme, visiblement, ne les a pas laissé indifférents Grâce aux chaînes satellites, une grande partie des habitants suit avec attention les différents championnats européens.
Pendant que nous discutons, un orchestre joue des chansons dorigine indonésienne mais également européenne. La tradition veut que lorsque des français sont présents dans le restaurant, ils jouent leur chanson française fétiche qui nest autre que Aline (et jai crié, crié ). On se couche finalement après minuit et on sait que le lever sera difficile le lendemain à 4H30.
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Jeudi 2/09/99 : Le cratère du Kawah Idjen / les adieux / la révélation
Avant tout, il faut remercier Haroun Tazief et Nicolas Hulot : En effet, cest essentiellement eux, à travers leurs reportages, qui ont contribué à faire connaître ce site géologique (lun des plus beaux dIndonésie) et cest pourquoi la majorité des rares touristes qui font le déplacement sont français.
Le Kawah Idjen est le principal centre dexploitation de soufre en Indonésie. La soufrière au centre du cratère étant difficile daccès, seul des hommes à pieds peuvent acheminer ce soufre en le portant sur leur dos. Ces " porteurs de soufre " parcourent ainsi 20 Km chaque jour avec une charge moyenne de 80 Kg !
Contrairement au mont Bromo, le lever du soleil sur le Kawah Idjen na rien dextraordinaire, mais il est néanmoins préférable de partir très tôt. En effet, il faut compter plus de 3H de route pour atteindre le sommet du cratère depuis Banyuwangi, de plus, les porteurs de soufre sont plus nombreux avant 10H et enfin le temps se couvre très souvent laprès-midi.
Pas besoin de sonnerie pour nous réveiller à 4H30 la majorité de la population javanaise étant musulmane, nous avons droit aux chants de prières dès 4H du mat (imaginez une centaine de personnes en train de prier dont certains utilisent carrément des haut-parleurs ! ).
Départ à 5H dans une Jeep (qui visiblement a déjà bien vécu) avec Agoss, le chauffeur et 2 adolescentes qui effectuent leur job dété à loffice du tourisme.
Après ½ H de route sur un chemin très accidenté, la Jeep connaît un problème au niveau de lembrayage (on ne peut plus passer la 1ère !). On pousse donc la jeep pour lui permettre de faire demi-tour et nous restons là avec l'une des jeunes filles (Evi) à attendre le retour dAgoss avec une autre Jeep. Après 1H dattente, Agoss arrive à la rescousse avec un " Colt " (petite camionnette servant à transporter du matériel) qui nous amène très péniblement jusquau poste de volcanologie de Paltuding.
Après 45 mn de marche, on se retrouve au niveau de lendroit
mythique ou les porteurs de soufre pèsent leur chargement. La balance archaïque
quils utilisent est là depuis des dizaines dannées
Ils sont payés 15 centimes par Kg de soufre rapporté et en faisant 1 à 2 aller-retours par jour, ces travailleurs dun autre âge peuvent espérer gagner 25 F de la journée (ce qui est très bien payé par rapport au salaire moyen ...).
ll faut encore 45mn de marche pour atteindre le sommet du cratère. Une fois arrivé le spectacle est hallucinant !
On commence à croiser des porteurs de soufre et au fond de limmense cratère, on découvre un lac dacide de couleur verte.
On descend jusquà la soufrière dont lactivité est intense. Des canaux ont été disposés à partir du centre de façon à canaliser le soufre qui sort à lautre extrémité à létat gazeux.
La température diminuant, le soufre passe de létat gazeux à létat liquide puis se solidifie sous forme de cristaux. Dailleurs, certaines sculptures naturelles peuvent se former à lextrémité du tuyau (sous forme de stalagtites) et sont vendues comme souvenirs aux rares touristes. Jachète une superbe sculpture dun poids de 4Kg (!) sans marchander car il est humainement impossible de négocier avec ces "surhommes ".
Evi, en trébuchant, trempe
ses pieds dans le lac !
Il faut savoir que ce lac possède un pH de 0.4 (léquivalent dun acide très
corrosif), heureusement, elle sen tirera sans dommage.
On a vraiment limpression dêtre perdu sur une autre planète dans ce paysage désertique.
William perd ses lunettes de soleil sur le chemin du retour; il est pratiquement certain qu'un des porteurs les trouvera un jour ou lautre et, vu lintensité des rayons du soleil, il les mettra forcément. Cette perte sera donc certainement à l'origine du mythe " du porteur de souffre aux lunettes noires "...
Lascension jusquau sommet du cratère est difficile. En effet, non seulement la pente est raide, mais en plus le vent pousse les vapeurs de soufre toxiques juste au niveau de notre passage. Prévoyez absolument une écharpe (ou autre ) pour filtrer lair respiré.
On rentre vite à lhôtel et on a juste le temps de prendre une douche et de manger un sandwich. On repart aussitôt au Terminal Ketapang à partir duquel on doit prendre le bus pour Yogakarta. On prend une photo avec la sympathique équipe de loffice du tourisme et on échange nos adresses respectives pour leur envoyer les photos de cette journée mémorable. A 15H30, le bus arrive et on part avec tout de même un petit pincement au cur car nous avions commencé à lier des liens damitiés avec Agoss et Evi.
Une fois dans le car, nous apprenons que le trajet nest pas direct jusquà Yogakarta mais quil y une correspondance à 1 H du mat à Probolinggo, on va encore passer une bonne nuit
La révélation : on rencontre dans ce bus
un couple de polonais très sympa qui parlent parfaitement le français. Ils nous
racontent quil y a quelques jours, ils ont fait une excursion organisée au mont
Batur et ils nous décrivent avec précision et enthousiasme la lave en fusion
quils ont pu y observer :" on voyait la lave onduler au fond du
cratère
et par moment elle jaillissait
le guide ne voulait pas
s'avancer d'avantage. Alors, seuls, on s'est approché du cratère comme envoûtés, mais
le risque était trop grand, on s'éloignait à chaque projections de magma, puis on
s'approchait à nouveau..."
Bref, on est sur le cul !!! En fait, ils nous expliquent que cette lave était
visible non pas au niveau du cratère principal mais au niveau de l'un des cratères
secondaires.
Ils nous racontent également quils sont allés sur les îles Gili (du coté de Lombok) et quils ont vu des tortues géantes, des palourdes géantes, que leau était limpide et la plage était de sable fin et doré etc
En tout cas, leurs propos ne font que nous conforter dans lidée quil reste encore plein de choses magnifiques à voir dans ce pays qui ne finit pas de nous étonner ça sera certainement pour la prochaine fois.
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Vendredi 3/09/99 : Retour sur Jakarta
On prend un Bémo à 1h du matin pour Yogja et on arrive vers 4h30 dans le quartier de notre ancien Hôtel. On demande à un bécak de nous emmener à la station de train, mais il nous emmène à la station de bus. De là, un gars nous propose de nous emmenner gratuitement à la station de train, mais les chauffeurs de taxi n'apprécient pas.
Finalement, on se retrouve dans un taxi pour 10FF en direction de la gare à 5h. On attend l'ouverture du guichet à 5h30 puis notre train à 7h.
Le voyage en train est interessant au niveau des paysages mais après plusieurs heures, on commence à trouver le temps très long d'autant plus que notre train dépasse à peine les 70 km/h
On arrive enfin à 17h dans la gare de Gambir à Jakarta. On maîtrise totalement le lieu, on sait exactement où l'on va d'un pas décidé (çà a l'air d'épater les habitants). Après une course en Bajaj, on se retrouve dans le quartier des routards (Jl Jksa) et après avoir fait 3 hôtel on se décide enfin pour une chambre double à douche et WC turc pour 25FF.
Direction le Pizza Hut pour reprendre du poil de la bête. Ensuite, on fait développer les photos et on regarde les souvenirs qui sont hors de prix. On verra çà dans les Duty-free. Le soir : mis en place des moustiquaires avant de s'endormir dans un profond sommeil bien mérité.
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Samedi 4/09/99: Dernier jour à Jakarta/retour à Paris
Reveil avec les "Alla est grand" vers 7h30 puis on se repose jusqu'à 9h. On réalise que le soufre peut constituer un danger lors du retour par avion, dans le cas où il serait inflammable. Par conséquent, on essaye d'en faire brûler un petit morceau pour voir ce qui se passe. Heureusement, le soufre se révèle être incombustible. OUF !
Développement des photos de William et déjeuner au Mac DO. On prend nos bagages et on part pour l'aéroport. Arrivée vers 15h alors que l'avion ne décolle qu'à 19h05. On en profite pour rédiger le carnet de route, William termine ses cartes postales (toujours au dernier moment, comme d'hab).