Mars 2007 - L'instant clic Le net journal d'Ophélie


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L'INSTANT CLIC - Le Net Journal d'Ophélie




Avril 2007





Thé, crème et café

Nous avons très mal dormi, mon copain et moi. Les voisins sont très bruyants. Pendant que la dame discutait joyeusement au téléphone, le bébé pleurait et personne ne semblait s'en soucier. Il était une heure du matin. La nuit a été mauvaise, et ce matin pluvieux n'arrange rien.

Hier soir, pour terminer le délicieux repas partagé avec ma soeur et son mari, nous avons bu un café très fort. Ce qui n'a pas aidé, nécessairement. Mais la soirée était jeune et, chose rarissime, nous nous retrouvions tous les quatre à discuter « sans les enfants ». Bon, c'est vrai que nos enfants ne sont plus des enfants, mais peut-être qu'en leur présence nous n'abordons pas nécessairement aussi librement tous les sujets. Dans nos vies comme autour de la table, ils prennent beaucoup de place. Donc, ce repas fut agréable et très relaxant.

En début de journée, tout juste après mon cours d'aérobie, je me rendais à un rendez-vous chez l'esthéticienne. En échange d'un certificat cadeau que j'avais reçu pour mon anniversaire en décembre dernier, je me suis laissé tripoter le visage qu'on a enduit de nombreuses couches de crème, dont l'odeur n'était pas toujours agréable.

Allongée sur la table, immobile, les mains emprisonnées dans des mitaines chauffantes qui m'empêchaient de me gratter le bout du nez, j'étais censée relaxer. Pendant vingt minutes, le visage recouvert d'une masque qui se figeait à mesure que le temps passait, j'ai tenté désespérément d'oublier la petite musique insupportable pour me laisser aller quelques instants. Impossible. J'étais incapable de relaxer dans ce petit local froid avec cette musique détestable.

Pour l'ambiance, c'était zéro. Pour la qualité des soins, j'ai déjà vu beaucoup beaucoup mieux. Les gestes de la jeune fille, mécaniques et saccadés, manquaient d'assurance, mais surtout de chaleur et de générosité. Je suis sortie avec un mal de tête et un sentiment d'insatisfaction assez frustrant. Et j'étais déçue que ce cadeau si gentiment offert par ma soeur ne soit pas du tout à la hauteur du prix demandé pour un tel service. Une expérience que je promets de ne pas renouveler.

Par contre, je retournerai certainement à cette petite boutique où l'on vend du thé, située au 9443, rue Lajeunesse à Montréal (je donne l'adresse parce qu'elle n'est pas dans un quartier très fréquenté). Ici, l'accueil est des plus chaleureux et le choix des thés tout simplement étourdissant. Expérience olfactive et visuelle, car les contenants sont tout aussi charmants que les contenus, la visite mérite qu'on lui consacre tout le temps que prendra la reine de la boutique pour nous présenter ses trésors. Comme nous étions un peu pressés, nous avons raté une partie de l'histoire, mais le guide très complet qu'on nous a remis gratuitement nous apprend tout sur l'art du thé et sur les particularités de ceux qu'on vend dans cette charmante boutique.

Sur ce, je vais m'en préparer une tasse et je la dégusterai bien tranquillement, en relaxant...

La prochaine semaine n'annonce bien remplie. Samedi prochain, nous serons dans l'avion, en route pour le soleil. Ça, ça remonte le moral.

Ophélie, le 29 avril 2007
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Les jours se suivent

Nous sommes passés de l'hiver à l'été en quelques jours, comme d'habitude. Les saisons « intermédiaires » , le printemps et l'automne, n'assurent plus la transition comme elles le faisaient autrefois.

Je réalise que je commence souvent mes entrées en parlant du temps qu'il fait. Un peu comme on se sert de ce sujet pour amorcer une conversation avec des gens qu'on connaît plus ou moins.

Sans souffrir du syndrome de la page blanche, j'avoue qu'il m'arrive de ne pas trop savoir comment aborder ce journal, par où commencer. Puisque je n'écris pas tous les jours, je dois souvent faire le bilan de la semaine en quelques lignes, ce qui n'est pas toujours facile.

Deux réunions importantes ont marqué celle-ci. La première avec l'équipe de correction dont je fais partie, qui a eu lieu mercredi dernier. Je dois d'abord insister sur la très grande qualité des textes qui nous sont soumis. J'en reparlerai et je donnerai toutes les références lorsque le travail sera terminé. (Pour ceux que ça intéresse.) Mais je peux déjà affirmer que ce travail sera très facile et extrêmement plaisant.

La deuxième réunion avait lieu avec l'avocat et les membres de la succession de ma tante, dont je fais partie. Cette rencontre m'a donné l'occasion de revoir deux de mes cousins que je n'avais pas vus depuis seize ans. Cet événement m'a permis de réaliser combien notre famille est désunie, et je trouve ça très malheureux. Mais voilà, c'est une réalité qu'il faut accepter sans trop chercher à comprendre.

L'avocat nous a très bien expliqué la situation et nous a encouragés à poursuivre les démarches pour obtenir le remboursement d'une dette qu'une personne pas très honnête avait contractée envers ma tante avant son décès. Nous nous sommes très bien entendus sur les modalités de cette démarche et lui avons confié le mandat de poursuivre sous certaines conditions.

Ce jeune avocat m'a semblé le prototype du parfait professionnel. Allure parfaitement soignée, complet impeccable, coupe de cheveux à la mode mais sans excès, petites lunettes très design sur un visage digne des mannequins les mieux payés de Vogue. J'exagère à peine. Mais au-delà de son apparence, c'est son calme et sa maîtrise du dossier qui m'ont séduites. Je me suis sentie en confiance.

Je suis donc rentrée chez moi avec un poids de moins sur les épaules. Et même si nous ne parvenons pas à récupérer la totalité du montant - ce qui est malheureusement probable - nous aurons fait tout ce que nous pouvons pour empêcher cette femme de continuer à abuser des personnes âgées dont elle s'occupe encore.

J'ai assisté au dernier cours de la session lundi dernier. La moitié des étudiants étaient absents. L'une d'entre nous a fait la remarque, très juste, que ces étudiants allaient probablement rater le cours le plus important, puisque c'est dans ce cours qu'il a été question des opportunités de travail. Néanmoins, ceux-ci savent aussi que les notes de cours, qui reprennent globalement ce qui a été dit, sont disponibles sur le site Internet.

Aujourd'hui, dans le monde universitaire, assister au cours n'est pas une obligation. Aucune note n'est accordée pour la présence, aucune pénalité n'est imposée aux absents. Un étudiant peut très bien compléter sa session en se présentant uniquement aux examens ou pour remettre ses travaux, si nécessaire. Car bien des travaux s'échangent maintenant sur Internet. On se rapproche de la formation à distance, ce qui fait l'affaire de bien des étudiants.

Personnellement, je n'aime pas beaucoup la tendance qu'adoptent de plus en plus de professeurs qui choisissent de rédiger leur cours sur fichier Power Point et de les projeter en classe. Ils ne font que lire les diapositives une à une, ce que nous pouvons très bien faire nous-mêmes; cela me paraît évident.

Ce n'est pas étonnant de voir des étudiants s'endormir littéralement en classe, dessiner, lire les notes de leurs autres cours ou programmer leur cellulaire pendant que le professeur commente le tableau projeté sur l'écran. C'est souvent d'un ennui mortel. Mais c'est comme ça. Puisque la technologie le permet et que cette manière de faire semble devenir de plus en plus populaire, il faudra s'y faire.

Cette page est tournée et s'ajoute aux autres pour former le cahier de ma formation de rédactrice, réviseure, correctrice. J'espère que les expériences de travail s'accumuleront rapidement et me permettront, un de ces jours, de me sentir suffisamment compétente pour offrir mes services et mes textes à quiconque en voudra bien.

D'ici là, je travaille, j'étudie, je compile des notes, j'accumule les trucs et je réponds aux questions. J'aimerais aussi - en l'écrivant ici je prends un engagement - créer un blogue pour l'amour des mots, pour la création littéraire, pour la créativité surtout. C'est à suivre.

Ophélie, le 22 avril 2007
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En mémoire

L'hiver s'éternise et une autre tempête est annoncée pour demain. Moi qui avais un rendez-vous cette semaine pour faire changer les pneus de ma voiture, je pense que je devrai le remettre à plus tard. D'autant plus que c'est ce même soir que la réunion de notre équipe de correction a été fixée, afin que nous nous divisions le travail.

Ma collègue de travail s'envole pour Cuba à l'heure où j'écris ces lignes. Elle ne verra pas le sol se couvrir de belle mousse à la vanille glacée (clin d'oeil à l'Incrédule ici). Penser que ce sera mon tour de me tremper les orteils dans la mer dans une vingtaine de jours m'aidera certainement à oublier la mornitude (j'aime bien inventer des mots) du temps. Nos billets électroniques sont imprimés et je pense déjà à ce que je vais mettre dans ma valise.

Si je sais très bien ce qui m'attend à Cuba, je suis plutôt excitée devant l'inconnu que représente la ville de New York, où j'irai faire un tour (c'est le cas de le dire) avec ma fille à mon retour. Je sais bien qu'en trois jours, nous n'aurons pas le temps de nous immerger de l'ambiance particulière qu'y doit régner dans cette ville, mais ce sera tout de même un premier contact. S'il nous donne envie d'y retourner, alors ce sera tant mieux.

Nous rencontrons l'avocat qui s'occupe de la cause qui concerne la succession de ma tante vendredi prochain. La situation m'inquiète un peu. J'ai l'impression que personne ne dit la vérité dans cette histoire. Soit par ignorance ou intentionnellement. Et je déteste ça. Bref, nous en aurons le coeur net après cette rencontre.

Demain j'assisterai au dernier cours de la session. Je suis persuadée qu'il y aura très peu d'étudiants. La plupart ne comprenaient pas très bien l'utilité de ce cours puisque tous les travaux ont été remis et qu'il n'y a pas d'examen final. D'ailleurs, certains étudiants auraient souhaité que le délai de remise du travail final soit prolongé de quelques jours. À moins de quarante-huit d'heures d'avis, le chargé de cours a refusé d'accorder du temps supplémentaire et j'approuve entièrement sa décision. Nous avons eu suffisamment de temps et c'est à chacun de planifier son travail pour qu'il soit terminé à l'échéance.

Côté planification, je me débrouille assez bien. En général, je termine mes travaux bien avant l'échéance, ce qui me donne le temps de les laisser dormir quelques jours et d'y revenir pour effectuer les dernières corrections ou quelques changements.

Cette semaine j'ai assisté au lancement d'un livre dont l'auteur est une très vielle connaissance. Il ne m'a pas reconnue immédiatement, mais lorsque j'ai prononcé les noms de personnes qui faisaient partie de son entourage à une lointaine époque, il s'est mis à rougir et un grand sourire a illuminé son visage. C'est que dans son roman, il a utilisé les noms et prénoms de ces gens pour les combiner entre eux et créer les noms de ses personnages. Assez amusant comme procédé. Mais là s'arrête la comparaison. Car dans les romans, toutes ressemblances avec des personnes réelles n'est que pure coïncidence, c'est bien connu.

Ce fut une belle rencontre, même si j'ai été un peu déçue. C'est que secrètement, j'espérais voir autour de lui tous ceux et celles qui faisaient partie de ce tableau si présent dans mes souvenirs, composés de jeunes hippies qui grattaient la guitare, jouaient de la flûte et chantaient de belles chansons engagées. Ce tableau qui date de plus de trente ans. Dans sa dédicace, l'auteur m'a remerciée d'avoir fait remonter de si beaux souvenirs.

Ophélie, le 15 avril 2007
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Occupée, préoccupée

Je n'aurai pas beaucoup de répit. À peine ai-je terminé mon travail de session que déjà s'annonce le travail de correction auquel j'avais promis de participer bénévolement. Une belle expérience, mais certainement pas mal de temps à consacrer à cette nouvelle tâche.

J'hésite entre l'envie de me libérer de toutes ces activités et le désir d'en ajouter d'autres. Je n'aime pas le vide. Je n'arrêterai pas l'entraînement, il me comble trop et me fait tellement de bien. Par contre, je ne prends pas de cours d'été, c'est déjà ça.

Je ne sais pas encore combien de textes me seront confiés pour la correction, mais je ne crains rien. Nous avons une bonne équipe et à ce qu'on nous a annoncé, le travail ne sera pas énorme. Alors j'ai déjà hâte de commencer, et surtout de travailler avec des professionnels!

Le long congé de Pâques s'annonce plutôt froid et hivernal. Le printemps n'arrive pas à s'installer. Encore quelques flocons s'échappaient du ciel ce matin, comme des poussières transportées par le vent. Rien de sérieux tout de même. La ville chasse vite les intrus. On dirait que la neige disparaît sous l'asphalte.

Ma soeur et moi sommes impliquées dans une histoire d'héritage qui se complique. Il y a à peine six mois, nous ne savions même pas qu'une de nos tantes était décédée et que nous faisions partie de la succession. Lorsque nous l'avons appris, ma tante était décédée depuis quelques mois et personne ne nous en avait informées.

On nous a dit que c'était pour respecter ses dernières volontés. Bon. Acceptons le fait que ma tante ne souhaitait ni cérémonie ni visite au salon funéraire. Après tout, elle n'en aurait certainement pas eu conscience. Mais c'est quand même triste d'apprendre que ce qui reste de notre famille soit si démembré.

Mon cousin, que je n'ai pas vu depuis plusieurs années, a été désigné exécuteur testamentaire. C'est donc lui qui s'est occupé de régler un problème que ma tante lui avait confié avant de mourir. Celle-ci s'était fait littéralement extorquer une somme d'argent par la personne qui s'occupait de la résidence où elle habitait. Cette personne a reconnu la dette, mais ne l'a jamais remboursée.

Mon cousin a investi temps et argent (de la succession) pour finalement obtenir un jugement qui condamne la dame à payer le montant de « l'emprunt » et les intérêts sur une période de plusieurs années. Ce qui gonfle substantiellement le montant de la dette.

Mais voilà, nous avons appris qu'un jugement ne garantit pas un remboursement. Nous avons aussi appris que les avocats sont des gens qui ne travaillent pas pour rien. La somme investie dans ces procédures nous a fait dresser les cheveux sur la tête. Voilà notre héritage presque complètement grugé par ces frais. Et nous avons malheureusement peu d'espoir que cette dame, d'une honnêteté particulièrement douteuse, finisse par rembourser ce qu'elle doit.

Finalement, nous avons aussi appris qu'un exécuteur testamentaire a tous les droits, et qu'il n'est nullement tenu d'informer la succession des démarches entreprises pour régler certains détails, dont ce genre de procédure.

Mais la chose la plus terrible que j'ai apprise, c'est que des gens abusent sans aucune honte des personnes âgées qui sont souvent démunies et qui font confiance à n'importe qui. Il y a probablement, au moment où j'écris ces lignes, plusieurs personnes seules, abandonnées par leur famille, incapables de refuser quelque chose à une personne qui s'occupe d'elle, même si cette personne commet les pires abus. C'est ce qui est arrivé à ma tante.

Et je ne souhaite qu'une chose, c'est que quelqu'un dénonce ces gens et les mette hors d'état de nuire.

Ophélie, le 7 avril 2007
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