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Le chemin de l'eau © Nelly Roy
L'INSTANT CLIC - Le Net Journal d'Ophélie
                
                
Mai 2007
                
                
À qui la faute?
Les vacances sont derrière moi, et je me sens divisée en deux. Une moitié de ma tête est à Cuba et l'autre à New York. Et ici, dans cette chaleur écrasante des derniers jours, je ne peux que réfléchir à ce que sera l'été. Je me console, car j'ai trois semaines de vacances en juillet. Mais je ne sais pas trop ce que je vais en faire. Pas de projet pour l'instant.
Le retour au travail n'a pas été trop pénible. Ce que je trouve pénible, c'est le manque d'intérêt dont font preuve certaines personnes à certaines occasions. Exemple ? Je demande à une collègue de travail de m'aviser lorsqu'une certaine opération sera effectuée, en lui soulignant l'importance de cette demande et en lui précisant la raison. Le lendemain, j'apprends en début de journée que l'opération a été effectuée la veille. Je m'adresse à la collègue en lui demandant pourquoi elle ne m'avait pas avisée, comme je le lui avais demandé. Elle me jette un coup d'oeil interrogatif, comme si elle ne voyait pas où est le problème, et s'excuse platement de son oubli.
Je sais, je suis exigeante envers les autres, mais ce genre d'attitude m'offusque, d'autant plus que cette demande venait de mon supérieur, qui m'avait chargée d'effectuer le suivi d'un dossier. J'étais un peu étonnée que cette collègue, qui habituellement est très coopérative, ne réalise pas que son manque d'attention venait de « briser la chaîne ».
J'étais tout aussi étonnée lorsque j'ai relu les textes corrigés par une autre personne, dans le cadre d'un projet collectif de révision linguistique et de correction d'épreuves auquel je participe avec d'autres étudiantes. Cette personne s'était portée volontaire pour assumer la partie la plus volumineuse, prétextant qu'elle disposait de beaucoup de temps libre. Quel ne fut pas mon étonnement de la voir rendre ses textes la première, alors que les autres étudiantes et moi avons remis nos textes un peu plus tard, selon le délai qui nous avait été accordé.
Par curiosité, et aussi par intérêt, car les textes que nous devions corriger étaient tous très bons, je suis allée lire la partie de cette collaboratrice. J'ai vite compris qu'elle n'avait pas porté une grande attention à son travail. Et j'ai tellement relevé de fautes non corrigées que je l'ai signalé au superviseur du projet, qui n'a pas semblé s'en soucier outre mesure. Cependant, il m'a confié ces textes pour l'étape suivante, la correction des épreuves, où il est encore possible de corriger les fautes oubliées à l'étape de la révision. En général, il ne s'agit que de quelques coquilles. Mais là, c'était plutôt alarmant comme situation.
Ce qui me désole dans cette histoire, c'est que de deux choses l'une : ou bien cette personne n'est pas consciente de ses faiblesses, ou bien elle considère que ce travail effectué bénévolement ne méritait pas plus d'attention. Je préfère la première option. J'ai demandé au superviseur, la personne la mieux placée pour le faire, d'aviser cette étudiante de la situation. Je crois sincèrement que c'est un service à lui rendre.
Personnellement, j'ai adoré cette expérience et encore une fois, j'ai réalisé que ce travail deviendra vite une passion pour moi. Je souhaite trouver ma place. Mais avant tout, il me faut terminer mon certificat et entreprendre un autre série de cours pour me spécialiser d'avantage. J'adore ça!
Voilà. Je n'ai pas vraiment le moral ces temps-ci, mais je comprends au moins pourquoi. Encore une fois, écrire me fait du bien. Alors je continue.
Ophélie, le 26 mai 2007
La grande ville
J'avoue que je suis un peu mêlée. Nous sommes rentrées de New York hier soir, vers minuit, après un long trajet de plus de dix heures (quelques arrêts et une heure d'attente à la douane). Ma fille et moi avons beaucoup apprécié ce court séjour, mais il ne faut pas se faire d'illusions : impossible de découvrir New York en si peu de temps.
Comme le but de cette excursion était d'établir un premier contact, nous n'avions pas d'attentes particulières. Voyager avec un groupe - même si nous ne sommes que très peu souvent avec le groupe, finalement - comporte tout de même certaines contraintes. Particulièrement des contraintes de temps. Et c'est ce temps qui nous a manqué.
Ce qui me réjouit, c'est que je sais que désormais je me sentirais très à l'aise de faire un saut dans cette grande ville pour assister à un spectacle, visiter un musée ou simplement faire une promenade dans Central Park. Et je n'hésiterais pas à recommander ce « tour organisé », car j'ai beaucoup apprécié cette expérience.
Même si la plupart du temps je courais derrière ma fille, tout heureuse d'entrer dans les boutiques pour y dépenser l'argent de poche que son père et moi lui avions donné, je me suis sentie totalement à l'aise dans cette ville où des millions de personnes circulent dans tous les sens, traversent les rues en se faufilant entre les voitures ou zigzaguent sur les routes en réclamant leur droit de passage à grands coups de klaxon.
Mais ce qui m'a le plus étonnée, c'est la grande propreté de la ville et la simplicité des gens qui l'habitent. Des gens courtois, souriants, chaleureux, peut-être parce qu'ils sont si nombreux qu'ils n'ont pas le choix de se toucher et de garder leur calme dans toute cette effervescence qui les entoure. Enfin, c'est ce que j'ai ressenti.
Ce matin je suis allée déposer un travail de correction d'épreuves à un bureau sur la rue Saint-Laurent. J'en ai profité pour garer la voiture un peu plus loin, m'arrêter pour acheter des bagels et regarder les vitrines de la Main. J'ai trouvé la rue étroite et silencieuse. Il fait beau, le soleil resplendit.
Ophélie, le 21 mai 2007
Le ciel, le soleil et la mer
Cuba a largement tenu ses promesses. Le soleil, fidèle au poste, ne se laissait pas impressionner par les nuages gris qui le menaçaient à distance. Le vent, son valeureux complice, avait tôt fait de chasser ces intrus pour nous laisser un magnifique ciel bleu pendant les sept merveilleuses journées que nous avons passées sur la plage de Cayo Coco.
Le bleu turquoise de la mer, à couper le souffle, n'avait d'égal que le sourire des Cubains dont l'extrême gentillesse nous a séduits tout autant que le paysage qui nous entourait. Repos complet, paresse, longue marche sur la plage tôt le matin pour tenter de surprendre le grand héron qui s'est bien moqué de nous. Peu importe, si la caméra n'a pu capter tous les instants magiques, nos yeux, eux, n'ont rien manqué.
Cuba est une destination qui attire beaucoup de Québécois et ceux que nous avons rencontrés à l'hôtel, dans l'autobus ou à l'aéroport étaient tous ravis de leur séjour sur l'île. C'est dire que ce ne sont pas nécessairement les hôtels, la nourriture qu'on y sert ou la longueur des piscines qui font une différence, mais bien la somptueuse nature qui compose un paysage édénique et la chaleur amicale des Cubains qui nous accueillent chez eux.
Ces Cubains, travailleurs infatigables toujours souriants malgré l'ingratitude des tâches qu'ils doivent parfois accomplir, nous ont totalement charmés. L'un d'eux m'a un peu étonnée lorsque, devant mon admiration pour la mer qui nous entourait, il a fait mine d'être un peu blasé en ajoutant simplement ce commentaire à son haussement d'épaules : « It's my Cuba. »
Je pense encore au sens que ces quelques mots peuvent avoir pour lui. Pour moi, ils me suggèrent que ce jeune homme avait peut-être envie, pour quelques instants, de bénéficier d'un peu de cette liberté dont jouissent ces touristes qui, pour lui, demeurent les seuls éléments du paysage qu'il voit changer constamment.
Car il faut se mettre un instant à la place de ces jeunes travailleurs qui envient notre capacité à nous, les visiteurs, de nous déplacer librement d'un pays à l'autre, de dépenser tout cet argent en une seule semaine, de nous prélasser toute la journée sur la plage en avalant un nombre impressionnant de verres d'alcool qui, trop souvent, sont jetés à moitié pleins à la poubelle.
Mais bon. Les vacances ont été bien reposantes et, tout comme l'an dernier, nous avons déjà envie de repartir dès que possible pour découvrir un autre coin de l'île. Je suis particulièrement heureuse de ne pas retourner au travail demain. Une autre semaine de vacances s'ajoute à celle-ci, et bien que je doive la passer en partie à la maison, je saurai certainement en profiter largement.
Ne pas reprendre tout de suite le train-train quotidien me permettra certainement d'atténuer le choc du retour. Ce matin, alors que je m'apprêtais à sortir en tenue estivale, j'ai réalisé très vite que dix degrés de moins imposent un ajustement vestimentaire immédiat. Pas le choix, il faut ressortir les pantalons et la veste.
Visite au supermarché pour faire le plein de provisions. Je remplis mon panier de fruits, de poisson, de salade et de yogourt. De la viande pour le congélateur, pour profiter des spéciaux, parce que je n'ai aucune envie d'en manger pour l'instant. J'ai rapporté du bon café - j'adore Cuba aussi pour son merveilleux café -, il ne manque donc plus rien à mon bonheur.
Ce soir, je serai seule pour le souper de la fête des mères. Ma fille n'a tout de même pas oublié de me faire ses voeux, petite attention que j'ai bien appréciée. Le menu sera quand même délicieux : filet de saumon accompagné d'une salade printanière. N'oublions pas qu'ici, l'été n'est pas encore arrivé.
J'ai profité de ces vacances pour lire deux excellents polars. À part une longue marche quotidienne sur la plage, je n'ai pas fait d'exercice. Je reprendrai donc l'entraînement cette semaine avec plaisir. Une petite pause ne fait jamais de mal. J'ai aussi tout ce qu'il faut pour repeindre ma chambre, sauf peut-être le courage d'entreprendre cette tâche. Mais il le faut, je me le suis promis.
Je n'ai pas encore ouvert ma boîte de réception. Quelques courriels doivent certainement m'attendre. Je dois aussi faire un petit montage de la centaine de photos que j'ai prises pendant notre séjour. La caméra numérique permet cette liberté. Elle m'a aussi permis de capter le mouvement de l'eau, un peu du bruit des vagues. Il ne manque que le goût salé de la mer...
Ophélie, le 13 mai 2007
           
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