issoudun
A la fin du XIXème siècle, la ville est toujours divisée en deux parties :

- les faubourgs : peuplés plus particulièrement de vignerons (environ 9000),
- la ville : environ 5000 citadins.


Les transformations

C'est à cette période qu'est inaugurée la statue (que l'on doit au sculpteur berrichon Ernest Nivet) en l'honneur des combattants de 1870-71 ; ou encore, la fontaine surmontée de lions place du 10 juin.
On assiste également à la construction du château d'eau en 1877, dans le jardin public, à celle du collège en 1857, ainsi qu'à celle de la caserne Châteaurenault en 1875 où l'Etat Major du 68ème de ligne s'installe deux ans plus tard, puis est dissout en 1920.
Le couvent des Ursulines devient caserne et dépôt d'instruction de divers régiments jusqu'en 1914.
L'Hospice des incurables devient "l'école communale du Nord" (groupe scolaire Michelet).
Le couvent des Visitandines conserve son rôle de couvent pour les soeurs de Saint Vincent de Paul jusqu'en 1859, est transformé en orphelinat jusqu'en 1827 et est maintenant utilisé comme maison de retraite des prêtres âgés du diocèse.

En 1877, le Révérend Père Chevalier entreprend des travaux dans l'église Saint Cyr destinés à harmoniser les deux parties de l'église : le choeur et la paroisse (d'ailleurs déjà en ruines).


L'activité

A partir de 1870, les mégisseries étendent leur production pour les fabricants de chaussures aux relieurs et maroquiniers, qui, voyant le côté pratique, créèrent des maroquineries à Issoudun même.
En ce qui concerne les malteries et la métallurgie , on distingue, en 1873 et 1893 les malteries Alexandre Luneau (devenues malteries du Berry) et les malteries franco suisses, puis, à partir de 1915, les usines de Pied-Selles, pour la métallurgie.
En 1885-86, les vignobles issoldunois sont complètement ravagés par le phylloxéra. Certains vignerons devinrent maroquiniers ou mégissiers, d'autres, éleveurs, d'autres encore, tentèrent de reconstituer leur vignoble.



La guerre 1914-18

Il ne nous est guère donné d'informations concernant la vie des issoldunois à cette période. Issoudun a dû suivre les mêmes restrictions que dans la France entière.
Nous savons que Bourges, éloignée des tempêtes du front, eut une importance capitale comme centre militaire d'approvisionnement en matériel et en munitions.
Un centre d'instruction d'élèves aspirants s'installa à la caserne Châteaurenault. On note, parmi eux, la présence du futur Général Koenig.
Toujours est-il que les issoldunois, fatigués (comme tous les français) par cette guerre interminable, accueillirent la nouvelle de l'armistice avec beaucoup de joie : de grandes fêtes furent organisées, deux jours de congés furent donnés aux ouvriers et le maire fit tonner à nouveau le vieux canon de 1568.



Route de LEVROUX - Camp des Américains (1917)


Entre 1918 et 1939

Durant cette période, on assiste à la construction de la Banque de France Boulevard Roosevelt en 1925, à l'inauguration du stade Henri Mérillac en 1936, à l'ouverture de la Caisse d'Epargne en 1922, à la destruction du collège municipal par un incendie en 1927 puis reconstruit, devenant le Collège Honoré de Balzac en 1933. On assiste également à l'édification du cinéma Le Berry en 1938 (à la place, très certainement, de l'ancienne église Sainte Catherine).
C'est en 1933 que le Père Chevalier Armand (curé de la ville entre 1941 et 1944) fit sceller la première pierre du clocher de l'Eglise Saint Cyr.
En ce qui concerne l'industrie du cuir à Issoudun, on compte, en 1928, plus de cinquante mégisseries et une dizaine de maroquineries. Elles emploient environ huit cents ouvriers. Une branche particulièrement vivante de la profession, le sac à main, a fait son apparition en 1925. La mégisserie Berthommier commença en 1924 la fabrication du mouton et de l'agneau glacé pour la confection de vêtements pour hommes et dames.

Déjà, la guerre ravage l'Espagne et des réfugiés affluent à Issoudun : d'abord, à partir de 1937, au couvent des Ursulines, puis à l'ancienne maison d'arrêt désaffectée en 1938 (24 route de Lignières), et enfin, en 1939, à la sous Préfecture.


La 2ème guerre Mondiale

De novembre 1939 à Mai 1940, l'ancienne caserne Jardon devient usine de repli pour l'armement. Mais, face à la force des allemands, tout est broyé par les bombardements. Le premier mort issoldunois est Abel Viot le 27 septembre 1939.
En juin 1940, les allemands sont aux portes du département et le 19 juin 1940, Issoudun est bombardé de toutes parts. Quarante bombes sont lâchées, dont la première éclate place de la Croix de Pierre (dans la cour du n°46).
Ce bombardement devait faire plus de cent morts, des centaines de blessés et une soixantaine de maisons totalement ou partiellement détruites. Les blessés furent transportés en voiture ambulance ou en civière portées à bras à l'hôpital mixte ou aux hôpitaux complémentaires du Sacré Coeur et du Collège où ils reçurent les soins du Docteur Robert, médecin chef de l'hôpital civil.
Toute la population resta réfugiée dans les caves durant la nuit du 19 au 20 juin.

Pendant l'occupation, l'usine Lip tourna au ralenti en fabricant des valves de bicyclette et la caserne Châteaurenault devint centre allemand d'instruction pour l'infanterie de 1942 à 1945.


En construction