Nous n'avons aucune certitude sur l'histoire d'Issoudun jusqu'à l'an mille car il n'y a aucun récit ou manuscrit s'y rapportant. Voyons cependant ce que quelques indices nous permettent de dire sur ce sujet jusqu'au Moyen Age, date à laquelle l'histoire d'Issoudun devient plus précise.

Nous avons vu que l'étymologie du nom de la ville avait une origine gauloise et c'est le seul indice qui nous permet de dire qu'elle existait du temps de la Gaule. Un ordre d'incendie donné par Vercingétorix sur les Bituriges avant le siège de Bourges pour faire le désert devant l'armée romaine, laisse penser que, peut-être Issoudun faisait partie de ces villes incendiées en un seul jour : "Uno die amplius viginti urbes Biturigum incenduntur."

Nous n'en savons pas beaucoup plus sur son histoire du temps des romains. Les indices suggérant la possibilité de son existence à cette époque sont, par exemple, la présence de la rivière forcée, ouvrage attribué aux romains, ou encore le nom de la rue de Rome, nom qu'elle porta pendant près de deux milles ans, actuelle rue Pierre Brosselette. De même, M. PEREME, écrit également H. BALZAC, a retrouvé des pierres provenant d'un temple romain.


Type d'épée gauloise
(Trouvée près d'Issoudun)





Comme au temps des Gaulois et des Romains, l'histoire d'Issoudun des Mérovingiens aux Carolingiens n'est pas réellement confirmée par des écrits. M. PEREME ne fait que supposer la dévastation de cette ville soit par une "révolte des bituriges au Vème siècle", ou peut-être par la révolte des berruyers en 563, mais Grégoire de Tours, évêque de Tours, pourtant friand de faits divers, n'en fait aucun cas dans ses écrits.
En l'ancienne Abbaye Notre Dame reposait deux martyrs, Thalasius et Baius, l'un sénateur, l'autre archiprêtre, qui fait faire l'hypothèse à M.PEREME, une fois encore en l'absence de manuscrit, de l'importance de la ville.
En ce qui concerne le temps Carolingien, un texte de FUSTEL DE COULANGE, raconte la marche de Pépin Le Bref en 763 sur "Issoudun" où il aurait ravagé "la partie de l'Aquitaine où il y avait le plus de vignes". Il semble cependant que le texte latin ait été mal traduit. En effet, celui-ci nous dit "usque Hisandonem veniens", ce qui ne correspond apparemment pas à l'étymologie que nous avons vu. De plus l'étude de l'itinéraire de Pépin Le bref nous fait plutôt tourner le dos à Issoudun.


En conclusion, l'absence de renseignements écrits ne nous permet en aucun cas de retracer l'histoire exacte de la ville jusqu'au Moyen Age.