A Partir du XVIIIème siècle, l'histoire devient nationale et non plus locale. D'où la pauvreté des nombres de récits sur Issoudun relatifs à cette époque. On ne s'arrête plus aux simples faits divers.

Pour reprendre un paragraphe de Romain Guignard dans son livre Issoudun des origines à 1850 : " D'Issoudun sous Louis XV, nous pouvons affirmer deux choses : 1° que la ville était certainement riche, car nous en avons comme indice les belles maisons qui ont été conservées du XVIIIème siècle ; 2° qu'elle était en état de somnolence pour avoir laisser tracer par Vatan le tronçon de Vierzon à Châteauroux de la Route Royale Paris-Toulouse, inaugurée en 1767. "


ISSOUDUN ET LA REVOLUTION


Lors de la division de la France en départements, en 1790, Issoudun, qui se plaisait à se décorer du titre de capitale du Bas-Berry, fut rabaissée au rang de chef-lieu de district, provoquant ainsi la déchéance de la vieille ville royale. Le district d'Issoudun comprenait sept cantons : Issoudun, Meunet-Planches, Neuvy-Pailloux, Vatan, Reuilly, Poulaines et Chabris.
Bourges s'arrangea pour que sa rivale ne fasse pas partie du Département du Cher, plaçant ainsi Issoudun à la limite du département de l'Indre. Châteauroux était au Centre et, malgré la notoriété historique de la ville ainsi que son nombre d'habitants à l'époque plus important que celui de Châteauroux, c'est cette dernière qui fut élue chef-lieu du département de l'Indre. De même pour l'installation de l'Evêché de l'Indre, en dépit des efforts d'Issoudun pour l'obtenir, c'est également à Châteauroux que fut installé le premier et dernier Evêque de l'Indre, René Héraudin, Curé de Chaillac.
Issoudun était donc destinée à rester deuxième ville du Berry et de l'Indre et devait se contenter de ne pas diminuer tandis que Châteauroux ne cessait de grandir. Telle fut la décadence de la ville, victime de la Révolution.

Issoudun vota donc son Maire dans quatre sections : Le Château, Villatte, Saint Louis et Saint Jean. Celui de l'Ancien Régime fut maintenu par 794 voix (contre environ 900 votants) : Monsieur Heurtault du Mez. Celui-ci était assisté de douze officier municipaux et 24 notables pour former le Conseil Général de la Commune.

En octobre 1790, les vignerons se révoltèrent. En effet, de la révolution, ils attendaient la suppression des aides et la liberté de vendre leur vin comme ils le souhaitaient. Or, ce n'était pas le cas. C'est donc le 12 octobre, jour de la foire aux vins, que débuta l'insurrection provoquée par l'arrivée des commis chargés de la perception des droits sur le vin. Ceux-ci furent excessivement malmenés. Malgré les canons et l'artillerie qui, quelques jours plus tard, tinrent les vignerons en respect, cela se termina par la victoire des " macabés ", (surnom donné aux vignerons d'Issoudun ; cf la cassette vidéo de .....). Le vin de la ville connut alors sa liberté (bien que les aides ne furent pas abolies, on se garda bien de les réclamer !)

Au temps de " la terreur ", la vie à Issoudun ne fut pas aussi terrible que dans la capitale. Il y eut bien sûr quelques dénonciations et les prisonniers furent incarcérés dans une prison installée devant les " Visitandines ". Mais la plupart des personnes incarcérées n'étaient pas des gens du pays.

Un club de jacobins avait été fondé et devait être assez important de par le nombre de votants (121) mais ne semble pas avoir été aussi cruel, à savoir qu'il n'y eut pas de sang versé.

A l'heure où l'anticléricalisme était à son comble, le prieur de Saint Cyr, nommé Delestang, avait déposé ses lettres de prêtrise mais continuait pourtant à dire la messe. Pour cela il fut simplement incarcéré car pour sa défense il avait invoqué qu'il avait déposé ses lettres "sous la menace de la société populaire et pour manifester son désir de vivre fraternellement avec ses compatriotes mais non pas pour se dispenser de ses fonctions". Quant au citoyen Cirode, ancien curé de Saint Denis les Issoudun, "il jeta le froc" pour se marier en 1793, ce qui lui valut une lettre de félicitations de l'administration.

Le temps de "la terreur", comme nous l'avons déjà dit, fut plus marqué de cérémonies officielles que d'exécutions sanglantes. En effet, il en fut établi 10 par an comme, par exemple, le 10 août, le 21 janvier, le 14 juillet. De temps en temps, on plantait des arbres de la Liberté Ou encore, on brûlait les titres de féodalité sur la place de la Croix de Pierre (à l'époque, place de la Révolution).
L'église Saint Cyr, seule à avoir été conservée, fut consacrée au culte de l'être suprême et devint "temple de la Raison".

Après la mort de Robespierre, on vit se succéder les maires à une cadence rapide et la constitution de l'an III mit fin à l'existence des districts, Issoudun, ville de plus de 5000 habitants, devenant sa propre municipalité intra muros. Pierre Denis Gaignault de Saint Soin en était le Président.

L'enthousiasme républicain perdait de son ardeur, les citoyens électeurs ne se déplaçaient plus pour voter, préparant ainsi l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte.