Lituanie Lettonie

 

 

Itinéraire

    Cette année là, nous sommes partis en train de Czestochowa au sud de la Pologne où nous avions garé notre véhicule chez des connaissances d'amis allemands.

Suwalki - Sejny - Lazdjai - Marijampolé - Seredzius - Jubarkas - Siluté - Klaipeda - Nida - Klaipeda - Girulaï - Palanga - Liepaja - Aizpute - Kuldiga - Sabile - Kandava - Jelgava - Elea - Rundale - Bauska - Riga - Retour sur la pologne par le Baltic Express : Environ 1100 km

Carnet de voyage

      Mi-Juillet 1995, nous nous présentons de nouveau au poste frontière d'Ogrodniki après un voyage en train depuis le sud de la Pologne. Toujours autant de véhicules en attente, toujours les mêmes voitures achetées d'occasion en Allemagne ou en Hollande roulant en convoi ou chargées sur d'innombrables plateaux ou remorques. En vélo, nous passons, bien sûr, devant tout le monde Et nous décidons de rejoindre le plus rapidement possible Kaunas pour suivre ensuite le cours du Niemen jusqu'à la Baltique.

Kaunas A Kaunas,  les choses ont évolué sensiblement depuis un an. Il y a d'autres fruits sur les étalages  que les seules bananes aperçues l'année précédente mais ils se vendent à l'unité. Il y a encore plus de boutiques et les voitures sont plus nombreuses dans les rues. 
Nous prenons la direction de Klaipéda. A la sortie de la ville, en cherchant un endroit pour camper dans la forêt, Julien trouve une stèle en plein bois écrite en Lituanien et en Yhidish. Plus de 200 juifs de Kaunas ont été massacrés ici par les "Einsatzgruppen" Emouvant. 
Le parcours,  assez monotone, le long du Niemen est agrémenté de la visite de quelques châteaux plus ou moins en ruine et de vestiges de l'époque des chevaliers teutoniques. A Seredzius,  nous rencontrons par hasard un professeur de français de Vilnius. Il nous fait ouvrir l'église et le petit musée local. C'est dans ce bâtiment qu' à la fin de la deuxième guerre mondiale était basée l'escadrille aérienne Franco-russe "Normandie-Niémen". 

    Le gardien nous dit, qu'à sa connaissance, nous sommes vraisemblablement les premiers français à venir ici depuis 1945. Nous continuons de pédaler en direction de la mer baltique en suivant la frontière russe de l'enclave de Kaliningrad. Là, nous retrouvons le même type de bâtiments entrevus en Pologne et montrant le passé germanique de cette région. Dans un village, nous apercevons même les restes d'un monument aux morts de la première guerre mondiale. A Siluté, un immense cimetière à l'abandon, pratiquement au centre ville, atteste de la présence allemande d'avant l939. La leçon d'histoire grandeur nature continue... Nous croisons d'ailleurs beaucoup d'allemands venus manifestement à la recherche de leurs racines. Et deux d'entre eux nous diront être nés à Königsberg.

Arrivés au bord de la Baltique, nous continuons en direction de Klaipeda que nous atteignons un dimanche. Il y a foule pour prendre le bac pour se rendre sur les plages de  la presqu'île de Néringa. Une route tranquille à péage avec peu de circulation conduit  jusqu'à  la frontière russe. La presque totalité de la presqu'île fait partie d'un parc national et le paysage composé de grandes forêts de pins et de dunes est particulièrement agréable. Mais attention, le camping y est interdit. Dans les villages, beaucoup d'anciennes  maisons de pêcheur en bois coloré typiques de cette région à côté desquelles se dressent des tas de bois circulaires. 

 

Maison de la presqu'île de Nida Nous longeons de grandes plages de sable avant d'arriver à Nida, lieu de villégiature et de vacances. L'endroit est plaisant aussi nous décidons de prendre une journée de repos. Grâce à des cyclos allemands rencontrés en cours de route, nous  louons une chambre chez l'habitant. Nous faisons pour la première fois l'expérience de la cuisine communautaire, un seul frigo dont on nous indique notre rayon,  une seule table de cuisine pour toute la maison et chacun sa bouilloire. La première surprise passée, on s'organise ! Il faudra tout simplement attendre son tour pour cuisiner et manger.

 

 Le lendemain, nous visitons le village plein de vieilles maisons en bois dont certaines ont un toit de chaume. A la sortie de la bourgade,  commence une immense zone de dunes particulièrement impressionnantes. Des deux côtés, on aperçoit la mer.  
Faute de pouvoir trouver les horaires du "Raketa", l'hydroglisseur pour retourner à Klaipeda,  nous reprendrons la route en sens inverse. En chemin, nous visitons une extraordinaire exposition de sculptures géantes en bois en plein air. Il y a en a de toutes les formes et de toutes les tailles. On trouve d'ailleurs ce genre de sculpture partout en Lituanie.  
Après la visite de Klaipeda, l'ancienne Memel, et de son marché pittoresque, nous reprenons la route vers le nord en suivant la côte de la Baltique. La frontière lettone n'est plus loin. A Girulaï, nous couchons dans un centre de vacances plus ou moins vide, nos dollars ayant convaincu la gardienne de nous louer un petit bungalow.  Les immenses douches collectives aux tuyauteries pour le moins sonores et les cinq bouilloires sur l'unique  cuisinière de la cuisine amusent beaucoup les enfants. Malheureusement lors d'une ballade nocturne, Matthieu rentre dans un câble d'acier tendu dans le noir Il a une assez vilaine plaie à la pommette et un magnifique coquard à l'oeil gauche. Le lendemain, nous nous arrêtons dans la station balnéaire de Palanga. Beaucoup de gens en vacances, de nombreux magasins de souvenirs et une superbe plage de sable avec des dunes où nous nous baignons avant de remonter en selle.  
La route en direction de la Lettonie est quasiment déserte et nous surprenons presque les douaniers qui sont en pantoufles et bras de chemise. Un coup de tampon sur nos visas et nous voilà de l'autre côté de la frontière. Comme par hasard les moustiques font  leur première apparition quelques kilomètres après. C'est une véritable invasion et ce soir là, les tentes seront vite montées.

    Un jour plus tard  nous atteignons Liepaja. Nous sommes frappés par le grand nombre de vieilles maisons en bois dont certaines sont magnifiques. Là, il nous arrive une chose amusante et surprenante. Alors que nous étions arrêtés pour prendre de l'eau, une femme s'est approchée et, avisant la blessure de notre fils, lui fait une séance de magnétisme en pleine rue. Le lendemain, curieusement, la plaie commencera à cicatriser.

Maison en bois de Liepaja A partir de Liepaja, nous décidons de quitter le bord de mer et de nous enfoncer dans l'intérieur du pays pour rejoindre Riga. Nous roulons sur des routes tranquilles dans des endroits où manifestement peu de touristes se sont encore aventurés. Dans un des villages, nous sommes escortés par une troupe d' enfants à vélo, dans d'autres, on nous aborde pour nous demander d'où l'on vient. Avant Kuldiga, nous traversons une région vallonnée très agréable, malheureusement, c'est à ce moment que le revêtement goudronné de la route fait place pour un temps à la piste sablonneuse et, si cela amuse beaucoup les enfants qui s'en donnent à coeur joie, c'est beaucoup plus difficile pour les parents ! 

    D'autant plus que quelques énormes camions transportant du bois, genre transport de fusées sur la place rouge à l'époque soviétique, nous causent quelques frayeurs en roulant à toute allure. Notre itinéraire se fait un peu au jour le jour, notre but étant de rentrer dans l'intérieur du pays afin d'en "prendre la pleine mesure", tout en privilégiant, il faut bien le dire, les routes goudronnées. Aussi, après avoir consulté les guides en notre possession, nous décidons, avant de rejoindre Riga, de nous diriger  vers Jelgava   afin de visiter le château Rundale qui semble être la fierté des Lettons.

 Celui-ci  a servi de silo à blé durant la période soviétique et bien qu'encore incomplètement restauré, il vaut le détour. Malheureusement, ce jour là, c'est le jour de fermeture ! Une chance pour nous, nous nous joignons à  la visite programmée d'un groupe de touristes finlandais.  Et c'est chaussés de fantastiques patins de feutre, pour ne pas abîmer le parquet, et sous l'oeil soupçonneux d'une surveillante qui nous suit comme notre ombre que nous parcourons les différentes salles. Une fois la visite terminée, nous verrons le personnel fermer la porte  derrière nous et quitter immédiatement les lieux. C'était bien jour de fermeture !  Château de Rundale

     Nous visitons ensuite au passage les ruines du château de Bauska. Là, nous sommes accostés par un père et ses enfants qui veulent absolument savoir d'où nous venons et voir notre itinéraire sur une carte. La conversation s'établit difficilement avec quelques mots de russe et d'allemand mais nous nous nous comprenons malgré tout. Un peu plus loin, une autre personne nous aborde en anglais et nous met en garde contre la circulation très dangereuse de Riga : "Be carefull !! It's very dangerous !! Take care of the kids !!".

Effectivement, dès les premiers faubourgs de Riga, nous comprenons que se déplacer en vélo dans cette ville ne sera pas chose facile. La circulation est très dense par rapport à ce que nous avons vu dans le reste du pays et pour le moins anarchique. Nous nous mettons en file indienne, mais les carrefours ne sont pas simples à négocier et nous accablons les enfants de conseils de prudence. Eux, par contre, trouvent la chose très amusante ! Nous sommes tous surpris par la taille de la ville qui contraste  particulièrement avec le reste du pays et Vilnius,  autre capitale balte.  C'est vraiment une grande ville à l'apparence et l'atmosphère très occidentale !   
Les deux jours  de visite confirmeront et renforceront  notre première impression, Riga devrait devenir une destination touristique " à la mode" dans les prochaines années. Que ce soit pour les bâtiments hanséatiques du vieux Riga  en pleine réhabilitation, ou ceux style art nouveau de la ville nouvelle, ses rues très animées et son grand marché sans oublier ses musées. A cet égard, le musée en plein air consacré à l'habitat traditionnel est exceptionnel. Bref,  Riga vaut le voyage.
Arrivée à Riga

 

Vieux Riga Mais le mois d'août touche bientôt à sa fin et il nous faut  rejoindre notre véhicule dans le sud de la Pologne. Nous décidons de prendre le Baltic Express jusqu'à Varsovie. Ce que nous pensions être un voyage tranquille s'avérera en fait comme une vraie galère tragi-comique. Pour tout dire, ce fut épique ! Cela a commencé par le refus de la chef de train de laisser monter nos vélos dans le wagon faute de billets correspondants, puis les douaniers ont voulu nous bloquer à la frontière lettone pour défaut de visa. Ensuite nous avons eu droit au trafic de Vodka à la frontière polonaise, les trafiquants, visiblement de mèche avec les douaniers,  dévissant les plaques du plafond du wagon au dessus de nos têtes pour placer les bouteilles ou glissant des paquets de cigarettes entre nos jambes ou presque. Le tout avec le sourire bien sûr !

Puis pour finir, avec nos 18 sacoches et nos 5 vélos au centre d'un wagon bondé, nous avons déclenché une véritable émeute en gare centrale de Varsovie.  Devant les protestations et les vociférations véhémentes des autres passagers, (nous entendons même : "Capitalistes, prenez un hélicoptère !"), le chef de train, sommé d'intervenir,  nous place, nous et nos bagages dans le wagon motrice et c'est avec six minutes de retard sur l'horaire que nous partons enfin,  Romain siégeant fièrement à côté du conducteur de la motrice...
Ce soir là, enfin arrivés à Czestochowa, épuisés par le voyage, nous décidons, une fois n'est pas coutume,  de louer une chambre dans un motel à la sortie de la ville. Mais, à notre grande surprise, le directeur nous invitera à monter notre tente sur la pelouse... juste devant son établissement !
    Finalement, après quatre fantastiques semaines  de voyage, nous retrouvons nos amis polonais qui sont soulagés de nous voir rentrer car ils étaient vraiment, mais vraiment,   très inquiets de nous savoir partis "chez les russes".

Album photos :

La vallée du Niemen

Nida et la presqu'île de Neringa

Châteaux de Rundale et de Bauska

Riga

Au hasard du voyage