Finlande estonie

 

 

 

Carnet de voyage

Cette année là nous avions décidé, trois jours avant le départ, d'abandonner la route par la Pologne et de partir par Stockholm et la Finlande que nous n'avions pas encore visité.
A Stockholm, nous avions laissé notre voiture dans un terrain de camping et nous avions enfourché nos vélos.

Stockholm - Turku - Salo - Tammissaari - Helsinki - Tallinn - Paldiski - Haapsalu - Ile de Hiiuma - Lihula - Virtsu - Ile de Saaremaa - Orissaare - Kuressaare - Karuse - Pärnu - Kilinginömme - Törva - Sangaste - Otepää - Tartu - retour Tallinn par le train - Helsinki - Stockholm : Environ 1400 km

helsinki Le véritable départ en vélo s'effectue donc de Stockholm le 21 juillet. Mais, auparavant, les deux jours de visite de Copenhague à vélo nous ont confirmé que cette ville constituait un véritable paradis pour cycliste citadin. Le rêve !!! Cette année, nous ne sommes plus que quatre, Julien ayant décidé de "vivre sa vie d'adolescent" durant les vacances. Evidemment, il a fallu revoir les chargements et Romain est donc "passé" à quatre sacoches. 
Une véritable croisière sur un immense bateau nous conduit, tout d'abord, à Turku en Finlande. Le voyage de 14 heures effectué de jour à travers les innombrables îles de l'archipel suédois est absolument magnifique, le tout pour un prix étonnamment bon marché (90F par personne ). 

Le premier contact sur le sol finlandais est agréable et sympathique : " Welcome in Finland" nous dit spontanément la première personne interrogée au sujet du camping le plus proche. Même accueil à la réception du camping, ce n'était donc pas un hasard et cela fait plaisir lorsque l'on aborde un nouveau pays. A méditer pour nos propres touristes étrangers !
Nous décidons ensuite de rejoindre Helsinki en évitant la grande nationale  et nous nous engageons sur de petites routes en terre battue. Très rapidement nous comprenons pourquoi les images du rallye automobile des 1000 lacs montrent des voitures qui jouent à saute mouton… Ça monte et ça descend sans arrêt, c'est épuisant. Mais quel calme !  Malheureusement, le deuxième jour, Jacqueline chute dans une descente et se blesse assez profondément à un coude. Ambulance, hôpital, points de suture… Bref, le voyage commence mal et c'est en ordre dispersé que nous atteignons Helsinki : deux en vélo et deux en bus. Nous profitons d'un repos forcé de trois jours pour visiter la capitale finlandaise et c'est, malgré le coude de Jacqueline encore douloureux et mal rétabli, (elle en subira les contrecoups en rentrant),  que nous prenons le Ferry pour Tallinn la capitale de l'Estonie.

Sabine, notre amie est-allemande qui avait eu l'occasion de visiter cette ville à l'époque de l'URSS, nous en avait dit beaucoup de bien. Effectivement cette ville, en grande rénovation comme les autres capitales baltes, est très agréable à visiter. En particulier, la vieille ville et ses remparts ont un charme certain. Les touristes y sont d'ailleurs très nombreux. Au premier abord, le développement de l'Estonie nous semble avoir pris beaucoup d'avance par  rapport aux deux autres pays baltes, plus de magasins, plus de voitures. On peut même téléphoner en France à partir des cabines publiques, ce qui n'était pas possible en Lituanie et en Lettonie, les années précédentes. Il n'y avait d'ailleurs aucune cabine téléphonique moderne. Le voyage nous confirmera cette première impression et nous n'avons du reste pas été surpris de l'entrée de l'Estonie dans l'Union européenne. Tallinn

 
Au cours de la visite de la ville, nous faisons une rencontre étonnante. Alors que nous assistons à une manifestation de retraités russes réclamant le paiement de leurs pensions, nous sommes abordés par une vieille dame qui veut absolument nous dire quelque chose parce que nous sommes français. Mais la conversation menée avec quelques mots d'anglais et de russe s'avère compliquée. Elle prend alors un papier et dessine un épi de blé et la silhouette de la France ! Nous finissons enfin par comprendre ses explications ! Elle s'appelle Le Blé parce qu'un de ses ancêtres, français, venu avec les armées napoléoniennes était resté en Russie.

Tallinn Nous décidons de quitter Tallinn en suivant la côte de la Baltique en direction des îles de Hiiumaa et de Saaremaa. Les routes sont très calmes et nous avançons assez vite. Mais dès, le premier soir, à la place du camping indiqué sur la carte, nous ne trouvons qu'une pancarte écrite en russe devant un énorme complexe touristique complètement à l'abandon. L'atmosphère est curieuse. C'est bien plus loin que nous trouverons des bungalows de plage à louer. Le lendemain, un vieux bac pour le moins rouillé nous emmènera sur l'île de Hiiumaa. 

Les îles estoniennes sont particulièrement agréables à parcourir en vélo. La nature semble avoir été préservée. Pas de grosses usines défigurant le paysage, pas trop de sombres cubes grisâtres d'habitation ou d'immenses kolkhozes. Mais, au contraire, beaucoup de maisons traditionnelles dont certaines ont conservé leur puits à balancier. Le guide touristique indique que les interdictions et les restrictions de circulation qui existaient à l'époque soviétique du fait de l'importance stratégique et de la proximité géographique de ces îles avec la Suède expliquent  cette heureuse situation. Effectivement, nous remarquons en bord de côte un certain nombre d'anciens emplacements de camps militaires où subsistent encore les barbelés et les miradors. Mais nous avons  beaucoup de peine à imaginer que ces endroits étaient strictement interdits aux étrangers à peine cinq années auparavant. Au bout de l'île, au milieu d'un immense terrain militaire abandonné, trône, dérisoire et désormais incongrue, une carte de l'URSS gravée sur un mur. Ces vestiges d'une époque révolue mais néanmoins encore très proche, fascinent et stimulent l'imagination des enfants. Matthieu fera le reste du voyage avec un panneau métallique kaki, rédigé en russe, indiquant vraisemblablement les restrictions de navigation  autour de l'île.

Nous prenons beaucoup de plaisir à faire le tour de Hiiumaa en vélo. Comme l'île voisine de Saaremaa, celle-ci est réputée pour ses moulins. Chaque famille avait le sien avant guerre, et les quelques exemplaires qui subsistent sont bien conservés. Par deux fois, nous trouvons sur cette île une église orthodoxe abandonnée et en ruine au milieu de la forêt. Seuls les petits cimetières attenants sont encore entretenus. C'est au cours de la deuxième visite que Matthieu ramassera sur un tas de gravats, des journaux datant du début du siècle. " Tu te rends compte, ça date de l'époque du tsar !"  Ses sacoches s'alourdiront ainsi  chaque jour un peu plus du poids de ses trouvailles. Il reviendra aussi avec plusieurs exemplaires de la Pravda, une carte de Kolkhozien et bien d'autres merveilles encore. Même sur cette petite île, le moindre village a son petit supermarché et nous n'éprouvons aucune difficulté de ravitaillement comme cela avait pu être le cas les deux années précédentes.

 
De retour sur le continent, nous faisons une petite halte à l'hôpital d'Haapsalu  afin d'enlever les fils du coude de Jacqueline. Le tout ne prendra que peu de temps et sans qu'aucune formalité ne nous soit demandée. Les Sourires et la gentillesse du personnel font oublier la vétusté et la rouille de l' appareillage de cet établissement ! Nous reprenons ensuite la route en direction de l'île de Saaremaa. Cette deuxième île, beaucoup plus grande et aussi plus belle que la première, semble plus touristique, beaucoup de  finlandais en particulier. A Muhu, un petit musée de l'habitat traditionnel mérite la visite. L'île est parsemée de petites et charmantes églises dont la plupart viennent d'être restaurées ou sont en train de l'être.

A Kuressaare, le chef lieu de l'île, nous nous octroyons une journée de repos. Le marché est très animé et nous achetons des colliers en ambre. Il s'agit vraiment de la spécialité des pays baltes et on en trouve partout à des prix très intéressants. Mais le moins cher, nous le dénicherons chez un fleuriste, le tout emballé dans un papier kraft comme de la viande ! Nous nous installons  dans un camping magnifique au milieu des pins. Les enfants sont particulièrement amusés par les immenses douches collectives et le surréalisme étonnant de la plomberie des sanitaires… 

 
En plus, on peut faire du feu devant sa tente, un luxe et un plaisir oublié et totalement répréhensible chez nous. Nous remarquons d'ailleurs que la plupart des campeurs locaux n'ont pas de réchaud et cuisinent directement au feu de bois. Une concentration de motards nous permet de voir une étonnante collection de motos russes de la marque Oural. Le château de Kuressaare abrite un musée sur la vie locale très intéressant mais quel dommage que toutes les notices ne soient rédigées qu'en  Estonien et en Russe.
Nous repartons ensuite en direction de Parnu non sans regretter de ne pouvoir faire le tour complet de l'île, faute de routes goudronnées. Mais les pistes sablonneuses ne sont vraiment pas roulantes et depuis sa mésaventure finlandaise, Jacqueline ne veut plus prendre de risque. En quittant la ville, nous rencontrons un cycliste allemand qui vient de faire le tour intégral des trois pays baltes en partant de Berlin, il nous explique que l'est de ces pays plus varié est très agréable à parcourir en vélo.

Avant de prendre le bac, nous visitons à Kali un lac cratère très impressionnant formé par la chute d'une météorite. Nous sommes alors assaillis de questions par le directeur de l'école voisine qui, apprenant que nous sommes, nous aussi enseignants, nous expliquera le fonctionnement du système scolaire estonien. La traduction sera effectuée en anglais par un chercheur de l'université de Tartu qui occupe ses vacances à vendre son livre à deux pas du cratère sur une table de camping ! 
Il n'y a rien à voir avant Parnu, alors nous pédalons… La route est quasiment déserte et parfois il manque quelques kilomètres de goudron. Mais le plus surprenant sera quand la toute petite route, au revêtement incertain, sur laquelle nous sommes s'élargira subitement dans des proportions absolument incroyables. Et c'est seulement au bout d'un kilomètre que nous nous rendrons compte que nous pédalions sur un aérodrome caché au milieu des bois!!! 

 

Parnu Parnu est très agréable, la ville est une station balnéaire déjà ancienne et nous prenons plaisir à flâner  au milieu des maisons peintes en jaune. Pour une fois, et contrairement au reste du pays, la plage est agréable et propre. Alors nous décidons d'en profiter. Mais, cela a failli mal tourner, car, sans le savoir,  nous nous étions spontanément dirigés vers la plage "réservée aux femmes" ! Les cris de certaines et les explications d'autres nous ont  vite fait trouver l'endroit adéquat : la plage des familles.  

Le mois touchant bientôt à sa fin, nous décidons d'atteindre Tartu afin de prendre un train qui nous ramènera à Tallinn. Nous traversons des régions plus vallonnées et boisées et parsemées de petits lacs. Nous longeons la frontière lettone avant d'atteindre Otepää, charmante petite station de vacances, où l'hiver se court le marathon de ski de fonds de Tartu. La baignade est très agréable dans le lac. Le lendemain, nous voici à Tartu, grande ville universitaire et but ultime de notre périple.

Là encore, nous trouvons une ville en pleine restauration qui ne manque pas de charme avec beaucoup de bâtiments anciens. Malheureusement, c'est dimanche et il n'y a pas beaucoup d'animation. Nous rencontrons un couple de cyclistes hollandais à qui nous donnons quelques indications pour la poursuite de leur voyage et nous prenons le train pour Tallinn. Nous arrivons tard le soir et c'est enfermés, dans la gare du terminal portuaire, avec l'autorisation du gardien, que nous passerons notre dernière nuit balte.   Tartu : L'hôtel de ville

Un ferry nous ramène à Helsinki que nous trouvons beaucoup plus animée et moins austère que lors de notre premier passage. La rentrée des classes a déjà eu lieu et la vie semble avoir repris de ce fait. De là, le même immense bateau qu'à l'aller nous conduit à Stockholm où nous attend  notre voiture. Le voyage est terminé, il aura duré quatre semaines, et nous aura permis de terminer cette trilogie balte. Les enfants, eux, pensent déjà à l'année prochaine : " Bon, on va où l'année prochaine ?"

Fin de voyage !

Album photos :

Tallinn

Les îles estonniennes

Parnu et Tartu

Au hasard du voyage