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ELLA FITZGERALD
Ella
Fitzgerald est aussi appelée "la grande dame du Jazz".
Née le 25/04/1918 à Newport News, Virginie. C'est
la chanteuse de Jazz la plus connue et reconnue à travers
le monde.
Après
la disparition de son père, elle s'installe avec sa mère
chez sa tante à Yonkers, tout près de New York. Très
jeune, elle trouve de petits "boulots" dans les jeux clandestins,
pour ramener un peu d'argent à la maison.
Adolescente, elle traîne dans Harlem. Tôt, sa passion
pour la musique s'affirme, et pas seulement pour le Jazz. En effet,
elle adore Arthur Tracy, chanteur romanesque un peu désuet.
Elle admire aussi Connee Bowell, une chanteuse et instrumentiste
ayant une grande influence à cette époque. Ne pouvant
s'offrir des cours, elle apprend à déchiffrer la musique
seule. C'est une bonne danseuse de claquette, et son rêve
ultime est Brodway. A 15 ans elle veut devenir danseuse professionnelle.
En 1934, elle gagne le premier prix d'un concours qui combine chant
et danse, au Harlem Opera House.
Après la mort de sa mère, sa tante, Mme Williams,
prend beaucoup d'importance dans sa vie.
Dés
lors, elle enchaîne les concours, qu'elle remporte le plus
souvent. Elle impose à chaque fois un style très naturel,
loin des modes plus ou moins passagères.
Son tout premier engagement se conclue avec l'orchestre de Tiny
Bradshaw.
Mais, elle est mineure, et Mme Williams ne veut pas devenir son
tuteur. Ainsi, elle va effectuer un séjour en orphelinat.
Dans un concours à l'Apollo, elle est repérée
par une personne du célèbre Savoy, pour éventuellement
jouer avec l'orchestre de Chick Webb. Malgré les réticences
de ce fameux batteur de l'époque, il va tout de même
l'engager. Au début, il pense que l'idée de mettre
une chanteuse dans son orchestre de danse n'est pas fameuse. Mais
rapidement après l'avoir écoutée, il est conquis.
Pour des raisons juridiques, Chick Webb l'adopte. Au Savoy, elle
va éclater au grand jour. Au contact du batteur, elle apprend
énormément : le beat, le swing et même l'attitude
scénique, qu'elle ne maîtrisait pas vraiment... Il
s'occupe de lancer sa carrière.
En 1936, elle grave son premier disque, sous le nom d'Ella Fitzgerald
and the Savoy Eight.
Même mineur, elle a déjà une énorme popularité
dans tous les Etats-Unis, jusqu'à la côte Ouest. Le
plus étonnant, c'est qu'elle n'est pas seulement appréciée
de la communauté noire, de nombreux musiciens blancs souhaitent
jouer avec elle, tel Benny Goodman.
En 1938, elle fête ses vingt ans, en étant élue
chanteuse de l'année par plusieurs journaux. C'est le début
d'une longue série. La même année, elle enregistre
"A-tisket, a-tasket", inspiré d'une comptine, qui
est un terrible succès commercial. Elle devient une vedette.
Mais toujours en 1938, elle subie encore le décés
d'un de ses proches, car Chick Webb meurt de la tuberculose. Elle
en vient donc à s'émanciper, et prend la direction
de l'orchestre. Mais le marché du Big Band commence à
saturer, et elle se retrouve de moins en moins dans ce qu'elle fait.
C'est alors qu'elle découvre le be-bop
avec Dizzy Gillespie, lors d'une de ses nombreuses tournées.
A ses côtés, elle redécouvre le scat,
et prend une nouvelle dimension. Lors d'un concert avec l'orchestre
de Dizzy au Carnegie Hall, c'est la consécration.
En 1948, elle épouse l'immense contrebassiste Ray Brown.
Un autre personnage très influent dans sa carrière
est Norman Granz. Monsieur JATP (Jazz At The Philarmonic) sera même
son agent. A ce moment, elle fait des débuts très
réussis en Europe, au Royaume Uni. Ensuite, elle enregistre
des comédies musicales. En 1950, elle s'attaque à
Gershwin, et avec quel brio. Quelques années après
avoir adopté un enfant, elle se sépare de son mari.
Les soucis s'enchaînent, elle a maintenant des problèmes
de contrat chez Decca. Mais Norman Granz va la tirer d'affaire en
fondant Verve. Après avoir rencontré Duke Ellington,
qui tombe sous le charme, ils enregistrent ensemble, mais sans grosse
réussite.
Suite à une période de tournées-concerts, elle
passe aux enregistrements. Aux alentours de 1956, elle grave ses
fameux Song-books, qui seront de grands hits. Le premier concerne
Cole Porter, mais le sommet est une nouvelle fois atteint avec Gershwin.
A
la même période, elle va entrer en studio à
deux reprises avec Louis Armstrong, et le quartette d'Oscar Peterson.
Ces enregistrements de standards
vont connaître un gros succès. Ensuite, en 1957 ils
enregistrent tous deux le célébrissime "Porgy
and Bess", qui est un peu à la lisière du Jazz.
Ce monument, n'est pas sorti à la bonne époque, et
même si Armstrong y paraît un peu fatigué, Ella
est tout à fait impressionnante. Cette même année,
elle est hospitalisée pour des problèmes aux yeux.
Elle doit aussi faire face à une petite déprime.
Dans les années 60, période très agitée
pour le Jazz, son style n'évoluera pas. Elle échappe
toujours à tout courant. Et elle travaille sans cesse, toujours
partagée entre albums et tournées. En 1965, pour la
première fois, elle s'arrête. Elle accuse une grosse
fatigue tant physique que psychologique. Dés lors, sa carrière
s'effiloche insensiblement.
L'un
des faits marquants chez cette immense artiste, c'est l'activité
prolixe dont elle fait preuve, avec une présence quasi-perpétuelle
sur le devant de la scène, depuis ses tout débuts.
Elle a une discographie énorme, avec des disques des plus
variés. Elle a collaboré avec une multitude de géants
: Chick Webb, Ray Brown, Louis Armstrong, Oscar Peterson, Count
Basie, Duke Elligton, Dizzy Gillespie, Tonny Flanagan, Joe Pass,
etc...
Sa voix se situe entre le soprano lyrique et le mezzo. L'un des
aspects incontournables de son style est bien sur le scat,
auquel elle a su donner ses lettres de noblesse. Son tout premier
scat apparaît
sur "Mr Paganini". La voix devient un instrument comme
les autres et peut ainsi se lancer dans de véritables improvisations.
Ayant chanté beaucoup de standards,
elle a su leur imposer son style absolument parfait. Elle est l'incarnation
même de la notion d'interprète, et combine toute les
qualités du vocaliste idéal : voix exceptionnelle,
diction irréprochable, une pureté absolue, un swing
renversant. En plus, elle est une des rares chanteuses à
toujours évoluer en parfaite osmose avec les musiciens qui
l'accompagnent. Outre de formidables dons, elle a su travailler
d'arrache-pied, pour arriver à une technique parfaite. Du
zéro faute, quoi.
Elle est unique, non seulement par sa voix, mais aussi par le fait
qu'elle ne fut jamais rattachée à une école
ou à un genre. Ainsi, elle a pu tout chanté, du plus
futile au plus sophistiqué. Elle a aussi redoré le
blason des comédies musicales, très peu appréciées
dans le monde du Jazz. Son seul souci à toujours été
de chanter, et à la rigueur, peu importe quoi.
Devenue célèbre en quelques années, elle a
pourtant eu une carrière de 50 ans. Son caractère
est à l'opposé de ce que l'on avait l'habitude de
voir chez les jazzmen. Modeste, et effacée, elle est aussi
naïve surtout en ce qui concerne l'argent. N'ayant jamais reçu
de jugements véritablement défavorables, elle n'a
jamais dérangé personne. Cette personne, toujours
pleine de bonheur, a toujours été étonnée
de plaire, et sa seule ambition fut celle d'être aimée
du plus grand nombre.
"La grande dame du Jazz" fut donc l'un des rares jazzman
à être aussi une star planétaire comme le fut
Louis Armstrong. Ce véritable mythe est à l'opposé
d'une Billie Holiday. Aucun scandale n'a jamais entaché sa
vie. Loin des musiciens tourmentés, elle acquis une popularité
qui dépasse largement le monde du Jazz. Dans cette musique,
c'est en tout cas la seule femme à avoir vendu des millions
de disques, et s'être produite devant presque autant de spectateurs.
Certains disent même que c'est tout simplement la plus grande
chanteuse américaine tous genres et toutes périodes
confondus.
Référence.
Ella Fitzgerald, Alain Lacombe.

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