Baudelaire - Le Spleen de Paris (Petits Poèmes en Prose) - Le Fou et la Vénus

Recueils Bac 2001     -     Le Spleen de Paris


BAUDELAIRE - LE SPLEEN DE PARIS - Le Fou et la Vénus

Deux axes d'étude privilégiés parmi d'autres :
- une double définition du beau
- un drame de la communication et de l'expression

I/ Une double définition du BEAU :

=> La Nature VIVANTE, ENCHANTERESSE
=> La STATUE

A/ Les caractéristiques de la nature

- Utilisation d'un langage de l'amour.
- Description qui personnifie la nature (se pâme-extase des choses-endormies,excitées...désir... rivaliser)

En même temps donc une définition en action du beau et de l'amour

=> Avec des mouvements contradictoires :

force, énergie passionnelle
calme, volupté, harmonie paisible

aboutissant à un équilibre difficile à atteindre résumée
=> IMPRESSION D'ENSEMBLE : oxymore orgie silencieuse

La sensualité = luminosité, brûlure, extase, mais calme, silence et sommeil

B/ Lieu symbolique, représentant l'ensemble de la création

le parc, les eaux, les objets, les fleurs, l'azur du ciel
(Remarquer l'absence de l'homme, nature pure, mais tout de même humanisée, cultivée, urbaine)

- Beauté en mouvement

=> GRADATION NETTE : toujours croissante - de plus en plus - brûlent du désir de rivaliser -rendant...les fait monter)

- Beauté dans l'unité des sensations (rendant visibles les parfums = synesthésie)

=> IMPRESSION D'ENSEMBLE : jouissance universelle

La JONCTION : mouvement ascensionnel des parfums, des fumées vers l'AZUR, vers l'ASTRE

Ce mouvement symbolise l'atteinte de l'IDEAL.

CONCLUSION PARTIELLE :

Profusion, richesse, mais équilibre, harmonie (caractéristiques de la beauté de la nature, de la plénitude de l'amour.)

 

La STATUE :

Si la première représentation de la beauté est MOUVEMENT, la seconde est FIXITE ==> altière, noble, déifiée, immortelle, éternelle :
colossale Venus, piédestal, immortelle Déesse, immortelle Beauté, Déesse, MARBRE

Transition : le contraste comme rupture

=> difficulté d'exprimer cet enchantement, cette puissance magique de la nature, son langage sensoriel.
nature enchanteresse (jouissance universelle) <=> un être affligé
NOTER LE CHIASME qui oppose universelle à un être, jouissance à affligé

   

II/ Un drame de la communication et de l'expression

==> difficulté d'atteindre idéal et beauté alors que ce rôle, cette fonction est clairement définie par le discours muet des yeux " CEPENDANT je suis fait moi aussi pour comprendre et sentir l'immortelle Beauté"

DEUX ROLES : sentir puis comprendre, c'est-à-dire percer la sensation (=> SURNATURALISME)

CONTRASTE
=> du mouvement des yeux : lève les yeux <=> regarde au loin, yeux de marbre
DESIR <=>FROIDEUR, INDIFFERENCE,INACCESSIBLE

=> des attitudes :
aux pieds (vénération et impuissance),
tout ramassé <==> colossale, piédestal

a) le thème du bouffon : la condition ridicule du poète (cf l'Albatros)

Pourquoi le bouffon ?
pour le ridicule uniquement ?
mais aussi
parce que le FOU se permet de dire ce que les autres taisent, dissimulent !
parce qu'il est chargé d'une fonction SOCIALE et MYTHIQUE : vaincre le Remords, l'Ennui des autres
(thème du clown triste) (cf Le Vieux Saltimbanque)

b) Deux attitudes caractéristiques aussi de la poésie :

- lyrisme douloureux : "ayez pitié de ma tristesse" (le plus solitaire des humains, privé d'amour et d'amitié)
- "délire" (tentative pour atteindre le sens profond par un déréglement des sens, du verbe, de la forme ...)

 

III/ PROSE ET POESIE : La forme allégorique

a) Tonalités multiples du poème ==> à la fois prose et poésie.

=> Epanchement d'un état d'âme dans les exclamations => lyrisme presque impersonnel (aucune occurrence d'un Je, seulement l'exclamation initiale)

=> Récit d'une anecdote personnelle ? Présence de la première personne dans "j'ai aperçu"

(cf d’autres poèmes du Spleen de Paris, Le Joujou du pauvre, Les Veuves...)

b) Comment expliquer la fréquence de l'allégorie dans le recueil ?

Baudelaire a écrit dans Le Cygne (Tableaux parisiens-Fleurs du mal) "Tout pour moi devient allégorie"

L'allégorie est à la fois:
- PROSE par son aspect concret, descriptif et narratif (rencontre, aventure ...)
- POESIE par son aspect abstrait, son sens symbolique, l'interprétation du monde.

c) Le THEME de la RENCONTRE : les doubles du promeneur-poète

- utilisation du style direct permet l'ambiguïté, confusion des deux JE
- confusion accentuée par la dernière strophe : regarde au loin JE NE SAIS QUOI).

(CF LES FOULES) :"Il adopte comme sienne toutes les professions, toutes les joies et toutes les misères que la CIRCONSTANCE lui présente.

 

CONCLUSION

L'allégorie touche en fait à l'autobiographie, à la condition de l'homme, de l'artiste en général => Fusion de deux drames intérieurs
FOU face à la Vénus = incarnation
                                     du Poète face à la Beauté, à l'ART
                                     de l'Homme face à la Femme, à l'AMOUR
=> ridicule, impuissance pathétique et tragique
=> fonction du poète apparaît plutôt dans le poème comme la tentative d'expression de l'échec.


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