Repérages pour le portrait d'Electre
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"Ah! mon Dieu, voici Electre. Nous étions si tranquilles !" (I,2)

Quelques extraits de la pièce pour tracer le portrait d'Electre

Ménagère de la vérité Veuve de son père Femme à histoires La haine Justice intégrale

Ce repérage, simplement indicatif, n'est pas exhaustif.
Certaines citations pourraient être utilisées dans plusieurs rubriques, voire d'autres rubriques.
A vous de modifier !

 


La ménagère de la vérité

  • Elle est la lumière sans résidu, la lampe sans mazout, lumière sans mèche. (Mend.)
  • Et elle va tout gâter avec son venin. (1Eu.)
  • Avec son venin de vérité, le seul sans remède. (3Eu.)
  • (à Oreste) Voilà ce qu'Electre veut te ravir, et à nous aussi, avec sa vérité. Nous voulons aimer. Fuis Electre ! (2Eu.)
  • vous me croyez de la race à laquelle on peut dire : Si tu mens, et laisses mentir, tu auras une patrie prospère ? Si tu caches les crimes, ta patrie sera victorieuse ? Quelle est cette pauvre patrie que vous glissez tout à coup entre la vérité et nous ! (Electre)
  • Quand vous voyez un immense visage emplir l'horizon et vous regarder bien en face, d'yeux intrépides et purs, c'est cela un peuple. (Electre)
  • Je parle en femme. C'est un regard étincelant, à filtrer, à dorer. Mais il n'a qu'un phosphore, la vérité. C'est ce qu'il y a de si beau, quand vous pensez aux vrais peuples du monde, ces énormes prunelles de vérité. (Electre)
  • Mais, depuis la mort de mon père, depuis que le bonheur de notre ville est fondé sur l'injustice et le forfait, depuis que chacun, par lâcheté, s'y est fait le complice du meurtre et du mensonge, elle peut être prospère, elle peut chanter, danser et vaincre, le ciel peut éclater sur elle, c'est une cave où les yeux sont inutiles. Les enfants qui naissent sucent le sein en aveugles. (Electre)
  • J'ai déjà trop vu de vérités se flétrir parce qu'elles ont tardé une seconde. Je les connais, les jeunes filles qui ont tardé une seconde à dire non à ce qui était laid, non à ce qui était vil, et qui n'ont plus su leur répondre ensuite que par oui et par oui. C'est là ce qui est si beau et si dur dans la vérité, elle est éternelle, mais ce n'est qu'un éclair. (Electre)

La veuve de son père

  • Parce que, de cet étage, on voit le tombeau de son père (Jardinier)
  • Elle va chaque nuit sur la tombe de son père, et c'est tout ? (Jardinier)
  • C'est bien ce que je dis. Tu raisonnais. Tu calculais. Tu étais une nourrice, pas une mère ! (Electre)
  • Ne parle pas d'elle, surtout pas d'elle. Imaginons une minute, pour notre bonheur, que nous ayons été enfantés sans mère. (El)
  • Je ne t'étouffe pas... Je ne te tue pas... Je te caresse. Je t'appelle à la vie. De cette masse fraternelle que j'ai à peine vue dans mon éblouissement, je forme mon frère avec tous ses détails.[...] Prends de moi ta vie, Oreste, et non de ta mère ! (Electre)
  • C'est justement ce que je ne peux supporter d'elle, qu'elle m'ait mise au monde. C'est là ma honte. Il me semble que par elle je suis entrée dans la vie d'une façon équivoque et que sa maternité n'est qu'une complicité qui nous lie. J'aime tout ce qui, dans ma naissance, revient à mon père.[...] Tout ce qui est de cette naissance du côté de ma mère, je le hais. (Electre)
  • Celui (visage) de la chasteté (Electre)
  • Sûrement on ne peut dire qu'Electre soit l'amour même pour Clytemnestre. Mais encore faut-il distinguer. Elle se cherche une mère, Electre. Elle se ferait une mère du premier être venu. Elle m'épousait parce qu'elle sentait que j'étais le seul homme, absolument le seul, qui pouvait être une sorte de mère. (Jardinier)
  • Je n'attends plus rien, mais dix ans j'ai attendu mon père. Le seul bonheur que j'ai connu en ce monde est l'attente. (Electre)
  • C'est un bonheur pour vierge. C'est un bonheur solitaire. (Clyt.)
  • Il est descendu, mère. Je l'ai touché aux mains avec ces doigts, je l'ai touché aux lèvres avec ces lèvres. J'ai touché une peau que toi tu n'as pas touchée, épurée de toi par dix ans d'absence. (Electre)

Une femme à histoires

  • Electre cire l'escalier du trône pour que son oncle Egisthe s'étale sur le marbre (2pf)
  • Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là (Président)
  • Mais c'est avec la justice, la générosité, le devoir, et non avec l'égoïsme et la facilité que l'on ruine l'Etat, l'individu et les meilleures familles (Président)
  • A voir Electre je sens s'agiter en moi les fautes que j'ai commises au berceau. (Prés.)
  • Il veut repasser sur la famille des Théocathoclès tout ce qui risque de jeter quelque jour un lustre fâcheux sur la famille des Atrides (Président)
  • Elle ne fera pas de bien aux fleurs (Agat.)
  • La nécessité où je suis pour votre bonheur à tous, de distraire Electre de la famille royale (Egisthe)
  • Est-ce qu'il y a deux Electre ? Celle dont il a parlé, qui va tout gâter, et une seconde, qui est sa nièce chérie (Mendiant) ?
  • les ennuis et les malheurs abonderont du jour où elle se déclarera, comme tu dis, dans la famille des Atrides (Egisthe)
  • De sorte que si elle tue, comme cela menace, toute paix et tout bonheur autour d'elle, c'est parce qu'elle a raison ! (Mend.)
  • Soit. Puisqu'il a été créé pour rire aux éclats, pour bien s'habiller, puisqu'il est un pinson, Oreste, puisqu'il va se réveiller pour toujours sur l'épouvante, je lui donne cinq minutes. (Electre)
  • Elles ne sont faites que pour cela. Epouses, belles-soeurs, belles-mères, toutes, quand les hommes au matin ne voient plus, par leurs yeux engourdis, que la pourpre et l'or, c'est elles qui les secouent, qui leur tendent, avec le café et l'eau chaude, la haine de l'injustice et le mépris du petit bonheur. (Electre)
  • Et elles épient leur réveil. Et les hommes, n'eussent-ils dormi que cinq minutes, ils ont repris l'armure du bonheur : la satisfaction, l'indifférence, la générosité, l'appétit. Et une tache de soleil les réconcilie avec toutes les taches de sang. Et un chant d'oiseau avec tous les mensonges. Mais elles sont là, toutes, sculptées par l'insomnie, avec la jalousie, l'envie, l'amour, la mémoire : avec la vérité. Tu es réveillé, Oreste ? (Electre)
  • Tout le mal du monde est venu de ce que les soi-disant purs ont voulu déterrer les secrets et les ont mis en plein soleil. (Clyt.)

La haine

  • Depuis dix-neuf elle amasse dans sa bouche un crachat fielleux (2° p. fil.)
  • Pourquoi hais-tu à ce point notre mère, Electre ? (Oreste)
  • Ce n'est pas que je déteste les femmes, c'est que je déteste ma mère. Et ce n'est pas que je déteste les hommes, je déteste Egisthe. (Electre)
  • Mais pourquoi les hais-tu ? (Oreste)
  • Je ne le sais pas encore. Je sais seulement que c'est la même haine. C'est pour cela qu'elle est si lourde, pour cela que j'étouffe [...] Je les hais d'une haine qui n'est pas à moi. (Electre)
  • Autrefois je pensais que ton retour me libérerait de cette haine. [...]
  • Et toute cette haine que j'ai en moi, elle te rit, elle t'accueille, elle est mon amour pour toi. Elle te lèche comme le chien la main qui va le découpler. Je sens que tu m'as donné la vue, l'odorat de la haine. La première trace, et maintenant, je prends la piste... (Electre)
  • Ta haine. La raison de ta haine. Tu la connais maintenant. Tout à l'heure, en parlant à Clytemnestre, tu t'es presque évanouie dans mes bras. On eût dit de joie ou d'horreur. (Oreste)
  • Bravo. Voilà ce que j'appelle un bon réveil. Prends ton épée. Prends ta haine. Prends ta force. (Electre)
  • Cesse d'être ce juge, Electre. Cesse ta poursuite. Tu es ma fille, après tout. (Clytemnestre)
  • Après tout. Après exactement tout. A ce titre je te poursuis. (Electre)

La justice intégrale

  • Et pour droite, elle est droite (Président)
  • elle doit y aller jusqu'à ce que le monde pète et craque dans les fondements des fondements et les générations des générations, dussent mille innocents mourir la mort des innocents pour laisser le coupable arriver à sa vie de coupable (Mendiant)
  • Regardez les deux innocents. C'est ce qui va être le fruit de leurs noces : remettre à la vie pour le monde et les âges un crime déjà périmé et dont le châtiment lui-même sera un pire crime. (Mendiant)
  • Cela ne va pas te suffire que les visages des menteurs soient éclatants de soleil ? Que les adultères et les assassins se meuvent dans l'azur ? C'est cela le jour. Ce n'est déjà pas mal. (Mendiant)
  • Non. Je veux que leur visage soit noir en plein midi, leurs mains rouges. C'est cela la lumière. Je veux que leurs yeux soient cariés, leur bouche pestilentielle. (Electre)
  • On n'a le droit de sauver une patrie qu'avec des mains pures. (Electre)
  • La justice d'Electre consiste à ressasser toute faute, à rendre tout irréparable ? (Egisthe)
  • Oh! non. Il est des années où le gel est la justice pour les arbres, et d'autres l'injustice. Il est des forçats que l'on aime, des assassins que l'on caresse. Mais quand le crime porte atteinte à la dignité humaine, infeste un peuple, pourrit sa loyauté, il n'est pas de pardon. (Electre)
  • Cela va coûter des milliers d'yeux glacés, de prunelles éteintes. (Egisthe)
  • C'est le prix courant. Ce n'est pas trop cher. (Electre)

Bref, Electre est bien une femme à histoires !

  • parce qu'elle poursuit la vérité
  • parce qu'elle exige une justice intégrale
  • parce qu'elle éprouve une haine farouche pour Clytemnestre et Egisthe
  • parce qu'elle se sent la veuve de son père

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