Saint-Simon
- Mémoires - Portrait de Louis XIV
Le début "Il aima en tout la splendeur,
la magnificence, la profusion"
annonce un portrait essentiellement abstrait, psychologique, moral
1 . Un portrait sans doute critique
d'abord sur les goûts du monarque
1.1 Redondance (termes appartenant à la même
notion de richesse, de luxe) mais gradation de termes dans un rythme ternaire
splendeur
- éclat, beauté donnant une impression de luxe
- aussi prospérité, gloire
magnificence
- beauté pleine de grandeur
- disposition à dépenser sans compter
profusion
- abondance, souvent excessive
- habitude de dépenser avec excès
renforcé par le en tout
qui généralise ce comportement
1.2. Développement dans le texte par une
profusion de reprises, de détails matériels :
- Il y trouvait la satisfaction de son orgueil par
une cour superbe en tout (sens de superbe)
- nombre magnificence des équipages de chasse
- ses bâtiments qui les pourrait nombrer
1.3. Condamnation plus ferme à la fin : orgueil,
caprice et mauvais goût
2. Un portrait plus profond, plus subtil
= analyse des motifs réels de cette profusion
2.1. Dès la deuxième phrase : Ce goût il le
tourna en maxime par politique
- maxime = règle de conduite morale
- opposition entre le terme et le contenu : luxe et
dépense
2.2. Il est l'instigateur des dépenses
somptuaires de la cour
et l'inspira en tout à sa cour
- progression dans les termes de tables à jeu (le +
cher et le + futile)
2.3. Obligation de se conformer au modèle royal
pour la noblesse ravalée au rang de courtisan
- insistance par les présentatifs c'étaient
C'était lui plaire que de s'y jeter
C'étaient des occasions pour qu'il parlât aux gens.
- utilisation de l'implicite => sinon non
existence à ses yeux
2.4. En fait un véritable système
Le fond était qu'il tendait et parvint par là
- réussite rapide marquée par la coordination
(projet => application réussie) à épuiser tout le monde en mettant le luxe en
honneur, et pour certaines parties en nécessité, abandon du principe de distinction et
du principe de la monarchie (cf Montesquieu) et réduisit ainsi peu à peu tout le monde
à dépendre entièrement de ses bienfaits pour subsister.
- la noblesse féodale remplacée par le courtisan
et les subsides royaux
3. Elargissement et aggravation du
phénomène : de la cour à l'ensemble de l'état
Il s'agit pour Saint-Simon de condamner la "grande
confusion" :
- Métaphore filée dans le § : plaie => cancer
=>ronge => communiqué => introduction qui ronge
- Gradation : Cour => Paris => Province =>
Armées à l'extérieur
- Le mérite = la prodigalité
La prodigalité entraîne la dépravation générale (en quelque place, ne...que, ceux
d'un état, pour la plupart), le vol pour soutenir son rang
4. Nouvelle gradation
un être exceptionnel,
- mais dans la richesse : Rien, jusqu'à lui... -
qui les pourrait nombrer ?
- mais aussi dans le mauvais goût : orgueil,
caprice, mauvais goût
Abandon des traditions, du château de St Germain en 1682
Remarquer que
- Saint-Simon ne fait pas référence à la
construction de Versailles!
- mais relève le peu de travaux à Paris !
=> un roi qui a affaibli l'image de marque de sa capitale.
Conclusion
Une critique dure et un portrait du "portraitiste"
- un noble attaché aux traditions, à l'honneur
féodal
- un homme qui n'apprécie guère le métier de
courtisan
- un critique de l'absolutisme qui voudrait un
retour à la puissance de la noblesse
Relations entre les textes (Mercier et Fénelon)
Le thème de l'orgueil
- la fragilité des monuments de l'orgueil chez
Mercier
- choix de l'autocritique chez Mercier
Le thème de l'épuisement du royaume
(Versailles ou guerres)
- le thème de l'épuisement volontaire (cf Fénelon
et les subsides royaux)
- le cancer chez Saint-Simon
- l'hôpital chez Fénelon
Le thème du monarque qui ne remplit pas
son devoir
- thème du revenant contrit chez Mercier (ironie),
- audace plus grande chez Fénelon (thème de la
sédition), mais tonalité religieuse qui ne remet pas en cause la monarchie de droit
divin ( le roi est père)
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