| ACCUEIL | Le roman à la 1ère personne au XVIII° | SYNTHESE |
Pourquoi craindrais-je de dire ce que je pense ? Ce recueil avec son
gothique ton convient mieux aux femmes que les livres de philosophie. Il peut même être
utile à celles qui, dans une vie déréglée, ont conservé quelque amour pour
lhonnêteté. Quant aux filles, c'est autre chose. Jamais fille chaste n'a lu de
romans, et j'ai mis à celui-ci un titre assez décidé pour qu'en l'ouvrant on sût à
quoi s'en tenir. Celle qui, malgré ce titre, en osera lire une seule page est une fille
perdue; mais qu'elle n'impute point sa perte à ce livre, le mal était fait d'avance.
Puisqu'elle a commencé, qu'elle achève de lire : elle n'a plus tien à risquer.
Qu'un homme austère, en parcourant ce recueil, se rebute aux premières parties, jette le
livre avec colère, et s'indigne contre l'éditeur, je ne me plaindrai point de son
injustice; à sa place, j'en aurais pu faire autant. Que si, après l'avoir lu tout
entier, quelqu'un m'osait blâmer de l'avoir publié, qu'il le dise, s'il veut, à toute
la terre; mais qu'il ne vienne pas me le dire; je sens que je ne pourrais de ma vie
estimer cet homme-là.
Rousseau - Préface de Julie ou La Nouvelle Héloïse
| 1- Lesage | Gil Blas de Santillane | Le picaro, voleur volé |
| 2- Marivaux | Le Paysan parvenu | Le dîner des demoiselles Habert |
| 3- Marivaux | La vie de Marianne | Une histoire de pied |
| 4- Prévost | Manon Lescaut | Une rencontre fatale |
| 5- Rousseau | La Nouvelle Héloïse | Promenade sur le lac |
| 6- Diderot | La Religieuse | Couvent, réclusion et folie |