Nausicaä de la Vallée du Vent (Kaze no tani no Naushika)
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Oeuvre originale, scénario, réalisation, mise en scène, character design Hayao Miyazaki Producteur du projet Toru Hara Producteur exécutif Isao Takahata Production Yasuyoshi Tokuma, Michitaka Kondo Directeur de l'animation Kazuo Komatsubara Direction artistique, décors Mitsuki Nakamura Musique originale,Composition Joe Hisaishi Directeur du son Shigemaru Shiba. Sorti en 1984 |
Si Nausicaä n'est pas exactement sorti sous l'emblème du Studio Ghibli (celui-ci a été fondé pour la production de Laputa), il a néanmoins été réalisé par des animateurs qui seront pour la plupart engagé dans le studio, et trouve donc sa place dans cette filmographie. Quant au film lui-même, il représente carrément un tournant majeur dans l'histoire du film d'animation. Ce n'est certes pas la première fois qu'un dessin animé traite d'un sujet de science-fiction, mais jamais un univers aussi riche et aussi cohérent n'avait été développé dans ce type de long-métrage. Il faut dire que Nausicaä est l'adaptation d'un manga du même nom, réalisé par Miyazaki, qui tient sur plusieurs tomes et constitue un des ouvrages-référence de la BD japonaise. En un peu moins de deux heures, Le cinéaste réussit à porter sur la pellicule l'essentiel de son oeuvre graphique, et le résultat est un film passionnant de bout en bout, qui fait apparaître des personnages d'une densité et d'un charisme surprenants, sur un scénario remarquable d'inventivité. Mais l'aspect le plus emballant de Nausicaä et la richesse incroyable de l'univers qu'il a créé. C'est bien simple : si vous vous demandez ce qui est à l'origine des mondes fantastiques dans lesquels se déroulent la plupart des jeux d'aventure japonais (notamment la série des Final Fantasy), ne cherchez plus : Nausicaä présente déjà une grande partie des éléments caractéristiques de ces univers mélangeant l'héroic fantasy et la science-fiction. Pour les initiés, vous serez surpris de voir l'apparence des premiers chocobos et de retrouver cinq ans plus tôt les machines volantes atypiques présentes dans les jeux de Squaresoft. Et quand on voit la quantité et la qualité des jeux d'aventures qui sortent au Japon, il ne s'agit pas là d'un patrimoine artistique d'importance négligeable. Mais Nausicaä c'est aussi un personnage principal au caractère parfaitement dessiné, typique des figures féminines fortes présentes dans tous les films de Miyazaki. C'est aussi bien sûr un graphisme et une animation irréprochable, ainsi que des décors magnifiques. C'est enfin une histoire épique riche en instants d'une grande intensité dramatique, parmi lesquels on trouve un dernier quart d'heure absolument inoubliable, sublimé par la grâce du personnage de Nausicaä et l'apparition tétanisante du Dieu-Soldat et de la horde des Ohmus. Nausicaä est donc un grand film de Miyazaki, annonciateur de l'incroyable filmographie ultérieure du réalisateur.




Laputa, le Château dans le Ciel (Tenkuu no Shiro Rapyuta)
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Oeuvre originale, scénario, réalisation Hayao Miyazaki Producteur du projet Yasuyoshi Tokuma Producteur exécutif Isao Takahata Planning Tatsumi Yamashita, Hideo Ogata Directeur de l'animation Yoshinori Kanada Direction artistique, décors Toshiro Nozaki, Nizo Yamamoto Couleurs Michiyo Yasuda Effets spéciaux Gou Abe, Shinji Teraoka Musique originale, composition et arrangements des génériques Joe Hisaishi Chanson du générique "Kimi wo Nosete" (Carrying You) Paroles de Hayao Miyazaki Composé par Joe Hisaishi Chanté par Azumi Inoue Son Shigearu Shiba. Sorti en 1986 |
Laputa, Le Château dans le Ciel peut être considéré comme un film en forme de carte de visite pour Miyazaki. Tout ce qu'on aime dans son univers est présent dans le film, à commencer par une histoire rocambolesque et riche en instants magiques. Et c'est encore une fois un monde complètement original et d'une cohérence étonnante qui est mis en place dans le film, un monde à la fois familier et irréel qui nous invite à découvrir une civilisation perdue, dont le seul héritage est l'existence supposée de la forteresse mythique de Laputa, prouesse technologique d'une science oubliée qui permet à l'édifice de flotter dans le ciel. Le seul lien qui existe entre Laputa et le monde terrestre de Pazu, un jeune garçon intrépide passionné de mécanique, est Sheeta, une jeune fille mystérieuse qui est en possession de la levistone, une pierre aux pouvoirs étranges. Poursuivie par Mishka, un homme qui n'hésite pas à faire appel à une armée pour s'emparer de la pierre, elle rencontre Pazu qui l'aide à s'enfuir et à essayer de rejoindre Laputa, vers lequel la levistone semble vouloir conduire celle qui la possède. A partir de ce scénario original, Miyazaki construit toute une histoire palpitante et particulièrement inventive, qui nous tient en haleine tout au long des deux heures du métrage. Et si Laputa est sans doute moins contemplatif que Nausicaä, il n'en est pas moins visuellement magnifique et c'est encore la beauté des décors du film, véritable marque de fabrique du Studio Ghibli, qui lui permet de se distinguer du reste de la production mondiale d'animation en matière de qualité artistique. Ce sont notamment les plans du château de Laputa qui ont été l'objet d'une attention particulière et le résultat est tout simplement fabuleux. On retrouve aussi dans le film les nuages superbes de Porco Rosso, une grande partie de l'histoire se déroulant dans les airs. Il s'agit d'ailleurs là d'une nouvelle expression de la passion de Miyazaki pour les machines volantes, qu'il a de manière évidente pris beaucoup de plaisir à créer, en continuation de ses travaux artistiques (et presque de conception mécanique) sur Nausicaä. Typique de l'oeuvre de Miyazaki, Laputa l'est aussi par ses protagonistes : les héros sont deux enfants, mus par un idéal et qui s'opposent à des adversaires adultes, les pirates de l'air dirigés par Auntie ne sont pas sans rappeler la désopilante bande des Mamayuto de Porco Rosso et Mishka est un héritage évident des méchants sophistiqués du Château de Cagliostro, le premier long-métrage de Miyazaki. Laputa propose enfin des figures muettes qui permettent au film d'être une nouvelle expression de la magie et de la poésie de l'univers du réalisateur : les robots protecteurs de Laputa. Tout comme Totoro, les Ohmus et le Dieu-Soldat de Nausicaä et le Dieu-Cerf de Princesse Mononoké, leur présence contribue grandement à la naissance du merveilleux dans le film, et cela au cours de séquence magnifiques comme la sacrifice du robot pour sauver Sheeta ou la découverte du jardin de Laputa. Rien que pour ces deux scènes, le film vaut le détour mais c'est son ensemble qui ravira les fans de Miyazaki et les autres prêts à se laisser porter par une histoire passionnante et superbement mise en scène.





Mon Voisin Totoro (Tonari no Totoro)
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Oeuvre originale, scénario, réalisation Hayao Miyazaki Producteur du projet Yasuyoshi Tokuma Planification Tatsumi yamashita, Hideo Ogata Directeur artistique, décors Kazuo Oga Directeur de l'animation Yashiharu Sato Chef coloriste Michiyo Yasuda Prises de vue Hisao Shirai Musique originale, composition et arrangement des génériques Joe Hisaishi Paroles originales Rieko Nakagawa Responsable de production Eiko Tanaka Chargé de production Hirokatsu Kihara,Toshiyuki Kawabata Assistant metteur en scène Tetsuya Endo Producteur exécutif Toru Hara. Sorti en 1988 |
Il est parfois bien difficile d'exprimer l'attachement particulier que l'on a pour certaines oeuvres cinématogaphiques. Il y a des films qu'on a l'impression d'avoir toujours connus, d'autres qui ont marqué notre vision du septième art, et d'autres qui nous touchent d'une façon si intime et si personnelle qu'ils semblent avoir été réalisés pour nous seuls. Mon Voisin Totoro fait partie de ceux-là, car il nous parle d'un monde dans lequel nous avons tous vécu, mais que nous sommes finalement les seuls à connaître à travers notre propre regard : le monde de l'enfance. En voyant Totoro, on a l'impression que Miyazaki nous dit : voilà ce que nous avons tous été, ne l'oubliez surtout pas et servez-vous en pour construire le monde de vos propres enfants. Et aucun message ne peut être plus émouvant et universel que celui-là. Bien sûr, Totoro est tout d'abord le film le plus évidemment parfait pour les enfants, de 0 à 12 ans. Un graphisme clair et coloré, des créatures, les totoros, aussi attachantes que fascinantes, un scénario simple mais certainement pas simpliste, et un humour irrésistible. Et Totoro réussit l'exploit de ne jamais tomber ni dans une naïveté agaçante (grâce à la tension instaurée par la maladie de la mère et le drame scénarique final) ni dans le cynisme insupportable qu'on trouve dans tous les films d'animation américains (Shreck, et son politiquement incorrect consensuel, en est le pitoyable paroxysme). Cela dit, Totoro va beaucoup plus loin et devient tout simplement, pour qui veut bien l'admettre, un grand film de cinéma. Car la seule chose qu'on pourrait lui reprocher serait d'être un dessin-animé, ce que certains on toujours tendance à considérer comme une barrière empêchant aux films d'animation d'être considérés comme des films classiques. Et pourtant. Pourtant Totoro est remarquable à de nombreux points de vue. Perfection de la mise en scène, notamment lors des apparitions des totoros, perfection de la musique (la BO du film est une des plus belles créations de Joe Hisaishi), perfection de la narration, qui distille la magie et la grâce du film par la présence minutée des esprits de la forêt à l'écran. Et que dire des séquences extraordinaires de l'arrêt de bus et de l'envol, à la fois drôles, poétiques et d'une simplicité qui touche véritablement à la perfection. Totoro est donc un grand film, mon Miyazaki favori avec Porco Rosso et Chihiro, un de mes plus beaux souvenirs de spectateur à ce jour. Je ne peux donc que vous encourager à découvrir ce chef-d'oeuvre. Et jamais vous n'oublierez l'image des noireaudes s'envolant avec légèreté au clair de lune.






Le Tombeau des Lucioles (Hotaru no haka)
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Mise en scène, réalisation Isao Takahata Production Sato Ryoichi Design des personnages Yoshifumi Kondo Décoration Nizo Yamamoto Directeur de l'animation Yoshifumi Kondo Mise en espace Yoshiyuki Mamose Chef coloriste Michiyo Yasuda Musique originale Michio Mamiya Histoire originale Akiyuki Nosaka Producteur exécutif Toru Hara. Sorti en 1988 |
Le premier film de Takahata réalisé au sein du Studio Ghibli est un pur chef-d'oeuvre. Un long-métrage vital et indispensable qui montre avec intelligence et sensibilité l'atrocité de la guerre. Et il est un nouveau témoignage de l'universalité du film d'animation en tant que langage, qui peut aussi bien être destiné aux plus jeunes qu'aux adultes. Car Le Tombeau des Lucioles est sans doute le film le plus dur du Studio, et son visionnage est véritablement traumatisant, du fait de la présence de certaines séquences très éprouvantes. L'histoire se déroule pendant les bombardements américains sur le Japon lors de la deuxième guerre mondiale. Elle raconte la vie d'un jeune garçon, Seita, et de sa petite soeur Setsuko après que leur père soit parti au combat et que leur mère ait été grièvement blessée. La première qualité du film est de ne prendre aucun parti. En effet aucune des forces en présence n'est présentée comme défendant une cause légitime, et surtout pas les japonais que Takahata semble désigner comme les premiers responsables du malheur de leur peuple. Ceci est symbolisé par la figure du père de Seita, que le garçon vient à détester lorsqu'il comprend que celui-ci ne reviendra pas. La propagande japonaise pour soutenir l'effort de guerre est aussi clairement dénoncée à plusieurs reprises dans le film. Le Tombeau des Lucioles n'a donc rien d'une oeuvre patriotique et le réalisateur en a simplement fait le reflet de l'effet destructeur de la guerre lorsqu'elle touche directement un peuple. Et le fait de choisir deux enfants comme personnages principaux n'est que l'exacerbation de cet effet. Setsuko, qui est la seule figure véritablement innocente de l'histoire, en montre l'atrocité dans ce qu'elle a de plus révoltant. Seita témoigne de la manière dont la guerre s'insinue en nous lorsqu'elle est vécue au quotidien et transforme notre vision des choses. Conscient de l'absurdité de la situation, il devient pourtant très fragile psychologiquement et ne peut plus agir que pour protéger sa soeur, et en perd paradoxalement une partie de son humanité (voir pour cela le plan assez dérangeant où il se réjouit des bombardements qui lui permettent de voler dans les maisons abandonnées). C'est en fait tout le peuple japonais qui perd pieds avec lui et tous porte une part de responsabilité dans le malheur collectif, qui trouve son paroxysme autour de l'émotion que suscite le personnage de Setsuko. Mais il est bien difficile de porter un jugement sur Seita et ses compatriotes, ce que Takahata ne fait à aucun moment, et Le Tombeau des Lucioles est au final une oeuvre bouleversante, servie par un graphisme et une bande originale magnifiques.




Kiki's Delivery Service (Majo no Takkyubin)
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Oeuvre Originale, scénario, réalisation Hayao Miyazaki Producteurs exécutifs Yasuyoshi Tokuma, Mikihiko Tsuzuki Planning Tatsumi Yamashita Histoire Originale Eiko Kadono Musique Joe Hisaishi Design des personnages Katsuya Kondo Directeurs de l'animation Shinji Otsuka, Katsuya Kondo Directeur artistique Hiroshi Ono Effets spéciaux Kaoru Tanifuji Couleurs Mishiyo Yasuda Son Shuji Inoue. Sorti en 1989 |
Kiki's Delivery Service est le premier véritable succès des Studio ghibli au box-office japonais, puisqu'il a totalisé 2 650 000 entrées, et il s'agit sans doute du film de Miyazaki qui est le plus destiné aux enfants. Il serait cependant dommage de le voir comme un défaut car Kiki reste un formidable plaisir de spectateur. Mais s'il traite du monde de l'enfance, il le fait avec moins de nostalgie que Totoro, par exemple, et touche donc moins le public adulte. L'histoire de Kiki est pour le moins originale : une jeune sorcière de treize ans a atteint l'âge où elle doit partir de chez ses parents en enfourchant son balai pour accomplir un voyage iniatique d'une année, au cours de laquelle elle doit s'installer dans une ville et parfaire ses talents d'ensorceleuse. Elle choisit une petite ville au bord de la mer et découvre bientôt que le meilleur moyen pour elle de se rendre utile est de créer son propre service de livraison grâce à son balai magique. Miyazaki nous propose de suivre ses rencontres et la mise en place de sa nouvelle vie, au cours d'un film très vivant et empreint d'une légèreté extrèmement agréable. Le cinéaste privilégie encore ses personnages féminins, dont Kiki, très attachante par son enthousiasme et sa volonté à toute épreuve. Et sa mère, bien qu'apparaissant uniquement dans quelques scènes au début, est aussi un personnage que Miyazaki a visiblement aussi pris de plaisir à créer, en lui donnant une gentillesse et une bienveillance rassurantes. La troisième figure féminine majeure du film est la jeune dessinatrice, un peu garçon manqué et tellement typique de l'oeuvre de Miyazaki. Le film comporte aussi des personnages comiques, comme Jiji le petit chat noir de Kiki, que tous les jeunes spectateurs voudront avoir chez eux et Tombo, en quelque sorte le double rêveur et maladroit du héros de Laputa, comme lui passionné d'aéronautique et étant aussi un peu une projection de Miyazaki dans son propre film. La galerie de personnages de Kiki est donc très complète et tout à fait réussie. Une autre grande qualité du film est le soin apporté à ses décors, absolument magnifiques. C'est aussi vrai pour les vues aériennes du paranoma de Kiki sur son balai que les superbes tableaux de la ville où la jeune sorcière s'est installée. Ces derniers se placent parmi les plus beaux décors jamais réalisés pour un film d'animation. Enfin, la dernière partie du film a une tonalité plus dramatique que le début, lorsque Kiki perd ses pouvoirs tout en s'humanisant dans sa nouvelle vie (la séquence où elle se rend compte de ce changement est d'ailleurs magnifique et superbement mise en scène). Au final, Kiki est donc une réussite incontestable, sans doute le film à conseiller aux plus jeunes pour qu'ils s'ouvrent à l'univers unique de Miyazaki.





Souvenirs Goutte à Goutte (Homohide Poroporo)



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Oeuvre originale, scénario, réalisation Hayao Miyazaki Producteur du projet Yasuyoshi Tokuma Producteur exécutif Toshio Suzuki Directeur artistique, décors Katsu Hisamura Directeur de l'animation Masashi Ando Montage Takeshi Seyama Photographie Atsushi Okui Effets spéciaux K.Tanifuji, T.Hasizume, T.amai Musique originale, composition et arrangements des génériques Joe Hisaishi Paroles originales (chanson du générique) Tokiko Kato Son Naoko Asari. Sorti en 1992 |






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Tu Peux Entendre la Mer (Umi Ga Kikoeru)






Si Tu Tends l'Oreille (Mimi Wo Sumaseba)



Princesse Mononoke (Mononoke Hime)
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Oeuvre originale, scénario, réalisation Hayao Miyazaki Directeurs artistiques, décors Nizo Yamamoto, Naoya Tanaka, Yoji Takeshige Satoshi Kuroda, Kazuo Oga Directeurs de l'animation Masashi Ando, Kitaro Kosaka, Yoshifumi Kondo Chef coloriste Michiyo Yasuda Montage Takeshi Seyama Photographie Atsushi Okui Directeur audio Kazuhiro Wakabayashi Directeur des effets sonores Muchihiro Ito Musique Joe Hisaishi Paroles originales des chansons Hayao Miyazaki Producteur exécutif Yasuyoshi Tokuma Producteur Toshio Suzuki Responsable de production Toshiyuki Kawabata. Sorti en 1997 |
Mes Voisins les Yamada (Tonari no Yamada-kun)
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Mise en scène, réalisation Isao Takahata Production Studio Ghibli Producteur Toshio Suzuki Directeur artistique Naoya Tanaka et Youji Takeshige Directeur de l'animation Ken'ichi Konishi Directeur de la photographie Atsushi Okui Chef coloriste Michiyo Yasuda Musique originale Akiko Yano Thème du film (Hitoribocchi ha Yameta) Akiko Yano Directeur du son Kazuhiro Wakabayashi Histoire originale Hisaichi Isii Producteur exécutif Yasuyoshi Tokuma. Sorti en 1999 |
Mes Voisins les Yamada est le parfait témoin de la diversité de la filmographie de Takahata. Il s'agit en effet de l'adaptation d'un manga dont le style graphique est très différent du graphisme habituel des films du studio, et l'histoire est une succession de scénettes qui présentent la vie quotidienne d'une famille japonaise moyenne. Mais le film est surtout le témoin du génie du réalisateur car la réussite est de manière incontestable au rendez-vous. Celle-ci est d'autant plus remarquable que Takahata a fait le pari d'une nouvelle technique d'animation assistée par ordinateur pour donner la vie aux dessins épurés et aux couleurs pastels de ses collaborateur. Le résultat est étonnant, et dès les premières minutes et les scènes délirantes du mariage, le réalisateur nous rallie à sa cause grâce à son inventivité artistique, superbement servie par l'ordinateur. Le trait possède à la fois un caractère traditionnel et très moderne, et finalement Mes Voisins les Yamada est un film visuellement très agréable et d'une beauté peu commune, malgré la quasi-absence de décors et la simplicité du dessin. Outre ses qualités graphiques évidentes, le film possède un autre atout majeur : la famille Yamada elle-même, dont tous les membres sont attachants et hilarants chacun dans leur genre (on n'avait pas vu ça depuis les Simpson). A commencer par les parents, Takashi et Matsuko, rarement d'accord mais finalement inséparables, qui essaient tant bien que mal de gérer la vie quotidienne de leur entourage tout en se préservant un espace vital personnel. Si on ne devait retenir qu'une séquence caractéristique de leur couple, ce serait certainement celle de la bataille par télécommande interposée, absolument irrésistible. Viennent ensuite les deux enfants, Noboru et Nonoko. Le premier est un adolescent de quinze ans qui déteste autant les études que la tendance qu'ont ses parents à mettre un peu trop le nez dans ses affaires. Cela dit, il est en fait plutôt immature et si sa mère ne lui secouait pas un peu les puces il aurait depuis longtemps cédé à la pression scolaire écrasante dans les lycées japonais. Sa petite soeur, narratrice du film, est beaucoup plus débrouillarde et se pose un peu en spectatrice de sa famille assez atypique. Le cercle familial est enfin complété par la présence de Shige, la mère de Matsuko, qui ne manque pas une occasion de rappeler à son gendre que le terrain de la maison lui appartient et qui a un avis sur tout, et de Pochi, le chien de la famille, imperturbable et résigné devant les querelles dont il est le témoin. A travers tous ces personnages, Takahata livre un aperçu très complet du statut actuel de la famille dans son pays, et sa démarche est particulièrement enrichissante pour les spectateurs occidentaux. Et Takashi est aussi le reflet des interrogations et de la perte de repères des japonais, qui apparaissent notamment dans la séquence du conflit avec les motards, où même le dessin devient plus réaliste pour souligner la réalité de la situation. Mes Voisins Les Yamada est donc finalement un film indispensable, mille fois plus révélateur de l'état de la société japonaise que tous les documentaires, et en plus véhiculant un humour irrésistible.




Le voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no Kamikakushi)
Le royaume des chats (Neko no ongaechi)
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Scénariste Reiko Yoshida Réalisateur Hiroyuki Morita Projet Hayao Miyazaki Créatrice des personnages et directrice composition de l'image Satoko Morikawa Chefs dessinateurs Ei Inoue, Kazutaka Ozaki Directeur artistique Naoya Tanaka Directeur des prises de vues Kentarô Takahashi Musique Yûji Nomi Montage Megumi Uchida Producteurs Takeyoshi Matsushita, Saiichirô Ujiie, Kôji Hoshino Tomoo Miyagawa, Hironori Aihara, Hideyuki Takai. Sorti en 2002 |
Hiroyuki Morita est un réalisateur que je ne connais pas. Mais comme il travaille au studio Ghibli, la comparaison avec Miyazaki et Takahata est inévitable. Et inévitablement, Le royaume des chats est très loin des chefs-d'oeuvre réalisés par les deux créateurs du studio. Quoi de plus normal puisqu'ils sont sans doute les deux plus grands réalisateurs actuels dans le monde de l'animation (avec les quelques grands noms de l'anime, Otomo, Oshii, tout ça, quoi). Cela ne l'empêche bien sûr pas de s'imposer largement devant n'importe quelle production Disney (Pixar compris, et pourtant j'ai adoré Monstres et cie) ou Dreamworks. Ce sont décidément deux classes qui n'ont rien à voir. Dans l'association qui se profile à l'horizon, les américains apporteront clairement les moyens, et les japonais le talent et le savoir-faire. Et ce film en détail, alors? Il s'agit d'une invitation au voyage et à la découverte de soi par le rêve et l'imaginaire. En cela il rappelle beaucoup Chihiro, qui est aussi une variation sur l'oeuvre de Lewis Caroll. Certains thèmes du film de Miyazaki se retrouvent à l'identique dans Le royaume des chats, comme l'introduction d'un monde où les identités sont perdues dans le but d'être retrouvées au terme d'une quète initiatique. Pas de mimétisme cependant, Morita possède son style propre et son film n'est pas juste "un ghibli de plus". Certes on est un peu frustré par sa durée réduite (1h10 à tout casser) qui ne permet pas aux personnages d'exister tout à fait (sauf le Baron qui un parfait héros classique) ni à l'intrigue de développer jusqu'au bout les thèmes qu'elle aborde (on ne sait pas forcément ce qu'a appris Aru sur elle-même, si ce n'est dans un épilogue un peu léger). Et tant que j'y suis à parler des défauts du film, le premier quart d'heure est un peu poussif. Mais ça s'arrête pratiquement là, tout le reste suscitant ou l'enthousiasme ou l'admiration, c'est au choix. A commencer par un graphisme clair et très agréable, sans aucune surcharge visuelle (en cherchant bien on peut déceler un ou deux effets numériques, mais ils savent se faire oublier : tant mieux). Et je le redis une nouvelle fois, comme dans toutes les productions Ghibli, les décors sont superbes, vous ne trouverez pas mieux ailleurs. Quant à la musique, si elle n'est encore une fois pas au niveau des partitions d'Hisaishi, elle est tout à réussie et effleure même à quelques instants une grâce digne du maître. Les morceaux associés aux scènes du palais sont particulièrement brillants et il m'a même semblé entendre quelques notes hisaishiennes (néologisme malheureux, je vous l'accorde) lors de la grande scène d'envol qui ressemble encore beaucoup à un hommage à Miyazaki. Cela m'amène naturellement à évoquer les quelques séquences magiques du film. Certaines sont évidentes (l'envol finale donc, ou plutôt la chute libre (cf Chihiro et Laputa)), d'autres moins (le défilé nocturne des chats), mais toutes contribuent à faire du Royaume des chats une oeuvre très attachante. Et qui donne envie de s'intéresser de plus près à la filmographie de Morita.



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