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TV Magazine n°19503, du 10 au 17 mars Le remake de Rollerball réalisé par John Mc Tiernan nous propulse comme une boule d'acier dans un flipper géant. La violence est au rendez-vous et l'ignominie de Petrovich, alias Jean Reno, règne sur ces compétitions de la mort. Rencontré à Hambourg en Allemagne, l'acteur français évoque son métier, le cinéma américain, et ses failles personnelles. Propos recueillis par Emmanuel Galiero
TV Mag : Vous avez longtemps hésité avant d'accepter ce rôle. Vous disiez ne pas vouloir incarner un sadique... Jean Reno : Petrovich n'est pas un sadique, c'est un monstre. Je crois que les enfants peuvent voir Rollerball et comprendre que c'est une parabole sur les jeux télévisés et l'exploitation que l'on peut faire du sang. TV Mag : Quelle est la difficulté d'un remake ? Jean Reno : Faire oublier l'autre. Le premier Rollerball date de 1975. J'ai acheté le DVD et je n'ai pas pu aller jusqu'à la fin. Je pense que c'est un film lent, mou et dépassé.
TV Mag : En toile de fond, on retrouve l'opposition classique entre les bons Américains et les mauvais de l'Est. Comment doit-on comprendre ce genre de caricature ? Jean Reno : Le 11 septembre, les choses ont changé dans la tête des Américains. Ils ont bien compris qu'il y avait une partie de la planète qui ne les aimait pas beaucoup et qui n'aimait pas leur arrogance. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le monde a donné aux Etats-Unis la place de gendarme. Ils vont partout. Et nous, en France, cela nous dérange. Car on aime bien Poulidor, mais Anquetil, pas trop. Moi, je n'entre pas dans ce système. Je suis profondément français et je défendrai toujours le cinéma français. Mais je suis aussi conscient de l'analyse de Spielberg qui avoue ne pas pouvoir supprimer un certain cinéma autour de lui sans risquer de supprimer le sien. Il existe parce que la diversité existe. TV Mag : En disant que le cinéma français doit réapprendre à produire des films commerciaux et personnels, vous faites-vous beaucoup d'ennemis ? Jean Reno : Plus maintenant. Tout cela est lié à la peur d'y arriver. Un succès qui serait seulement intellectuel ne serait que petit. Alors d'accord, si je touche une seule personne avec mon film, c'est qu'il est réussi. Mais il n'y aura plus d'argent pour le fond de soutien. Tous les grands succès, de Harry Potter au Seigneur des anneaux, nous apportent des millions de francs.
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