Couleurs

"Oranges bleues"

 

 

 Je sais pas vous, mais moi, les vacances qui arrivent dare dare, ça m'épuise rien qu'à l'idée qu'y va falloir que je trie et que je range tous mes documents, polycopiés, tirages, affiches, copies pas corrigées ou perdues avec les factures de Baudoux ou même des exemplaires d'IUFM Info qui sont parfois mélangées avec des anciennes chroniques de Jiji la Science, insulte suprême à la rédaction (de qui, ça je vous laisse deviner de quel côté mon cœur balance à la lecture). Bref, j'ai même retrouvé dernièrement des papiers importants sur la plage arrière de ma Renolte qui avaient du cuire tout le mois de juin au soleil, parce qu'enfin, on a eu un beau mois de juin rapport au goût exceptionnel des fraises et des cerises de cette année, en anticipant sur la récolte des prunes qui va être sacrément prometteuse… Non, je ne m'égare pas, passe que ce sur je vais causer aujourd'hui, c'est les couleurs au soleil. Pas les fruits, mais ceux des papiers (importants) que je viens de retrouver tout pâlis après leur séjour forcé sur la plage (arrière). Pâlis, c'est pas vraiment le mot, disons que c'est plus les mêmes couleurs : le bleu est encore là, mais le rouge est devenu tout invisible. Que même si ç'avait été IUFM Info que j'aurais oublié, on aurait plus pu lire les gros titres, rapport que eusses y aiment bien le rouge pour ça. Mais c'était des papiers de toutes les couleurs que j'avais laissé, et puis importants, je l'ai déjà dit je crois. Et que même, par extrapolation, si ç'avait été des copies déjà corrigées, le rouge de mon stylo serait parti et que j'aurais qu'à tout recommencer, ça me confirme dans l'idée de faire toujours ça au dernier moment pour échapper à ce genre de catastrophe!

 

 

Bon, j'ai activé toutes mes neurones, mis en branle mon système spinal, lu et écouté des spécialissssstes pour cerner la chose qui m'a bien intrigué. Et là, je crois être mûr pour vous délivrer le fruit de mes cogitations scientifffffiques et éclairer d'une lueur nouvelle l'immmmmmensité du savoir humain qui, comme une ombre gigantesque s'effacerait lorsque les portes imposantes de la science s'écarteront pour faire s'exprimer d'une voix docte et posée… Merde, je m'emballe.

 

 

Tout ça, les couleurs et leur pâlissement, c'est en rapport avec un terme technique que je suis obligé d'employer et que je vais vous explicationner, qui est la fréquence de la lumière. Le soleil nous envoie une lumière qu'on croit blanche mais qui est composée de plein de couleurs élémentaires qui vont du rouge au bleu, comme on le voit avec un arc en ciel, hein, vous suivez bien ? Mais une couleur donnée, disons le vert, ça c'est un peu subjectif, mais si on la mesure, c'est avec une fréquence comme y disent les physiciens, qui est d'autant plus grande qu'on se déplace du rouge vers le bleu. Et que même après il y a les UltraViolet, les rayons X, voyez bien ça. Bon, et la lumière elle est véhiculée avec des petits corpuscules qu'on appelle des photons et qui sont tous pareils, n'allez pas imaginer des boules de cotillons jaunes, vertes ou bleues. Mais l'énergie du photon elle augmente avec sa fréquence, plus on va vers le violet, plus la fréquence elle augmente. Une image pour bien vous explicationner par analogie, c'est comme si on regardait une course de hauteur de gamins de 4 ans, 6 ans, 8 ans, hettessétéra. Vous voyez ce qui va se passer, y en a qui sautent plus haut que les plus jeunes !

 

 

Alors, en résumation de ce premier éclaircissement : le bleu il a plus d'énergie que le rouge, alors les petits pigments qui constituent les peintures, ils vont pas résister de la même manière. Si le photon est énergétique, c'est comme si le gamin il peut sauter la haie, paf, les molécules elles sont cassées, peu à peu le pigment disparaît, et hop, on commence à plus le voir. C'est d'ailleurs pour ça que les UV sont dangereux, passe qu'ils ont une sacrée énergie, alors faut pas rigoler avec les molécules de sa peau au soleil, c'est un conseil de saison. Et je parle pas des rayons X ou gamma envoyés au dessus des frontières par des Tchernobyl ou en deçà des frontières par des SuperPhénix bien de chez nous même si Jospin il a fermé le site que je me dis que j'ai quand même bien fait de voter pour lui, finalement.

 

 

Oui, vous vous dites, mais il y aurait pas comme une contradiction dans ce que je viens de dire ? Passe que pourquoi c'est le rouge qui disparaît alors que les photons rouges c'est les plus ramollos ? Hé, hé, les gars, (les filles aussi), vous êtes bons !

 

 

Dernier explicationnage indispensable pour bien comprendre tout et tout comprendre bien. Hé oui, aujourd'hui ça sera plus long que d'habitude, je vais dépasser les 2 pages réglos, les copains de SUD vont pas vouloir de la chronique et vous je sais que vous avez envie d'une bière ou d'une petite Suze, mais il faut s'accrocher, la science ça nécessite parfois des efforts et de la concentration. Alors plissez bien votre front et nourrissez vos neurones avec de l'oxygène explicatif à Jiji.

 

 

Passe que si on voit le rouge sur une feuille, c'est que justement la lumière elle arrive blanche du soleil, mais y a que le rouge qui est réfléchi (diffusé, si vous voulez pinailler, d'accord ). Donc tout le reste, le jaune, le vert, le bleu, tout ça c'est absorbé, et les photons ravageurs de ces fréquences là s'attaquent aux pauvres molécules. Ah, je vois une lueur de compréhension dans vos prunelles ! Mais oui, vous avez saisi, le bleu sur le papelard, lui c'est l'inverse, il absorbe le rouge, le jaune le vert et pas le bleu. Donc les molécules sont moins sauvagement pillonées, ça tient le coup, le pigment azuréen reste et résiste. J'ai dit azuréen pour pas faire trop de répétitions et puis aussi pour montrer que je suis pas que scientifique, je peux être vachtement poétique également.

 

 

Bon tout ça c'est si les pigments sont pas d'une solidité exemplaire. Y a bien sûr des pigments qui résistent, ceusses des cerises et des fraises par exemple. Vous imaginez sinon la décoloration de nos fruits si appréciés (je vous conseille à ce propos la "Cœur de Pigeon" que même pas vraiment rouge elle est succulente). Mais avec des mauvaises encres, résultat garanti. Essayez vous même, il y a rien de tel que l'expérimentation en science pour bien comprendre et se convaincre. Un essai avec un papier de mauvaise qualité, par exemple un quotidien de chez nous avec une première page en couleur qu'on trouve chez tous les buralistes de Laon ou de Reims que vous avez tous deviné le titre que je peux pas écrire moi même ici que sinon je risque peut-être pas le procès mais au moins l'engueulade, ça tient pas deux semaines aux traitement solaire !

Tiens et si j'essayais avec IUFM Info pendant les deux mois qu'on a devant nous? J'ai pas besoin de lire ça! (Bon, pendant l'année non plus, je vous le confie de vous à moi au creux de l'oreille)

 

 

 

 

 

 

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