| BAN
ASPRETTO
MARINE EN CORSE |
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MOYENS ET STATISTIQUES EN1986
EN 2000 LA Base Marine à été réduite et la BAN à été dissoute dans les années 1993.
La PRÉPARATION MARINE est hébergée sur la Base Marine actuelle.
La Marine
en Corse
Les unités suivantes
matérialisent la présence de la Marine en Corse : le site d'Aspretto
près d'Ajaccio, ancienne base de l'aéronautique navale, qui abrite les
bureaux du commandement de la Marine en Corse (Comar Ajaccio), quelques
ateliers, une station radio ainsi qu'une vedette de la Gendarmerie
maritime ; un Bureau d'information sur les carrières de la Marine situé
dans la ville d'Ajaccio (BICM Ajaccio) ; sept sémaphores qui, couvrant
un littoral long de 1 000 km, relèvent organiquement du Service
transmissions et informatique régional de la Méditerranée (Stir Med).
L'ensemble des éléments cités regroupe moins d'une centaine de civils
et de militaires. A des degrés divers et selon leurs capacités, ils
contribuent au soutien des unités implantées ou de passage, à la
surveillance maritime côtière, aux actions de service public en mer,
à la préparation et au besoin à la mise en œuvre de la défense
maritime du territoire (DMT) en Corse.



UN PEU D'HISTOIRE

Des 1768 année du rattachement de la Corse à la France, le roi Louis XV établit dans l'île un Commissaire Général de la Marine avec pour mission d'organiser le service des classes et le service des ports et arsenaux.
Le 12 août 1886,le Capitaine de Vaisseau Regnault de Premesnil est désigné pour être le premier Commandant de la Marine en Corse.
Un important système de défense est alors mis en place dans la baie d'Ajaccio dont on peut encore trouver les vestiges tels que les batteries savamment disposées depuis La Parata jusqu'a La Castagna en passant par la chapelle des Grecs, Aspretto, Capitello et Porticcio.
En 1888, la base Navale d'Ajaccio abrite une flottille de torpilleurs assurant des patrouilles côtières et le convoyage des cargos durant la première guerre mondiale. Un centre d'aviation maritime abrite 16 hydravions de lutte anti sous-marine.
Suite à un rapport qui juge la défense de l'île très insuffisante, la Marine décide en 1932 la construction d'une Base Aéronautique au sein de la Base Navale existante.

Avec le début des hostilités, en août 1939,l'escadrille 3S 6 est affectée à Aspretto.
Désarmée en 1940,la Base en retrouvera son activité pour accueillir 5 Spitfires et les avions amphibies Catalina de la flottille 6F chargés de la lute anti sous marine et de la protection des convois.
L'escadrille 20S,Armés d'hydravions Dornier, la remplacera de 1947 à
1950,époque à laquelle, avec la disparition des hydravions, la base est mise
en sommeil pendant 5 ans.
Durant cette période, la Marine Nationale se voit concéder sur le terrain de Campo dell' Oro une enclave suffisante pour recevoir une formation de l'Aéronautique Navale.
La flottille 9 F, Armée d'Avions monomoteurs "TBM Avenger" de lutte anti sous-marine est ainsi affectée à Aspretto jusqu'en 1960.

Les premier avions commencent à circuler sur la route entre l'aérodrome de Campo dell' Oro et la Base d'Aspretto......à la grande surprise des Ajacciens.
En 1961,la flottille 9F rejoint la Base Aéronautique Naval d'hyeres et l'escadrille 55S, école de pilotage sur multimoteurs, armée de bimoteurs Beechcraff, s'installe à Ajaccio.

Dans le même temps, la base Navale perd de sont intérêt et de son importance et, en 1974,la majeure partie des terrains qu'elle occupait sont remis à la commune d'Ajaccio (aujourd'hui la base navale est remplace par un centre commercial bar et restaurant de l'amirauté et le port Charles d'Ornano et le quai Jeanne d'arc accueillant les T47 et contre torpilleurs n'est plus exploitable).

C'est ainsi que la Base Navale d'Aspretto devient le pivot de la Marine en Corse.
Il
était une fois la Corse
Ajaccio, base navale

I-La « défense mobile » par Paul Silvani.(Journaliste)

Aux
termes de la convention d’armistice signée à Rome le 24 juin 1940, qui met
fin à la drôle de guerre italo-française déclarée deux semaines auparavant
par le Duce, « les bases navales de Toulon, Bizerte, Ajaccio et Oran
seront démilitarisées » dans un délai de quinze jours, « de telle
sorte que ces bases soient rendues inutilisables du point de vue de leur capacité
offensive et défensive ».Toulon, Bizerte, Oran (c’est-à-dire Mers’el
Kébir) sont effectivement des places fortes et des bases navales importantes,
mais Ajaccio !..
A
Ajaccio, il n’y a guère que quelques batteries équipées de canons de 75 à
La Parata, Capitello, La Castagna, ou de pièces de 24 et de 95 à Porticcio (ou
a également été aménagé un débarcadère en 1891) et à la Chapelle des
Grecs. Ces ouvrages flanquent, il est vrai, trois unités qui donnent à la défense
d’Ajaccio un rôle dit stratégique à partir des années 1880. Convoitée par
l’Italie qui, avec Crispi, s’est jetée dans la Triplice avec la Prusse et
l’Autriche-Hongrie, et énoncé les premières revendications irrédentiste
d’une part et, d’autre part, occupant une position-clé entre le Continent
et l’Afrique française, la Corse doit nécessairement être fortifiée.
On
va donc, dans un premier temps construire des casemates et y installer
l’artillerie. Face à la citadelle, l’éperon d’Aspretto occupe une
position idéale. Quelle flotte oserait tenter de pénétrer dans la rade sans
affronter des tirs croisés qui ne manqueraient pas de l’envoyer par le fond ?
En 1889, on restaure les batteries qui datent de la Restauration ou du second
Empire et, en 1900, une quinzaine de canons, dont certains sur affût de côte,
défendent Ajaccio en tant que de besoin avec ceux de la citadelle et ceux de
Maestrello (place Miot).
L’anse de A
Sciarabula
Parallèlement à ces ouvrages, le gouvernement fait aménager à partir
de 1886, dans l’anse de A Sciarabula – l’actuel port de plaisance de l’Amirauté
– une base de « Défense mobile des côtes ». Un « centre de
torpilleurs » y est créé, ceux-ci relâcheront le long du quai,
construit à cet effet, du même nom. On construira un appontement en bois, des
parcs à charbon et à combustibles liquides, puis de vastes hangars et des
bureaux. Il y aura même un petit arsenal, face à l’actuel quartier des
Cannes et, en 1890, le maire d’Ajaccio demandera même à Rockoy ministre de
la Marine, venu en voyage d’inspection, d’établir une cale de raboud près
du poste des torpilleurs. Mais en 1912, l’escadrille des torpilleurs d’Ajaccio
perd son autonomie et elle est rattachée à l’escadre de la Méditerranée.
Devant les protestations locales, on maintient à la « Défense »
(c’est ainsi que la vox populi appelait la base) un centre de réparations de
contre-torpilleurs et de sous-marins, et un centre de ravitaillement.
Incident diplomatique
C’est à cette époque que survient à un membre du gouvernement une
aventure peu banale.
Ce
siècle avait, en effet, deux ans (ou peu s’en faut) lorsque le ministre de la
Marine, Camille Pelletan, qui effectuait un voyage officiel à Ajaccio, vanta la
sécurité de la rade et ajouta : « Quant à la Côte oriental, elle
vise l’Italie en plein cœur ». Ce propos belliciste fit un tel bruit
dans les chancelleries et à Rome que le président du conseil, Emile Combes,
dut l’atténuer dans un discours en l’expliquant par « la chaleur
communicative des banquets ». Un mot qui, depuis, a fait fortune…
Le
déclin de la « Défense » avait pourtant commencé. Certes, on
voyait toujours les pompons rouges des matelots à travers les grilles séparant
la gare de la base. Mais il aura fallu la guerre de 1939-45 et, particulièrement,
la période 1943-44, pour lui redonner une intense activité. Dès la libération
de la Corse, en octobre 43, l’état-major général d’Alger, alors capitale
de la France libre, envoi à Ajaccio l’amiral Battet, qui installe son
quartier général à la « Défense », dès lors baptisée
l’Amirauté.
Au
lendemain du débarquement victorieux des Alliés en Provence, le 15 août 1944,
et du succès des opérations de Libération de la France, Ajaccio perd son
amiral, mais non le site. C’est ainsi qu’en 1974, un quart de siècle après
la fermeture du dernier service restant dans les lieux, la Marine nationale cède
à la ville d’Ajaccio l’ensemble des terrains, plans d’eau et immeubles de
l’ancienne base en vue de l’aménagement d’un grand port de plaisance. Et
n’en demeurera plus, pour longtemps sans doute, que l’orgueilleuse
appellation « Amirauté » qui, pour n’avoir été justifiée que
pendant une dizaine de mois, est venue à un point nommé justifier l’adage
selon lequel il n’est que le provisoire qui dure. Le port, on le sait, porte
le nom de l’ancien maire d’Ajaccio, Charles Ornano.
Une base à Aspretto
Entre les deux guerres, c’est vers Aspretto que se tournent les regards
des stratèges de la défense de nos fronts maritimes. Il y avait déjà, depuis
deux décennies, non seulement les batteries, mais aussi – tout comme à la
citadelle, à Maestrello, à la chapelle des Grecs, à Capitello et à
Porticcio, des postes photo-électriques équipés de puissants projecteurs
destinés à pouvoir cibler à l’intention de la D.C.A (Défense Contre
Avions) les appareils qui viendraient bombarder la cité.
Car
une nouvelle fois, des voix venues d’Italie réclament le retour de la terra
irredente. Mussolini et les fascistes ne cachent nullement leurs visées
annexionnistes. En 1927, la commission maritime du Sénat s’était rendu à
Ajaccio visiter les établissements de la Marine et de la station
d’hydravions, laquelle était située dans le périmètre de la « Défense ».
Son rapport avait conclu sans ambages à la nécessité de renforcer les moyens
de défense de l’île, principalement l’aéronautique navale et terrestre,
et l’artillerie de côte. En 1932, la décision était prise de construire une
base d’hydravions sur l’éperon rocheux d’Aspretto.
II-
L’éperon d’Aspretto
Entre les deux guerre, les visées annexionnistes de Mussolini,
conduisent le gouvernement à fortifier la baie d’Ajaccio. En 1932, la décision
est prise de construire une base d’hydravions sur l’éperon rocheux
d’Aspretto.
Commencés
en 1934, les travaux sont achevés en 1937 et le drapeau tricolore hissé début
1938. On a creusé une darse, élevé d’immense hangars destinés à abriter
quatre escadrilles et des locaux pour quelque sept cent, officiers,
officiers-mariniers et marins. La « Royale » pouvait alors prendre
possession d’installations dont l’existence, en ces temps déjà troublés,
était particulièrement sécurisante.
Le
centre d’aviation maritime fort de seize hydravions de lutte sous-marine qui
avait été installé dans le périmètre de « Défense » est transféré
à Aspretto.
Le
15 août 1938, César Campinchi, ministre de la Marine, effectue à Ajaccio un
voyage officiel dont la signification politique n’échappe à personne, moins
encore au gouvernement de Rome. La journée est consacrée à l’inauguration
du monument de Napoléon au Casone, mais aussi à celle de la B.A.N. (Base Aéro-Navale)
d’Aspretto.
Hydravions sur la
ville
Le premier événement monopolise la couverture médiatique, le second
est à peine annoncé et les journaux n’en publient pas le moindre compte
rendu. Etonnante discrétion à l’heure des périls, sinon inexplicable alors
que Campinchi est arrivé à bord d’un croiseur, escorté de trois
torpilleurs, de trois sous-marins et d’une vingtaine d’appareils de
l’Escadre volante de la Méditerranée. Pour la circonstance, l’ingénieur
en chef des Ponts et Chaussées, qui avait dirigé les travaux et le ministre
ont prononcé des discours dont on imagine le teneur à défaut d’en avoir
connaissance. Et la noria des hydravions a effectué ses évolutions au-dessus
de la rade pendant la cérémonie.

En
août 1939, les moyens aériens de la B.A.N. sont renforcés et, de novembre
1942 à septembre 1943, occupé par les Italiens, jusqu’à ce qu’elle
retrouve, à la Libération, une flottille d’avions-amphibies Catalina dont la
mission est de protéger les convois et de mener
la lutte anti-sous-marine. Au lendemain de la guerre, elle vivra de
fortune diverses. On reverra les hydravions de 1947 à 1950, puis la nature des
moyens changera de 1955 à 1960 avec l’arrivée en monomoteurs
anti-sous-marins « Avenger » qui décolleront de Campo dell’Oro et
y atterriront, mais seront abrités dans les hangars d’Aspretto.
Des avions sur la route
« Les premiers avions commencent à circuler sur la route entre
l’aérodrome et la base, à la grande surprise des Ajacciens » a fait
observer l’historien Domique Orsoni, dans sa belle exposition consacrée à la
défense de la région d’Ajaccio et Sagone (1). En 1961, les Avenger
regagneront Hyères, ils serons remplacés à Campo dell’Oro par une école de
pilotage, la 55 S équipée de bimoteurs Beechcraft qui, à l’occasion,
serviront aux évaluations sanitaires de grands blessés ou malades vers les hôpitaux
de Marseille.
La
B.A.N. a ainsi, au fil des années, perdu son importance. La mise en œuvre des
techniques modernes de destruction, voire d’anéantissement, a changé les
données de la défense. En 1974, la majeure partie des terrains d’Aspretto
est, avec le bassin de l’Amirauté, remis à la Ville d’Ajaccio. En 1997, il
reste quelques dizaines de militaires dont des marins du contingent, et de
civils au nombre desquels des personnels spécialisés de l’aéronaval
travaillant pour les bases du continent. Le commandant de la Marine en Corse y
est installé, qui a autorité sur la B.A.N. bien sûr, et sur la plate-forme aérienne
de Campo dell’Oro – que la 55 S a toutefois quittée – et, en liaison étroite
avec le préfet maritime de Toulon, sur les sept sémaphores insulaires :
Pertusato, La Parata, Cap Cavallo (en Balagne), La Giraglia, Cap Sagro, Alistro
et La Chiappa.
Quel devenir ?
Que fera-t-on, en ce III° millénaire de la base d’Aspretto ?
Pendant la dernière décennie du XX° siècle, la politique d’économies des
gouvernements avait conduit à opérer des tailles sérieuses dans le budget de
la défense classique. Le regroupement d’unités dispersées avait été
effectué ici et là, et certains avaient fait valoir que l’activité de la
B.A.N. n’était soutenu que par sa partie aéronautique qui aurait bien pu,
sans dommage pour la politique nationale de défense, être déployée ailleurs.
D’ou l’idée d’une « fermeture temporaire » des installations
purement aéronautiques et de mise en gardiennage de l’ensemble.
Mais
les choses n’ont finalement pas paru aussi simples qu’elles avaient pu paraître.
La base doit en effet rester en cas de besoin un point d’appui et la Marine ne
souhaite pas, de ce chef, se désengager de ses emprises domaniales. Indépendamment
de la darse, ne dispose-t-on pas là d’un confortable héliport et de hangars
assez vastes pour y abriter une flottille d’hélicoptères redéployés à
partir de leurs bases du continent.
Le
problème posé est donc de pouvoir disposer sur place d’un effectif suffisant
pour assurer la maintenance. Il est aussi de
garder l’immobilier en bon état, c’est-à-dire, également de
restaurer par exemple certains bâtiments qui en ont bien besoin.
Et
après ? Eh bien ! après on avisera…
(voir
« La Corse Votre Hebdo » du 2 mars 2001)
Que faire de la
B.A.N. ?
Les élections municipales ont donné aux candidats l’occasion d’évoquer
le devenir de la B.A.N. Tous ont indiqué la nécessité d’y implanter une
base nautique. Le plus explicite a été le Prince Charles-Napoléon –
aujourd’hui aux affaires avec Simon Renucci et Paul-Antoine Luciani notamment
– qui a proposé dans son programme : « La base d’Aspretto, bientôt
abandonnée par l’Armée, devra être aménagée sous la maîtrise d’ouvrage
de la ville pour en faire l’élément-clé d’un projet touristique visant à
développer l’offre d’un mouillage et d’entretien de bateaux,
l’utilisation du plan d’eau pour l’apprentissage du kayak, de la voile et
de la plongée, avec un programme de résidences de moyenne densité autour du
concept de cité lacustre et l’utilisation de souterrains dans la colline
d’Aspretto. Ce projet devra permettre la création d’activité de
maintenance et de réparation navale dans les hangars de la base militaire ».
Plus modestement, Simon Renucci préconisait de « reconvertir la B.A.N.
d’Aspretto en Centre nautique nationale ».
La
parole est maintenant à la nouvelle municipalité.
(1)
Présentée au Musée Fesch lors de la commémoration du 5° centenaire de la
fondation de la ville génoise à Ajaccio, puis au Musée A Bandera, cette
exposition – actuellement abritée au Centre Régional de Documentation Pédagogique,
mériterait d'être présentée en permanence.
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2002 suite de l'histoire ............article magazine du 04-04-2002
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juillet 2003 suite de l'histoire Nice matin Corse du 24-07-2003
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nice matin du 10-10-2003
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27-10-2003
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Nice matin du 04-05-2004
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18-05-2004 nice matin
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NICE MATIN DU 25-05-2004
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16-06-04
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22-06-04
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Corse matin du 28-10-2004
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affichage public 26-11-2004
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Magazine du 21-01-2005
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CORSE MATIN DU 02 DÉCEMBRE 2005
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magazine corse matin du 06-01-2006
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IL était une fois la CORSE ASPRETTO OU LA POLITIQUE DU FAIT ACCOMPLI
PAR PAUL SILVANI DU 11-06-2004 A des années-lumière des guerres classiques, Ajaccio reste une ville militairement occupée, non par des garnisons, mais par les aménagements fonciers stratégiques qui, pour certains, remontent à plusieurs siècles. C'est évidemment le cas de la citadelle. Plus récents sont le quartier Maestrello, élevé il y a trois décennies à peine sur l'emplacement d'une ancienne batterie, place Miot, et la base aéronavale d'Aspretto, qui porte maintenant ses soixante-dix ans et, en tant que telle, n'a plus aucune utilité. D'où l'intérêt qui, ici et là, lui est porté. Par la Marine, bien sûr, par la ville, naturellement, et, maintenant par la gendarmerie.
Tout commence en 1889 lorsqu'il devient nécessaire de fortifier
une île convoitée par l'Italie de Crispi, qui l'a déclarée 'terra
irredente' comme les provinces de culture latine et italienne non réunies
à la nation depuis une trentaine d'années indépendante. A Ajaccio, on
restaure les batteries qui datent de la Restauration ou du Second
Empire, de sorte qu'en 1900 une quinzaine de canons (La Parata, la Chapelle
des Grecs, Aspretto, Capitello, Porticcio, La Castagna), dont certains
sur affût de côte, défendent la cité avec ceux de la citadelle et de
Maestrello. Parallèlement
à ces ouvrages, le gouvernement fait construire dans l'anse d'A
Sciarabula - l'actuel port de plaisance CharlesOrnano - une base de Défense
mobile des côtes'. Un 'centre de torpilleurs' y est créé, lesquels relâcheront
le long du quai du même nom construit à cet effet le long de la route. Le
15 août 1938 On
bâtira un appontement en bois, des parcs à charbon et à combustibles
liquides, puis de vastes hangars et des bureaux. Il y aura même un petit
arsenal face à l'actuel quartier des 'Canni'. Puis la menace italienne
s'atténue. L'escadrille des torpilleurs perd son autonomie et est rattachée
à l'escadre de la Méditerranée à Toulon. Un centre de réparations
de contre-torpilleurs et de sous-marins et un centre de ravitaillement
sont cependant maintenus, en attendant qu'entre les deux guerres y soit
installée une base d'hydravions. En 1943, à la Libération, la 'Défense',
comme l'appellent les Ajacciens, connaîtra une forte activité sous
l'autorité de l'amiral Battet, devenant de ce chef "l'Amirauté'
Dénomination que, très modestement, la vox populi et les autorités
conserveront... En Méditerranée,
la France s'est outre Toulon, dotée des bases de Bizerte et de Mers'El Kébir
(Oran). Mussolini ayant repris la revendication de Crispi, il importe de
renforcer la défense de la Corse. En 1932, décision est prise de
construire une base d'hydravions sur l'éperon rocheux d'Aspretto. Entre
1934 et 1937, on creuse une darse et, sur les dix-sept hectares du site,
on construit d'immenses hangars destinés à abriter les escadrilles, et
des locaux à usage de bureaux et de logements pour quelque sept cents
officiers, sous-officiers et marins. Les seize hydravions de lutte
anti-sous-marine du Centre d'aviation maritime sont transférés de la 'Défense'
à la nouvelle B.A.N. En
1937, le drapeau tricolore flotte sur Aspretto, dont la "Royale"
prend possession. Le 15 août 1938, César Campinchi, ministre de la
Marine, député de Bastia, effectue à Ajaccio un voyage officiel
dont la signification politique n'échappe à personne, moins encore au
gouvernement de Rome. La journée est consacrée à l'inauguration de la
statue monumentale de Napoléon au Casone, mais aussi à celle de la BAN.
d'Aspretto. Le premier événement monopolise l'attention médiatique,
le second est à peine annoncé et les journaux n'en publient pas le
moindre compte rendu. Étonnante
discrétion à l'heure des périls, alors que le représentant du
gouvernement est arrivé à bord d'un croiseur, escorté de trois
torpilleurs, de trois sous-marins et d'une vingtaine d'appareils de
l'escadre volante de la Méditerranée! Pour la circonstance, tandis que
le ministre et l'Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées (qui avait
dirigé les travaux) prononçaient leurs discours, la noria des
hydravions effectuait ses évolutions au-dessus de la rade Un avenir compromis En
août 1939, les moyens aériens de la base sont renforcés. En juin 1940,
aux termes de la convention d'armistice, elle est "démilitarisée'
tout comme Toulon, Bizerte et Mers'EI Kébir. Dans un délai de quinze
jours, ces bases sont 'rendues inutilisables du point de vue de leur
capacité offensive et défensive'. De novembre 1942 à septembre 1943,
Aspretto (comme la 'Défense") est occupée par la marine italienne
et, à la Libération, on y base une escadrille d'avions-amphibies
Catalina dont la mission est de protéger les convois et de mener la lutte
anti-soùs-marine. Au lendemain de la guerre, elle connaîtra des fortunes
diverses hydravions de 1947 à 1950, monomoteurs Avenger qui décolleront
de Campo del'Oro et y atterriront, mais seront abrités dans les
hangars, de sorte que, le soir venu, on verra - spectacle surréaliste -
ces avions- circuler sur la route entre l'aérodrome et la base... En
1961, enfin, les Avenger regagneront Hyères. lis seront remplacés à
Campo del'Oro par une école de pilotage, la 55 5, équipée de
bimoteurs Beechcraft qui, à l'occasion, seront aux évacuations
sanitaires de grands blessés ou malades vers les
hôpitaux de
Marseale-Quelques wg"
plis
tard, avec le dépàrt de l'escadrille, La
B.A.N perdra son importance, tout en continuant à assumer les missions dévolues
à l'aéronavale (sémaphores, surveillance et sauvegarde maritime,
sous-CROS Corse), ainsi que l'information sur les carrières de la Marine.
A l'heure actuelle, les personnes présentes sur la base sont au nombre de
quarante, moitié militaires, moitié civils, sous l'autorité du
commandant de la Marine en Corse, le capitaine de frégate Jean Serazin. Car
le reste, soit quinze hectares, doit par décision du ministre de la Défense,
Michèle Alliot-Marie, est transféré à la gendarmerie, désireuse d'y
regrouper ses personnels et ses implantations d'Ajaccio. Une décision
sans doute judicieuse du point de vue militaire, mais inappropriée au
regard des intérêts de la collectivité ajaccienne, tels que les avait
exposés le 11 septembre 2001, dès son élection, Simon Renucci au
Premier ministre Lionel Jospin„ que devait confirmer le 21 juillet 2003
le vote unanime du conseil municipal d'Ajaccio. On
peut donc regretter que soit ainsi menée une politique du fait accompli.
Mais on peut aussi penser que l'affaire pourrait ne pas en rester là :
après tout, il ne manque pas, à Ajaccio et dans ses environs immédiats
de terrains pour construire les installations qui font aujourd'hui défaut
à la gendarmerie, de manière à lever l'hypothèque qui pèse sur
l'agrandissement du port de
plaisance et l'aménagement d'une base de sports nautiques... |
construction des hangars 1936,pavillon des officiers mariniers 29-01-1937,caserne équipage 1936,carre des officiers 1937,infirmerie 1938.
Retranscrit
Virginie VENTURA
Dès 1768, année même du rattachement de la Corse à la France, la Roi Louis XV établit dans l’ Ile un Commissaire Général de la Marine avec mission d’y organiser le service des classes et le service des ports et arsenaux.
Les archives très abondantes de la Marine en Corse, aujourd’hui
conservées aux archives du Port de Toulon, permettent de reconstituer la longue
succession des Officiers, qui, depuis ces lointaines origines, ont présidé aux
destinées de la Marine en Corse. Leur liste figure ci-après. Elle permet de
diviser l’histoire de la Marine en Corse en trois périodes.
-
de 1768
à 1887 – La Marine est présente dans l’Île par ses services administratifs
groupés sous l’appellation SERVICE DE LA MARINE en CORSE. Le responsable est
un commissaire de la Marine.
-
de 1887
à 1949 – Un commandement de la Marine en Corse est créé le 1er
août 1887, qui se superpose aux services administratifs de La Marine. Ces
derniers restent homogènes et totalement dépendants du Commandement jusqu’à
la création en 1902 du corps des administrateurs de l’Inscription Maritime
(1) qui entraîne un partage des attributions respectives de la Marine Nationale
et de la Marine Marchande.
A partir de 1888, existe à AJACCIO une base navale
qui restera active jusqu’en 1949.
-
de 1949
à nos jours – La Base de l’Aéronautique Navale d’ASPRETTO, dont les
travaux de construction ont commencé en 1934, devient, après la seconde guerre
mondiale, l’unité la plus importante de la Marine en CORSE. Le Commandement
de la Marine en CORSE et le Commandement de l’Aéronautique Navale d’ASPRETTO
sont réunis en un seul commandement.
(1)
Le
nouveau corps, crée par le décret du 7 Octobre 1902, est chargé de « l’administration
de l’Inscription Maritime, de la police de la navigation et du pilotage, des pêches,
de la domanialité maritime, du bris et naufrage, des pensions, demi-soldes,
secours et autres allocations sur les caisses de l’établissement des
invalides, de la comptabilité de ces établissements, de la liquidation des
primes à la Marine Marchande et en général de ce qui constitue le service
dans les Quartiers ».
| PREVOST | COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE LA MARINE | 1738-1769 |
| DANTRECHAUX | COMMISSAIRE ORDINAIRE DE LA MARINE | 1769-1770 |
| REYNIER DU TILLET | COMMISSAIRE DE LA MARINE | 1770-AN IV |
| FREDERIC M. | COMMISSAIRE DE LA MARINE | AN V - AN VIII |
| BELLANGER R (*) | SOUS COMMISSAIRE DE LA MARINE | AN VIII - AN X |
| ESCUDIER F. | SOUS COMMISSAIRE DE LA MARINE | AN X -1816 |
| TREDOS J. | COMMISSAIRE DE 2 CLASSE | 1816-1832 |
| ARBAUD L.L.G. | COMMISSAIRE DE 2 CLASSE | 1832-1834 |
| MARTIN J.R.M.L | COMMISSAIRE DE 2 CLASSE | 1834-1846 |
| DUMOULIN P.T.A | COMMISSAIRE DE 2 CLASSE | 1846-1849 |
| LEROY D'HERVAL DESGRANGE | COMMISSAIRE DE 1 CLASSE | 1849-1854 |
| GUESDON A. | COMMISSAIRE DE 1 CLASSE | 1854-1863 |
| CASABIANCAJ.A | COMMISSAIRE DE 1 CLASSE | 1863-1866 |
| BORY S.G.F.D | COMMISSAIRE DE 1 CLASSE | 1866-1875 |
| FERRAUD L.M.E | COMMISSAIRE DE 1 CLASSE | 1875-1879 |
| SANTELLI J.A.M | COMMISSAIRE DE 1 CLASSE | 1879-1887 |
VOIR PAGE SEMILLANTE
| REGNAULT DE PREMESNIL | CONTRE AMIRAL | 1887-1888 |
| SERVAN P.G.A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1888-1889 |
| PARFAIT J T | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1889-1891 |
| MAGNON PUJO | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1891-1893 |
| DE FAUQUE DE JONQUIERES M P F | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1893-1894 |
| MASSE M A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1894-1895 |
| KRANTZ J F J | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1895-1897 |
| LECOMTE G F | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1897-1899 |
| MALLET J M | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1899-1900 |
| VOIELLAUD E A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1900-1901 |
| MALLET J.M | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1901-1903 |
| GERVAISE P | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1903-1905 |
| DELARUELLE P F | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1905-1907 |
| DEGOUY J B | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1907-1909 |
| JACQUET E A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1909-1912 |
| LETROYER E A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1912-1915 |
| VIARD L A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1915-1916 |
| PERIER D'HUTERIVE J C | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1916-1919 |
| PROUET J F | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1919-1920 |
| DOLLO | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1920-1922 |
| ROUGIER D F M | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1922-1924 |
| VALDEMAIRE P E | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1924-1926 |
| LONG A M | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1926-1928 |
| CHENET M | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1928-1930 |
| LAMBERT C J | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1930-1931 |
| GIRARDON P A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1931-1933 |
| DUFFOY H M | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1933-1935 |
| CAZALIS F D | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1935-1938 |
| FAT A C | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1938-1940 |
| FAVIER M A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1940-1942 |
| QUEDEC | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1942 |
| KILLIAN | CAPITAINE DE FREGATE | 1943 |
| LONGAUD | CONTRE AMIRAL | 1943 |
| BATTET R M | CONTRE AMIRAL | 1943-1946 |
| PLANTE J C | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1946-1947 |
| ETIENNE | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1947-1949 |

L’AÉRONAUTIQUE NAVALE D’ASPRETTO
| LIABEUF J M | CAPITAINE DE CORVETE | 1949-1951 |
| SALEUN E J | CAPITAINE DE CORVETE | 1951-1952 |
| LEBERRE L C | CAPITAINE DE CORVETE | 1952-1954 |
| NICOLAS A C | CAPITAINE DE CORVETE | 1954-1956 |
| CHOUILLET H | CAPITAINE DE FREGATE | 1956-1958 |
| TUAL M | CAPITAINE DE FREGATE | 1958-1960 |
| JACQUIN R E | CAPITAINE DE FREGATE | 1960-1962 |
| ROBART A | CAPITAINE DE FREGATE | 1962-1964 |
| LEBAIL M E | CAPITAINE DE FREGATE | 1964-1965 |
| FROGER M J | CAPITAINE DE FREGATE | 1965-1966 |
| RENAUD G | CAPITAINE DE FREGATE | 1966-1967 |
| DROUIN P | CAPITAINE DE FREGATE | 1967-1969 |
| GUIGUE C | CAPITAINE DE FREGATE | 1969-1971 |
| MASQUELIER P M | CAPITAINE DE FREGATE | 1971-1973 |
| COMBES | CAPITAINE DE FREGATE | 1973-1975 |
| BIHEL A | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1975-1977
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| SAINT CAST J | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1977-1779 |
| BOULIER | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1979-1981 |
| REGNAULT | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1981-1982 |
| LEMERCIER | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1982-1984
|
| FIEVET | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1984-1986
|
| HEMARD | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1986-1988
|
| MEYSONNAT | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1988-1989
|
| MEYSSONNAT | CONTRE AMIRAL | 1989-1990
|
| LAIGNELOT | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1990-1991
|
| BRUNET | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1991-1993
|
| COMMANDANT LA BASE NAVALE D'ASPRETTO | ||
| HUE | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1993-1997
|
| MASSET | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1997-1999
|
| GROJEAN | CAPITAINE DE VAISSEAU | 1999-01 AOUT 2002
|
| SERAZIN | CAPITAINE DE FRÉGATE |
2002-2004 |
| BERTHOD | CAPITAINE DE FRÉGATE |
07-2004-01-2006
|
| NOYANT | Capitaine de frégate
01-2006 |
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Corse Matin 24-07-2004
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CORSE MATIN 06-01-2006
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1768 –
1887
Le grand artisan du traité de VERSAILLES du 15 mai 1768, par lequel la république de GÊNES cède à la France ses droits sur la CORSE, est le Duc de CHOISEUL, Ministre de la Guerre et de la Marine du Roi Louis XV. Ceci explique sans doute pourquoi, très vite après la signature du traité, la Marine s’installe en CORSE et y organise ses services.
Le premier chef de la Marine en CORSE est le Commissaire Général PRÉVOST qui, par lettre en date du 08 novembre 1768, rend compte à son ministre de son arrivée et de son établissement à BASTIA.
Les archives laissées par les services administratifs de la Marine en CORSE montrent l’étendue et la variété du domaine d’activité et de compétence de ses services. Il faut y voir une survivance de la prééminence de l’administration voulue par COLBERT dans l’organisation de la Marine, comme en atteste le règlement du 6 octobre 1674 qui confie aux commissaires la mission de veiller à l’observation des mesures de police et de discipline « aussi bien dans les circonstances ordinaires de la navigation que pendant le combat ». (1)
Une des tâches les plus importantes est l’administration de tous les gens de mer qu’ils appartiennent aux armements d’État ou aux armements privés. Cette tâche est assurée par le service des classes, appelé plus tard Inscription Maritime par décret du 03 Brumaire an IV (25 octobre 1795).
Mais il y a également :
- le contrôle de l’activité des bâtiments armés en course, nombreux à cette époque en CORSE : lettres de marque, actes de cautionnement, bulletins de prises, états des parts de prise.
- Les projets et marchés liés aux travaux hydrauliques et aux équipements et installations portuaires (dossier et plans des plages de SCALA ROSSA, de CALZARELLE, des ports de BASTIA et de l’ILE ROUSSE, de PROPRIANO etc…
(1) Il est à noter que les administrateurs des Affaires Maritimes ont conservé ces pouvoirs de police et de discipline vis à vis des navires marchands.
- les enquêtes sur les accidents de mer et naufrages (en particulier naufrage de la SÉMILLANTE en février 1855).
- Et divers rapports sur des sujets aussi variés que le fonctionnement du bagne d’AJACCIO, ou l’exploitation de la forêt de VIZZAVONNE pour les bois de mâture. (2)
Il faut noter enfin la création à AJACCIO, en 1776
d’un tribunal de l’amirauté. Son premier président, Monsieur François
CUNEO d’ORNANO, fut nommé Lieutenant Général des Armées Navales par
ordonnance royale du 27 juillet 1776.
Ce tribunal fut supprimé sous la révolution à la
suite d’une doléance présentée le 02 Juin 1789 par le Tiers-état de l’Île
de CORSE.
Nous allons évoquer les évènements les plus marquants de cette période
qui couvre plus d’un siècle.
Nous commencerons par consacrer quelques lignes à la guerre de course.
LA
CORSE et LES CORSAIRES 1768 –
1812
Avant la signature du traité de VERSAILLES de 1768
entre la France et la République GENOISE, Pascal PAOLI, qui était en lutte
ouverte contre GENES, avait fait voter une constitution et établi un véritable
gouvernement à CORTE. Pour asseoir davantage
son autorité, il avait entrepris d’armer une importante flotte dans la
presqu’île du CAP CORSE, avec CENTURI comme chantier naval et MACINAGGIO
comme base opérationnelle, flotte qui, espérait-il, devait lui permettre de
jouer un rôle politique en Méditerranée.
L’île de CAPRAJA, possession génoise située à mi-chemin entre la
CORSE et la côte LIGURE fut le premier objectif de la flotte CORSE. Assiégée
le 16 février 1767 par le corps expéditionnaire commandé par Achille MURATI,
l’Ile de CAPRAJA capitulait le 31 mai 1767, soit moins d’un an avant le
traité de VERSAILLES.
Dans ces conditions, il n’est pas interdit de penser que
l’empressement manifesté par le Duc de CHOISEUL à établir les services de
la Marine en CORSE n’ait été motivé par son souci de contrôler l’activité
maritime CORSE et de s’en servir au profit de la France. Le fait est que de
nombreux corsaires corses reçurent des lettres de marque françaises (3).
Certains se virent même confier le commandement de petits bâtiments de guerre
appartenant au Roi ou à l’Extraordinaire des Guerres tel Jean-Marie OLETTA,
fait Lieutenant de Frégate, et son fils Sylvestre OLETTA qui trouva une mort
glorieuse le 28 Brumaire an 2 (18 septembre 1793) dans un combat inégal avec
une frégate anglaise, près du CAP CORSE, alors qu’il commandait la Felouque
LA VIGILANTE.
Le gouvernement accorda à sa fille infirme une pension de mille francs.
(2)
On
trouvera en hors texte la photocopie d’un intéressant compte rendu daté de
1812 sur l’abattage et le transport des bois de la VIZZAVONE à AJACCIO.
(3)
Citons
quelques noms :BAGNASCO – BONELLI – CAVOTTI – DELUCA –
JOVEMARCANTELLI – OLETTA – ORNANO – PHILIPPI – SCASSI.
Enfin
on ne peut quitter le chapitre de la course sans mentionner l’extraordinaire
destinée de Louise ANTONINI, née à Ajaccio le 30 mai 1771, qui fut une des
rares femmes corsaires.
Son père était un officier de PAOLI. Orpheline à l’age de 10 ans,
ayant pris le nom de Louis ANTONINI, elle réussit à s’embarquer comme
matelot sur le Brick « REVANCHE ». Mais le 23 mai 1790 elle fait
naufrage. Rapatriée sur la flûte « BIENVENUE », elle s’engage
sur la frégate « CORNELIE » qui appareille pour les Antilles. Blessée
et prisonnière au combat des SAINTES, elle est conduite en captivité à
PLYMOUTH.
Son secret dévoilé, elle est libérée après 18 mois de détention sur
les pontons anglais. Rentrée en France, elle réussit à se faire incorporer à
la 28ème DEMI-BRIGADE de l’Armée du RHIN et se distingue au siège
de MAESTRICHT. En 1808, elle est au 70ème
R.I. où elle a gravi les échelons de caporal et de sergent. Blessée en
Espagne au combat de ROLICA, elle est soignée, reconnue et doit quitter l’armée.
Le 30 novembre 1838, son ancien colonel, le Maréchal de camp JANIN, la
recommandait au Général Commandant la 13ème division militaire en
ces termes :
« La demoiselle Louise ANTONINI, fille d’un ancien Officier supérieur
de la Corse, qui a elle même servie comme marin sur les vaisseaux de l’État,
puis comme soldat, caporal et sergent dans le 70ème de ligne, a été
libérée du service par suite d’une blessure qu’elle a reçue au feu.
L’année dernière, un secours de Monsieur la Ministre de la Guerre lui fut
accordé etc.… »
« Cette femme est on ne peut plus recommandable, non seulement par
ses antécédents, mais par sa conduite ; quoique privée de tout moyen
d’existence elle est venue en aide à une famille aussi pauvre et aussi
malheureuse qu’elle ».
Le 25 juin 1861 Louise ANTONINI mourrait à l’Hôtel Dieu de NANTES à
l’âge de 90 ans.
OCCUPATION
DE LA CORSE PAR LES ANGLAIS 1794 – 1796.
Pas plus qu’il n’avait accepté la domination génoise, Pascal PAOLI ne pouvait accepter la domination française imposée par le traité de VERSAILLES du 15 mai 1768. Aussi après la défaite de ses partisans à PONTE-NUOVO le 08 mai 1769, se réfugia-t-il en Angleterre.
Ce premier exil dure plus de 20 ans. Séduit par l’idéal suscité par
la révolution française, PAOLI rentre en Corse le 14 juillet 1790 après que
la constituante ait voté l’amnistie de tous les proscrits. Il est élu Président
du Directoire du Département et nommé au commandement de la 23° division
militaire. Mais il ne tarde pas à entrer en conflit avec la CONVENTION qu’il
juge trop centralisatrice. Dénoncé comme contre-révolutionnaire, il est déchu
de son commandement puis, le 17 juillet 1793, décrété « Traître à la
République ». Mis ainsi hors la loi, il fait appel aux anglais.
L’amiral Lord Hood commande alors l’imposante escadre anglaise de la
Méditerranée. Dès le mois de Septembre 1793 il apporte son appui aux forces
de PAOLI. En février 1793 le port de SAINT-FLORENT est pris par les anglais,
puis c’est la capitulation de BASTIA, épuisée par un blocus de 3 semaines.
Mais la citadelle de CALVI reste fidèle à la France. Les Anglais et les
Paolistes doivent concentrer des forces considérables (plus de 6000 hommes)
pour le faire tomber. Enfin le 05 Août 1794 après un long siège qui a commencé
le 16 juin, CALVI, à bout de ressources, capitule, ayant reçu, dit la
chronique, plus de 30.000 boulets.
C’est au cours de ce fameux siège de CALVI qu’Horace NELSON, alors
Capitaine de Vaisseau, Commandant le Vaisseau de 64 canons « AGAMEMNON »,
perdit l’œil droit à la suite d’une blessure à la tête.
Après la capitulation de CALVI, Sir Gilbert ELLIOT est nommé Vice-Roi
de Corse. Confiant dans l’avenir, le Vice-Roi écrira, le 12 juillet 1795, au
Duc de PORTLAND ministre de sa majesté Georges III :
« La CORSE située, en outre, au cœur même de l’Europe, a une
très grande importance militaire. Nous ne devons pas perdre de vue que le port
de SAINT-FLORENT et l’arsenal maritime d’AJACCIO pourront être pour nous
d’une grande utilité dans une guerre avec la France, avec l’Espagne et avec
un des états de l’Italie.
Je me contenterait de dire à votre Grâce qu’il serait très important
pour l’utile établissement d’AJACCIO, d’obtenir de plus fortes sommes du
Ministère de la Marine. Je n’ai nullement l’ambition d’exiger des dépenses
extraordinaires, ni de demander que l’on fasse des distributions aveugles. Je
désire simplement qu’on nous envoie le nécessaire, sans le faire à contre-cœur.
Des sommes relativement modestes suffisent pour mener à bonne fin une œuvre
aussi avantageuse et si nous gardons la Corse, ce que je mets nullement en
doute, jamais argent n’aura été mieux placé par l’Angleterre. »
L’occupation anglaise dura deux ans (jusqu’au 24 octobre 1796) et coûta
cinq millions de livres sterling au trésor anglais.
PRISE DE
MALTE – 10 JUIN 1798
Préparant l’expédition d’Egypte BONAPARTE forme le projet de concentrer les convois dans le golfe d’AJACCIO. Une commission est crée par le Directoire qui se tient en liaison avec le Général VAUBOIS chargé sur place de réaliser ce projet.
La commission fait parvenir dans l’Île le nécessaire pour l’établissement d’un hôpital de 500 lits et de magasins pour 25.000 hommes. Elle fait également acheter un million de pintes de vin et 120.000 pintes d’eau de vie qui se rendront dans le port d’AJACCIO où ils resterons sans décharger ».
A deux reprises, des fonds destinés au Général VAUBOIS sont acheminés par l’Aviso le CHASSEUR représentant une somme totale de 400 mille francs.
Le 13 avril 1798 le Général en chef BONAPARTE écrit au Général VAUBOIS :
« Indépendamment, Citoyen Général, de la 4ème Demi-Brigade d’infanterie légère qui, dans ce moment ci, doit être réunie à AJACCIO, ayant des vivres pour deux mois, vous voudrait bien réunir à AJACCIO, dans le plus court délai, la 19ème Demi-Brigade de ligne avec sa compagnie de canonniers, son dépôt et une compagnie de canonniers de ligne du 4° régiment, 100 cartouches par homme, 2 mois de vivres et 2 pièces de 3 de campagne, si vous en avez dans l’Ile.
Il part de TOULON pour AJACCIO neuf gros bâtiments qui seront suffisants pour le transport de la dite Demi-Brigade. Faites préparer les vivres et tous les objets ci-dessus mentionnés. Vous devez tenir le convoi de la 4° Demi-Brigade d’infanterie légère et de la 19° de ligne, prêt à partir le 5 floréal, au premier signal qui lui serait donné.
Je vous pris également de transporter votre quartier général à AJACCIO ».
Mais, dès le 20 avril 1798, devant l’insuffisance des ressources de l’Ile, BONAPARTE renonce au projet de concentration des convois dans le golfe d’AJACCIO. Il en informe le Général VAUBOIS et le 20 Floréal an VI (09 mai 1798) lui donne l’ordre de départ pour les troupes de CORSE :
« Les magasins pour 25.000 hommes, Citoyen Général, que vous avez formés, deviennent à peu près inutiles. Vous pouvez donc prendre dans ces magasins tout c qui sera nécessaire pour approvisionner le convoi qui va partir. »
« Il est ordonné au Général CASALTA de s’embarquer immédiatement après la réception du présent ordre avec la 4° Demi-Brigade d’infanterie légère, la 19 ° Demi-Brigade de bataille et de partir au premier beau temps. Il se rendra dans les îles de la MADELEINE, au nord de la SARDAIGNE, où il recevra de nouveaux ordres du Vice-Amiral BRUEYS. Il se conformera exactement aux ordres qu’il recevra du-dit Vice-Amiral qui lui envoie un officier de marine intelligent pour diriger tous ses mouvements. N’oublier pas d’embarquer sur le convoi 3 ou 4 pièces de canons de 3 ou de 4, avec une bonne compagnie de canonniers ».
Le 26 Floréal an VI (15 mai 1798) les troupes stationnées en Corse embarquent sur une cinquantaine de bâtiments dont 22 frétés dans l’Ile, très disparates : 3 bombardes – 2 bricks – 2 pinques – polacres et 13 tartanes.
L’effectif des deux Demi-brigades s’élève à 3197 hommes présents sous les armes. Le général VAUBOIS est à leur tête, le Général CASALTA désigné par BONAPARTE pour les commander ayant dû être débarqué en raison de son état de santé. Le commissaire des guerres BOERIO rend compte au Ministre de la guerre :
« Les 4ème et 19ème Demi-Brigades, approvisionnées pour 2 mois sortirent de la rade d’AJACCIO le 26 Floréal dernier. Le convoi, se trouvant dans les parages de la MADELEINE, fut approché par 3 bâtiments chargés de comestibles, que le Citoyen ARRIGHI, inspecteur des vivres, avait été se procurer par mes ordres en SARDAIGNE muni d’une somme de 70.000Frs, pris sur les fonds de l’armement… ; »
Le 27 mai le convoi en provenance de Corse rallie l’Escadre, et le 09 juin l’imposante force navale est en vue de MALTE.
Le 10 juin à 02 heures du matin, le Général VAUBOIS débarque avec ses troupes et met en déroute la résistance maltaise.
Nommé Gouverneur, il ne rendra l’Ile de MALTE aux Anglais que le 4 Septembre 1800.
