Depuis la révolution russe d'Octobre 1917, dans
de nombreux pays d'Europe, beaucoup de gens croyaient à la
possibilité d'un monde nouveau, plus juste, et qui serait gouverné
par le peuple. En 1935, ces idées mèneront le Front
Populaire au pouvoir en Espagne et en France alors qu'en Italie et
en Allemagne, l'idéologie fasciste portera au pouvoir MUSSOLINI
et HITLER. Les deux grandes idéologies s'affronteront alors
militairement : sur le territoire espagnol d'abord, sur l'ensemble
de la planète ensuite.
En France, l'extrême droite va essayer de renverser
le gouvernement de Léon BLUM mais ce sera un échec (démantèlement
de la Cagoule). Par contre en Espagne, le gouvernement républicain
doit faire face à un marasme économique qui dure depuis
plus de 50 ans et à une opposition fascisante déterminée
à reprendre le pouvoir. En effet, les gros propriétaires
terriens, le clergé et les militaires décident de renverser
le gouvernement républicain par un coup d'Etat. En juillet
1936, le général FRANCO et deux autres généraux
se rendent maître d'une partie du pays. Leur tentative de putch
échouera cependant à Madrid, en Catalogne et dans les
Asturies où ils seront contrés par les forces loyalistes.
L'Espagne est alors divisée en deux, c'est le début
d'une guerre qui durera trois ans.
Voyant que la démocratie en Espagne et les libertés
individuelles sont menacées par le fascisme, des milliers d'hommes
et de femmes viendront au secours des républicains espagnols
et s'engager comme volontaires dans ce qui deviendra les bataillons
des BRIGADES INTERNATIONALES. Plus de 30 000 hommes et de femmes viendront
de France, d'Angleterre, de Belgique, de Pologne, de Tchécoslovaquie,
de Hongrie, du Canada, des Etats-Unis et même d'Italie ou d'Allemagne
entre 1936 et 1938 (de plus de 50 pays différents en tout).
Un grand nombre d'entre-eux mourront sur la terre d'Espagne dont environ
2 500 français (sur environ 9 900 brigadistes français)
tandis que plusieurs autres milliers de volontaires seront bléssés
ou mutilés à vie au cours de ce conflit.
Lorsqu'au début de 1939, le gouvernement républicain
comprend qu'il perdra cette guerre, il renvoit les brigadistes dans
leurs pays d'origine mais ceux-ci ne seront pas toujours accueillis
en héros. Bien au contraire ! En France, alors que la Troisième
République est toujours en place, les brigadistes français
seront méprisés et persécutés par l'administration
française et les jeunes qui n'auront pas fait leur service
militaire et les réservistes qui n'auront pas fait leur période
de réserve, seront poursuivis comme déserteurs ! Sous
Vichy, ce sera pire, les anciens brigadistes devront se cacher pour
éviter la prison et la déportation mais pour eux le
combat anti-fasciste n'était pas fini, et prendre le maquis
était une évidence. Les anciens volontaires en Espagne
Républicaine furent, en effet, les premiers à entrer
dans la Résistance, mettant à profit leur expérience
et n'hésitant pas, une fois de plus, à risquer leur
vie pour la Liberté. Ceux qui mourront auront droit à
être considérés comme des héros "morts
pour la France" mais leurs frères d'armes morts en Espagne
n'ont toujours pas reçus cette honneur.
L'ASSEMBLEE NATIONALE a attendu le 5 décembre
1996 pour reconnaitre aux Français volontaires en Espagne Républicaine
et à ceux de l'escadrille "España" formée
par André MALRAUX, la qualité d'"ANCIEN COMBATANT".
C'est une reconnaissance bien tardive mais c'est le premier pas vers
une reconnaissance encore plus juste : celle qui consisterait à
reconnaître la qualité de "MORT POUR LA FRANCE"
à tous les Brigadistes Français qui ont trouvé
la mort en terre d'Espagne.
C'est un peu pour pallier à cette injustice que
je me permet de publier la liste des
Volontaires Français décédés en Espagne
Répubicaine. Cette liste est issue du livre "Epopée
d'Espagne" publiée en 1957 par l' A.V.E.R. (Amicale
des Anciens Volontaires Français en Espagne Républicaine)
et je la reproduis dans son intégralité avec ses oublis,
ses imprécisions et ses erreurs.
Cette liste ne comprends, en effet que 1 800 noms sur
les 2 500 morts estimés par les meilleurs spécialistes
de cette guerre. De plus, il y manque souvent les prénoms et
elle ne comprends peut être pas que des français mais
aussi les noms de nombreux étrangers qui vivaient en France
ou ont transité par la France avant leur engagement en Espagne.
Si vous êtes intéressé par en savoir
plus sur l'un de ces brigadistes français, vous trouverez leurs
biographies dans le "Dictionnaire du Mouvement Ouvrier de
France" , publié sous la direction de Jean MAITRON
aux Editions Ouvrières (disponible dans toutes les grandes
bibliothèques municipales ou universitaires et dans de nombreux
centres d'Archives Départementales).
J'aurai pu utiliser cet ouvrage pour corriger et peut
être compléter la liste que je mets en ligne ici,
mais je n'ai pas eu le temps de le faire. Quoi qu'il en soit, cette
liste serait sans doute restée incomplète et c'est pourquoi,
je souhaite faire appel à tous les internautes qui auraient
des informations compémentaires et leur demande de me contacter.
Un brigadiste en particulier m'intéresse au
plus haut point, il s'agit de mon grand-père paternel, Denis
Constant LEONARD, né à Plainfaing (Vosges) en janvier
1901 et probablement décédé au Jarama en février
1937.
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