La diagonale des fous - raid de la réunion
La semaine avant la course a été consacré à une découverte de l'île.
Le samedi après midi, rando au volcan (le pic morgabim) en éruption depuis maintenant 4
semaines.
vision grandiose de la bouche à feu (dont nous nous sommes approchés à moins de 100 m)
et des coulées de laves rougeoyantes dans la nuit tropicales sans lune, un spectacle que
je n'oublierais pas de sitôt. Tout cela sous la pluie : ce qui ne manquât pas de
rajouter une note surnaturelle à ce spectacle.
Après un rapide casse croûte sous une pluie battante, nous retournons à la voiture (3 h
de marche)...et lorsque nous avons voulu redémarrer, panne de batterie !! :-(
Après maints essais infructueux, Patxi (prononcer Patchi, il est d'origine basque) est
redescendu avec d'autres copains dans une voiture pour rapporter une batterie de rechange.
J'ai donc passer la nuit avec claire (CMika, pour Papy) dans la voiture à grelotter.
retour à 6 h du mat'. pas génial pour une semaine avant le Grand Raid.
J'ai pu lors de cette sortie percevoir l'agressivité du terrain. mes NB 902 en sont
revenues lacérées... et je n'exagère pas. Marcher environ 1h30 dans les scories, les
chaussures de trails n'apprécient guère.
Dimanche repos. lundi et le mardi, je suis allé "sentir le terrain" en
randonnant dans le cirque de Mafate ( celui ou il n'y a ni routes ni voitures). J'ai pu y
tester la chaleur (suffocante au fond du cirque ou il n'y a pas d'air.
Lundi 5 h de marche, les descentes sont périlleuses et les montées rudes.
Mardi, après une nuit hors du monde à l'ilet de Cayenne, 7 h de marche dans une vallée
perdue du fond de Mafate. Un régal.
Je ne reviens pas rassuré du tout de cette virée dans l'île, le terrain n'est pas
simple et le climat peut y être rude, le grand raid ne va pas être facile.
Mercredi soir, briefing à st Denis et remise des dossards.
l'ambiance est sympa mais les visages sont inquiets, les appréhensions se lisent sur les
visages tendus des néo-fous. ceux qui n'en sont pas à leur première, sont à peine
moins tendus. ca promet.
pour ma part, je commence à avoir sérieusement la trouille....
Pour arranger le tout, l'organisateur nous annonce des modifs de parcours et donc, à
cause de propriétaires qui refusent le passage, le départ se fera sur 15 bornes de
routes en béton, pas cool comme nouvelle. Vers Cilaos aussi, il y a modif et nous
descendrons ... et remonterons une ravine supplémentaire, la je préfère parce que même
si ca rallonge, en km et en D+, je préfère car ca retire un morceaux de route quasi
plate. et j'aime pas les terrains roulants dans ce genre d'épreuve.
La distance totale de la diagonale de fous sera donc entre 129 et 131.5 kms pour 8099 m de
D+.
Un nouveau road book nous est donc remis en même temps que le dossard.
De plus, je n'emmènerais pas mes bâtons car il l'interdise (sur le règlement) je me
rendrais compte qu'entre temps il a été modifié et que beaucoup les utiliserons.
Dommage car je m'étais entraîné avec et psychologiquement, ca m'affaiblit.
Jeudi, repos et préparation des sacs de ravitos, j'en profite pour réouvrir les
emmanchures du tee shirt que l'organisation nous oblige à porter au départ et à
l'arrivée. J' y recopie aussi la maxime de Cathy Friemann l'aborigène australienne,
parce qu'elle me symbolise bien : "COS' I'M FREE", à chacun ses gri-gris ou ses
illusions !! ;-)
le soir, départ vers St gilles, pour me rapprocher du départ, J'y retrouve une bande de
copains et copines, coureurs et coureuses.
La nuit sera courte et agitée ;-) départ à 1 h du mat' pour le stade de Langevin.
Remise des sacs au différents camions d'acheminement, je retrouve mon copain Patxi avec
lequel je vais essayer de rester un maximum de temps. Il a un record à 26 h 40 et ca me
rapprocherait bien des moins de 30 h que je vise.
Je suis complètement destroy et vert de trouille; c'est vraiment la première fois que je
me met dans cet état la. Mais, à l'approche de la concrétisation d'un grand rêve,
après des mois de prépa et de cogitation, je n'arrive toujours pas à croire à mes
capacités. Ca fait beaucoup rire les copains que je croise.
Après le contrôle du matos obligatoire, nous voila dans le sas de départ, la pression
monte encore, aidée par le rythme des percussionnistes qui parcourent la zone .
Je profite de ce moment pour enregistrer mon premier message d'accueil ou je vous disait
que j'étais dans le sas et que j'attendais vos messages dans la soirée. (enfin c'est ce
que j'ai cru jusqu'à ce que j'écoute le premier message d'une copine qui me dit qu'elle
pensait être sur le mon portable et qu'elle tombait sur Kévin.
Je me rends compte que je suis pas franchement dégourdi et que j'ai fait les manips à
moitié. ;-))
Je rectifierai donc et enregistrerai le premier vrai accueil, sur le grand raid, j'aurais
couvert déjà la moitié du parcours.)
Avec Patxi, nous nous approchons des premiers rangs pour ne pas être trop coincé au
départ, le goulet de départ fait 5 m de large et il y a 2500 coureurs qui doivent
partir!!!
Nous serons finalement en 4e épaisseur (comme on dit au tiercé) et donc pas trop mal
placé.
Le décompte commence...
10,9,8...
le départ est imminent...
...7,6...
les tambours accélèrent le rythme...
..5...
mon coeur aussi, je suis au paroxysme...
...4,3,2,
mes jambes tremblent et d'un seul coup...
1,0....
mes pieds ne touchent plus le sol, la pression des coureurs lors du coup de feu de départ
nous soulève et c'est comme en lévitation que je franchirait la ligne de départ de
cette épreuve mythique.
Une grande aventure va commencer pour moi. mais déjà dans ma tête, les idées se
bousculent.
Ca y est j'y suis enfin...
Il va falloir me sortir les tripes et aller au bout de mon rêve.
Je pense à Patricia et aux enfants qui m'ont permis de réaliser ce rêve...
Je pense à vous tous, je pense, je pense et puis....c'est parti... je cours.
Après la tension du départ, je me trouve rapidement mieux à courir. Il était temps,
le stress était vraiment fort.
Avec mon ami Patxi, nous avons décidé de courir assez rapidement au début pour ne pas
être trop bloqué quand le chemin va se resserrer et se "redresser"? il
connaît bien la sente que nous prendrons après les 15 bornes de route et elle comporte 2
ravines assez technique, il ne faudra pas être trop englué dans la masse.
Il ne faut pas non plus aller trop vite et se cramer pour la suite, méfiance.
les chaussures sont en place, j'ai choisi de courir avec mes Adidas Trail response qui ont
déjà fait Endurance trail, je les aime bien ;-)).
j'ai mis un short court, un débardeur respirant puis par dessus, le débardeur officiel
de la course. ma casquette, une paire de mitaine de vélo (pour l'accroche aux branches et
l'amorti en cas de chute) et mon sac endurance complète ma panoplie de
"baroudeur" ;-)))
Le dossard plastifié pend à mon cou par une ficelle.
Dans mon sac, 3 tubes de gel Maxim, 2 barres Maxim, 2 barres au miel décathlon, 2 petits
sacs de sel, et une recharge de poudre Maxim pour compléter mon alimentation. Je suis
quasi autonome.
J'ai pris la décision de diminuer la concentration de poudre dans l'eau pour ne pas
bloquer la réhydratation, donc env. 40 g /litre au lieu de 80.
Au poids de tout ca, je rajoute 2 l d'eau, mon tshirt en carline, le matos obligatoire
(pommade massante, couverture de survie, lampe, pile, road book, bande élasto, sifflet)
et aussi une petite trousse de secours perso : Compeed, pansement, ciseau, medic, anti
frottement et crème solaire.
Nous courons donc a bonne allure (env. 12-11 k/h) pendant presque 5 k puis nous
ralentissons sérieusement, la foule est déjà moins dense.
nous traversons en montant d'immenses champs de cannes à sucre sur une méchante route en
goudron.
il fait encore nuit et Patxi et moi nous perdons de vue, tant pis la course est longue, on
se retrouvera bien !
J'ai la surprise de voir courir a mes cotés une grande dame de la course à pied à la
réunion, Mireille séry, qui a finit souvent 1ère ou 2ème, un honneur pour moi. Je suis
plein d'admiration pour ce petit bout de bonne femme. Elle me dit qu'elle ne pourra
certainement pas tenir son rang car elle a mal au pied droit, elle n'est venue que pour
faire plaisir aux organisateurs qui voulaient voir un max de gagnant ou placés des
années précédentes (C'est vrai que le plateau est riche de grosses pointures), an 2000
oblige.
Le jour se lève, lorsque nous arrivons au 1er ravito, au stade de la crête, en 1h 20'
pour 10.5 km. Jusque la tout va bien et je m'installe pour durer !!
il reste 4 k de route en montée à env. 12% avant d'arriver au 1er chemin, je ne traine
pas trop pour rester dans la file de coureur pas trop dense, derrière, il y a de gros
groupes qui arrivent.
enfin le chemin, une pente rude et glissante, 2 superbes ravines ou le choix de
l'itinéraire est primordiale lors du passage de la 2ème, je double environ 50 personnes
en suivant 2 créoles qui passent par une petite sente qui évite un bouchon créé par
une remontée quasi verticale de 10 m dans une boue bien grasse.
Passage à piton lardé, 18.5 k et 1436 m de D+, 1er contrôle anti triche, le dossard est
poinçonné.
le chemin continue a monter, il faut rejoindre la crête de l'enclos, la végétation est
de type primaire, fougère arborescente, tamarin et plante epiphyte. les odeurs sont très
fortes, je me régale !!arrivée à Foc Foc, le brouillard se dissipe sur l'enclos et on
aperçoit fugitivement le fond de l'enclos ou la lave s'accumule et refroidit depuis des
millénaires. on dirait une immense flaque de boue en ébullition.

Je repars donc de Cilaos, il y a 11h 46 et 25" que je suis parti de St Joseph,
l'appareil photo jetable que j'ai emporté n'a pris que 2 photos.
Je suis trop concentré sur la course et en plus, j'ai l'impression que les photos
n'arriveront pas à transcrire ce que je vois et je ressens.
Une succession de montées descentes dans un paysage agricole (encore ces maudites
échelles doubles pour franchir les clôtures !!) nous amène tout doucement vers une
belle difficulté de cette partie, la col du taïbit qui nous ouvre l'accès à Marla,
j'ai déjà atteint une partie de mon objectif, passer cette montée de jour : 800 m de D+
pour 4 k. cette montée est traître, glissante. j'aimerais, de plus, voir le coucher de
soleil sur Mafate, ce cirque fabuleux, loin de tout. C'est le lieu qu'il ne faut pas rater
sur cette île.
Le début de la montée est difficile, je commence à avoir les jambes un peu lourdes mais
la tête va bien, c'est ca le plus important.
Arrivé à la plaine des fraises, je crois en avoir fini avec la montée du taïbit car
nous redescendons ... à un moment, je me retrouve devant un paysage splendide, deux
pointes rapprochées, pointues, un peu comme des oreilles de chat, sur une crête, me
domine d'au moins 200 m de D+, le chemin s'enfonce droit dans la forêt primaire, quelques
marches taillées, je décide de prendre une photo...
En cadrant, je m'aperçois, qu'entre les deux pointes, des coureurs passent, va donc
falloir remonter jusque la haut !! mauvaise surprise.
Je sors malgré tout du col juste à la tombée de la nuit pour voir le ciel s'embraser et
parer de couleur inimaginable ce "paradis de Mafate" (je crois bien que j'y
reviendrais !!). La nuit tropicale tombe très vite (en 15 ' , nous passons du jour à la
nuit complète!) et il faut attaquer la descente dans une nuit très sombre sur Marla, cet
ilet inaccessible autrement qu'à pied, comme tous les ilets de Mafate d'ailleurs.
Allumage de la petite lampe à diode hyper légère. Je garde la frontale pour les parties
plus difficiles, les 2 lampes ne seront pas de trop dans certains endroits.
L'accueil dans Marla après 2.5 k et 400 m de D- est génial, tout l'ilet est réveillé,
de grands feux de bois réchauffent les coureurs fatigués, des marmites de potages, de
carry, de la musique créole, une vrai ambiance de fête; les bénévoles sont gentils
avec tout le monde, pratiquement chaque arrivant à droit à une prise en charge
personnelle, un vrai délice. Je me retrouve avec une couverture sur le dos, un gobelet de
potage à la main, sans pratiquement rien avoir demander, de la magie.
Il faut malheureusement repartir de ce havre de paix car les lits de camps posés dans
l'ombre, un peu à l'écart du bruit, me tendent leurs bras démoniaques. Déjà des
coureurs dorment... Vite José, sauve toi.
Merci encore à tous ces gens qui attendront tout le week end des coureurs de plus en plus
hagards....
76.6 k et 5704 D+ couverts, il y a déjà quelques temps que j'ai commencé le compte à
rebours des kilomètres restant, c'est bon pour le moral.



Et bien voila, la course est maintenant finie, je me dirige vers la douchette à code
barre qui va officialiser mon temps. Je me rendrai compte après que je suis crédité sur
cet ordinateur la de 29h20'40"; tant pis, je me moque bien de cette différence, je
suis arrivé au bout.
Je suis un peu comme sur un nuage, mon fils me rappelle pour plus d'infos, il doit partir
au collège faire un cross et veux pouvoir raconter à ses copains et professeurs qui ont
vécu bien malgré eux, pendant les cours du vendredi au rythme de mes
"exploits". L'émotion est forte et je crois que Maël a bien compris, il est
des silences qui valent mieux que de long discours.
En relevant la tête, je m'aperçois que le caméraman officiel du Grand Raid me filme, je
dois avoir l'air fin avec mes yeux brillants et ma mine défaite... !!
Je raccroche et me dirige vers le stand de ravitaillement, la sonnerie du GSM me signale
que Christian (la linotte pour la ML) essaie de me joindre, c'est le 1er au courant, à
part ma famille de mon arrivée, je lirai plus tard le message qu'il vous a envoyé et qui
me touche beaucoup, merci Christian, je crois bien que nous sommes sur la même longueur
d'onde... ;-))
Le sport est beau quand il permet à des hommes et des femmes de rentrer en communion
d'aussi belle façon.
Patxi (qui a terminé en 24 h 15) et Claire s'approche de moi, les mots sont inutiles,
nous avons vécu ensemble des moments extraordinaires.
Ils m'accompagnent jusqu'à la douche (pendant laquelle j'arrache sans douceur le strap de
mon genou, vive l'épilation!) puis jusqu'au poste de secours ou je vais me faire soigner
la brûlure du dos, une partie de plaisir quand l'infirmière me désinfecte, j'ai bien
failli monter au plafond, un peu de tulle gras, une compresse et je remet mon genou aux
mains d'un coureur, médecin qui 2 h après son arrivée s'est mis au service du poste de
secours, Sympa. Il me rassure un peu à la suite de diverses manipulations en me disant
que ce n'est certainement pas le ménisque; peut être les cartilages qui souffrent un
peu.
Ce diagnostique me sera confirmé, quelques jours après par le médecin du sport en
charge des équipes de foot et de basket du havre que je rencontre chez Patxi. Il m'a
filé le nom d'un produit à prendre pendant 2 mois puis à renouveler 6 mois après, il
ne me reste plus qu'à décidé mon médecin à me prescrire ce traitement.
Après un petit somme de 2 h chez mes amis, nous retournons sur le stade attendre les
copains qui restent encore en course et continuer à vivre dans l'ambiance de la course.
Ca manque déjà. Les discussions et échanges d'impressions vont bon train entre
coureurs, accompagnateurs et spectateurs incrédules parfois...
Combien il est dur d'exprimer, d'expliquer et de faire comprendre ce qui peut pousser des
hommes et des femmes de tout milieu, de toutes origines à se mener au delà de leur
limite, de façon gratuite et volontaire.
Je crois qu'il faut être passer par là, pour comprendre tout ce que l'on peut y
découvrir, y gagner.
tout au long de l'après midi et de la soirée, nous verrons arriver des copains et amis
immanquablement, à chaque fois, l'émotion est grande.
Après une nuit réparatrice, nous voila à nouveau sur ce stade, pour assister à la
finale de coupe de France d'escalade sur bloc (intéressant), en attendant le ou la
dernière arrivant dans le temps imparti.
En fait, les serre files arriveront en 61 h et quelques avec une créole qu'ils n'ont pas
eu le coeur d'arrêter. C'est une fabuleuse ovation qui l'attend pendant son tour de
stade. Les caméras ne sont là que pour elle, une vraie vedette !!
Nous aurons le privilège de pouvoir aussi applaudir les serre-files qui ont bouclé tout
le parcours en ramassant dans de grands sacs, les déchets que de "gros
dégueulasses" (il n'y a pas d'autres mots, désolé !) auront disséminés le long
de ce superbe parcours. Les applaudissements qu'ils reçoivent sont leur seule
récompense. Messieurs les traileurs, vous qui aimez tant la nature, respectez la! vos
tubes et emballages vides sont moins lourds que lorsqu'ils étaient pleins et n'apportent
rien au paysage que vous traversez.
Un jour, peut être, se verra t on interdire de pratiquer notre sport favori ou encore se
verra t on parquer sur des circuits car nous n'auront pas pris conscience des dégâts que
nous causons à notre terre en ne la respectant pas !! Pensons y avant qu'il ne soit trop
tard. je pense que ce discours ne doit pas trop attaquer les animaux de la ménagerie car
je vous pense et vous crois responsable, mais n'hésitez pas à relayer le message,
laissons la terre propre à nos enfants. il n'y a pas que les grosses pollutions qui sont
dommageables... il est de notre devoir d'être humain de songer à ce patrimoine. Chacun
à notre niveau, nous pouvons quelque chose pour arranger tout ca.
Avec 1 h de retard sur l'horaire annoncé, débute la remise des prix.
c'est LA fausse note de cette grande course!!!
pas ou très peu d'ambiance, des podiums farfelus, des personnalité qui ne veulent pas
remettre les coupes, un gigantesque bazar.
Heureusement que quelques déclarations sympas de Gilles Dhiel et de Thierry Techer (1er
ex aequo) relèvent un peu le niveau. Moment d'émotion lorsque Thierry remercie
particulièrement le directeur de course qui l'a fait sortir de prison après une 8 ans
d'enfermement et lui a appris les vertus du sport et de la souffrance personnelle, bravo.
Le podium femme nous fera encore bien rire, quand notre copine Corinne Favre, montera sur
la 1ère marche en vêtements de ville, elle a encore oubliée qu'elle un sponsor
officiel, ca devient une habitude.
D'autres instants super aussi lorsque le vétéran (71 ans) de la course montera nous
expliquer sa course et nous fera un discours sur le respect de son île, merci l'ancien.
ou bien encore, ce malade cardiaque, victime d'un infarctus il y a 6 mois et qui termine
la course dans un état de fraîcheur extraordinaire, accompagné de son chien. Il a été
suivi tout le long du parcours, à chaque point de ravito ou de secours, par des médecins
qui lui donnaient les consignes à suivre jusqu'au prochain poste. un bel exemple qui doit
nous inciter à écouter et respecter le corps si merveilleux que la nature nous a donné.
N'oublions jamais même au profond de l'effort que l'on a de la chance de pouvoir faire
tout ca et que bien d'autres aimeraient en faire autant !!!
Voila, je crois vous avoir tout dit, raconté, analysé, décortiqué.
Tout ce qu'il me reste dans la tête ne se raconte pas, ca se vit, s'utilise tous les
jours me renforce.
Je vois plus ce type d'épreuve comme une démarche philosophique ou une recherche
personnelle plutôt que comme un exploit sportif.
J'intellectualise peut être trop, mais en tout cas, ca me fait du bien.
C'est peut être pour ca que dans mon récit je n'ai pas trop de référence physique
Il me reste à parler de la récup, comme d'habitude après du très long, sur chemin, pas
de trace physique, si ce n'est quelques douleurs lorsque mes articulations restent
bloquées dans la même position un certain temps.
Dans la semaine qui a suivi la course, j'ai rapidement re randonné, fait de la plongée
dans le lagon, au milieu de poissons colorés et peu farouches ainsi que de formations
coralliennes splendides.
J'ai aussi profité un peu (beaucoup dira patxi) des boissons diverses et variés à base
de rhum dont regorge l'île. Tant à l'occasion de repas entre coureur, ou encore avec les
basques organisateurs des championnats du monde de pelote basque (espoir) et on connaît
bien le sens de la fête de ce peuple fier.
Les menus diététiques composés de multiple carrys, civet, ou encore canard à la
vanille que j'ai consommé n'ont nuit en rien à ma récup.
actuellement, je suis en complète surcompensation, tant physique que morale et il me
tarde ce week end de recourir un peu. Je ne suis toujours pas redescendu de mon nuage.
Vivement les calendriers 2001 des trails, que je puisse me fixer de nouveau objectifs!!
Salut et A+
Merci encore de tous vos encouragements, cette course, je l'ai aussi un peu finie grâce
à vous.
J'espère aussi vous avoir donné envie de participer à ce que j'ai tendance à
considérer comme le trail ultime... jusqu'au prochain rêve ?
José, le toutou