Randonnées dans les Pyrénées


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Etape 28 : Alos de Isil - Abri Enric Pujol

C'est ici que les véritables ennuis ont commencé. De cette étape et de la suivante, je ne parlerai point. Vous verrez pourquoi...
Durée N/A
Technique N/A
Physique N/A
Pas de photos, et pour cause.

Etape 29 : Abri Enric Pujol - Certascan

Rien à dire, et pour cause... lisez donc ci-dessous.
Durée N/A
Technique N/A
Physique N/A
Pas de photos, et pour cause.

C'est ici que nos ennuis ont commencé. Jusqu'ici, tout s'est finalement bien passé. Si ce n'est le début du Pays Basque, et son brouillard tenace plusieurs jours, et une sciatique à La Soula, rien de vraiment terrible ne nous est arrivé. Du grand beau depuis la forêt d'Irati, ça fait déjà beaucoup.

Il fallait bien que cette chance se termine : c'est la fin. La pluie battante de la veille n'était que le signe d'une dégradation du temps. Comme nous l'avions craint, il a plu toute la nuit, sans orage ni vent pour dégager le ciel. Au matin donc, même s'il ne pleut plus, les sommets environnants sont cachés par une épaisse masse nuageuse, sombre. Nous partons bien par la piste pour aller voir l'état du col de la Cornella, mais le plafond nuageux bas et menaçant le recouvre complètement. D'après la météo, cette situation devrait encore durer quelques jours.

Courts en provisions, donc ne pouvant attendre là une amélioration du temps, nous sommes obligés de repartir en stop vers Esterri d'Aneu, puis encore plus au sud pour ensuite reprendre l'embranchement vers Tavascan. Heureusement que le stop fonctionne correctement : nous sommes à midi à Tavascan. Après y avoir déjeuné, nous constatons avec horreur que finalement le temps s'est dégagé et remis au beau. C'est dur. Il est sūr que le temps ne s'étant pas finalement lavé -ni orage ni grand vent- les nuages peuvent facilement revenir, le beau temps n'est pas assuré. Mais la proximité d'un village nous fait finalement décider de monter au pla de Boavi pour y bivouaquer.

Je tiens à dire à ce propos qu'il est certes envisageable d'entreprendre la traversée des Pyrénées sans tente, pour alléger le sac. Nous avons randonné plusieurs jours avec un gars qui l'a fait. Mais l'absence de possibilité de bivouac est à mes yeux en réel handicap quand se présente une telle situation : sans tente, on a beaucoup moins de souplesse pour réagir face aux aléas.

Enfin. Le pla de Boavi est un petit jardin d'éden, avec ses pelouses rases et ses sapins épars bordant les rives d'un torrent ici calme et laminaire.

Etape 30 : Pla de Boavi - Refuge de Vall Ferrera

Cette journée, placée sous le signe des deux derniers 3000 de la chaîne, l'Estats et le Montcalm, se situe pourtant en moyenne montagne, sur des sentiers assez bon. Elle nous mène à Vall Ferrera, point de départ logique vers ces 3000 depuis le versant espagnol
Durée 5h45
Technique *
Physique *
Pas de photos

Certes, les éléments nous y ont forcé. Mais je pense sincèrement que même si les conditions avaient été meilleures, nous aurions tout de même choisi de faire ce contournement sud du massif de l'Estats. Il suffit de regarder rapidement le profil de l'étape Mounicou-Etang Fourcat, sur le tracé "normal" de la HRP, et d'avoir par ailleurs déjà parcouru cette région pour comprendre combien il semble irréaliste de faire 1700m de dénivelé, hors sentier, à flanc, dans un des massifs les plus sauvage d'Ariège. Les "forts" penseront peut-être que cette idée est stupide. Certes, ce parcours est beau. Mais après 30 jours de marche, et avec pour objectif d'arriver entier à Banyuls, il me semble sain de rechercher la sagesse, donc d'éviter les chemins trop durs tant que c'est possible et logique.

De la présente étape, par le versant sud, il n'y a pas grand chose à dire. La montée au col de Sellente se fait facilement, par un bon sentier. La descente est plus rude, notamment après l'Etang de Baborte, où elle devient même raide, face à une vallée impressionnante.

Puis c'est le petit refuge, rustique, de Vall Ferrera. Rustique, à tel point qu'il n'y avait pas d'eau potable en 94! Cependant, le torrent, très beau, qui coule juste à côté offre ses eaux glaciales pour une bonne douche. Après une journée peu haute en altitude, donc chaude, même très chaude, c'est la seule solution -pour fadas, certes- pour se rafraîchir un peu. La seule avec le pastis du soir, ici encore généreusement servi. On est toujours en Espagne...

Etape 31 : Vall Ferrera - El Serrat

Nous avons interrompu cette étape aux Etangs de Tristaina. Vous verrez pourquoi. Cette étape, nous faisant passer successivement d'Espagne en Ariège puis en Andorre, pourrait être fort belle, notamment le haut de la vallée de Soulcem. Malheureusement, les pistes la défigurent...
Durée N/A
Technique *
Physique **
Pas de photos

Un jour, il semble y avoir très longtemps de cela, près du col de Roncevaux, nous avons croisé un pèlerin de St Jacques, qui nous avait affirmé que le cap du 30ème jour est très difficile à passer. Puis ensuite le corps semble être prêt à marcher des années. Cet homme s'est trompé. C'est le 31ème qui va nous être fatal!

De Vall Ferrera au Port de Bouet, le chemin, agréable, est sans difficultés. Il nous fait pénétrer dans le haut de la vallée de Soulcem, région particulièrement reculée. Mais il semble que certains n'ont rien inventé de mieux que d'y faire courrir une piste, dont l'intérêt est incompréhensible, sinon directement de gâcher la sauvagerie du site.

Du Port de Bouet au Port de Rat, c'est donc avec cette fâcheuse compagnie que le chemin se fait. Or, Jean Pierre semble souffrir particulièrement du genou. Nous décidons, par suite du jour gagné sur le trajet normal de la HRP, de faire étape aux étangs de Tristaina, site remarquable, pour raccourcir la journée. Encore une fois, nous remercions notre dos d'avoir accepté de porter une tente depuis Hendaye...

Puis vient la nuit, et c'est alors mon tour de connaître des ratés. Mon estomac, sūrement un peu usé, dans un mouvement de fatigue vis à vis de notre régime alimentaire, décide de rendre à la nature ces pourtant délicieuses -pâtes-thon-double concentré de tomate que nous avions pour repas du soir -Il faudra que je vous commente cette excellente recette, des pâtes cuites accompagnées de miettes de Thon et de double concentré de tomate pour réhausser. Il faudait que je fasse une page sur la montagne et la nourriture....

Bref, c'est l'épuisement. Nous payons alors les fatigues importantes emmagasinées dans les hautes Pyrénées et qu'aucune réelle journée de repos n'a pu soulager. C'est pourquoi il n'y aura jamais de 32ème étape dans notre traversée.

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