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Randonnées
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Etape 5 : Roncesvalles - Egurguy
Encore tout une matinée dans le brouillard épais. Le chemin se fait sur une bonne piste, d'où la vue doit être belle. Sûrement belle. Mais une fois encore, nous ne garderons de ce pays que l'image de quelques arbres fantomatiques, perdus dans le Brouillard. Nous avons recommencé à voir des paysages à midi, au sud du col d'Orgambide, dans une lande sauvage qui pourrait faire penser à une zone volcanique, comme autour de la Banne d'Ordanche, dans le Puys de Dôme. La fin de l'étape se fait par une descente difficile dans dans un vallon sans intérêt aux pentes herbeuses et raides, donc dangereuses par temps humide. Il y fait étouffant par temps chaud. Puis il se termine par du goudron... En 94, il était inutile de descendre le kilomètre et demi pour aller chercher les clés auprès du Berger mentionné dans le guide de Véron... Celui-ci ne les avait plus et la construction était fermée depuis qu'un groupe de randonneur l'avait saccagée. Et aux dernières nouvelles, elle est toujours fermée. Etape 6 : Egurguy - Col Bagargui
George Véron est un fou ! Je connaissait jusqu'à présent les itinéraires "fourmis", tout droit par la ligne de plus grande pente. Après cette étape, j'ai découvert qu'il y avait pire : la HRP de Véron ! Il faut dire que l'étape commence, avec les muscles froids, par 500 mètres de dénivelés abruptes dans des pentes herbeuses. Tellement abruptes que jamais personne ne peut croire que des fous peuvent monter par là, surtout chargés avec de gros sacs à dos. Par la suite, c'est ce que nous appellerons "se faire une Véron". Ceci étant, passé ce dénivelé sans intérêt, on arrive au sommet de l'Occabé. Et Là, les choses prennent une autre dimension. Au nord, le Mendibel et le Pic des Escaliers offrent quelques flancs abrupts. A l'est, dans un creux en fer à cheval, se loge la somptueuse forêt d'Irati, si chargée de mythes et de légendes. Et plus loin, sud-est, on voit le Pic d'Orhy, premier 2000 de la chaîne, qui donne une impression plus forte de montagne. Et dans le lointain, c'est le Pic d'Anie et les crêtes de la vallée d'Aspe, à trois jours de marche de là. L'itinéraire proposé par Véron est somptueux. Mais par temps peu sūr, je conseille vivement de récupérer au Nord de l'Occabé, le GR1O qui coupe à travers la forêt d'Irati. Crêtes ou forêt ? A vous de choisir. Et le soir, au col Bagargui, c'est la nuit en gîte d'étape, chauffé et avec de l'eau chaude. Et pour les gourmands, on trouve en contre-haut un bistrot qui faite des crêpes au chocolat de tout premier ordre. Enfin, comme ne le précise pas Véron, on trouve, à 800m du complexe touristique, sur la route qui descend vers la forêt, une épicerie qui permet de faire un vrai ravitaillement. Etape 7 : Col Bagargui - Ardanne
La HRP, dans tout son ensemble, ne passe que par quatre sommets : deux dans les Pyrénées Orientales, le Carlit et le Canigou, et deux dans le Pays Basque, la Rhune et celui d'aujourd'hui, le Pic d'Orhy. Le premier 2000. C'est lorsqu'on émerge au sommet de la crête de Millagate que la vue se dégage sur le seigneur des lieux, et sur le passage de Zazpignan. Celui-ci, bien que délicat, se franchit très bien en descendant en dessus de la crête sur le flanc est. Puis c'est la montée vers le sommet, en logeant les palombières. De 2017, la vue est superbe sur tout le massif du Pic d'Anie, les Aiguilles d'Ansabère, le Pic d'Aspe... La suite de l'étape, sur des croupes arrondies, est sans difficultés, excepté la longueur sans une goutte d'eau. C'est d'ailleurs ce jour là, trempés de sueur et obligés de rationner l'eau, que nous décidâmes de saller systématiquement un peu plus notre nourriture, pour conserver l'eau dans les tissus... A Ardanne, nous avons planté la tente à côté de la cabane de bergers. Obligés de chasser toute la nuit les vaches qui devaient trouver l'herbe bien meilleure juste au bord de notre tente... Un nouveau refuge était alors en construction, 100 m à l'ouest, qui doit maintenant être achevé. Etape 8 : Ardanne - La Pierre St Martin
Dernières pentes basques, et derniers moments de solitudes. Le départ sa fait dans des pâturages, hors sentier, le long de flancs rocheux. Seuls avec les vaches, les chevaux et le soleil. Mais dès le col de Belay franchi, c'est tout d'un coup la foule, venant de l'immonde refuge de Belagua, accessible en voiture, pour monter au Chardekagagna. La suite se passe de commentaires. Le refuge est un vaste "foutoir", au parking couvert de voitures, bruyant et inhospitalier. Nous sommes loin de l'hospitalité et de la chaleur montagnarde. Puis c'est douze kilomètres de goudrons, le pieds au bord de la température de fusion, en pleine après-midi. C'est dommage, le paysage est fantastique, chaos inextricable de dentelle de pierre, de sapins, parsemé de ravins, mais le goudron est plus fort que le plaisir procuré par ce décors hors du commun. A la Pierre St Martin, en début de saison et le dimanche, nous n'avons pas trouvé d'articles de sports ni de pharmacie. Mais nous avons trouvé "Le Relais", accueillant bar-gîte d'étape. Demain, nous faisons un jour de pause, pour soigner nos tendinites naissantes, et descendre à Arette en stop pour ravitailler au supermarché. Puis ce sera fini du Pays Basque. Nous attaquerons le Béarn, la montagne et la première grosse étape de la traversée.
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