Randonnées dans les Pyrénées


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Etape 37 : Ull de Ter - Mariailles

Après la longue et difficile étape de la veille, cette traversée de hauts plateaux, sur de bon sentiers, presque plats, propose quelques paysages lunaires et vraiment différents de ce que l'on a eu pour l'instant. Unique. Mais attention à l'orientation par brouillard.
Durée 7h
Technique *
Physique *
L'étape en photos

Le départ du refuge, de bon matin -je conseille encore vivement 6h00- se fait malheureusement par le goudron et à travers un station de ski. Dans la montée au Porteille de Mourens, faire attention : à 2285m, il faut traverser le ruisseau et filer Est-Sud-Est, alors que le seul sentier qui part nord-est, mène vers le porteille de Mantet.

Au Porteille de Mourens, on rencontre -pour ceux qui sont partis tôt- le soleil, encore rasant, sur les gispettes du Pla de Coma Armada, donnant au lieu une couleur brune irréelle, lunaire. Ici, faire attention : les pierres levées, signalées par Véron, sont à suivre assidûment : le sentier, bien marqué, que l'on est tenté de suivre, file tout droit vers Mantet -au demeurant un village étonnant, perdu, reculé, et isolé de toute civilisation plusieurs mois par an. Une belle destination donc, mais absolument pas la nôtre...

Une remarque : le vent souffle assez souvent dans les Pyrénées Orientales. Dans cet étape, qui traverse des successions de plas à haute altitude, le vent ne rencontre aucun obstacle. Quand nous y sommes passé, il était particulièrement violent, et froid.

Le bon sentier que l'on trouve ensuite, à plat, bien creusé, nous donne l'impression de voler au ras des ces herbes brunes plus que de marcher. Puis on arrive sur les flancs du Puig de la Llosa et du Roc Colom, que l'on traverse à flanc par le Pla de Campmagre. Attention ici à la carte, qui indique fort mal la HRP : elle passe bien juste au nord du Mort de l'Escoula.

De là, c'est une vue superbe qui tout d'un coup s'offre à nous. Les Esquerdes de Rotja lancent leur crête dentelées vers le Canigou. Sous nos pieds s'étend la réserve naturelle de Py, dense en forêts, et dominée par l'impressionnant massif du Canigou. Qui peut croire, vu d'ici, qu'il n'est pas le plus haut sommet des Pyrénées ?

Les Esquerdes passées, nous arrivons au Collado des Roques Blanques. Passer juste une minute, par la piste, versant sud, en Espagne. S'asseoir sur les bancs et la table qu'on y trouve, et passer quelques temps à contempler, au loin, la baie de Rosas et la Méditerranée qui scintille : 36 jours que l'on a quitté l'atlantique, environ 370 km à vol d'oiseau. Et là, devant nos yeux, dans le lointain, c'est le but final de cette traversée...

Essuyer la petite larme qui perle au coin de l'œil, dignement, et repartir vers le Pla Guillem, immense, puis vers l'admirable site de Mariailles, et son nouveau refuge gardé. Profiter de la fin de l'après-midi pour une sieste bucolique sur les douces herbes des enclos. Dans 5 jours, on est à Banyuls...

Etape 38 : Mariailles - Les Cortalets

Nous proposons de couper l'étape aux Cortalets. Après avoir monté 1400m, atteint le sommet de l'Olympe Catalan, d'où la vue est grandiose, il nous semble raisonnable de rester le soir au pied du Canigou : le site est plus beau que les mines de Batrère, et cela nous permet aussi de voir, le lendemain, le lever de soleil, spectacle superbe...
Durée 5h
Technique **
Physique **
L'étape en photos

Cette fois encore, on mesure combien la HRP est plus agréable et grandiose que la GR10, certes plus facile techniquement. Là ou nous allons gravir le Canigou, le GR le contourne, par un long chemin sur le flanc nord -cependant fort beau, mais qui ne passe pas au sommet.

De Mariailles, nous partons par un excellent sentier, à travers la forêt, avant d'atteindre la limite de la végétation au refuge -non gardé, mais très bon- d'Arago. Nous attaquons ensuite l'étage de haute montagne, dans les pierriers, pour arriver au porteille de Velmanya, avant de rejoindre le pied de la célèbre cheminée.

Aucune difficulté dans celle-ci. Elle se monte comme un grand escalier, même s'il faut y poser les mains. Attention cependant aux chutes de pierre. Pendant la montée, on pourra admirer les formations rocheuses, notamment une sorte de "tête" qui pourrait être une statue inca...

Puis on arrive, enfin, au sommet du Canigou, 2784m, mais tellement détaché de tout massif que le vue y est extraordinaire, malgré la foule venant des Cortalets. Vers l'Ouest, c'est les Pyrénées Orientales. Cependant, comme on y est le matin, la vue vers l'est, la plaine du Roussillon, est très souvent voilée : elle est contre-jour, et un voile de brumes de chaleur empêche souvent de voir la mer. Il n'en reste pas moins que nous sommes à un sommet mythique, dernière avancée à l'Est de la chaîne des Pyrénées. Demain, nous rejoindrons les Albères, continuation au sud de la chaîne vers la Méditerrannée.

Puis c'est la descente, d'abord dans de gros blocs, puis sur un bon sentier, vers les Cortalets.

Ce site pourrait être un véritable Paradis, avec son hôtel début de siècle, noyé dans les sapins, le Canigou en surplomb. Malheureusement, certains n'on rien trouvé de mieux que de proposer d'y monter en Jeep depuis la plaine : un océan de voitures et de touristes envahissent le site. Heureusement, le soir venu, ceux-ci disparaissent, et la nature et la montagne reprenant leur droits, le calme revient avec la fraîcheur du soir.

En attendant ce moment, passez faire un saut, l'après-midi, au petit étang, situé dans un désert de rocaille, au pied du sommet et de la crête de Barbet. Pierre II d'Aragon y aurait, dit la légende, occis un dragon.

Le lendemain matin, partir juste après le lever de soleil sur le Canigou : le spectacle est incomparable.

Etape 39 : Les Cortalets - Amélie les Bains

Cette étape est longue. Le début de matinée se fait en Balcon sur le Roussillon. Après, l'objectif évident est de rejoindre les Albères, pour les trois dernières étapes. A part ça... de jolies vues sur la plain et le Vallespir, et une rude prise de contact avec la chaleur.
Durée 8h30
Technique *
Physique **
L'étape en photos

Au matin, après avoir apprécié le lever de soleil sur le Canigou, le chemin, sur piste, se promène en balcon sur le Roussillon. Le massif principal des Pyrénées s'estompe déjà, la chaleur se fait sentir, le chemin est à plat : il n'y a vraiment aucune difficulté, même la légère remontée vers le Col de la Cirère, avant les mines de Batère.

Là, descendre complètement vers les baraquements, dont un abrite un gîte d'étape, situé un peu plus haut que ce que la carte indique. Puis on file vers la Tour de Batère, pour suivre la ligne d'un éperon qui s'avance vers Amélie, en dominant le verdoyant Vallespir, les Aspres et le Roussillon. Attention cependant à la chaleur.

A Amélie, on retrouve la ville, mais dans un cadre charmant, et dont les terrasses des bistrots sont autant d'invitations à la paresse. Attention cependant, la ville est thermale et fréquentée l'été : les hôtels sont souvent pleins. Il vaut mieux réserver à l'avance.