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Randonnées
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Etape 40 : Amélie - Las Illas
D'Amélie, quelle que soit l'heure du départ, il risque de faire chaud. Très chaud, même, dès les premiers hectomètres de montée vers le Roc de France. La végétation prouve bien que l'on a quitté les zones de moyenne et haute montagne. On trouve maintenant "maquis", oliviers et chênes lièges, qui forment de très belles forêts. La montée, longue et progressive, ne pose aucun problèmes particuliers, si ce n'est le passage à proximité du mas de can Felix, où nous avons toujours été accueillis par plusieurs chiens dont l'air n'était pas spécifiquement réjouissant. De quoi donner des ailes pour le reste de la montée... Le Roc de France est le point culminant des Albères. D'en haut, la vue est superbe. Malheureusement, en été, elle est souvent bouchée par les fortes brumes de chaleur que l'on trouve sur toute la "plaine". Chaleur qui d'ailleurs commence à se faire fortement sentir, une fois sortis de l'ombre fraîche des forêts. Heureusement, le Refuge de las Salinas offre, avec sa fontaine ombragé et son "gîte"-débit de boissons, un havre de fraîcheur bienvenu à l'heure du repas. Puis c'est la fin de l'étape et le magnifique gîte d'étape de La Illas, toujours impeccable et très coquet: tenu à quatre épingles, toujours fleuri, on peut y faire sa cuisine le soir. A préférer à une nuit a l'hôtel, même si on sort manger au restaurant. Etape 41 : Las Illas - Col de l'Ouillat
La HRP traverse à plusieurs reprises des villes et villages. Souvent dans le Pays Basque, où a chaque fois c'est un enchantement. De temps en temps ailleurs, dans quelques villages de montagne ou des stations comme Font Romeu, avec un certain caractère. Par trois fois cependant, la ville traversée provoque, à mon avis, un sentiment de dégoût. Il y a Gavarnie, pourtant sise dans un des sites les plus grandioses des Pyrénées. Il y a ensuite le Pas de la Case, immonde supermarché. Il y a enfin le Perthus, un Pas de la Case en pire. Tout ceci pour dire que si le début de l'étape, sur piste, en forêt, sans être d'un grand intérêt, n'est pas désagréable, la suite se passe de commentaires. Le Perthus, puis le goudron... A vite oublier. Par contre, le gîte du col de l'Ouillat récompense ceux qui ont affronté cette journée sans intérêt. Le meilleur dîner de toute la traversée, c'est là qu'on le fait. Il faut d'ailleurs remarquer que certains y viennent, en voiture, exprès le soir pour y manger. Le repas, composé de grillades faites sur le feu de bois et de spécialités catalanes, est un vrai régal. Les hôtes sont remarquables. Et puis, on goûte avec ce repas au dernier soir d'une longue traversée. Demain, c'est Banyuls, puis la fin de l'aventure. Entre joie et tristesse. Mais c'est tout de même un soir de fête. Racontez votre histoire à votre hôte. Il vous demandera alors de remplir son livre d'or où, qui sait, vous trouverez mention de notre équipée ? Et puis, une fois le repas fini, il offre aux marcheurs de la traversée la bouteille de Muscat. Celle qui rend finalement le cur gai. Voir même très gai (l'arrière de mon crâne s'en souvient encore). Bonne nuit, la dernière pyrénéenne. Etape 42 : Col de l'Ouillat - Banyuls
Pas d'estimation de durée pour cette étape. Véron la donne en 8h15. C'est faux. Quand bien même il faudrait monter des parois verticales et descendre des champs de glace, une force irrésistible, venue des profondeurs du corps, vous pousse à voler, filer, portés dans les airs vers la mer, Banyuls, la plage. 42 jours d'errance pour ce moment là. -nous, on a mis 6h30, mais c'est pas une référence. Des souvenirs de cette étape, il y en a mille et aucun. Ca s'entrechoque, part, revient, tournoie comme dans le vide. L'étape est belle. Du Neulos, la vue est superbe, avant d'attaquer des croupes herbeuses et des monticules qui peuvent faire penser à certaines collines du Pays Basque, à 400 kilomètres de là. Au refuge de la Tagnarède, il n'y a pas d'eau. S'il fait très chaud, du pic des 4 termes, on peut passer par les Couloumates, où il fait plus frais. L'eau, on la trouve à la fontaine des chasseurs, juste au dessus de Banyuls -bien fraîche pour le ricard. Du Sailfort à Banyuls, plus d'ombre, plus de fraîcheur, juste le soleil qui tape et la chaleur qui déshydrate. Du Sailfort, on voit Banyuls. Du Sailfort... nichée dans sa baie, la Méditerranée scintillante, avec les Albères plongeant abruptement dans la mer. Du Sailfort on voit pour la première fois Banyuls, et j'en ai pleuré. Sur la plage, on s'est baigné, tout habillés. Juste le temps d'enlever nos sacs et nos chaussures. Et puis après, on ne savait plus trop quoi faire. Le retour à la civilisation m'a pris presque 15 jours. L'alimentation normale m'a fait du mal. Il faudrait finalement ne jamais arrêter. Toucher juste la mer, comme ces nageurs pendant leur virage, puis repartir vers l'Est et la Montagne, encore et encore |