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Le Juge anti-mafia Giovanni Falcone
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Le Juge Falcone est célèbre parce qu'il est condamné à mort. La mafia a ordonné que cet homme cesse d'exister: il lui a fait trop de mal. Il l'a trop pourchassée. Trop dénoncée. Elle ne peut plus tolérer qu'il respire. Chaque battement du coeur de ce juge est une insulte faite au crime. Chacun de ses mots est un crachat au visage du meurtre. Il vit entouré de policiers, protégé, surveillé, barricadé. Il n'a plus de liberté. Plus d'indépendance. Il n'est plus qu'une vie suspendue à un fil. Un fil qui ne doit pas casser. Surtout pas. Le fil de la justice. |
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"Ennemi numéro un de la mafia" : cette étiquette lui restera collée à la peau. Combattant déjà légendaire, le juge Giovanni Falcone a passé onze longues années de sa vie à faire la guerre, ouverte et souterraine, contre Cosa Nostra, depuis son bureau-bunker du Palais de justice de Palerme. |
![]() Le sourire de la justice |
Brusca reconnaît avoir assassiné le juge Falcone.
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500 kg de TNT Il a reconnu avoir actionné la télécommande reliée aux 500 kg de TNT placés sur le passage de la voiture du juge Falcone. Brusca, trente-neuf ans, un des lieutenants les plus sanguinaires du chef suprême de la Mafia Toto Riina, a été arrêté en mai dernier. Il a décidé de collaborer avec la magistrature, qui ne lui a cependant pas encore reconnu le statut de repenti, les magistrats du parquet de Palerme n'étant pas encore convaincus de sa sincérité et attendant de lui des révélations inédites sur la Mafia sicilienne avant de lui accorder ce statut de repenti. |
Brusca a admis avoir menti lors de ses premières dépositions 'pour sauver deux personnes', mais il a assuré qu'il entendait maintenant dire toute la vérité, notamment sur les liaisons dangereuses entre le monde politique italien et Cosa Nostra, la Mafia sicilienne.
"Cela a servi à bloquer les petits jeux politiques d'Andreotti afin d'empêcher son élection à la présidence de la République", a-t-il affirmé.
Andreotti, soixante-dix-huit ans, est l'homme politique italien le plus important des 50 dernières années. Sept fois président du Conseil et 21 fois ministre, il est jugé depuis septembre 1995 à Palerme pour complicité avec la Mafia et à Pérouse, depuis avril 1996, pour avoir commandité le meurtre d'un journaliste embarrassant.
L'assassinat, le 12 mars 1992, du député européen Salvo Lima, lieutenant de Giulio Andreotti en Sicile, a fait partie de la même stratégie de Toto Riina, a expliqué le mafieux.
"Quand Lima a été tué, nous savions qu'Andreotti avait l'intention d'être candidat à la présidence de la République et cet homicide était un clair message de notre opposition. Nous voulions clore nos rapports avec une partie du monde politique dans l'espoir d'en ouvrir d'autres avec d'autres formations", a-t-il ajouté.
Brusca a averti que la vie de trois hommes était encore en danger.
"Tant qu'il y aura des hommes d'honneur, parce que ceux-ci ont la mémoire longue et savent attendre leur heure.
Il s'agit du procureur en chef du parquet de Palerme Giancarlo Caselli, du chef adjoint de la police, Gianni De Gennaro, et de l'ancien ministre socialiste Claudio Martelli, ex-ami devenu ennemi. Les déclarations de Brusca ont été accueillies par des insultes de ses anciens chefs présents dans le salle du tribunal.
16 novembre 1992, Buscetta témoigne devant le président de la commission parlementaire antimafia, Luciano Violante. Il y faisait preuve d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables : " La mafia a toujours voté contre le communisme. C'était notre hantise (...) Je pouvais choisir un candidat de la démocratie-chrétienne, un autre " homme d'honneur " pouvait en choisir un autre. Au sein de la démocratie-chrétienne ou en dehors de celle-ci, mais toujours à droite "...
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Epilogue
23 mai 1992, le juge Falcone, sa femme et ses cinq gardes du corps meurent dans un attentat.
Palerme, hommage à Giovanni Falcone
Mme et M. Falcone Si vous voyagez à Palerme, vous y découvrirez la demeure du juge Falcone, un arbre a été décoré de lettres et de banderoles qui prônent à l'unanimité la fin de la mafia. Des militaires armés de mitraillettes et de gilets pare balles font la ronde autour de ce symbole de rébellion des palermitains contre la mafia.
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Tommaso Buscetta Tommaso Buscetta (prince des repentis)
Il a été l'un des premier grands mafieux à avoir collaboré avec la justice italienne.
Tommaso Buscetta, l'un des premiers grands mafieux à avoir "collaboré" avec la justice italienne, est mort aux Etats-Unis, à l'âge de soixante et onze ans. Le "prince des repentis" (dixit la presse italienne) était devenu balance en gros et en détail après son arrestation en 1984. Ses confessions au juge Giovanni Falcone, avaient permis de porter plusieurs coups durs à Cosa Nostra, la mafia sicilienne. Son témoignage avait notamment abouti au premier grand procès antimafia, en 1986 (475 inculpés), et permis de mieux cerner l'organisation et le fonctionnement de cette "société".
Il vivait depuis 1985 sous protection policière aux Etats-Unis, où il avait aussi "collaboré" avec la justice américaine. Buscetta a également été l'accusateur de Giulio Andreotti (démocrate-chrétien), l'ancien chef du gouvernement italien, qui fut inculpé au début des années quatre-vingt-dix de complicité avec la mafia.
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Un Juge en Italie
Pouvoir, corruption, terrorisme, les dossiers noirs de la Mafia
FERDINANDO IMPOSIMATO
Un jour, Giovanni Falcone reçoit un courrier anonyme avec six portraits de condamnés à mort par la Mafia : le sien, celui du général Dalla Chiesa, de Paolo Borsellino, etc. " Il ne reste qu'un survivant : moi", écrit Ferdinando Imposimato. Cosa Nostra a plus d'une raison de vouloir éliminer ce magistrat napolitain. De l'assassinat d'Aldo Moro à la loge P2 en passant par le clan des Corleonais, il a instruit les dossiers les plus sulfureux et recueilli les confessions du "prince des repentis", Tommaso Buscetta. Devenu dérangeant pour nombre de dirigeants politiques compromis avec la Pieuvre, Imposimato doit quitter l'Italie pour l'Amérique latine, où il découvre un continent gangrené par la corruption et le narcotrafic. Au début des années 90, il revient au pays et est élu sénateur sur les listes des indépendants de gauche. Aujourd'hui reconverti en avocat spécialiste des affaires pénales, il revisite, en tant que protagoniste, l'histoire palpitante et " apocalyptique " de l'Italie de ces trente dernières années. Un voyage au bout de l'enfer empreint tantôt de nostalgie tantôt d'amertume, un peu à la manière du maestro Fellini, dont il était un intime.
Pendant une quinzaine d'années, Ferdinando Imposimato a été un des magistrats les plus en vue du tribunal de Rome.
Il fait partie de cette génération de jeunes juges d'instruction qui avaient déclaré une guerre totale à la Mafia, l'organisation criminelle la plus puissante du monde, celle que les Italiens appellent «la Pieuvre» et dont les tentacules réussissent à contrôler tous les rouages de la société, les plus hautes sphères de l'État et parfois même le Vatican.Dans cette guerre ces hommes ont payé un tribut sanglant. Le juge Occorsio a été abattu à Rome. Le général Dalla Chiesa a été tué à bout portant à Palerme. Les juges Falcone et Borsellino, à quelques mois de distance, ont péri dans l'explosion de leur voiture. N'ayant pas réussi à abattre Imposimato, la Mafia a fait assassiner son frère. Il est désormais le seul survivant de cette époque héroïque.
Pour combien de temps ? se demande-t-il.
Car la Pieuvre, si elle peut faire semblant d'avoir disparu pendant des années, ne dort jamais. Et ses réveils sont terribles.
Dans son livre, bourré de révélations, Imposimato nous fait revivre les enquêtes les plus fameuses dont il a eu la charge l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigades rouges, la disparition puis le procès et la mort de Michele Sindona, le financier de Cosa Nostra, qui avait toutes ses entrées au Vatican, et qu'on appelait pour cette raison « le Banquier de Dieu ».L'Auteur :
après avoir abandonné la magistrature en 1986 à la suite de menaces de plus en plus précises visant sa femme et ses enfants, il a passé plusieurs années en Amérique du Sud. À son retour en Italie, il s'est présenté aux élections, a été élu au Sénat où il a siégé jusqu'en 1999 et a présidé la Commission parlementaire anti-Mafia.
Titre Auteur Editions Prix "Une juge en Italie" Ferdinando Imposimato De Fallois CHF 30.-
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L'Europe des Parrains
Fabrizio Calvi est journaliste. On lui doit de nombreuses enquêtes sur la Mafia et le terrorisme, tant dans la presse écrite qu'à la télévision.
Il est notamment l'auteur de "la Vie quotidienne de la Mafia de 1950 à nos jours".
En 1992, avec les assassinats de Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, l'Europe a enfin pris conscience que le fléau de la Mafia n'était plus seulement sicilien.
Aujourd'hui, comme le montre F.Calvi, la Mafia est au coeur des institutions européennes par la fraude et le détournement des aides de la C.E.E.. Le livre fait une revue européenne des activités de la Mafia : spéculation immobilière et corruption en France et en Espagne, assassinats et racket en Allemagne, trafic de main-d'oeuvre en Belgique, de drogues et d'armes en Grande-Bretagne, blanchiment et contrebande en Suisse...Fabrizio Calvi révèle en effet l'ampleur du désastre et dénonce ceux qui n'ont pas attendu l'ouverture des frontières pour constituer l'Europe, l'Europe des Parrains.
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Curriculum vitae
Giovanni Falcone est né à Palerme 18 mai 1939, de Arthur, directeur du laboratoire chimique provincial, et de Luisa Bentivegna.A 22 ans, Giovanni Falcone a été le lauréat et a reçu des éloges en sortant une thèse de jurisprudence à l'université de Palerme en 1961. Progressivement, il a senti un réel penchant pour la magistrature au niveau pénal. Il était fasciné par « l'évaluation objective des faits », selon ses dires.
Il était doté d'une incroyable mémoire. D'une capacité d'endurance au travail hors norme et d'une conviction profonde que l'Etat avait les moyens de battre la Mafia. Il avait étudié et compris tous les rouages, tous les signes et il était le figure maîtresse de cette lutte. Il avait appris à la connaître de l'intérieur, découvrir le sens de chaque mot, de chaque signe. Un enquêteur hors pair. Lors des interrogatoires, les repentis avaient confiance en lui et il leur prouva sa droiture plusieurs fois. Notammment en luttant assidûment pour que le gouvernement italien accepte d'offrir une protection rapprochée aux familles des repentis. Il a été l'instigateur du maxi-procès (84-87) de Palerme qui a vu les plus grands chefs des grandes familles mafieuses tombés un par un avec des lourdes peines.
Il a vécu pendant 11 ans sans jamais sortir de son bureau-bunker et sous escorte policière permanente. Il échappa à plusieurs attentats.
Puis le 13 mars 1991, estimant que le gouvernement ne lui donnait plus assez les moyens de combattre la mafia et s'endormait après les années euphoriques du maxi-procès, il prit de nouvelles fonctions à Rome où il fut directeur des Affaires pénales du Ministère de la justice. Il laissait ainsi la capitale sicilienne, sa vie blindée, l'atmosphère étouffante du Palais de justice, son bureau-bunker aux rideaux épais, les trajets sinueux avec escorte, les sirènes hurlantes.Mais il ne se faiait pas d'illusion, dûment éclairé par sa connaissance de la mafia. Il déclara :
"Certes, ils ne m'ont pas encore tué. Mais la boucle n'est pas bouclée. Mon compte reste ouvert avec Cosa Nostra. Je sais que je ne le solderai qu'avec ma mort, naturelle ou non."Tommasso Buscetta, le grand repentis l'avait averti au commencement de ses confessions :
" D'abord, ils essayeront de me tuer, puis se sera votre tour, jusqu'à ce qu'ils réussissent."
Les Juges anti-mafia Falcone et Borsellino
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