|
|
|
Tout comme en 1918, la France sort affaiblie de la guerre. Pays vainqueur mais grandement marquée par les années de souffrances et de privations, les Français doivent faire face à la reconstruction du pays, tant sur le plan politique qu'économique. I ) Les incertitudes de l'après-guerre, la IV ème République 1944-1958.
Certains Français s'étaient préparés à la libération du pays avec la formation du Gouvernement Provisoire de la République Française : G.P.R.F., dirigé par le général de Gaulle. - Il lui faut d'abord être reconnu de tous pour être légitimé. Reconnu par les alliés en Septembre 1944, il lui faut se faire obéir des communistes-résistants ainsi que des comités de libération qui ont le contrôle effectif de la France libérée. Parallèlement, les collaborateurs doivent être jugés et non traqués comme ils le sont depuis le début de la libération. A la fin de l'année 44, de Gaulle et le G.P.R.F., représentant toutes les tendances politiques, contrôlent le pays. - La situation économique est préoccupante. Le gouvernement applique son programme politique à la lettre et nationalise un grand nombre d'entreprises ( charbon, Renault, assurances, banques, électricité et gaz ). D'autres réformes accompagnent ces mesures telles le droit de vote pour les femmes ou la création de la Sécurité sociale. - En 1945, les Français sont appelés à élire une Assemblée Constituante qui doit donner à la France une nouvelle organisation politique. De Gaulle, partisan d'un pouvoir fort, s'oppose aux partisans d'un système parlementaire. Mis en minorités, il démissionne le 20 Janvier 1946. La première constitution proposée par référendum aux Français est rejetée. Finalement, une seconde Assemblée constituante fait accepter aux Français une constitution proche de celle de la IIIè République.
La Constitution de 1946. - Un système politique qui se bloque. Les députés dans ce système sont tous puissant. Il donne ou enlève leur confiance aux gouvernements. Plus de 20 gouvernements se succèdent en l'espace de 12 ans. Il n'existe pas de majorité politique stable car le mode de scrutin est proportionnelle, c'est à dire que chaque parti politique est représenté par un nombre de députés équivalant aux voies des électeurs. De ce fait les partis politiques constituent des alliances de gouvernement qui sont de courtes durée et entraîne à plus ou moins courte échéance le gouvernement auxquelles elles ont donné naissance. 7 partis politiques sont présents à l'Assemblée nationale: Le Parti communiste, dirigé par Maurice Thorez -La S.F.I.O. de Guy Mollet - L'Union Démocratique et Socialiste de la Résistance ( U.D.S.R. ) de François Mitterrand - Les Radicaux de Pierre Mendès France - Le Mouvement Républicain Populaire ( M.R.P. ) de Georges Bidault - Les Indépendants d'Antoine Pinay - Le Rassemblement du Peuple Français de de Gaulle. Communistes et gaulliste forment une double opposition, plus politique pour le R.P.F., sociale pour le P.C. qui organise grèves et manifestations. Le P.C. est au gouvernement jusqu'en mai 1947, il en est exclus avec le développement de la guerre froide. Malgré l'instabilité politique, la IV è République engage la France dans des directions essentielles. En 1949, la France adhère à l'O.T.A.N. et au Conseil de l'Europe. En 1951, elle fait partie des membres fondateurs de la C.E.C.A.. La France fait échouer le projet de Communauté Européenne de Défense mais se lance dans la construction européenne avec en 1957 la signature du traité de Rome qui institue la C.E.E..
Il a fallut dix ans à l'économie française pour que la reconstruction économique soit achever. Les gouvernements qui se sont succéder ont utiliser une politique de plans quinquennaux pour orienter cette reconstruction. Les industries de base puis les industries de transformation ont bénéficié de cette politique. La consommation est soutenu par l'existence depuis 1950 du S.M.I.G.. ( salaire minimum interprofessionnel garanti ). La richesse nationale à augmenter de 25% entre 1945 et 1955, c'est la plus forte augmentation enregistrée dans cette période, après celle du Japon. La France est donc un pays qui se modernise sur les ruines laissées par la Seconde guerre mondiale, cependant la croissance n'est pas partagée par toutes les régions, le Nord-est est privilégié, et les gouvernement doivent faire face à une forte inflation. Et si, la population passe de 40,5 à 42,7 millions entre 1946 et 1951, le besoin de main d'uvre est telle que le gouvernement fait largement appel à l'immigration pour fournir des ouvriers aux entreprises française. La majorité de ces immigrés proviennent de ses colonies et des pays méditerranéens ( Italie, Espagne, Portugal, Afr. du Nord ).
- L'Indochine. Hô Chi Minh proclame l'indépendance du pays en Septembre 1945. Un conflit s'engage entre la France et les indépendantiste après l'échec des négociations. Le climat de guerre froide internationalise un conflit qui s'enlise pour la France. Les troupes françaises sont obligées de capituler 2e 7 mai 1954 à Diên Biên Phu. Le 21 juillet 1954, le traité de Genève voit la création de deux Viet Nam, le Nord communiste, le Sud favorable à la France et soutenu par les États-unis. - Le Maroc et la Tunisie obtiennent l'indépendance entre 1954 et 1956, ces par la négociation qu'ils l'obtiennent, alors que les colonies d'Afrique Noire obtiennent une autonomie interne qui doit les amener vers l'indépendance. - En Novembre 1954, l'Algérie se révolte. Elle est la seule colonie de peuplement accueillant 1 million d'Européens, les "pieds-noirs", face à une majorité musulmanes qui ne possèdent que peu de droits, même si l'organisation politique interne en départements, rappelle la métropole. L'incapacité des gouvernements a trouvé une solution et l'acharnement à maintenir une Algérie française y compris par l'emplois de méthodes brutales ( exécution sommaire, tortures ), jette le trouble dans l'opinion française. La IV è République vacille et quand le 13 mai 1958, les Européens d'Alger se révoltent à leur tour, elle s'effondre. La France est au bord de la guerre civile entre adversaires et partisans de l'Algérie Française. C'est dans ce contexte que de Gaulle est rappelé au pouvoir comme l'homme providentiel d'une situation désespérée. Il devient président du Conseil, et reçoit les pleins pouvoirs. Sa mission est d'élaborer une nouvelle constitution.
II ) La Vè République.
- La nouvelle constitution. Le 28 septembre 1958, 79% des Français se prononcent en faveur de la nouvelle constitution qui donne naissance à la Vè République. En 1962, elle est modifiée pour permettre l'élection du président de la République au suffrage universel. - L'affaire algérienne est au centre de la vie politique. De Gaulle, en septembre 1959, propose aux algériens l'option de l'autodétermination. Les partisans de l'Algérie française sont profondément hostile. L'Organisation Armée Secrète, O.A.S., hostile à l'indépendance va porter le conflit en métropole en multipliant les actes terroristes. Un groupe de généraux, en avril 1961, tente de prendre le pouvoir. Ils échouent, mais il apparaît comme une nécessité d'accélérer le processus. Le 18 mars 1962, les accords d'Evian organisent un cessez le feu et un référendum d'autodétermination. Le 01er Juillet, les algériens disent oui à l'indépendance. Les "pieds-noirs" fuient l'Algérie et se réfugient en France. - De Gaulle et les blocs. Pour le président, il est vital pour la France et plus généralement pour l'Europe de refuser les blocs. Il faut une Europe forte mais qui respecte les États. Si il s'oppose à l'entrée de la Grande Bretagne, il privilégie le couple franco-allemands. Armée de la bombe atomique depuis 1960, il décide de quitter l'O.T.A.N. en 1966. La France soucieuse de son indépendance n'hésite pas à développer une coopération économique avec l'U.R.S.S.. - Le début des années 60 est favorable à la France. L'économie est prospère et si en 1963 les mineurs en grève font plonger de Gaulle dans les sondages d'opinion, la situation politique est stabilisée. Cependant, la société française évolue rapidement et une certaine usure du pouvoir apparaît. L'élection présidentielle de 1965 devait être une formalité pour de Gaulle. François Mitterrand crée la surprise en obligeant le président sortant à participer à un second tour. Cependant il l'emporte avec 55% des voix. Les législatives, qui sont organisés en 1967, marquent un net recul de la majorité qui perd 40 députés et perd le soutien des 40 députés centristes. - La véritable crise éclate en mai 1968. Une simple révolte étudiante ne peut à elle seule expliquer l'ampleur du phénomène. Le malaise est profond c'est celui du société qui a grandi trop vite et qui n'a plus de repère sur lesquels elle puisse se reposer. C'est ce qui explique l'extension de la crise au monde du travail, puis politique. La gauche demande le départ du général. Le 25 Mai 1968, les accords de Grenelle accordent une augmentation du S.M.I.G., la réduction du temps de travail et d'autres mesures sociales. Cependant les grèves et les manifestations se poursuivent. De Gaulle décide d'utiliser la manière forte en provoquant de nouvelles élections législatives. Le choix est simple soit la stabilité soit le chaos, les français choisissent la stabilité et envoie à l'assemblée un majorité écrasante pour de Gaulle, la gauche est laminée. - Cependant, la crise à laisser des traces et le charme semble rompu entre de Gaulle et les Français. A l'occasion d'un référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, le NON l'emporte provoquant comme il s'y était engagé le départ de de Gaulle, le 28 Avril 1969. La succession est ouverte
- La succession gaulliste. C'est un ancien premier ministre du général de Gaulle, Georges Pompidou, qui est élu à la présidence de la République, lors d'élection qui n'ont pas passionné les Français. Le soutien des centristes favorise le développement de la politique européenne. La politique intérieure défend le développement industriel du pays tout en accordant une place au social, en ouvrant la voie à la participation des ouvriers à leur entreprise et en créant le S.M.I.C.. Absente en 1969 lors de l'élection présidentielle, la gauche progresse lors des élections locales et surtout en 1971, la S.F.I.O. avec François Mitterrand se transforme en P.S. et signe en 1972 avec les communistes l'Union de la Gauche pour conquérir le pouvoir. Si en 1973, les résultats électoraux sont en forte progression, la gauche fait encore peur. En 1974, Georges Pompidou décède d'un cancer, alors que la France est touché par la crise économique mondiale. - La voie centriste est choisie par les Français avec l'élection du centriste Valéry Giscard d'Estaing. Un vaste programme de réformes est entrepris. L'avortement est réglementé, la majorité est abaissée à 18 ans, l'éducation est réformée avec la création des collèges. Cependant la crise limite le nombre et la portée des réformes avec une forte augmentation des prix et du chômage. Les partis politiques se déchirent, centristes et gaullistes dirigés par Jacques Chirac s'opposent mais restent unis pour faire survivre la majorité, alors que les communistes et les socialistes brisent l'Union de la Gauche. Cependant, en 1981, après 7 ans de crise la droite française se divise avant l'élection présidentielle. Les Français marqués par les difficultés économiques aspirent à des changements. C'est donc logiquement que François Mitterrand devient Président de la République, le 10 Mai 1981.
Avec près de 52% des voix, François Mitterrand crée l'événement, la Vè République connaît pour la première fois un président socialiste. - Espoirs et désillusion. 1981-1986. L'alternance politique fait naître un espoir important celui du changement. Socialistes et communistes entame un vaste programme de réformes, mêlant des nationalisations, la politique de décentralisation, la suppression de la peine de mort, la création des radios privées, la 5è semaine de congés payés, les 39 heures, la retraite à 60ans. Mais cette politique volontariste doit faire face aux difficultés économiques. Le déficit budgétaire et commercial entraîne le franc vers le bas. Le franc est dévalué à trois reprises. La rigueur devient le maître mot du gouvernement. Les mesures prises rendent les socialistes impopulaires, le conflit d'indépendance de Nouvelle Calédonie accentuent cette situation. Sur le plan politique, la montée de l'extrême droite amorcée à la fin des années 70 se confirme dans les années 80. - La cohabitation. 1986-1988. L'opposition R.P.R.-U.D.F. remporte une courte victoire mais suffisante pour obtenir la majorité à l'Assemblée, alors que le Front National fait son entrée au parlement. Le chef de cette nouvelle majorité, Jacques Chirac, est nommé premier ministre par François Mitterrand. Cette cohabitation est cordiale, malgré la suppression de l'impôt sur les grandes fortunes, la privatisation d'entreprises nationalisées en 1981. La France dans cette période doit faire face à une vague de terrorisme meurtrier et au prolongement de la crise néo-calédonienne. - Le deuxième septennat, 1988-1995. Avec 54% des voix, François Mitterrand met fin une nouvelle fois en échec Jacques Chirac dans sa quête de l'Elysée. Cependant il doit faire face à une nouvelle situation inédite, les socialistes ne disposent que d'une majorité relative. Un gouvernement d'ouverture dirigé par Michel Rocard est mis en place avec la collaboration de certains centristes et de personnalité de la société civile. La politique menée se veut sociale avec la création du Revenu Minimum d'Insertion qui doit permettre aux personnes qui en bénéficient de percevoir une aide pendant la recherche d'un emploi, mais également européenne avec les discussions sur l'accélération de la construction européenne et le Traité de Maastricht, approuvé par 51% des Français, qui doit permettre la mise en place d'un grand marché européen et la mise en place avant l'an 2000 de la monnaie unique, l'Euro. 1989, voit la célébration avec faste et cérémonie du bicentenaire de la Révolution Française. La France participe avec les forces alliés dans la guerre contre l'Irak entre 1190 et 1991. Cependant cette politique n'est pas suffisante pour conserver la confiance des français, alors que le nombre de chômeurs dépasse pour la première fois les 3 millions de personnes. Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy se succèdent sans pouvoir trouver de solution à se problème, même si le chômage se stabilise sous le gouvernement Bérégovoy. C'est donc logiquement que les socialistes perdent les élections législatives de mars 1993, inaugurant la seconde cohabitation. Édouard Balladur devient premier ministre avec une politique de rigueur et de lutte contre le chômage qui semble inverser la tendance puisque entre le milieu de l'année 1994 et le début 1995, le chômage est à la baisse. Ces résultats vont l'encourager à entrer dans la course présidentielle. Parallèlement l'annonce depuis 1992 du cancer de François Mitterrand les socialistes se retrouvent virtuellement sans candidat, alors que la droite voit s'opposer, Balladur, Chirac, De Villiers, Le Pen. Le débat électoral est focalisé sur la fracture sociale et permet à l'outsider, Lionel Jospin d'arriver en tête du premier tour devançant Jacques Chirac. Le second tour donne la victoire au candidat du parti gaulliste.
Pour la première fois depuis 1969, la fonction présidentielle est occupée par un gaulliste. Cependant le discours social du candidat ne résiste pas à la réalité de la conjoncture économique et c'est une politique de rigueur, d'économie budgétaire et d'augmentation des prélèvements obligatoires qui est mise en place. C'est Alain Juppé, le premier ministre, qui va être le bouc émissaire et rendu responsable de la défaite de l'alliance RPR-UDF en 1995. Lionel Jospin devient le nouveau premier ministre. Depuis cette date, il bénéficie d'une cote de popularité particulièrement élevée, grâce notamment à une conjoncture économique favorable qui provoque depuis quelques mois une baisse lente du chômage. Mais la crise boursière de l'été 1998, venant faire échos à la crise du sud-est asiatique, ternie les prévisions de croissance. L'état de grâce est en suspend. Le 01er Janvier 1999, marque une date importante pour la France, avec l'entrée de la France dans l'Euroland. Le lancement de l'Euro est un succès européen mais également international. La valeur officielle de l'Euro est de 6,55957 francs. La prochaine échéance électorale en France est fixée en Juin 1999, pour les élections au parlement européen.
|