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I ) L'Europe et le monde au début du XXè siècle.
Si on compare la carte de l'Europe actuelle avec celle de 1914, celle-ci se distingue par l'absence d'un certain nombre de pays de l'Est qui pour la plupart vont naître au terme du premier conflit mondial. Quatre pays dominent alors l'Europe, l'Angleterre, la France, l'Empire Allemand et l'Empire d'Autriche Hongrie, auxquels on peut y ajouter, la Russie, qui alliée à la France et à l'Angleterre joue un rôle certain en Europe.
Cette domination du reste du monde n'est pas récente. L'Europe est en quelque sorte le foyer du développement économique et politique depuis le XV è siècle. La découverte en 1492, de ce qui deviendra l'Amérique n'a fait que renforcer cette puissance avec l'apparition des premiers empires coloniaux. Au XVIIIè et XIXè siècle, c'est la Révolution industrielle qui va conférer à l'Europe son rôle dominant.
Lieu d'affirmation du développement industriel, l'Europe consomme des matières premières pour ensuite vendre des produits manufacturés engrangeant ainsi une plus values importantes. Les capitaux ainsi dégagés vont lui permettre de ce fait d'accroître son développement par des investissements en hommes mais également sous forme de machines. L'Europe est en ce début de XX è siècle le banquier du monde, grâce au stock d'or qu'elle détient mais également par le fait que la monnaie qui sert à régler le commerce international n'est autre qu'une monnaie européenne, la Livre Sterling.
Rejetés d'Amérique, d'abord d'Amérique du Nord à la fin du XVIIIè siècle, puis d'Amérique du Sud au début du XIXè siècle, les Européens se sont rabattus sur l'Afrique et l'Asie du Sud-Est pour se constituer des empires qui leurs permettent d'asseoir leur puissance.
Ambition économique mais également civilisatrice avec le soucis pour les européens d'apporter aux "sauvages" les lumières de la civilisations européennes. Ce processus passe par l'adoption par les colonisés de la langues, de la religion et du mode de vie des colonisateurs. A coté de l'occupation physique d'un territoire, il existe une autre forme de domination que l'on appelle l'impérialisme. Le pays concerné n'a pas perdu officiellement sont indépendance mais la présence politique, militaire mais surtout économique des européens est telle que le pays n'est plus que virtuellement indépendant. Les pays européens vont se servir de leurs empires pour souvent éloigner du continent européen les sources de tension qui les opposent. A plusieurs reprise l'Allemagne s'oppose à la France et à l'Angleterre pour le contrôle de telle ou telle zone en Afrique. L'impérialisme européen en Chine. A cette époque, peu de pays non européens, échappent à cette apétit de colonisation. La Chine est le théatre de nombreuses tractations des grandes puissances européennes qui voudrait bien se partager ce pays aux ressources multiples. Mais depuis Marco Polo, les Européens savent que la Chine est un pays impénétrable. Cette période ne fera que confirmer cette tendance.
- D'importantes disparités. Une prospérité qui n'est pas sans conséquences puisque malgré la bonne santé économique du continent, les disparités, les écarts sont importants et nombre d'européens quittent l'Europe pour aller tenter leur chance ailleurs. En près d'un siècle c'est entre 60 et 70 millions d'européens qui s'en vont. Ce qui n'empêche pas l'Europe de connaître l'une de ses plus fortes croissance démographique de son histoire et d'atteindre en 1914 452 millions d'habitants et 25 % de la population mondiale.
C ) Le monde à la veille de la Première guerre mondiale. - Quels sont les principaux états européens ? Trois états industrialisés : - La France. Depuis 1870, la France connaît la troisième République de son histoire après une tentative de restauration monarchique et la tentative de Napoléon III de remettre en place l'Empire. Troisième puissance économique mondiale, derrière l'Angleterre et l'Allemagne, elle souffre d'une faiblesse démographique importante, avec une natalité qui baisse régulièrement depuis le début des années 1900. - L'Angleterre. C'est une monarchie parlementaire, mais surtout l'Angleterre est le berceau de la Révolution industrielle et surtout plus d'un siècle après son démarrage elle demeure, au début du siècle, la première puissance économique mondiale grâce surtout à un vaste empire colonial ( Canada, Australie, Inde, Égypte,...) - L'Allemagne. Elle devient au début du XX e siècle la première puissance économique mondiale. Le pays est gouverné d'une main de Fer par l'Empereur Guillaume II entre 1888 et 1918 qui s'appuyant sur une armée forte et une diplomatie active joue un rôle international important malgré la faiblesse de ses possessions coloniales. Deux empires autoritaires : - La Russie. La Russie n'est toujours au début du XX è siècle qu'un vaste pays agricole où les 3/4 de la populations sont des paysans. Seule la partie européenne de ce vaste empire a subit des transformations industrielles. Cependant l'agitation règne et les manifestations de l'hiver 1905 sont sévèrement réprimées - L'Autriche Hongrie. L'Empire austro-hongrois est une véritable mosaïques de peuples et de nationalités, près de 50% de la population est d'origine slave mais ne possède aucun pouvoir. Entre 1870 et 1916, L'Empire est dirigé par l'Archiduc d'Autriche François-Joseph. - Des risques réels de conflits. C'est en Europe centrale que ses sources de conflits vont prendre forme et créer de multiples zones de tensions. Le premier éléments déterminants sont les revendications nationalistes, la France réclame l'Alsace et la Lorraine à l'Allemagne, Serbes et Bulgares se disputent les restes de l'Empire Ottoman, tandis que l'Autriche-Hongrie et la Russie tentent chacun à leur tour à progresser dans les Balkans à l'insue des roumains, des bulgares ou des Serbes. Deuxième élément au début d'un conflit, les principaux pays européens renforcent leur potentiel militaire, contribuant à développer un climat d'instabilité important en Europe, renforcé par une politique d'alliance entre états qui peut si elles s'appliquent entraîner une embrasement de toute l'Europe.
II ) La Grande Guerre.
Le 28 Juin 1914, l'héritier du trône d'Autriche Hongrie, François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo. Ce territoire serbe rattaché à l'Empire austro-hongrois depuis 1878 est source de revendications des nationalistes serbes et du gouvernement Serbe. François-Joseph y voit l'occasion de se débarrasser de cet encombrant voisin qui soutien activement les revendications des minorités dans l'empire contre le gouvernement central. le 28 Juillet 1914, l'Autriche-Hongrie avec le soutien de l'Allemagne déclare la guerre à la Serbie. Ce conflit balkanique va prendre des proportions européennes car le 30 Juillet la Russie déclare la guerre à l'Autriche. le 01 Août l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. Le 03 Août l'Allemagne déclare la guerre à la France, l'Angleterre soutien la France en déclarant la guerre à l'Allemagne le 04 Août. L'Italie bien que faisant partie de la Triple-Alliance reste neutre car cette entente est purement défensive et non offensive. L'Allemagne et l'Autriche-Hongrie trouveront cependant un renfort avec l'entrée en guerre le 02 Novembre 1914 contre les pays de la Triple-Entente. En France, la première victime du conflit est le socialiste Jean Jaurès, farouche partisan de la paix, qui est assassiné par des nationalistes le 31 Juillet 1914. le pacifisme français meurt avec Jaurès, l'union sacrée se fait derrière R. POINCARÉ, président de la République ( 1914-1920 ). L'Europe bascule dans une guerre qui semble inévitable mais qui d'un commun accord sera courte.
L'Europe ne peut sortir de ces cinq années de guerre intacte. Les conséquences sont bien évidemment humaines, économiques et politiques. - Le bilan humain. Avec 9 millions de morts, la première guerre mondiale donne à l'Europe un des plus triste record de son histoire militaire. L'Allemagne, La France et la Russie concentrent à eux trois 60% des pertes. En France ou en Allemagne ce sont entre 20 et 25% des hommes entre 20 et 30 ans qui disparaissent au combat. Les conséquences sont multiples et en premier lieu, ces morts entraînent un vieillissement de la population et privent ces pays de naissances qu'auraient pu engendrer ces hommes s'ils n'étaient pas morts. Le contexte de guerre entraînant encore plus vers le bas l'effondrement de la natalité. Entre 1914 et 1918, le déficit de naissances dépasse le million de naissances. Le déséquilibre entre le nombre de femmes et celui des hommes s'en trouve accentué ( 115 femmes pour 100 hommes). - Le bilan économique et social La guerre a un coût, les dépenses engendrées pour soutenir l'effort de guerre ont été financé par des emprunts et en augmentant la quantité de monnaie en circulation. Ceci a pour conséquences une très forte augmentation des prix ( inflation ). Entre 1914 et 1919, le mark perd 90% de sa valeur et le franc 75%. La France qui a été occupé par les allemands a subit de lourdes destructions avec 400000 immeubles ou usines détruits et 3 millions d'hectare de terre agricole rendues inutilisable à la suite des bombardements. Les femmes ont remplacé les hommes dans les usines et n'entendent pas retourné à leurs travaux ménagés comme si rien ne s'était passé. De nombreuses association se créent en Europe et parviennent à obtenir notamment le droit de vote pour les femmes. En France il faudra attendre 1945. A ces transformations et bouleversements s'ajoutent l'émergence de nouveaux courants philosophiques et artistiques comme le surréalisme et l'expressionisme qui illustrent la réalité de façon acide. Surréalisme : rejette toute représentation logique au profit du rêve et de l'instinct et de la révolte. ( vers 1922 en France ). Expressionnisme : tente de montrer de façon la plus expressive possible la réalité vécue par l'artiste. ( dès 1914 en Allemagne ).
Un certain nombre de Traité vont être conclus au lendemain de la guerre donnant naissance à une nouvelle Europe, sans que la Russie ou les pays vaincus n'aient eu leur avis a donné. Ces conférences de paix sont fortement influencées par le Président des États-Unis Thomas Wilson et ses 14 points élaborés des Janvier 1918. Les 14 points du Président Wilson. Le traité principal est celui de Versailles entre la France et l'Allemagne qui prévoit la restitutions par l'Allemagne de l'Alsace et de la Lorraines, du versement par l'Allemagne de réparations financières à la France pour les destructions matériels et le préjudice moral, soit une somme de 66 milliards de marks or sur les 132 milliards du montant total des réparations versées aux pays vainqueurs. La Rhénanie, la plus forte région industrielle de l'Allemagne, est démilitarisé et occupée militairement par la France à partir de 1923, l'Allemagne versant irrégulièrement les réparations. Les closes du Traité de Versailles. D'autres traités signés jusqu'en Août 1920 façonnent le nouveau visage de l'Europe centrale. Les traités sont signés mais ils ne soulèvent guère l'enthousiasme général. En Allemagne le montant des réparations est jugée exorbitant, on parle de "diktat" de Versailles. En Europe centrale le découpage des nouvelles frontières est contesté et entraîne de nouvelles tensions. La Société des Nations ( "S.D.N." ) créée à l'initiative du Président Wilson ne reçoit pas le soutien du Sénat américain lors de sa création et ce dernier refusant par la même occasion la ratification du Traité de Versailles. Carte de l'Europe à la fin de l'année 1920. La guerre est finie, les différents traités de paix conclus mais l'Europe n'est pas plus stable au début de 1921 qu'elle ne l'était avant 1914. les problèmes de nationalités qui ont amené le déclenchement de la guerre sont toujours aussi présents même si la redéfinition des frontières cachent pour l'instant une situation explosive. Les relations entre la France et l'Allemagne s'améliore dès 1924, avec un allègement des réparations et une garanties de versements, à la conférence de Locarno en 1925, la reconnaissance par l'Allemagne des frontières ouest avec la France et en 1926 l'entrée grâce à la France de l'Allemagne à la S.D.N. |