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Apprenez à vous affirmer… sans
excès !
Contrairement à certaines idées reçues, ceux
qui sont le plus à l'aise dans leur vie personnelle et professionnelle ne sont
pas ceux qui ont un QI supérieur à la moyenne. Ce sont ceux qui vivent en
bonne intelligence relationnelle avec les autres, qui savent s'affirmer. Ni
"hérisson", ni "paillasson", ils savent obtenir ce qui leur
tient à cœur sans écraser leur entourage ou le manipuler. Alors comment développer
cette affirmation de soi ?
Comme l'a montré Henri Laborit, l'homme est resté
pour beaucoup fidèle à ses comportements instinctifs. Face aux difficultés
qu'il rencontre à vivre avec ses semblables, ce qui lui vient le plus
naturellement, c'est soit de fuir (se soumettre, accepter l'inacceptable, se
plaindre, se refermer sur soi-même…), soit d'attaquer (exercer sa colère,
son mépris, insulter, frapper…).
Fuite ou agression ?
Or, les comportements de fuite, de passivité et
de dévouement forcé ne vont pas sans de profonds malaises physiques
(somatisations) et psychologiques pouvant aller jusqu'à des états dépressifs.
Quant aux comportements d'agression, ils fragilisent la relation aux autres en
provoquant la méfiance, la peur, la fermeture et le rejet.
Dans nos modes de fonctionnement les plus
primaires (là où l'intelligence et le raisonnement sont "hors
circuit"), nous ne sommes guère différents de l'animal. Nous ne sommes
pas très éloignés non plus du petit enfant qui, pour obtenir ce qu'il veut,
ne connaît, dans un premier temps, que les larmes ou la colère. Et que fera
cet enfant si ses larmes et ses colères ne sont pas suffisamment prises en
compte, s'il se sent par trop insatisfait dans ses besoins et ses désirs ? Il
cherchera à obtenir ce qu'il veut de façon plus détournée : par la
roublardise et/ou la séduction. Il apparaît alors une autre façon de vivre sa
relation aux autres : la manipulation.
Promesse et périls de la
manipulation
Qu'elle passe par les voies de la séduction ou
par celles du mensonge (sous toutes ses formes), la promesse que porte en elle
la manipulation, c'est de pouvoir s'approprier ce qu'on désire sans avoir à le
demander ; sans avoir à prendre le risque d'un refus, le risque de perdre son
pouvoir, son contrôle sur les autres.
Poussé à son extrême, et dans son versant le
plus pathologique, on rencontre ici la "perversion" ; quoique moins
nuisible, la manipulation témoigne néanmoins d'un non respect de l'autre.
Qu'il s'agisse de gagner les faveurs de quelqu'un ou d'une assemblée, ou
d'obtenir un service ou un avantage quelconque, ce qui importe c'est de faire
avaler la couleuvre, en dépit des aspirations, des besoins ou des désirs de
l'autre, en dépit de ce qu'il est.
Cette façon de faire présente incontestablement
des avantages à court terme ; c'est la raison sans doute pour laquelle elle est
si courante : que celui qui n'y a jamais goûté lance la première pierre ! A
long terme, par contre, le manipulateur risque fort d'obtenir les mêmes résultats
que les personnes agressives, avec de surcroît, la tension extrême que suscite
la crainte des coups bas, des retours de bâton et le fait d'avoir à maintenir,
coûte que coûte, une position de force et une image de lui-même qui n'est pas
conforme à ce qu'il est réellement. Au-delà de nos réactions instinctives et
de nos conditionnements éducatifs, nous avons toutefois les moyens de nous
comporter de façon plus bénéfique pour nous même et les autres.
Les bienfaits de
l'affirmation de soi
Rester soi-même face aux circonstances et aux
comportements quelquefois très irritants de son entourage, nécessite de faire
appel à un certain nombre de facultés proprement humaines : la conscience, la
réflexion et la capacité à contenir et à exprimer ce qu'on ressent,
l'empathie…
L'affirmation de soi réclame également de
pouvoir s'appuyer sur une solide confiance en soi, en les autres et en la vie.
Avoir confiance en soi, ce n'est pas se prendre pour un surhomme. C'est au
contraire, accepter ce qui cloche en nous, sans penser que ça nous empêche de
valoir quelque chose, d'être aimé, de réussir ce qu'on entreprend, ni d'être
heureux. Dès lors que l'on s'accorde de la confiance, on peut en donner, car
notre relation aux autres est le miroir du rapport que nous entretenons avec
nous-mêmes.
Un bon chef, par exemple, est celui qui a
suffisamment confiance en lui pour se montrer tel qu'il est, y compris, si nécessaire,
dans ses lacunes. C'est aussi celui qui saura témoigner par son attitude de la
confiance qu'il a en ses équipes et la manifester individuellement et
collectivement.
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