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L'auteur le plus connu en Europe au sujet du
Kyûdô est sans doute Eugen Herrigel qui,
à la recherche d'une expérience mystique, a
pratiqué le Kyudo au Japon dans les années
1930. Herrigel a positionné le Kyudo comme une pratique
Zen, comme pourrait l'être le Shodô
(calligraphie), le Shakuhachi... Ceci, sans être faux,
est limitatif. Le Kyûdô peut entretenir des
relations étroites avec le Zen comme il peut ne pas
en avoir. Le syncrétisme asiatique est une
caractéristique qui nous étonne parfois. Une
bonne partie du rituel du Kyûdô Heki par exemple
est d'origine Shinto sans aucune relation a priori avec le
Bouddhisme ou le Zen. Le rituel de préparation au tir
(kata) quant à lui est une codification et une
allégorie du tir sur champ de bataille.
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Même si les maîtres de l'école Heki
ont pratiqué et pratiquent le Zen il n'y a pas dans
cette école d'assimilation des disciplines. Bien que
détenteur d'une réelle tradition spirituelle
formalisée dans des traités propres à
l'école Heki Ryû Insai Ha (le traité
Mokuroku en est un bon exemple) celle-ci
n'entretient pas de discours mystique accessible au
non-pratiquant et ceci pour plusieurs raisons. La plus
importante sans doute est que, selon la tradition du
Bushidô, la mystique ne se comprend pas, elle se
pratique. Il ne sert donc à rien de chercher à
comprendre tant que l'on n'a pas atteint un niveau de
technique et de pratique suffisant. Aborder le
Mokuroku sans expérience n'est plus interdit et n'est
pas considéré néfaste en soi, c'est
tout simplement inutile pour qui n'a pas plusieurs
années de pratique sous la direction d'un
maître.
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Pratique jalonnée de passages obligatoires et
répertoriés qui ne sont pas les
résultats de quelconques examens mais la
confrontation avec soi-même face à la cible.
Les raisons qui incitent des occidentaux à
pratiquer le Kyudo sont très variées. Elles
vont du désir de pratiquer un sport de tir difficile
et compétitif qui n'a pas de limite d'âge,
à la volonté d'entrer en contact avec une
autre culture porteuse d'une connaissance de l'homme
construite dans des conditions extrêmes.
L'Institut Danjo Heki de Kyûdô n'est qu'une modeste initiative
au niveau français de pratiquer et faire connaître une discipline
japonaise authentiquement traditionnelle.
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