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n.
propre m. : pianiste beethovénien, mozartien, haydénien
et schubertien au toucher stupéfiant
Alfred Brendel est né
à Wiesenberg, au nord de la Moravie (aujourd'hui République
tchèque), un 5 janvier.
A fêté en grande
pompe ses 70 ans en 2001.
A débuté sa
carrière à 17 ans en donnant un récital de fugues
de Bach, Brahms et Liszt, avec quatre bis, tous des fugues.
A gagné un concours
qui lui a permis d'enregistrer son premier disque.
(Prokofiev : Troisième
concerto en ut majeur).
A l'intention d'enregistrer
l'intégrale des sonates de Mozart, avant qu'il ne soit trop tard.
A peint des tableaux.
A écrit des poèmes.
A publié des analyses
musicologiques.
A commencé une collection
de masques primitifs et kitsch.
A souffert de quelques problèmes
dorsaux par le passé (il est très grand, en taille aussi).
A enregistré quantité
de disques.
A une femme anglaise et
un fils violoncelliste, et beaucoup d'amis qui ne sont pas tous musiciens.
A de l'humour.
N'est pas né de parents
pas musiciens, mais tenanciers d'un cinéma à Zagreb.
N'a pas été
un enfant prodige, mais un enfant unique.
N'a jamais gagné
de premier prix de concours, "seulement" un quatrième, à
Bolzano.
N'a ni une technique transcendante,
ni, une mémoire exceptionnelle, mais un toucher hors du commun.
Ne se destinait pas au piano
jusqu'à sa majorité, mais aux beaux-arts.
N'a pas eu les professeurs
que tout le monde s'arrachait à l'époque, mais de bons professeurs.
N'est pas juif, en tout
cas pas jusqu'à nouvel avis.
Il est l'un des seuls musiciens
que l'on peut reconnaître de loin... et qui joue avec les doigts
enrubannés de sparadraps.
C'est surtout par Alfred
Brendel que j'ai pris conscience du miracle du piano
et de la musique classique.
On m'avait offert un CD des
concertos 4 et 5 de Beethoven.
(Brendel et Levine à
Chicago en
live, 1983, Philips)
Son sens du phrasé
et sa sensibilité m'ont pétrifiée.
Un vrai coup de foudre pour
la "grande" musique, que je tenais à distance jusqu'alors.
Tout allait de soi, le génie
de Brendel avait rencontré celui de Beethoven.
Par la suite, il y a eu les
sonates du même Ludwig van B.
(Version intégrale
non digitale, 1977, Philips)
Son sens de la mesure et
sa conduite de main de maître d'une oeuvre exigeante m'ont encore
une fois pétrifiée. Tout était si parfait, si bien
pensé...
Se sont enchaînés
les concertos de Mozart
(Brendel et Marriner à
Londres/St-Martin-In-The-Fields, 1991, Philips)
et les sonates de Schubert
(Version intégrale
digitale, 1993, Philips)
Le rêve de la mélomane
que j'étais devenue s'était réalisé !
Voilà le début
de mes affinités avec le Maestro aux grosses lunettes.
Un début platonique.
Brendel, trop intellectuel
?
Brendel, trop minutieux,
maniéré, voire chichiteux ?
Pas à mon goût.
Je me demande seulement pourquoi
il a enregistré du Liszt... et du Schoenberg.
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