n.
m. : utilisation de textes de loi pour rendre justice ou empiéter
sur la liberté des autres
Donner raison à
quelqu'un, c'est donner tort à un autre.
Pour vivre heureux, vivons
seuls et cachés.
Nul n'est censé
ignorer la loi (ce qui n'est pas tout à fait vrai).
etc.
Le droit permet à
la société de vivre (à peu près) en paix, et
d'éviter la justice privée, les vengeances qui s'étalent
de générations en générations jusqu'à
la disparition d'un des deux clans (cf. Montagu et Capulet).
Le droit tente toujours
de rétablir une forme de justice et d'équité,
mais ces deux notions sont aussi variables dans le temps et l'espace que
la définition du droit lui-même.
On n'incarcère pas
un délinquant pour le même motif dans deux pays.
La prison et les amendes
n'ont pas toujours existé.
La prison est une "invention"
du XIXème siècle seulement, avec des ancêtres hollandais
au XVIIème (Tucthuis et
Spinhuis).
Auparavant, on bannissait,
mettait en exil, exécutait le coupable ou lui coupait les mains
(Edit de Pistes)...
Et le droit n'est pas que
pénal, évidemment.
Connaître le droit
permet surtout de connaître les limites de sa liberté.
Mais le droit n'est souvent
ni droit, ni intègre, ni juste, ni écrit en toutes lettres
dans une loi.
Le droit peut être
coutumier, c'est à dire, non-écrit, mais obéissant
à une pratique qui s'est progressivement imposée dans les
tribunaux.
Il n'y a pas que des tribunaux
officiels, mais il existe aussi des instances arbitrales reconnues fonctionnant
dans le milieu sportif, par exemple.
Et le droit n'est pas tel
que nous le présentent les séries de procès-fictions
américaines !
Deux tiers de la procédure
se déroulent entre les quatre murs de bureaux éclairés
aux tubes néons, avec des bibliothèque ployant sous le poids
de la jurisprudence.
(Jurisprudence
= Pratique des tribunaux énoncée dans des arrêts rédigés
lors de chaque verdict, qui donne une ligne directrice aux cas futurs similaires.)
Le juge ne porte pas de
perruque.
Les tribunaux n'ont pas
tous de grandes colonnes et des dizaines de marches d'escaliers pour accéder
à l'entrée principale.
Pourquoi le droit n'est-il
pas
toujours juste ?
Tout le monde est égal
devant la loi.
Rien de plus faux.
Un récidiviste ruiné
et un malade mental surendetté ne seront pas traités de la
même manière qu'un grand patron millionnaire accusé
pour la première fois de détournement de fonds et un juriste
rusé fréquentant des dizaines d'avocats de haut vol chaque
jour.
L'argent est le problème
de toute égalité théorique.
Les honoraires de certains
hommes de lois sont si exorbitants que beaucoup de gens ordinaires hésitent
à porter plainte et à se lancer dans une action en justice
dont l'issue semble incertaine.
Car, quelle est la justice,
celle du porte-monnaie ?
Les notaires sont des gens
bienheureux.
Leur signature (0,3 mg d'encre
indélébile d'une plume Cross) vaut souvent des milliers de
francs.
Un coup de téléphone
de cinq minutes pour demander si Môssieur/Madaame le notaire est
là coûte déjà 15 francs.
Leur(s) secrétaire(s)
sont sous-payées, mais, qui s'en plaindrait ? Leurs réponses
ne valent que 15 francs.
Leur fonction est inusable
et entre parfaitement dans l'oligopole des brevets et des droits de recommandation.
Tiens, et si je pouvais
devenir notaire, ce serait pas mal, après tout ?
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La loi du portemonnaie,
dixit le futur notaire...
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