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n.
f. : activité intellectuelle créatrice permettant de
m'extraire des arcanes de mon imagination
Avant
d'écrire, j'ai
beaucoup lu, évidemment.
Mon premier vrai
texte de
fiction remonte à mes cinq ans.
J'avais cinq ans.
Environ.
Je n'aimais pas trop
les
histoires d'animaux, mais il s'agissait d'un chat qui allait à
la
pêche, tout comme les ours peuvent aller à la chasse au
papillon.
(L'humanisation des
bêtes,
voilà ce qui me fascinait tant dans la littérature pour
la
jeunesse, et qui m'écoeurait en même temps.)
J'avais
soigneusement relié
les quelque dix pages de mon ouvrage, richement illustré de
dessins
ad hoc.
J'aimais aussi
dessiner,
bien sûr : des plans de maison, des vélos, des bonshommes
dans les scènes pittoresques du quotidien... et des chats qui
allaient
à la pêche.
Les dessins de mon
premier
texte étaient
verts.
Je me souviens
très
bien de cette couleur intense, de ce vert sapin qui s'étalait
sur
toutes les pages de ce premier conte.
Il est d'ailleurs
étrange
que je m'en souvienne si bien.
Depuis, je
n'ai plus arrêté
d'écrire.
J'écris. J'ai
écrit.
Des nouvelles.
Des contes.
Des romans.
Des pièces de
théâtre.
Souvent
avortés,
inachevés, suspendus pour toujours, avalés par ma
corbeille
à papier.
Qui
déborde... (moins,
depuis que j'ai commencé mes études à
l'université,
et que je n'ai plus autant de temps disponible pour laisser voguer mon
imagination.)
Et il se trouve
que mes poèmes
sont appréciés par certains.
Des poèmes en
prose
libre, au style reconnaissable entre mille.
(Sans doute leur
seul atout).
Des poèmes de
concours
pour la plupart, écrits en quelques minutes sous le feu d'une
inspiration
galopante.
Des poèmes en
prose
libre, sans autre prétention que celle d'attirer les jurys, de
les
appâter.
Pourtant, je ne me
sens
pas l'âme d'une poétesse. Pas du tout.
J'écris d'une
traite,
avant que les idées, qui me précèdent toujours,
s'enfuient
à jamais.
J'écris au
stylo
à bille Parker, bleu. (L'encre
ne tache pas, la pointe glisse sans accroc, le papier ne s'efface pas
comme
certains documents informatiques.)
J'écris pour
assouvir
une soif de création, pour créer des univers qui
n'existeront
jamais ailleurs que dans mon esprit retors.
J'écris des
fictions
non-autobiographiques.
J'écris au
masculin,
parce que j'aime me camoufler derrière des identités
méconnaissables
qui me confèrent une autre dimension. Plus épaisse ?
J'écris en
négatif
: tout ce qui est laid devient beau, tout ce qui est méprisable
devient désirable, etc.
J'écris en
étant
convaincue que le style a plus d'importance que la trame
narrative.
J'écris avec
ironie
et circonspection. Le sarcasme est ma marque de fabrique,
malgré
mes tentatives de plonger mon stylo dans l'encre du mélodrame.
J'écris pour
me
faire plaisir.
J'écris en
attendant
le jour où d'autres voudront bien me lire.
Un jour meilleur.
Car, pour l'instant,
je
doute.
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