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n.
f. : perte de temps considérable, au lit, au petit coin et
sur
un coin de table de bureau ou de cuisine, mais perte de temps
divertissante
faisant (souvent) appel à l'imagination
Un livre est plus
qu'un amas
de feuilles reliées.
On commence par une
page,
puis deux, et ça ne s'arrête qu'à l'épilogue.
Parfois.
Les mauvaises
surprises
sont aussi nombreuses que les bonnes, en effet.
Mais, comment
ça
marche ?
On peut lire avec
autant
d'intérêt un recueil de recettes créoles, qu'un
dictionnaire
latin-hébreu ou un roman de science-fiction.
Tout dépend
des goûts
de chacun.
J'ai
commencé à
lire très tôt ; voilà l'une des choses dont je ne
peux
pas me plaindre.
J'ai
découvert des
mondes
insoupçonnés grâce à la lecture.
Si les images me
fascinaient
au moins autant que le verbe au départ, très vite, le
verbe
a pris le dessus.
Imaginer sans voir,
voir
en imaginant : la lecture permet de voyager tout en restant chez soi,
au
chaud.
A travers le livre,
on vit,
on voit des expériences qui n'arrivent qu'à des
êtres
de fiction, mais en les lisant, on aimerait leur donner une vie
réelle.
Le lecteur ressemble
à
Gepetto qui aimerait transformer son Pinocchio en petit garçon.
Le lecteur aimerait
transformer
ses héros de papier en héros de lui-même.
Souvent, le lecteur
endosse
de multiples rôles, et ressent quelque tristesse à tourner
la dernière page de son livre.
Un héros ne
se comporte
toutefois pas comme quelqu'un d'ordinaire.
Un héros ne
fait
jamais rien sans dessein.
S'il ne risque pas
de s'étrangler
avec son petit déjeuner, il y a peu de chance pour qu'on le
suive
en train de mâchouiller des tartines sans penser à rien de
concret, ou qu'on nous décrive son brossage de dents, un peu
plus
tard.
Les personnes trop
ordinaires
n'ont pas droit de cité dans les romans.
Et cela n'est pas
pour me
déplaire !
Je lis davantage
de romans
que d'essais, et pratiquement pas de nouvelles.
Aucun poème,
ou si
peu.
J'aime me plonger
dans d'épais
ouvrages à l'intrigue sophistiquée, où
régne
une tension psychologique et stylistique intense.
J'aime suivre le
parcours
de personnes d'apparence banale et vraisemblable, mais à qui il
arrive des événements et des pensées
décalées.
J'aime le roman
réaliste
qui dépeint des scènes de vie, des sentiments, avec une
écriture
ample et fluide, personnelle et originale.
Le roman à
l'eau-de-rose
et le polar bestsellerisant à l'américaine ? Très
peu pour moi.
Certes, comme tout
le monde,
j'ai lu quelques ouvrages de Mary Higgins Clark, Christian Jacq, Paulo
Coehlo ou Judy Blume, mais ils sont loin de recueillir mes
émotions.
(Tout y semble
grossièrement
décrit, artificiel, avec force exgération et d'esprit un
peu simplet. Divertissant, tout au plus, lorsqu'on doit
poireauter
pendant trois heures dans un hall d'aéroport.)
Je lis au petit
coin, et
parfois à ma table de bureau.
Je lis assez vite,
mais
c'est une question d'habitude.
Je ne veux pas
balancer
des chiffres pour rien, mais je lis environ de 10 à 15 romans
par
mois, selon leur épaisseur et leur intérêt.
Je ne lis qu'un seul
ouvrage
à la fois, et déteste zapper.
Je m'efforce de tout
lire
jusqu'à la dernière page, même s'il s'agit d'un
déchet
destiné au pilon ou au recyclage de papier.
(Parfois, on se
demande
comment les éditeurs peuvent accepter des textes aussi
quelconques
et ressassés.
Cela correspond-il
à
une demande réelle ?)
Je m'inspire en
réalité
très peu de mes lectures pour mon travail d'écriture.
Jusqu'à
preuve du
contraire, évidemment.
Mes auteurs
fétiches
?
Les deux grands
Pascal de
la littérature française contemporaine,
Bruckner
et
Quignard, pour l'humour qu'ils distillent et leur style
acéré.
David Lodge,
pour
ses descriptions académiques.
Jonathan Coe,
pour
ses intrigues bien ficelées.
Pour le style,
j'hésite
plus sérieusement, estimant qu'un bon style ne se copie pas.
Je ne peux pas nier
que
lorsqu'on se sent transportée par un ouvrage, on est
tentée
de suivre la marche et mettre ses pas dans celui de l'auteur tant
apprécié.
Toutefois, à
quoi
bon refaire ce qui a déjà été si bien fait,
sauf si l'on veut se donner une importance de carton-pâte et
qu'on
affectionne les textes à la manière de... ?
Bon, ce n'est pas
tout, mais
je suis à la page 183 d'un roman passionnant, et euh... à
plus tard !
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