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n.
f. : sons produits plus ou moins harmonieusement, en rythme, qui suscitent
dédain, révulsion ou ravissement
Ecrire sur la musique, est-ce
concevable ?
Je suis une vraie mélomaniaque,
dans le sens où je ne peux me passer de musique plus de quelques
jours d'affilée.
Je veux parler de musique
dite "classique", évidemment.
Non que les autres catégories
musicales me paraissent dénuées d'intérêt, mais
elles m'attirent moins.
Un peu moins.
Je ne pleure pas d'émotion
devant un tube de techno trance, ni de salsa, je dois bien le reconnaître.
(Même si, pour danser
en boîte, évidemment que je préfère ces styles-là
à une gavotte de Mozart !)
Sans doute qu'il s'agit
d'une déformation professionnelle :
à force d'avoir fréquenté
des musiciens et passé mon temps à écouter des morceaux
pour piano que je pourrais jouer, il est normal que ce monde-là
me soit devenu plus familier que celui de la pop commerciale, par exemple.
Mais, je ne cache pas non
plus mon plaisir devant certaines chansons d'Alanis Morissette, Cabrel
ou Renaud.
Rassurez-vous, je ne suis
quand même pas branchée en permanence sur France Musiques
ou SwissClassic, j'écoute aussi les stations moins "classisantes",
comme tout le monde, en prenant mon petit-déjeuner, par exemple.
Une bonne chanson me redonne
de l'entrain et du courage, aère mon esprit, et suscite mon enthousiasme
devant une rude tâche.
Mais, seul un bon morceau
de Brahms,Chopin ou Schubert peut m'amener au septième
ciel.
De très
bons sites francophones initient le profane à la "grande" musique,
donc je vous laisse les découvrir par vous-mêmes.
J'ai découvert la
musique dès le berceau à n'en point douter.
(Même si mon père
n'était que modérément mélomane, et ma mère,
pas du tout.)
Jouer du piano et avoir
suivi des cours de solfège ne suffit pas pour aimer la musique.
Il faut le reste.
L'ambiance, les amis, les
concerts...
Je n'ai jamais osé
admettre dans un questionnaire ("mandat d'arrêt" de potaches, par
exemple), que j'étais friande de musique classique, et non de Chantal
Goya, Jean-Jacques Goldmann ou The Cure.
(On me parlait beaucoup
de tout un tas de chanteurs et groupes qui ne m'intéressaient pas
vraiment.)
Jusqu'à me retrouver,
à dix ans, dans une classe "infestée" de musiciens, dont
plusieurs étaient déjà en voie professionnelle...
Alors, forcément,
on a moins l'air ridicule d'admettre son penchant pour le piano et Bach.
Oui, Bach fut mon premier
mentor, sous les doigts du claveciniste Ton Koopman plus précisément.
Les Suites françaises,
les Inventions et symphonies, puis le Clavier bien tempéré.
Des recueils que j'ai, dès
lors, compulsivement parcourus, de long en large.
Rien ne me paraissait plus
savoureux qu'une belle fugue bien construite, à cinq voix de préférence.
(Aujourd'hui, le penchant
s'est déplacé ailleurs.)
Je me suis fait quelques
amis très passionnés par la musique classique, et le reste
n'est que la suite logique de ces amitiés.
Le reste ?
| Le piano, |
- Chopin, et bien sûr
tous ses amis (outre les susnommés, Beethoven, Debussy, Liszt, Schumann,
Prokofiev...) |
| Le choeur, |
- de Béthusy |
| Les concerts, |
- peu nombreux au départ,
mais de qualité |
| Les opéras, |
- Wagneeeeer |
| Les ballets, |
- à la Bastille |
| La musique de chambre, |
- quelques séjours
à la Fondation Paul Hindenmith |
| Les récitals... |
- rares, mais sublimes |
Sans doute que sans ces amis
je n'aurais pas été ensorcelée pareillement par la
musique que l'on dit savante.
Sans doute que j'ai quelques
prédispositions naturelles devant cette musique.
Sans doute que les harmonies
sophistiquées et les mélodies variées suscitent plus
mes émotions que des paroles avec des rimes forcées (exemple
: Amour/Toujours, Tristesse/Tendresse, Ile/Tranquille) sur un rythme martelé,
répété à l'envi.
Sans doute que j'aime un
peu les complications, les théories qui façonnent de belles
sonates, la technique des interprètes, pas toujours parfaite, mais
perfectible.
Sans doute que l'étendue
du répertoire classique est telle qu'il est facile de s'y engouffrer,
puis de s'y perdre.
Je n'ignore pas que la musique
classique est devenue celle d'une certaine élite, socio-économiquement
parlant, et qu'elle est sur le déclin.
Seulement 4% du marché
du disque est occupé par le créneau classique (chiffre
SACEM 2001) :
Ventes stagnantes, à
peine cinq cents unités vendues par titre, et la demande, en constante
diminution.
Quelques stars à paillette
parviennent pourtant à récolter des millions de dollars
grâce aux majors qui les épaulent :
Que dire lorsqu'une violoniste
(A.-S. M., pour ne pas la nommer) réclame des cachets de 75'000
euros pour des concertos qu'elle trimbale avec elle depuis vingt ans ?
Les mélomanes moyens
désertent les salles de concert,
une place sur trois demeure
inoccupée en moyenne :
Pas de places de parc, trop
de criminalité nocturne, billets à des prix surfaits, ambiance
de petite-bourgeoisie hautaine (venons montrer nos beaux manteaux de fourrure
et notre dernière tenue, et saluer les notables).
Les orchestres font faillite
ou se recyclent dans les musiques plus commerciales (musiques de Led Zeppelin
et autres John McCartney) :
Les subventions diminuent,
le public ne se renouvelle pas.
Les jeunes préfèrent
nettement
le rap et la techno à la musique classique jugée,
en effet :
"Ringarde, trop élitiste,
trop coincée, pour les vieux, démodée, intello, etc."
La création se
noie dans la nostalgie des "Trente glorieuses" ; seuls les maîtres
incontestés du répertoire ont droit de cité :
Les tenants de la musique
déconstruite et autres sérialismes ont montré leurs
limites.
Il ne fait pas l'ombre d'un
doute que ce tableau n'est guère réjouissant et que si nous
ne faisons rien, nos petits-enfants ne sauront même pas fredonner
le Boléro de Ravel ou le thème de la Cinquième symphonie
de Beethoven.
Sans rire. |