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n.
comp. m. pl. : épreuves faisant (plus ou moins) appel
à l'abstraction et au raisonnement pour amuser quelques individus,
se croyant ainsi plus intelligents qu'au départ
En guise de préambule,
notons que les tests de QI ont conduit à d'effarantes dérives
dans certaines régions du globe, et plus particulièrement
les régions anglo-saxonnes, plus promptes à distinguer les
"meilleurs".
Aux Etats-Unis, le test
de QI, dans sa forme standardisée, est devenu même un outil
courant pour les employeurs.
Et ils sont couramment pratiqués
pour accéder à la fonction publique, en France également.
Certaines écoles
n'admettent leurs élèves que sur la base de résultats
de tests.
La Suisse n'est pas épargnée
par ce phénomène.
Les tests de QI apparaissenent
souvent comme gages de sérieux envers des parents trop confiants
et trop prompts à ouvrir leur porte-monnaie pour leurs chérubins.
Et il ne s'agit pas que
d'écoles prétendûment destinées aux surdoués...
Il s'agit ni plus ni moins
d'une nouvelle forme de ségrégation, un peu trop à
la mode, me semble-t-il.
(La théorie de Herrnstein
et Murray,
The Bell
Curve (1994) n'étant que la pointe de l'iceberg.)
D'autant plus que rien
ne permet de confirmer que ces tests mettent en évidence une quelconque
forme d'intelligence.
Il n'est pas sûr que
les grands génies des siècles passés réussiraient
aussi bien les tests actuels que le suggèrent les évaluations
de Catherine Morris Cox,
par exemple.
Ces
tests permettent surtout à quelques individus de s'élever
de leur médiocrité.
En moins de cinquante ans,
différentes études montrent que le QI moyen de la population
a augmenté de près de 15 points sur l'échelle de Stanford-Binet.
D'où le ré-étalonnage
constant des tests.
Tout le monde sait que nous
ne sommes pas devenus plus intelligents que nos grands-parents pour autant
!
Flynn
a essayé d'expliquer cette augmentation de QI par l'accès
facilité aux nouvelles technologies informatiques et médiatisées,
ce qui nous permettrait d'être moins désemparés devant
un test, habitués que nous serions à l'abstraction et au
zapping.
La portée culturelle
de ces tests est indéniable.
Pourquoi un aborigène,
pourtant incroyablement apte à s'orienter dans son bush sans l'aide
du moindre navigateur GPS, et à repérer les bonnes proies,
en toute période de l'année, serait-il qualifié de
débile léger (QI < 80), alors que n'importe quel
brillant élève européen se retrouverait piégé
par des pongos en moins d'une heure, crise d'insolation en prime ?
Parce que l'aborigène
ne raisonne pas en fonction des mêmes paramètres que le "brillant"
élève européen.
Les chiffres pour lui ne
sont que des aberrations, car il évalue les distances selon d'autres
critères objectifs.
Les figures géométriques
ne sont que des leurres pour lui.
Comment lui expliquer que
le synonyme d'obérer est accabler de dettes ?
Même les tests qui
se prétendent aculturels le sont.
Les tests aculturels se
rèvèlent être les plus mathématiques qui soient,
justement :
Exemple : 17, 145.5,
291, 15546, 31092, ?, ?
Que signifie le .
pour
quelqu'un qui n'emploie que des nombres entiers ?
Pourtant, les personnes
rebutées par les chiffres n'ont pas toutes des déficiences
psychomotrices sévères !
A l'origine, Binet
avait conçu des tests dans le but de dépister les enfants
accusant de retards mentaux handicapants.
Aujourd'hui, ils sont devenus
un moyen de sélection par le sommet.
Les tests à effectuer
sur le Web sont légion, et ont pour fâcheuse tendance de caresser
l'internaute dans le sens du poil.
Ne vous étonnez donc
pas si l'on vous gratifie d'un résultat de 120 ou plus.
La plupart des tests
destinés au grand public non avisé sont destinés à
consoler et amuser le testé.
Les seuls résultats
de tests fiables ne peuvent malheureusement être obtenus que chez
un psychologue agréé.
Les entretiens précédant
et suivant le test auront une importance significative pour ce dernier.
De plus, il est facile de
tricher sur internet en consultant un ami ou un parent, et de prolonger
indûment le temps alloué.
Si, toutefois, vous obtenez
systématiquement un résultat au-delà de 130, c'est
qu'il y a lieu de vous poser quand même certaines questions sur votre
enfance et votre scolarité.
Etes-vous donc l'un de ces
ex-EIP
qui s'ignore ?
Car, si les tests de QI
ne mesurent pas l'intelligence en tant que telle, ils mettent en évidence
une manière différente d'aborder l'environnement et de raisonner,
propre aux enfants précoces et aux adultes qui l'étaient.
De là, à dire
que les EIP sont des personnes dotées d'une intelligence hors-norme,
il y a un pas...
Je considère les tests
de QI mis à disposition sur le Web comme d'intéressants jeux
intellectuels, mais qui n'indiquent rien de bien sérieux la plupart
du temps.
D'autant plus qu'un nombre
inimaginable de ces tests présente de graves défauts, dont
celui de ne pas admettre les réponses divergentes mais plausibles.
D'ailleurs, vous noterez
qu'après le troisième test effectué, votre résultat
aura sensiblement augmenté.
L'internet ne vous aura
pas rendus plus intelligents (dommage), mais vous vous serez familiarisés
avec les questions posées. |