Article Fiat 128 Coupé L'automobile 1972

 

 

Article paru dans la revue "L'automobile" en Avril 1972 N°311

La Fiat 128, vous connaissez ? Oui bien sur, mais sûrement pas la dernière de ses soeurs: le coupé "Sport". Elle fait ses premiers pas sur le marché français, notre essai vous dira comment avec précision.

Ce n'est pas une mince affaire que d'accepter, aujourd'hui, d'être un grand constructeur ! Il faut produire à des cadences insensées, voir loin, concevoir de l'original, être obsédé par la clientèle. Comment le faire à travers une seule proposition ? C'est un peu une énigme, que personne, à dire vrai, n'a pu résoudre à ce jour. Alors, puisque la mer, à le montagne ça n'existe pas, à defaut de miracle, on recherche le compromis. Dès la naissance d'une voiture, au tout premier stade de sa conception, on imagine une mécanique qui, en fabrication, acceptera de subir de légères modification afin de pouvoir, sour une nouvelle carrosserie, recevoir une mission différente. C'est ce que les spécialistes appellent un dérivé. Celui-ci peut être un break, une familiale, un cabriolet, l'essentiel c'est qu'il réponde à un besion particulier et qu'il ne pose pas, au reseau, de problèmes d'entretien ou de réparation particuliers. La Fait 128 Sport-Coupé, s'est certainement fixé cet objectif. Elle s'adresse, à une clientèlez disposant d'un budjet d'achat plus optimiste que celui de la berline, mais qui est néanmoins accroché à des réalités précises: consommation raisonnable, bonnes performances, simplicité d'emploi et habitabilité très honorable. En gros, il faut ici donner le maximum d'originalité au moindre prix, le tout assaisonné de beaucoup de bon sens : un rude pari somme toute ! Fiat pouvait-il le relever ? Le seul but de cet essai est de répondre à la question que vous vous posez.

 

ITINERAIRE ET CONDITION DE L'ESSAI :

PARIS-AVAILLON : par l'autoroute :Nous quittons Paris sous la pluie. De nombreux poids lourds occupent la chausée et la circulation est lente jusqu'à la déviationd'Orléans.Un accident, à la hauteur de Vitry-Châtillon, nous ralentirt à nouveau. Peu après Courtenay le soleil fait son apparition et la route se sèche rapidement.
213 Km en 1h25' - moyenne : 145,2 Km/h Consommation : 13,4 Litres aux 100 km.

AVALON-CLAMECY-NEVERS :Cette portion de notre circuit d'essai est habituellement peu fréquentée mais , une fois n'est pas coutume, nous rencontrons beaucoup plus de voitures que lors de nos passages précédents. Toutefois nous ne somme pas gênés, et nous pouvons circuler en utilisant au mieux les possibilités routières de notre coupé 128.
134 Km en 1h29' -moyenne : 90,3 Km/h Consommation : 12,4 Litres aux 100 km.

NEVERS-BRIARE :Nous reprenons la nationale 7, avec sa limitation de vitesse, et nous nous promenons sur les grandes lignes droites en maintenant l'aiguille du compteur entre 110 et 120 Km/h. Ce genre de conduite nous donnera la consommation à vitesse de croisière.
87Km en 1h03' -moyenne : 82,8 Km/h Consommation : 8,1 Litres aux 100 km.

BRIARE-BLENAU-CHATILLON-COLIGNY-COURTENAY-PARIS :Hélas le soleil nous quitte et c'est à nouveau la pluie. La route est glissante par endroits et il nous faut redoubler d'attention, surtout dans le secteur de Châtillon-Coligny. Nous rejoignons Parsi juste avant les habituels embouteillages de fin de journée.
187 Km en 1h47' -moyenne : 108,3 Km/h Consommation : 12,5 Litres aux 100 km.

Il ne lui aura fallu que 12,1 Litre aux 100 Km lors de notre essai qui a porté sur 621 Km couvert en 5h44 mn (108,3 Km/h).

 

MOTEUR : Beaucoup de tonus.

L'architecture du moteur 128 est conservée et, comme pour la Rally, l'alésage passe à 86 mm pour déterminer une cylindrée de 1290 cm3. Une nouvelle tubulure d'échappement à deux sorties équipe ce groupe et la puissance ressort à 75 Ch DIN, Soit 8 Ch de plus pour la Rally et correspondant à une puissance spécifique de 58/l avec un couple de 9,8 M.kg à 3660 Tr/Min. Dès la première sollicitation de l'accélérateur, l'oreille la moins avertie admet que le moteur se tient à la disposition du conducteur. Les premiers kilomètres confirme cette impression, et l'aiguille du compte-tours est là pour inciter à la prudence. Sur les intermidiaires, les 7000 Tr/Min sont ateints avec facilité, cependant la vitess maximale se situe à 6500 Tr/Min sur le quatrième rapport de la boite. Toutefois, la moindre déclivité sur autoroute entraîne le moteur dans la zone rouge du compte-tours. Il faut aussi signaler que cette facilité de la montée en régime s'accompagne de sonorités qui, sans être par trop gênantes, meriteraient d'être mieux filtrées. De plus, des vibrations parasites s'installent entre 5800 et 6000 Tr/Min. En Matiére de performances sur route, les 165 Km/h sont à la portée du moteur et le chronometrage sur l'anneau de Linas-Montlhéry donne 159,2 Km/h. Les accélérations, avec 18s 4/5 aux 400 m et 35s1/5 aux 1000 m, témoignent de la bonne volonté du groupe. Quant aux reprises, depuis 40 kmh, elles souffrent de la faible cylindrée sans pour autant être ridicules avec 19s4/5 et 38s respectivement aux 400 et 1000 m. En fait, ces résultats, pris en brut correspondent à des prestations de voitures d'une catégorie supérieure....

 

TRANSMISSION : Un équilibre staisfaisant.

Aucune modification n'a été apportée à la transmission, si ce n'est le montage d'un embrayage renforcé, compte tenu de l'augmentation de puissance du moteur. Identique à celui de la berline de série, l'échelonnement des rapports est bien adapté à la voiture dans le cadre d'un usage courant. Cependant la recherche de la performance absolue sur circuit sinueux demanderait un léger allongement du rapport de la seconde et de la troisième. La synchronisation ne mérite pas de critiques particulières et seul le synchro de première rechigne au retour sur cette vitesse au-dessus de 25 kmh. Le guidage du levier sélecteur ne manque pas de précision, sauf pour la marche arrière toujours difficile à enclencher.

 

DIRECTION : Précise et stable.

Très précise, la direction à crémaillère de la 128 met immédiatement en confiance le pilote qui, sur les revêtements les plus divers, contrôle à tous moments et sans efforts la trajectoire de son véhicule. On note surtout l'absence de réactions parasites, sauf à vitesse maxi où de légères vibrations en provenance du train avant se transmettent dans la colonne de direction. Cela se traduit par un fourmillement dans les mains du conducteur bien que le volant du type sport bénéficie d'une jante recouverte d'un matériau souple. Les manoeuvres sont facilitées par un diamètre de braquage relativement faible et une fermeté de la commande bien adaptée. En revanche, les effets de couple roues braquées et en phase d'accélération se ressentent de la même manière que sur la Rally 1300.

 

TENUE DE ROUTE : Sûre et bien assise.

Le comportement routier est sans équivoque et le coupé 128 bénéficie d'une bonne assise sur la route. Les virages, les grandes courbes, les épingles sont franchis à vive allure en donnant une assurance et une impression de sécurité non négligeables. Avec quatre personnes à bord, les réactions sont sensiblement les mêmes avec, cependant, une certaine lourdeur dans le guidage du véhicule. La sensibilité au vent traversier est pratiquement nulle, mais la carrosserie est, dans ce cas précis animée par un roulis de faible amplitude. Par ailleurs, une certaine modération dans le style de conduite s'impose sur sol mouillé et sous la pluie, le caractère sous-vireur de la voiture devenant plus évident. L'adhérence reste toujours de bonne qualité et l'alliance quadripartite moteur -direction- tenue de route - suspension assure une vivacité et une allégresse de conduite très satisfaisante.

 

FREINAGE : Une longue course.

les elements du système de freinage proviennent de la berline 128: montage mixte disques- tambours, double circuit, servo- frein a dépression et répartiteur sur l'arrière. Le résultat est satisfaisant, tent au point de vue de la progressivité que pour celui de l'efficacité. Pourtant, Dès les premieres sollicitations, un dépaysement s'installe a cause de la longue course et de l'importance de l'assistance qui reduit un peu trop l'effort a la pedale. Un temps d'adaptation s'impose pour etre en accord parfait afin de firer le maximum de ce montage. Si les freinages en catastrophe, amenent parfois des blocages des quatre roues, on n'enregistre aucun deport: I'equilibre et la répartition sont judicieusement établis. Quant a la tenue a chaud, elle reste dans des normes acceptables et seul un usage intensif peut se traduire par un allongement supplementaire de la course de la pedale de frein. En pleine charge, les distances d'arret sont allongees et, sur revetement humide, comme il se doit, une certaine ponderation doit remplacer I'intempestivite.

 

CONFORT SUSPENSION : Très acceptables.

En fait, pour la suspension, les techniciens ont repris les solutions utilisées sur la berline 128 tout en lui apportant un certain nombre de modifications. La carrosserie forme un ensemble auto porteur avec le soubassement mais ce dernier est constitué par un nouveau cadre, l'empattement ayant été raccourci de 22,5 cm. Pour assurer une meilleure rigidité, un tunnel central, formant longeron, prend place sur le cadre. On retrouve à l'avant les bras articulés, les ressorts hélicoidaux mais avec un nouveau réglage de la géométrie. De plus, la barre antiroulis a été supprimée au profit de deux tirants complémentaires ancrés, d'une part, sur la caisse et, d'autre part, sur le bras de suspension. Par ailleurs le tarage des éléments de suspension a été modifié pour compenser le retrait de la barre stabilisatrice. Quant aux voies avant et arrière, elles sont respectivement plus larges de 1,7 et 2 cm grâce au montage de jantes plus évasées. Malgré ces nouveaux tarages, plus « durs », le confort n'est pas affecté et seule une certaine sécheresse dans les réactions des amortisseurs apparait lors des passages de saignées et des changements de revêtement. Dans les virages la caisse s'appuie sur la roue extérieure sans prendre un angle trop important. En revanche, dans les courbes serrées franchies rapidement et sur mauvais revêtement, il arrive parfois que la roue intérieure perde le contact avec le sol et patine. A grande vitesse, on enregistre un tangage peu prononcé, résultant du raccourcissement de l'empattement. Les passages de cassis ne provoquent pas d'envol important de la voiture et le retour au sol est amorti sans rebonds. Le confort reste dans des normes très acceptables mais il serait encore plus évident si les sièges au demeurant d'une conception bien réalisée, recevaient un rembourrage plus conséquent. L'espace habitable autorise des déplacements avec quatre personnes à bord, toutefois les passagers de grande taille se doivent d'occuper les places avant. Trois remarques s'imposent: la première concerne le volume sonore, et on souhaiterait un filtrage plus efficace des bruits de moteur, gênants à la vitesse maxi. La seconde s'adresse aux ceintures de sécurité, peu pratiques. Et la dernière, à la visibilité pour les manœuvres en marche arrière, visibilité limitée par la position de conduite, relativement basse ne permettant pas de bien situer l'arrière du véhicule.

 

 

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FIAT 128 SL 1300

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