L'incinérateur de Bessiéres.

L'incinérateur de Bessiéres


A Geoffriau et M Santoul interpellent les élus au sujet de l'incinérateur. Après la signature du Prefet, A Geoffriau reprend les arguments contre le principe de l'incinération des déchets.

Brûlage de pneus à Sainte-Rafine
Incinération artisanale à Sainte Rafine (été 97) .

L'incinérateur de Bessieres: l'A.T.E.V. interpelle les élus.

nos élus manifestant A plusieurs reprises ,comme beaucoup d'autres associations , comme certains élus , l' Association Tarn Eau Vivante s'est prononcée contre le projet de super incinérateur à Bessières . Elle a informé la population, sollicité les élus, est intervenue dans le cadre de l'Enquête publique pour dénoncer les contradictions flagrantes et les risques du projet DECOSET . Sans reprendre l'argumentation dans le détail rappelons quatre points essentiels - la surcapacité de l' usine contredit le développement du tri sélectif ,la recherche d'autres filières de valorisation et la mise en place de techniques alternatives. Il semblerait que l'argument de la surcapacité soit pris en compte par M. BAPT ( La Dépêche du midi 14 Octobre 1997 ). - on passe du « tout enfouissement» solution qui ne saurait satisfaire quiconque au «tout incinération» solution tout aussi problématique par la création de résidus dont on ne sait que faire (160 tonnes par jour de mâchefers) et de gaz toxiques que l' on espère pouvoir contrôler.Qu'en sera-t-il dans la réalité ? -le site retenu , excentré en zone partiellement inondable et sans infrastructures routières et industrielles contredit les perspectives annoncées de valorisation énergétique (1/3 seulement pour produire de l'électricité dont on sait que notre pays est en surproduction). Le choix du site ne recueille pas l'approbation du député de notre circonscription ( La Dépêche du midi 14 Octobre 1997). -les coûts pour les contribuables ne sont pas clairement annoncés.La logique économique et financière de l'exploitant est incompatible avec toute notion de service public. De nombreuses familles en difficulté ne pourront supporter un alourdissement conséquent de leur taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Au sein du Parti Socialiste, majoritaire au Conseil Général, le secrétaire fédéral à l'Environnement s'interroge: «en dehors de son coût, l'incinération pose de nombreux problèmes - techniques - environnementaux - politiques. La technique d' incinération est entre les mains d' énormes groupes financiers et industriels qui sont en train de faire main basse sur les ordures ménagères comme ils détiennent déjà tout le cycle de l' eau . Les citoyens et leurs élus sont ainsi dépossédés de leur pouvoir de décision et de contrôle». ( L'Avenir n° 1740 de Septembre 1996 ). Cette analyse conforte la position défendue par l'A.T.E.V. Aujourd' hui, malgré toutes les remarques formulées, la Commission d'Enquête Publique a rendu un avis favorable. Chaque citoyen est en droit de se demander en quoi elle a été utile.

Face à cet état de fait, que propose l' ATEV ?

Consciente de l'ampleur et de la complexité du problème, elle demande la remise à plat du projet, la prise en compte des remarques de la population telles qu'elles se sont manifestées tout au long de l'Enquête publique. Des alternatives sont possibles dans le sens d'un plus grand respect de l'Environnement, de la Réglementation et du Service public. Des initiatives crédibles sont prises ailleurs, en France, en Europe, au Canada. Pourquoi pas chez nous ? L'ATEV se propose d'organiser dans le courant du mois de Novembre une réunion publique où des spécialistes informeront la population sur les possibilités et les perspectives que représentent d'autres filières de valorisation et de traitement des déchets ménagers. Aujourd'hui la décision de l'implantation de l'incinérateur appartient au Préfet. C'est une décision politique qui engage la responsabilité des élus, mais la fuite en avant dans la réalisation d'un projet si contestable et contesté ne saurait masquer l'absence de décisions et de projections dans le traitement du dossier des déchets ménagers depuis des décennies.

Alors pour nos déchets... un incinérateur ?

Le Préfet a donc signé l'autorisation ... La pression a du être forte de la part de ses promoteurs, à quelques jours de nouvelles orientations annoncées par le gouvernement qui amèneront sans doute la révision de nombreux Schémas Départementaux d'Elimination des Déchets qui font la part trop belle à l'incinération ( Le Monde du 16 Janvier 98 ).

Les remarques et critiques de bon sens venues de tous horizons, scientifiques, économiques, politiques, les voix de la population lors de l'Enquête Publique, des Associations, des Elus Locaux, n'auront pas été entendues. Bien sûr, des recours juridiques sont encore possibles, mais pour le moment, c'est le projet DECOSET qui s'annonce...

Alors on aura une usine au bord du Tarn, polluante par son activité même ( rejets dans l'air, dans l'eau, production et stockage de mâchefers et résidus toxiques ) et par l'afflux de camions de transport.

Personne n'en voulait, du moins à sa porte, nous l'aurons!

Une usine qui, pour son fonctionnement et sa rentabilité, appelle de la matière ( 155000 Tonnes ). Alors soit elle encourage la surproduction de déchets en contradiction avec la Loi du 15 Juillet 75 qui impose leur réduction à la source, soit on fera venir les déchets d'ailleurs ou d'une autre nature ( les Déchets Industriels Banaux sont déjà prévus ). Alors la réduction des déchets à la source, la modification des techniques de production,le tri sélectif et le recyclage (créateurs d'emplois dans des proportions autrement conséquentes et moins coûteux), la recherche pour des solutions alternatives, modernes et écologiques, prendront encore des années pour un développement sérieux et efficace.

Alors la facture des contribuables augmentera sans cesse pour le plus grand profit des industriels privés. Leur lobby lutte contre les normes européennes d'installation et de contrôles en effet très coûteux, ne doutons pas qu'à terme ils se retourneront vers les usagers pour en assumer la charge.

Bien sûr il faut fermer les décharges brutes telles que celle de Villeneuve les Bouloc et supprimer les dépôts sauvages, bien sûr il faut trouver de nouvelles solutions. C'est un enjeu majeur des années à venir, mais c'est une réponse globale et diversifiée qu'il s'agit de mettre en œuvre, de la production à l'élimination, dans le respect de l'environnement et dans un esprit de service public !

Fallait-il se précipiter dans un projet mal ficelé ( implantation absurde, surdimension...) mais surtout dans une filière qui pose autant de problèmes qu'elle n'en résout ? Un moratoire pour une mise à plat du projet aurait été le minimum de la sagesse au moment où cette filière est abandonnée par les autres pays et mise en question dans la plupart de nos régions. La France se distingue encore en organisant toute sa politique de gestion des déchets autour d'une seule filière ( 78% des investissements ) de façon technocratique et sous la pression des lobbies industriels ( Lyonnaise des Eaux, Générale des Eaux, Bouygues et consorts...).

Depuis quelques jours, on ferme des incinérateurs à Lille parce qu'on trouve un taux de Dioxine anormal dans le voisinage, une explosion a lieu dans une usine d'incinération de Toulouse Le Mirail, mais dormez tranquille bonnes gens, notre machine à nous est moderne nous dit-on, rien de tel ne peut nous arriver ! Bien sûr les populations et agriculteurs concernés qui voient leur santé et la commercialisation de leurs produits compromises auront été alors, eux aussi, parfaitement informés !

Eh bien ! l'ATEV, qui dans cette affaire a joué son rôle, a cherché et donné l'information, a pris sa part dans le débat public, continuera de le faire, à sa place et dans le même esprit.

Par l'exercice de sa vigilance sur les contrôles des rejets dans l'eau et dans l'air (au moins pour ce qui est contrôlable, on sait les failles techniques...), sur la nature des déchets brûlés, sur le stockage et le traitement des mâchefers et produits résiduels toxiques, sur le suivi après fermeture de la décharge de Villeneuve les Bouloc pour une réhabilitation du site etc.

Par son travail continu d'information et de promotion des solutions alternatives d'avenir pour qu'au moins on ne construise pas, un peu plus loin ou à côté, d'autres usines d'incinération...

Par son action concrète, localement : contre les décharges sauvages qui continuent de « fleurir » ; pour que le tri sélectif minimal prévu se fasse dans les meilleures conditions, qu'il soit utilisable et utilisé pour recyclage ; pour l'aménagement et l'amélioration des « Points Propreté » et du CRRD du SIVOM de Villemur pour l'apport volontaire des déchets encombrants, déchets verts, gravats, fers, pneumatiques, huiles, peintures, piles etc ; pour le développement du compostage individuel etc,etc.

On peut diviser par deux la masse de nos déchets et donc aussi considérablement les nuisances et le coût pour la collectivité (rappelons que l'incinération se paie à la tonne), en réduisant les emballages (50% du volume de nos poubelles actuelles), en développant le tri sélectif, le tri organique et le compostage. Mais si 84% des Français se déclarent prêts à trier leurs ordures, seulement 40% de ceux qui sont sollicités en font une règle de vie quotidienne (Etude du CREDOC). C'est donc une volonté politique pour proposer un dispositif accessible et performant que l'on attend de nos élus et responsables publics mais c'est aussi grâce au civisme de chacun et à l'éducation des nouvelles générations que nous préparerons une gestion des conséquences de notre modernité qui soit plus respectueuse de la vie des hommes dans leur environnement.


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