" Les
cavités ne sont pas réparties uniformément sur tout le domaine alpin.
Des régions très riches alternent avec dautres qui ne possèdent
pas ou peu de fissures, le massif du Mont Blanc est riche en fissures
alpine. Les cristaux sont récoltées dans des cavités
rocheuses connues sous le nom de "four".
Prospection
secteur Talèfre - L. Guy 2005
Les fissures alpines
se seraient formées
vers la fin de la surrection de Alpes, il y a dix à quinze millions
dannées, à mesure que les fissures souvraient, un autre
processus se déroulait, des solutions aqueuses chaudes sinfiltraient
dans les cavités en formation. Ces solutions firent réaction avec
la roche encaissante et dissolvèrent certaines substances minérales.
Près de la plupart des fissures alpines, cette déminéralisation
se signale par une couleur plus pâle vers le bord et permettait éventuellement
de repérer ces fissures. Au cours du temps, les solutions se sont
peu à peu refroidies, les substances minérales qui avaient été dissoutes
de la roche encaissante, commencèrent à se déposer lentement. Des
petits grains tapissant les fissures, ont alors servis ont alors
servis de noyaux de cristallisation. De plus de nouvelles espèces
qui nexistaient pas dans les roches encaissantes firent leur
apparition. Nous pouvons comprendre que tous les nouveaux minéraux
dépendent aussi bien de la composition chimique de la roche encaissante
que de la composition initiale des solutions dinfiltration ;
Mais il y a aussi des conditions physiques comme la température
et la pression entres autres qui ont influencées le processus de
cristallisation des minéraux dans les cavités.
Fours
secteur Argentière
- L. Guy 2004
Les cristalliers utilisent
plusieurs noms pour désigner les fissures, four, cave, poche ou
cavité à cristaux.
Les
fissures contenant des minéraux sont le plus souvent en forme de
lentille ou dellipse et leurs dimensions peuvent varier de
quelques centimètres à plusieurs mètres.
Ce
ne sont ni des baguettes de sourciers, ni des forces mystérieuses
qui permettent au cristallier de découvrir les fissures cachées
dans le rocher. Ce quil faut pour interpréter les indications
que la nature fournit, ce sont des années dexpérience, un
don dobservation aigu et quelque fois un peu de chance.
"Il
déterra ce morceau de 'granite' avec précaution,
il dégagea la boue et considéra la trouvaille
avec stupéfaction. Il frotta ce morceau surprise
dans un névé voisin, dans la neige la plus
pure... C'était un minéral limpide comme
de l'eau, à facettes reproduisant etrangement la
forme du clocher de son église, Il scruta avec plus
d'attention toute la pente morainique.Mais ce fut l'unique
découverte" P.
Benoit Bickel 1965
Les indices permettant de
repérer une fissure peuvent être les suivants (liste non exhaustive):
Roche
typique des fissures ou éclats de cristaux déposées sur des
moraines, des glaciers ou des cônes davalanche
Décalage
observé dans le rocher, ce décalage ou renfoncement peut prendre
la forme dun gradin, dun gradin ou dune vire.
Un
filon de quartz est éventuellement un bon indice que lorsquil
est transversal, cest à dire perpendiculaire à la texture
de la roche.
La
roche transformée, déminéralisée ou corrodée qui peut entourer
aussi bien le filon de quartz que la fissure elle-même, constitue
aussi une précieuse indication
La
présence dargile, de chlorite dans une fente peut être
très intéressante, car elle peut indiquer le début ou la fin
dune cavité.
Leau
qui sécoule par temps sec est également un indice important.
Cette eau est visible de loin dans les parois, parfois même
elle transporte sable de chlorite vert ou de largile
provenant de la fissure.
Fours - Secteur
Pierre Joseph -Chamonix & Massif
de l'Oisans
Les
fissures particulièrement appréciées sont les fissures " mûres ".
La roche encaissante y est décomposée, il ny a pratiquement
plus aucune attache avec la roche saine, elle se laisse facilement
détacher, lextraction des minéraux est alors facilité, on
peut exploiter de telles fissures sans donner un coup de marteau,
il sagit ici dune véritable " cueillette ".
Exploitations
de fours dans le massif du Mont-blanc
Les quartz
alpins et le minéraux associés sont des produits de cristallisation
géodiques, déposés dans les fractures ouvertes. De tel dépôts ne
sont pas dorigine magmatique. Au sens géologique, ils sont
très récents : 10 à 15 millions dannées, les éléments
quils contiennent ont été extraits de roches beaucoup plus
anciennes, au moins 300 à 350 millions dannées pour les
granites et gneiss.
Les fentes alpine sont des cavités d "extension " restées
ouvertes et tapissées de cristaux, parmi lesquels les plus fréquents
sont ceux de quartz, aux colorations et formes très variés.
Ces fentes
sont dextension limitées, quelques mètres suivant lallongement
dans les deux sens,10 à 30 centimètres douverture sont
déjà de belles dimensions. Une des cavités les plus célèbres
fut découverte en 1719 : la cavité du Zinckenstock, massif
de lAar mesurait 40 mètres en verticales sur 3 mètres
douverture, on y découvrit des cristaux atteignant individuellement
un poids de 400 kilos.
Ces
cavités se " ferment ", les cristaux
de quartz, notamment, se joignent et la fente se perd en
une " queue " quartzeuse ou autre. Il
est fréquent qu "elle soit relayée par une autre
fente parallèle " Là où il y a fente, il y en a
d’autres " ont toujours dit les cristalliers.
Faille
de quartz Secteur Tré les eaux - L. Guy
Four
secteur Talèfre
On appelle " fours" des
cavités à cristaux à développement à peu près égal suivant
toutes les dimensions, ces fours sont particulièrement localisés
dans les granites, ceux du mont Blanc par exemple. Un four
est toujours lié, soit à une fente, soit à une queue quartzeuse.
La schistosité étant souvent voisine
de la verticale, les fentes sont souvent sub-horizontales,
apparaissant alors dans les parois abruptes comme de petites " vires " dites " sièges " par
les " stralhers ". On recherche ces sièges à la
jumelle, surtout après des éboulements . "
"Le principal indice qui dirige dans la recherche
des grottes ou des fours à cristaux, comme il les appellent,
ce sont les veines de quartz, que l'on voit en dehors des
rochers de granit.
Ces veines blanches se distinguent de loin et souvent à de
grandes hauteurs, sur des murs verticaux et inaccessibles.
Ils cherchent alors ou se frayer un chemin direct au
travers des rochers ou à y parvenir plus haut en se faisant
suspendre par des cordes. arrivés là, ils frappent doucement
le rocher et lorsque la pierre rend un son creux, ils tachent
de l'ouvrir coup de marteaux" H.
de Saussure - "Voyage dans les Alpes"
"Il n'abandonnerait pas ses recherches sans avoir poussé
son exploration jusqu'aux parois de rocs et de séracs qui s'étiraient
presque perpendiculairement au sommet."
"Le granite rendit d'abord un son plein, au grand desespoir
du cristallier. Il continua à sonder la paroi, toujours au
dessus du filon, et le roche bientôt , lui répondit sur un
ton plus profond, annonçant un creux. le granite 'rendait'
, c'est à dire, laissait soupçonner une cavité assez profonde"
P. B. Bickel - 1965