Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

 

23 novembre 2008, culte du souvenir, 1 Corinthiens 13/9-13

 Chers frères et sœurs,

            Que voyez-vous ? un billet de 20€, très juste, et ici, sur le billet ? une signature, celle du président de la banque centrale européenne, et savez-vous de qui il s’agit ? c’est la signature du premier président de la banque centrale européenne, Wim Duisenberg, qui a façonné sur ordre la politique monétaire européenne pendant 5 ans. Il est décédé en 2005. On lui a demandé une fois quelle trace il laissera dans l’histoire. Et savez-vous ce qu’il a répondu ? les gens pourront admirer ma signature sur les billets de banque pensant 10 ans. Quelle trace laisserons-nous dans l’histoire, sur cette terre ? aujourd’hui, c’est le culte du souvenir, nous avons mentionné les personnes du village qui nous ont quittées cette année. La question mérite d’être posée me semble-t-il, que restera-t-il de nos vies après notre mort ? Il y a bien sûr les souvenirs, vous avez chères familles beaucoup de souvenirs de ces personnes qui nous ont devancées, de beaux souvenirs, souvenirs de joie, de moments heureux, mais aussi des moments de peine, de la maladie, ou de la séparation. Il y a l’amour partagé avec ces personnes, ce qu’elles vous ont transmis, appris. Beaucoup de choses c’est vrai. Mais est-ce tout, n’y a-t-il rien d’autre ? dans 10 ans, dans 100 ans, dans 1000 ans, 10000 ans, ou lorsque notre terre n’existera plus, que restera-t-il de ces souvenirs ? que restera-t-il de nous ? on peut penser qu’avec la mort, tout est fini pour la personne qui nous quitte, qu’il y a juste les souvenirs pour ceux qui restent. Mais si tel était le cas, moi je trouverais le monde encore plus injuste qu’il ne l’est. La vie n’est pas juste, vous êtes d’accord, il y a des personnes qui se sont enrichies en spéculant en ne travaillant pas ou presque pas, et d’autres personnes travaillent à s’épuiser toute leur vie, sans pouvoir se reposer. Allez une fois dans une mine de diamant en Afrique du Sud, une mine de cuivre à Chuquicamata au Chili ou même travailler dans les tunnels de nos traversées alpines. Il y a des familles sur lesquelles le malheur semble coller à la peau, et des personnes sans scrupules qui semblent gâtées par la vie. Nous ne sommes pas tous égaux devant la souffrance.

            Si donc il n’y avait rien de différent après la mort, la vie sur la terre me paraîtrait vraiment trop injuste. Nous ne comprenons pas tout de ce qui nous arrive, ou arrive à nos familles, ou nous voisins. Mais si nous remarquons cela, que certaines choses semblent trop injustes sur la terre, si certains événements ne paraissent pas avoir de sens, c’est que nous croyons quelque part au fond de nous-mêmes qu’il y une justice ultime, un sens à nos vie, même si nous ne comprenons pas tout tout de suite. Je reconnais qu’il y a des questions sans réponse ici-bas, que nous ne comprenons pas tout des chemins sur lesquels Dieu nous mène. Mais je suis persuadé qu’un jour il y aura des traces bien plus belles et plus grandes et plus complètes qu’une signature sur un billet de banque. L’apôtre Paul dit dans sa première épître aux Corinthiens, au chapitre 13 : 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,  10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli.  11 Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai mis de côté ce qui était de l'enfant.  12 Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.  13 Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais la plus grande de ces choses, c'est l'amour. Sur cette terre, nous connaissons en partie, nous voyons au moyen d’un miroir. Nous ne connaissons et ne savons pas tout, seul Dieu sait et connaît tout. Si nous avons réponse à tout, il y a 2 possibilités : nous nous trompons, ou nous sommes Dieu.

           Remarquez, Paul ne dit pas que nous ne connaissons rien, que nous ne voyons rien, pas de tout. D’ailleurs tout l’effort missionnaire de l’apôtre Paul consistait à essayer de faire comprendre l’amour de Dieu à chaque être humain qu’il rencontrait, le plan du salut de Dieu pour toute l’humanité. Et Paul ne se lasse pas de voyager, de rencontrer des gens, d’écrire, pour atteindre encore plus de personnes. Mais il dit, nous connaissons partie, nous voyons en partie. On peut penser ce que l’on veut du conseiller fédéral partant Samuel Schmid et de son successeur, moi j’ai apprécié lorsqu’il a dit dans la conférence de presse annonçant son retrait du conseil de fédéral qu’il fallait avoir du respect envers chacun, et que la modestie et l’humilité devaient retrouver une plus grande place. Nous n’aimons pas que les personnes soient arrogantes et hautaines, pensent tout savoir mieux, mais demandons à notre vis-à-vis si parfois nous ne tombons pas aussi dans ce piège, c’est aussi un miroir qui peut nous aider à nous recentrer sur l’essentiel. Enlever notre poutre avant de relever la paille de l’autre. C’est plus facile d’enlever une paille qu’une poutre, vous êtes d’accord, c’est plus facile d’accuser et de critiquer les autres que de provoquer un changement en nous, de faire un travail sur nous-mêmes. Mais à Dieu rien n’est impossible. Paul dit donc cela, nous connaissons en partie, nous voyons en partie. Mais il n’en reste pas là, lui qui se déclare le moindre des apôtres, parce qu’il n’a pas connu Jésus sur la terre, lui qui au départ persécutait les chrétiens, croyant bien faire, il ne s’arrête pas à cette constatation : nous connaissons et nous voyons en partie. Il affirme haut et fort qu’une autre période arrivera, où ce qui est partiel sera aboli, où nous verrons face à face. Il y a un beau chant qui dit : Voir mon sauveur face à face
Voir Jésus dans sa beauté, O joie! ô suprême grâce! O bonheur! félicité!
Oui, dans ta magnificence, je te verrai, divin Roi! Pour toujours dans ta présence je serai semblable à toi! Un chant que le chœur chantera évoque aussi cela, je désire être comme Jésus, dans le chant : Lord, I want to be a christian, in a my heart, Seigneur, je veux être un chrétien, dans mon cœur. Voilà notre espérance en tant que chrétiens, Jésus est ressuscité des morts, et pour cette raison, nous ressusciterons aussi. Pour aller où, cela est notre choix, Dieu nous offre son amour, son pardon, la vie éternelle, mais c’est à nous de répondre à cet appel de Dieu, Lord, I want to be a christian, Seigneur, je veux être un chrétien, porter le nom du Christ, le suivre, devenir son disciple. Mais chacun et chacun ressuscitera, pour le jugement dernier, et pour la vie auprès du Seigneur pour ceux qui l’auront reçu comme Seigneur et Sauveur. La mort fait partie de la vie, nous le savons, devant la mort nous sommes tous égaux, personne n’y échappe, en naissant, nous sommes déjà des condamnés à mort, que cela nous plaise ou pas, mais nous pouvant être graciés, échapper, non pas à la mort physique, mais à la seconde mort comme le dit le livre de l’apocalypse, la mort spirituelle. La mort est un passage, parfois difficile, parfois précédé de souffrances, mais elle reste un passage vers une nouvelle vie, différente. Certains disent que personne n’est revenu. Je dis non, ce n’est pas vrai, une personne est revenue de la mort, Jésus-Christ, mort et ressuscité. Vous pensez que l’évangile serait venu jusqu’à Sonceboz-Sombeval si Jésus n’était pas ressuscité des morts ? le message se serait perdu et dilué dans une secte juive en Israël. Voilà notre espérance, Jésus-Christ est mort et ressuscité, et nous ressusciterons aussi. L’apôtre Paul, dans le texte que j’ai évoqué, termine en disant cela : 13/13  Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais la plus grande de ces choses, c'est l'amour. La foi, l’espérance et l’amour sont liés, mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour. C’est parce Dieu est amour, que nous pouvons avoir confiance en lui, croire en lui, s’il n’était pas amour, nous aurions des raisons d’avoir peur de lui, ou de ne pas lui faire confiance. C’est parce que Dieu est amour, qu’il a préparé une espérance éternelle pour nous les humains. Il nous a aimés le premier, et en retour, je peux aussi l’aimer, et aimer mon prochain. Saint-Augustin disait, aime, et fais ce que tu veux. Il voulait dire, si nous aimons, si nous agissons par amour, alors nous ne nous tromperons pas, nous ne ferons pas de mal. Dans ce monde, on a tellement l’habitude d’agir par intérêt personnel, pour augmenter des avantages, etc, Jésus propose autre chose, agir par amour, ce n’est pas le chemin le plus facile, mais c’est le seul qui mène au but même après la mort. Amen.