23 janvier 2000, 2 Rois 5
Chers frères et surs,
L'Allemagne, ou surtout un parti en Allemagne passe par une grave crise, la plus grande depuis 40 ans. Parce que des politiciens ont semble-t-il accepté de l'argent sans le déclarer ou le comptabiliser sur les comptes du parti. On ne sait pas comment le parti s'en sortira, ou s'il subira la même crise que la démocratie chrétienne en Italie il y a quelques années, parti qui n'existe plus sur l'échiquier politique. Accepter des présents, profiter de leur situation. Si on lit le texte de la prédication de ce matin, on constate que ce n'est pas nouveau, car le serviteur de Elisée a voulu aussi profiter de l'occasion, la guérison de Naaman, pour s'enrichir. Mal lui en pris, le texte dit qu'il a attrapé la maladie de Naaman, la lèpre. La lèpre qui est parfois un symbole du péché. Nous devons aussi faire attention, ne pas vouloir profiter des bénédictions de Dieu pour des intérêts égoïstes ou personnels. Un miracle s'est produit, Naaman a été guéri, et Guéhazi, au lieu de donner toute la gloire à Dieu, veut s'en servir pour des avantages personnels. Nous ne sommes peut-être pas tentés de nous enrichir d'une façon semblable, mais nous pouvons aussi essayer de tirer parti d'une bénédiction de Dieu pour notre avantage, légitimer nos conceptions théologiques par rapport à d'autres chrétiens, ou notre autorité dans un groupe, une église, une communauté, ou aux dépens d'autres. Dieu m'a utilisé pour bénir d'autres personnes, par conséquent tout ce que je dis ou je fais est juste, ou plus juste que ce que disent d'autres personnes qui n'ont peut-être pas eu des bénédictions publiques semblables. Attention, restons dans l'humilité et la foi. Parce que l'orgueil est sournois, il peut se cacher derrière des aspects spirituels. En tous cas ce texte est un avertissement, pas un avertissement à ne pas chercher la bénédiction de Dieu, accomplir ses uvres, non, mais un avertissement à la façon de les gérer. le récit ne doit pas nous faire peur, mais nous rappeler à toujours donner toute la gloire à Dieu et à Dieu seul. Mais le récit ne commence pas là. Il commence sans doute lorsque les Syriens amènent une petite fille captive d'Israël. Un élément négatif, elle est fait prisonnière, est-ce que Dieu n'aurait pas pu la garder de cette épreuve, ou la libérer? Oui, il aurait pu, mais il avait un plan, elle était destinée à un être un maillon de la chaîne qui a conduit au miracle. Un maillon insignifiant en apparence, mais combien important. Que peut faire une petite fille au service de la femme de Naaman? Que pouvons-nous faire? Parfois nous nous posons peut-être de telles questions, je ne suis pas bon à grand-chose, je ne sais pas quoi faire pour le royaume de Dieu. Mais ce n'est pas grave, si vous ne savez pas ce que vous pouvez faire pour le royaume de Dieu, parce que votre chef le sait, il connaît vos capacités, vos dons, vos possibilités, c'est cela qui est primordial. Dieu sait comment il désire vous employer, et il désire le faire, faire en sorte que vous soyez en bénédiction pour beaucoup. Il vous a choisi et établi, afin que vous portiez du fruit, et que ce fruit demeure. Si vous pensez, pardonnez-moi, que vous n'êtes plus bon à rien, ou que vous ne pouvez pas faire grand-chose pour lui, c'est que vous mettez en doute ce choix de Dieu. C'est presque l'offenser, douter de ces capacités de choix et de son aptitude à diriger son personnel. Dieu peut et veut vous utiliser, demandez-lui simplement comment. Croyez qu'il a préparé aussi pour vous des bonnes uvres d'avance afin que vous les pratiquiez. Ne serait-ce que prier, vous savez, aux yeux du monde, cela paraît insignifiant, mais c'est une puissance. Priez pour les gens du village, le conseil, le pasteur, ou pensez-vous qu'ils n'ont pas besoin de vos prières? Une petite fille emmenée captive, mais une chaîne importante pour la guérison de Naaman. Naaman avait été utilisé par Dieu pour sauver les Syriens, le texte le dit. (2 Rois 5/1). Et il tombe malade, attrape la lèpre. Et pourtant Dieu l'avait utilisé. Vous me direz peut être sans le savoir, c'est très bien possible, mais cela montre tout de même que l'on peut être au service de Dieu, et pourtant attraper une maladie. La maladie n'est pas un signe de manque de foi, en tous cas pas du malade. Quand les disciples n'ont une fois pas pu guérir un malade, Jésus ne s'en pas pris au malade, mais aux disciples, race incrédule et perverse leur a-t-il dit. Et l'a guéri, sans lui demander quoi que ce soit. En tous cas, Naaman est malade, et la petite servante de sa femme a pitié de lui. Malgré le fait qu'elle est prisonnière dans un pays étranger. Vous voyez les chemins de l'amour. Elle aurait pu ne rien dire, penser, c'est bien fait, ou c'est Dieu qui le punit, punit de ma garder captive au lieu de me ramener dans ma patrie. Ou aussi, c'est un incroyant, c'est comme ça, qu'est-ce que je peux faire. Non, voyez l'amour et la compassion qu'elle a de cet être humain qui souffre, a une époque où la foi en Dieu n'était pas encore universelle, mais pratiquement limitée au peuple d'Israël. Cette compassion a brisé toutes ces barrières, un général syrien, dont je dois servir la femme, un étranger, l'amour et la compassion ont brisé ces barrières. Elle a une attitude exemplaire, cette petite fille, l'amour de cette petite fille va déclencher tout un processus, une histoire qui conduira à la guérison de son maître. C'est l'amour qui est la base du déclenchement de ce processus qui va conduire à la guérison. Tout simplement. Avant de demander à Dieu toutes sortes de plans et de stratégies, c'est bien de le demander, mais n'oublions pas de lui demander de faire croître notre amour pour lui et notre prochain. Car plus l'amour se développera et grandira, plus nous serons prêts à faire les uvres de Dieu, qui sont des uvres d'amour. Sans amour on ne peut faire les uvres de Dieu. On peut faire les uvres des hommes, mais pas les uvres de Dieu. Et Dieu a préparé les chemins et les voies de service. La petite fille ne pouvait sans doute pas s'adresser directement à Naaman, elle en parle à sa femme. Qui l'écoute, et qui aime aussi son mari, et qui le lui dit. Et Naaman, le chef de l'armée du roi, il en parle à son supérieur, comme tout militaire qui se respecte est tenu de le faire. La voie hiérarchique. Et le roi lui, qui désire un chef de son armée en bonne santé, il envoie une lettre au roi d'Israël. Jusque là, tout va bien, pas de problèmes. Le processus avance. Mais c'est le roi d'Israël qui pose le premier problème, pas le roi de Syrie, étonnant, parfois ce sont plus les chrétiens qui mettent des entraves aux voies de Dieu que les non chrétiens. Le roi de Syrie était prêt à utiliser un prophète d'autre pays, tandis que le roi d'Israël, qui devait conduire le peuple de Dieu, lui il a oublié sa mission première, être au service de son peuple et de Dieu, il pense qu'il n'est pas concerné, il déchire ses vêtements, il pense qu'il n'est pas concerné par les affaires spirituelles. Au lieu de demander à Dieu que faire, il soupçonne le mal, une occasion de dispute. Lorsqu'on oublie sa mission première, et la composante spirituelle, souvent on ne discerne pas la signification des événements. Mais malgré cela, Dieu continue son processus, puisque Elisée apprend cela. Dieu utilise même la colère du roi pour transmettre un message à Elisée. Et Elisée, lui, il ne pense pas d'abord à critiquer l'attitude du roi, non il pense à la guérison, sa mission de prophète. Le prophète est là pour aider, guérir, remettre sur le droit chemin, et non pour juger, détruire, condamner. Elisée lui dit de le laisser venir, afin qu'il sache qu'il y a un prophète de Dieu en Israël. Elisée se base sur la mission d'Israël, Israël dit être témoin de Dieu, et un prophète est un témoin de Dieu. Il saura que Dieu agit en Israël, il veut exercer la mission d'Israël. Alors Naaman se met en route, et Elisée lui envoie un serviteur, lui dire de se plonger sept fois dans le Jourdain. Mais Naaman cette fois est irrité, parce que ce qu'on lui demande de faire ne correspond pas à ce qu'il avait imaginé. Il ne comprend pas que les voies de Dieu ne sont pas nos voies, et il se vexe, est blessé dans son amour propre. Rendez-vous compte, Dieu n'agit pas lui il le pensait, alors il se fâche. Dieu a une voie, et lui une autre. Et au lieu de changer ses pensées selon celles de Dieu, de les adapter, il exige que Dieu agisse selon ses pensées. Combien de fois avons-nous agi de cette façon, nous avions nos idées sur les voies de Dieu, et Dieu n'agit pas comme nous le pensions, alors au lieu de laisser Dieu changer nos pensées, nous sous sommes bloqués et sommes restés bloqués. Déboussolés. Comme Naaman nous voulions partir de l'endroit où nous espérions une bénédiction, découragés, et nous n'avons pas compris que le seul problème, c'est que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. Venir jusqu'en Israël, pour simplement se tremper 7 fois dans le Jourdain, Naaman pense que les fleuves en Syrie feront aussi l'affaire. Des fleuves qui ressemblent au Jourdain, qui conduisent aussi de l'eau, mais qui ne sont pas en Israël. Heureusement qu'il y a les serviteurs de Naaman, qui arrivent à le raisonner, lui dire, mais ce n'est pas difficile ce qu'il te demande, pourquoi ne le ferais-tu pas? Autrement dit, qu'as-tu à perdre, mais vas-y, vas-y. Et Naaman écoute ses serviteurs, et sa chair redevient pure. Bien sûr, il mourra un jour, mais il a reçu une guérison de le part de Dieu, un signe de son amour, de sa miséricorde. Parce que l'amour de la petite fille a trouvé un chemin malgré les barrières et les obstacles de tous genres. Même si nous sommes encore peu nombreux, notre amour et notre foi en un grand Dieu peuvent transporter des montagnes. Et trouver des chemins au milieu des obstacles et des difficultés. Alors allons-y, et lorsque Dieu nous demande de nous tremper dans le Jourdain ou dans le baptistère, n'hésitons pas, il est avec nous. Amen