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mai 2000, 2 Rois 6/1-7
Chers
parents et amis de Kevin Justin, chers frères et sœurs,
Dieu fait parfois des miracles inhabituels, vous me direz, chaque miracle
est inhabituel, quelque chose d'extraordinaire, qui sort de l'ordinaire. Oui,
mais si Dieu guérit une personne malade, cela est extraordinaire, mais cela
nous est rapporté dans la bible à maintes occasions, et encore aujourd'hui
Dieu guérit, mais faire remonter le fer d'une hache, cela est assez différent,
vous êtes d'accord. Pourquoi Dieu fait-il de tels miracles? Pourquoi a-t-il
fait remonter le fer?
On voit qu'au début de l'histoire, les
fils des prophètes sont à l'étroit. Ils étaient avec Elisée, le successeur
d'Elie, et ils n'ont pas assez de place. Ils ont un problème. Alors il désirent
faire quelque chose. Agrandir, faire quelque chose de plus grand, où ils seront
moins à l'étroit. J'aimerais avoir ce problème dans notre paroisse, une église
trop petite, vous aussi? Les chrétiens sont de drôles de gens. Parce que les
gens en général, ils désirent avoir le moins de problèmes possible, moi cela
dépend des problèmes, il y a des problèmes que j'aimerais avoir, bien sûr,
il y en aussi qui ne me font pas plaisir. Le but du chrétien ce n'est pas d'éviter
les problèmes. C'est d'avoir les bons problèmes. Les problèmes positifs. Ce
n'est pas forcément mauvais signe lorsqu'un chrétien, une chrétienne, ou une
paroisse ou une église rencontre des problèmes. Cela ne veut pas dire que plus
il y a des problèmes dans une vie, mieux c'est, et plus croyante est la
personne. Non, mais je crois qu'il est faux d'essayer de vivre en essayant d'éviter
tous les problèmes. Jésus a eu des problèmes, il n'a pas eu peur de vivre
dans la vérité, et de dire la vérité, et cela l'a mené sur la croix. Vous
me direz, ce n'est pas une perspective alléchante, mais ce c'est pas cela qui
compte dans la foi. Ce n'est pas ce qui me plaît ou qui ne me plaît pas, ce
que je désire ou ce que je ne désire pas, ce qui compte, c'est d'obéir à
Dieu, coûte que coûte. Vivre dans la vérité et dire la vérité. Indépendamment
des conséquences. Jésus n'a jamais cherché exprès les ennuis, mais il n'a
jamais fait des compromis sur la vérité pour s'éviter des ennuis. Si on veut
s'éviter les ennuis à tout prix, alors la conséquence, c'est la mort. Pas de
fruits, de descendance. Les parents de Alexandre et Jérémy, sûrement qu'ils
ont déjà eu des problèmes avec eux, c'est vrai, des problèmes avec leurs
enfants, qui n'en a pas eu. On ne sait pas comment faire, comment réagir,
comment s'organiser. Et pourtant, ils ont désiré des enfants, et leurs enfants
leur ont apporté beaucoup de joie et de plaisir. Malgré les problèmes. S'ils
avaient dit, puisque les enfants apportent des problèmes, nous n'aurons pas
d'enfants, ils n'auraient pas eu des problèmes avec leurs enfants, mais ils
n'auraient pas non plus eu de descendance. Certains couples sans enfants
aimeraient bien avoir les problèmes qu'ont ceux qui ont eu le privilège d'en
avoir. Il ne faut pas chercher les problèmes dans la vie, faire exprès
d'accumuler les problèmes, mais il ne faut pas non plus essayer de tous les éviter.
Ce n'est pas bien. Ce n'est pas toujours facile d'être parents, vous êtes
d'accord, mais pour l'éducation, ce n'est pas bien par exemple d'essayer d'éviter
les problèmes d'autorité, de confrontation, lorsque les enfants veulent tester
leurs limites. De tout laisser faire, heureusement nous sommes revenus de cette
idée d'éducation non autoritaire. Les enfants ont besoin d'un cadre, de
limites, pas d'étau, mais d'un cadre, il ne faut pas revenir à certains excès
du passé. Les fils des prophètes veulent construire un lieu d'habitation. Les
parents de Jérémy se sont engagés à lui donner une éducation chrétienne.
C'est aussi une construction, un domaine où ils sont appelés à s'investir. L'éducation
des enfants en général. On ajoute pierre après pierre, chaque jour, semaine,
année. Il faut choisir les bons matériaux. Les fils des prophètes vont au
Jourdain. Le fleuve où Naaman, juste un chapitre avant, a été guéri de la lèpre.
Le Jourdain que le peuple d'Israël a franchi avant d'entrer dans le pays
promis, le Jourdain où Jésus sera baptisé. Le Jourdain, un passage, passage
entre l'homme déchu, pécheur, et l'homme guéri, renouvelé. Jourdain signifie
qui descend, pour moi c'est un symbole de l'humilité, Jésus, sans péché, a
été assez humble de se faire baptiser par Jean. C'est la première pierre de
toute construction de vie, reconnaître ses fautes, ses péchés, ses limites,
devant Dieu, et recevoir son pardon. Aussi pour l'éducation des enfants,
reconnaître qu'on est limité, ne pas penser qu'on fera mieux que tous les
autres. Vous connaissez ces couples sans enfants qui reprochent leur conduite à
ceux qui en ont. Mais une fois qu'ils ont eux-mêmes des enfants, souvent leur
attitude change. Nous sommes limités, reconnaissons-le. Ayons l'humilité de
demander l'aide de Dieu. Les fils des prophètes se mettent au travail. Ils
coupent des arbres, font des poutres. Ils ne sont pas trop orgueilleux pour ce
travail, ah non, nous sommes prophètes, pas bûcherons, ni menuisier. Ils font
ce qui est nécessaire pour Dieu, ils travaillent, font quelque chose. Dieu ne
fait pas tout pour nous. Il nous offre le pardon, la vie éternelle, par grâce,
mais il nous demande aussi de travailler, comme Jésus dans Jean 6/27: Travaillez, non pour la
nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et
que le Fils de l'homme vous donnera. Dans Ephésiens 2/10 il nous est demandé
de pratiquer les œuvres que Dieu a préparées d'avance. Chacun sa part, Dieu
prépare, et nous pratiquons les bonnes choses qu'il a préparées. Mais nous
sommes invités à pratiquer ces bonnes œuvres, de rechercher la
sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur (Hébreux 12/14).
Les fils des prophètes eux travaillent, et voilà , un malheur arrive. Comme
l'un abattait une poutre, le fer tombe dans l'eau. Je suppose que c'est le fer
d'une hache. En ce temps là, une hache était précieuse, on ne pouvait pas en
acheter à chaque Do-It-Your-Self, d'ailleurs il est dit que le fer était
emprunté. Le fer était emprunté, et celui qui perd le fer en devient aussi
emprunté. Et on le comprend. Il s'écrie, ah, mon seigneur. Pourtant il s'est donné de la peine, il a voulu œuvrer pour Dieu,
mais le résultat, un fer précieux tombe au fond du Jourdain, et pas plongeurs
pour le rechercher. N'est-ce pas l'image de nos vies à tous et toutes. On se
donne de la peine, que ce soit pour l'éducation des nos enfants, notre travail,
l'église, Dieu, et puis un malheur arrive. Quelque chose est cassé, perdu. Et
on pense que c'est perdu à tout jamais. Alors on s'accuse, j'aurais du tenir la
hache autrement, j'aurais du mettre un autre manche, ou on se dit, je le savais,
je ne suis pas fait pour abattre une poutre. Mais voilà le miracle, Dieu
intervient là où nous échouons. Là où j'ai failli, là où j'ai perdu le
fer, on outil, Dieu intervient, et par le prophète Elisée. Il fait une drôle
de chose, il veut d'abord savoir exactement le lieu où le fer est tombé, la
place. Le fils de prophète doit alors expliquer ce qui s'est passé, désigner
la place, il montre la place. Autrement dit, il ne cache pas le malheur, ce qui
n'a pas réussi. Il ne cherche pas d'excuses. C'est là. Il montre la place, ni
plus, ni moins. La vérité. Jésus dira la vérité vous affranchira. Oser dire
ses échecs, ses problèmes, ses difficultés. C'est le premier pas de la
solution au problème. Reconnaître ses fautes, sa situation. C'est là que j'ai
perdu le fer. C'est là que j'ai commencé à douter, à moins prier, je suis
emprunté par cette perte. Encore une parenthèse, ce fer précieux était
emprunté. Les enfants, ce bien si précieux, nous sont aussi prêtés par Dieu,
ils ne nous appartiennent pas, ils nous sont prêtés pour un temps, notre vie
non plus d'ailleurs ne nous appartient pas, elle nous est prêtée pour un
temps, notre argent aussi nous est confié, à nous de le gérer, lorsqu'on a
compris cela, ce n'est plus un problème de donner au moins la dîme pour l'œuvre
de Dieu. Cela peut paraître un handicap à première vue, mes enfants ne
m'appartiennent pas, ma vie, mon argent, mon conjoint, cela veut dire
effectivement que je ne peux pas en faire ce que je veux, d'ailleurs dans aucun
pays du monde on ne peut faire avec les enfants ce qu'on veut, il y a des
limites, sans quoi les enfants peuvent être enlevés à leurs parents, mais
cela est aussi un avantage, parce que celui qui nous prête les enfants et la
vie et tout et plus fort que nous. Dieu prend soin de nos enfants, de nos vies,
de nos situations, heureusement. Imaginez la vie sans sa grâce, son aide, sa
protection. Je sais que Dieu prend mieux soin de mes enfants que jamais je ne
pourrai en prendre soin. D'ailleurs je ne serai pas toujours là pour mes
enfants, un jour il me rappellera, alors quoi de plus réconfortant de savoir
qu'ils sont sous la protection de Dieu. Ils nous sont prêtés, cela nous enlève
pas la responsabilité de nous en occuper le mieux possible, mais cela enlève
un poids, un fardeau. Là où je suis limité, où je ne peux aider, savoir, il
est là pour faire remonter le fer à la surface. Encore une image. Un fer sans
le manche, vous ne pouvez faire grand-chose, de même seulement le manche. Il
faut les deux. Je dirais pour l'éducation des enfants, le bois représente le cœur,
la tendresse, il en faut, c'est indispensable, mais il faut aussi les limites,
la vérité, la direction, le fer. Les deux ensemble. Je lisais le billet
dominical du pasteur Bourquin de Court, sous le titre: Ni Dieu, ni maître, qui
disait que si dans notre société il n'y plus de valeurs, de référence, et il
pensait aux valeurs bibliques, alors l'individu devient égocentrique,
inconstant et impulsif. Et il finit par s'effondrer devant les exigences d'une réalité
auxquelles il n'est pas préparé. Elisée fait quelque chose d'étrange. Il
jette un morceau de bois là ou le fer a disparu. Parce que Dieu lui avait
indiqué cela. S'il avait fait exactement la même chose, mais sans indication
de Dieu, cela aurait été un geste farfelu, on aurait dit il lui manque un
boulon dans la tête, il est fou. Si ce que nous faisons est farfelu ou pas,
cela ne dépend pas tellement de ce que nous faisons, mais si nous le faisons
sous l'indication de Dieu ou pas. Elisée avait appris à écouter Dieu, sa
voix. Et c'est de cela dont nous
avons besoin, tous, savoir reconnaître la voix de Dieu, ce que lui nous dit,
nous demande. Et faire exactement selon ses indications. Dieu fait un miracle,
inhabituel, mais pas pour épater les gens, parce qu'il y avait un besoin. Dieu
agit toujours par amour, même si nous ne le comprenons pas toujours. Et pour
montrer sa puissance, affermir la confiance de ses enfants en lui, mais surtout
par amour. Il ne fera pas toujours la même chose, si vous allez jeter un fer de
hache dans la Suze, c'est possible qu'il ne remontera pas, même si vous jetez
un morceau de bois à l'endroit où il est tombé dans l'eau. Mais si vous
faites sa volonté, et obéissez à ses indications, alors il réparera des
petits ou grands malheurs de votre vie. Rien n'est impossible pour lui. Amen