Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

23 mai 1999, Pentecôte, baptême, Genèse 11/1-11

Chers frères et sœur, chers parents et amis de ……,

Vous connaissez je pense l'histoire de la tour de Babel. Vous me direz peut-être, aujourd'hui, c'est Pentecôte, qu'est-ce que le récit de la tour de Babel a de commun avec Pentecôte. Je crois qu'il y a des liens. Il y a des ressemblances et des différences. La ressemblance, c'est que dans le récit de Babel, les gens parlent différentes langues, et à Pentecôte aussi, ils parlaient en d'autres langues. La différence, c'est qu'à Babel ils ne se comprenaient plus, mais qu'à Pentecôte, ils se comprennent. Ils se dispersent, tandis qu'à Pentecôte ils sont dans l'unité grâce à l'Esprit de Dieu.

Mais qu'est-ce qui se passe autour de la tour de Babel? Ils veulent construire une tour, mais pourquoi? Ils veulent se faire un nom. Faisons-nous un nom. Ils veulent se faire un nom, et ça ne marche pas. Chaque fois que les humains veulent se faire un nom, ça ne marche pas, c'est le malheur. Alexandre le Grand voulait se faire un nom, son empire s'est dissous. Hitler voulait se faire un nom, ce fut un désastre. Parce que c'est l'orgueil humain, qui veut se faire nom sans Dieu. L'ambition humaine n'est pas mauvaise en soi, d'ailleurs déjà les petits enfants veulent faire beau dessin, une tour dans le sable plus haute et plus belle que les autres. Mais quand il n'y a plus de limites, et surtout quand des adultes se mettent à jouer comme des enfants, alors bonjour les dégâts. Vous connaissez l'histoire du Titanic, les promoteurs voulaient construire un bateau insubmersible, l'orgueil humain, et vous connaissez la tragédie qui s'en est suivie. Qui veut s'élever pour devenir comme Dieu, et qui devient pas une bête, parce qu'une bête ne fait pas le mal que les humains font, qui s'abaisse dans le péché et le malheur. Vouloir se faire un nom soi-même, sans Dieu, c'est entrer de plein pied dans le malheur, le péché. C'est creuser sa propre tombe, et pire que cela, s'éloigner de Dieu. Parce que nous n'avons pas besoin de nous faire un nom, parce que nous sommes quelqu'un devant Dieu, nous sommes précieux. Chaque être humain, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, depuis Yves jusqu'à la personne la plus âgée, depuis la plus pauvre jusqu'à la plus riche. Nous n'avons pas besoin de nous faire un nom indépendamment de Dieu, car Dieu lui nous a appelé par notre nom, avant que nous le connaissions, comme il est dit dans Esaïe 45: Je t'ai appelé par ton nom, je t'ai parlé avec bienveillance, avant que tu me connaisses. Notre nom a sa valeur et son identité en Dieu et dans notre relation à Dieu. Dieu nous appelle, afin que nous comprenions qu'il nous appelé, et que nous puissions répondre à son appel. Yves est encore petit, mais Dieu l'a déjà appelé, il continuera de l'appeler, et Yves pourra choisir, s'il veut répondre à cet appel, mettre sa vie dans les mains de Dieu. Et ce choix, ses parents ne peuvent pas le faire pour lui, ils peuvent l'encourager, être un exemple dans l'amour envers Dieu et le prochain, mais ils ne peuvent choisir à sa place. Ils peuvent, et la marraine et le parrain, prier pour lui, mais ce sera son choix. Répondre à l'appel de Dieu. Nous avons un nom dans le cadre de notre relation avec Dieu. Et à Pentecôte, le baptême du St-Esprit, c'est comme un affermissement de cette relation, une unité entre Jésus-Christ et ses disciples. Qui veut glorifier Dieu. Jésus le dit d'ailleurs à ses disciples, en parlant du St-Esprit, du paraklet, le consolateur, il me glorifiera. C'est l'œuvre du St-Esprit, glorifier Jésus. Rien de plus et rien de moins. Il ne glorifie pas une personne, pas une église, pas une doctrine, mais Jésus-Christ.

A Babel, ils veulent se faire un nom. Mais pourquoi, qu'est-ce qui les pousse? Si on lit le texte, on voit que c'est la peur: Ils ont peur d'être dispersés sur la terre, alors ils disent: Allons! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. Ils ont peur. Peur d'être dispersés, alors ils veulent se mettre ensemble, vivre dans la même tour, le même moule. Et dans cette peur, ils deviennent orgueilleux, ils veulent construire une tour dont le somme touche le ciel. L'orgueil est souvent la conséquence de peur, orgueil dans les relations familiales, humaines, on a peur de perdre quelqu'un, alors on se met une carapace d'orgueil, pour masquer sa peur. On est blessé dans son orgueil par une attitude, une parole, un geste que l'on n'attend pas. Et puis au lieu de discuter, de partager, pardonner et recommencer, on devient résigné, amer, ou vindicatif. Les hommes ont peur. Peur d'être dispersés. Or Dieu avait dit, Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, il n'avait pas dit mettez-vous ensemble dans la même tour, le même moule. En voulant rester ensemble dans la même tour, ils désobéissent à Dieu, et ils désobéissent par peur. Dieu avait prévu la diversité, c'est une richesse que nous sommes tous différents, il n'y personne au monde qui ressemble exactement à Yves, ou à Mégane ou qui que ce soit ici et sur la terre. Chaque personne est unique, différente des autres. Chaque personne a des bons côtés, des dons, des talents, et c'est formidable, bien sûr vous me direz il y a aussi le revers de la médaille, nul n'est parfait, c'est vrai, la bible dit que nous sommes tous pécheurs, limités, même Yves, je pense, même s'il est petit, il a déjà fait des choses qui ne sont bien, c'est vrai. La question, c'est qu'est-ce que je fait avec mes limites, mes fautes, mes faiblesses, mes péchés? Est-ce que je les cache autant que possible, mais un jour ils apparaissent, tous ceux qui sont mariés le savent bien, et même les autres, lorsqu'on vit avec une personne, on découvre ses bons côtés, mais aussi les arêtes, il faut vivre avec cela. Dieu a prévu la diversité, il a donné à l'autre humain la responsabilité de remplir la terre, pas de l'exploiter ou de la polluer, mais de la remplir avec son bon sens et l'aide de Dieu. Et les gens ont peur, peur de cette diversité, peur de l'inconnu peut-être aussi. Ils veulent rester ensemble, pour ne pas avoir peur, tous ensemble. Mais cela ne va pas. On ne peut construire une tour où habitent les personnes de toute la terre. Il y a d'ailleurs une peinture du peintre Pierre Brueghel, qui représente la tour de Babel, et on y voit que les gens construisent, mais un peu chacun selon ses plans, et que la tour devient toute biscornue. La peur fait désobéir les gens à Dieu. La peur est souvent mauvaise conseillère. Quelqu'un qui se marie par peur de rester célibataire, c'est pas l'idéal, vous êtes d'accord. Mais aussi la peur dans le couple, la peur de perdre l'autre, la peur de décevoir, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de perdre son travail, la peur de ne pas savoir comment éduquer ses enfants, ou de recevoir quelque chose de mauvais en demandant le baptême du St-Esprit. La peur paralyse, ou mène dans de fausses directions. Déjà Adam et Eve, au début, je crois que la peur a joué son rôle dans le premier péché, ils avaient peur de louper quelque chose, de devenir comme Dieu, alors ils ont désobéi. Peur de louper quelque chose, au plan financier, sexuel, professionnel ou autre, peur de ne pas être reconnu dans un groupe, de faire autrement que les autres, que ce soit pour la drogue, l'alcool ou autre chose. Dieu ne désire pas que nous soyons dirigés par la peur, que la peur nous gouverne. Déjà à la naissance de Jésus, les anges avaient dit cela, ne craignez pas. Pierre, avant la Pentecôte, avait peur de reconnaître qu'il était disciple de Jésus, aujourd'hui encore, des personnes ont peur de reconnaître, oui, je suis chrétien, chrétienne, je suis disciple de Jésus. Or après Pentecôte, il a reçu la puissance de l'amour de Dieu par le St-Esprit, il n'a plus peur de s'adresser à la foule. Il a été baigné, immergé par l'Esprit de Dieu qui glorifie Jésus-Christ. Les gens ont peur d'être dispersés, ils veulent se protéger, régler cette peur à leur façon, sans l'aide de Dieu. Vivre ensemble, dans le même moule. Et nous savons les conséquences de cela, lorsqu'on veut unifier les races ou les ethnies ou les langues ou autre chose, la race aryenne, ou l'ethnie serbe ou albanaise ou que sais-je, suisse romande ou suisse allemande ou jurassienne ou bernoise, on ne peut pas presser les gens dans un même moule, nous sommes tous différents, il n'y a pas les bons d'un côté et les mauvais de l'autre, nous appelés à vivre ensemble, dans l'unité mais pas dans l'uniformité. Dans le respect de la personnalité différente de l'autre. Même dans l'église. A Pentecôte, les gens ne sont pas pressés tous dans le même moule, parce que l'Esprit de Dieu est un esprit de liberté. Nous ne devons pas penser que nous devons tous vivre le même genre de conversion, de baptême dans le St-Esprit, avoir tous exactement les mêmes dons et les manifester de la même manière. Paul le dit très bien dans son épître aux Romains: car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l'exerce en proportion de la foi; que celui qui est appelé au ministère s'attache à son ministère; que celui qui enseigne s'attache à son enseignement, et celui qui exhorte à l'exhortation; que celui qui donne le fasse avec libéralité; que celui qui préside le fasse avec zèle; que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie. Il parle de différents dons et différents ministères. Il ne dit pas que certaines personnes n'ont pas de dons. Il dit pas tous les mêmes. Pentecôte, c'est un peu l'inverse de Babel. Les gens ont peur, se comprennent pas. A Pentecôte, ils parlent d'autres langues, les gens qui viennent de différentes régions entendent les disciples parler leur langue. Dieu donne ce don de jeter des ponts entre les personnes, les langues, et même entre les hommes et lui, puisque s'il y a le parler en langues que certaines personnes comprennent, il y aussi le parler en langue qui glorifie Dieu, et que les gens ne comprennent pas, à moins qu'il soit interprété, mais Dieu et les anges comprennent. Babel, les gens ont peur, à Pentecôte, Dieu ne donne pas l'uniformité, non, il y a diversité, mais unité dans l'Esprit de Dieu. C'est le miracle de Pentecôte, l'Esprit de Dieu, qui glorifie Jésus, qui conduit dans toute la vérité, il redonne l'unité entre les gens de différentes langues, mais aussi entre Dieu et les hommes, vous vous rendez compte, le don de parler en langues, qui accompagne dans les récits du nouveau testament le baptême du St-Esprit, permet de prier et de louer dans la langue des anges. Parler en langues, c'est prier et louer Dieu directement, sans passer par le filtre de notre esprit. Alors c'est vrai, si on ne connaît pas, cela peut faire peur, comme les gens de Babel avaient peur de la diversité et de l'inconnu, mais si Dieu veut nous donner ce don, et d'autres, si Jésus lui-même en quittant la terre a dit ils parleront de nouvelles langues, nous n'avons pas besoin d'avoir peur que Dieu nous donne quelque chose de mauvais, et Jésus parle d'ailleurs de cela, lorsqu'il dit: quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s 'il lui demande du pain ? Ou, s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d'un poisson ? Ou, s'il demande un oeuf, lui donnera-t-il un scorpion ? Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. Dieu nous aime, il veut nous enlever notre peur, nos peurs, et nous donner ses bénédictions. Nous avons besoin de la puissance du St-Esprit, de son amour qui nous révèle Jésus, qui nous conduit dans toute la vérité. Dieu désire nous donner ses bénédictions, nous plonger dans son amour, nous baptiser du St-Esprit si nous n'avons pas encore reçu ce cadeau, mais encore bien plus. Babel, les gens ont peur, aujourd'hui aussi, la peur peut nous paralyser, nous conduire dans de fausses directions et nous empêcher de marcher dans les voies que Dieu a préparées. Alors demandons lui simplement de nous donner ce qui nous manque, et ce qui glorifie son nom. Amen