Genèse 22/1-14
Chers frères et surs,
Savez-vous ce qui est écrit sur une pièce de 5.-? Dominus providebit, c'est-à-dire, le Seigneur pourvoira. C'est ce que dit Abraham à Isaac, lorsqu'ils sont en route pour offrir un holocauste à Dieu, et qu'Isaac demande à Abraham son père, mais ou est l'agneau, Abraham, à qui Dieu avait demande d'offrir son fils en sacrifice, répond: Dieu pourvoira. Dominus providebit. C'est la seule chose qu'il peut dire à son Fils, il ne peut pas lui dire, Dieu m'a demandé de t'offrir toi, il ne peut pas, il dit: Dieu pourvoira. Dominus providebit. Dieu pourvoira. En hébreu, Dieu pourvoira se dit Morija, c'est la montagne sur laquelle Abraham doit aller, Dieu lui dit, va vers le pays de Morija. Une épreuve terrible pour Abraham, il doit offrir son fils. Une histoire presque insupportable, comment Dieu peut-il demander une chose pareille?
Je lisais cette semaine dans le train un livre, ou un pasteur disait que cette histoire abominable, il ne faudrait pas la mettre dans la bible des enfants, les enfants seraient traumatises par un Dieu qui exige le sacrifice d'un être humain. Je dois dire que l'ai été un peu choqué par cette proposition du pasteur, de ne pas mettre cette histoire dans une bible pour enfants, car il n'y a pas de raisons à mon avis d'enlever cette histoire, avec d'autres. La question n'est pas là, la question est, comment interpréter ce texte, quelle en est la signification.
Un des professeurs d'ancien testament à l'université de Berne, lui, il disait un peu autre chose en parlant de cette histoire, il disait, cette histoire serait insupportable, s'il n'y avait pas cette remarque au début du récit: Dieu mit Abraham à l'épreuve. En lisant cette remarque au début du récit, nous savons déjà que c'était une épreuve pour Abraham, qu'il serait mis à l'épreuve, mais qu'il ne devra pas offrir son fils. Dieu mit Abraham à l'épreuve. Oui, nous connaissons le récit, nous savons qu'à la fin, l'ange de l'Eternel arrêtera le geste d'Abraham, et qu'un bouc surgit, bouc qu'Abraham offre. Nous savons cela, c'est une épreuve pour Abraham. Mais Dieu n'est pas dépourvu, non, il pourvoira. Il a pourvu, il fait arrêter le geste d'Abraham, il a fait surgir un bélier. Nous le savons, mais Abraham ne le savait pas. Il est vraiment mis à l'épreuve. Il ne le savait pas, ou en tous cas pas aussi bien que nous. Car chose étonnante, alors qu'Isaac lui demande, mais ou se trouve l'agneau pour l'holocauste, Abraham, dit à son fils ce qui va effectivement se passer, Dieu pourvoira. Abraham dit la vérité, sans peut-être le savoir, mais il dit peut-être cela avec la voix de sa conscience, de son coeur, coeur de père, Dieu pourvoira. C'est presque comme si Abraham ressentait dans son for intérieur, mais Dieu ne peut pas faire cela. Extérieurement, ce n'est pas encore le cas. il a reçu l'ordre de Dieu d'offrir son fils, il a entendu cela, il le sait, intellectuellement, et il est en train de l'accomplir, il ira même jusqu'à brandir son couteau, Abraham est tiraillé, entre son désir d'obéissance à Dieu, et son désir bien compréhensible de laisser vivre son fils. Il est tiraillé, situation dramatique, il se passe trois jours depuis le moment où il reçoit l'ordre de Dieu et le moment ou Abraham voit le lieu de loin. Kierkegaard, ce grand philosophe et théologien danois dira, ces trois jours valent autant que les 4000 ans qui nous sépèrent de cet événement. Trois jours terribles pour Abraham. De lutte et de souffrance, d'angoisse. Nous serons invités tout à l'heure à prendre la Sainte-Cène, qui nous rappelle la passion et la mort du Christ, mais aussi sa résurrection, et ces trois jours peuvent nous faire penser à cela, nous rappeler aussi les épreuves subies par le Christ pour nous.
Abraham est mis à l'épreuve, une épreuve terrible. Un combat, une lutte. Abraham obéit à Dieu. Il fait ce qu'il lui demande, mais en dedans de lui, ce devait être une lutte terrible. J'ai déjà évoqué le moment où Isaac lui demande où se trouve l'agneau. Abraham répond, Dieu pourvoira, oui, c'est la seule réponse qu'il puisse donner, Dieu pourvoira, Dieu verra pour ce problème, pourvoir, ersehen en allemand, Dieu pourvoira. Oui, Dieu voit plus loin qu'Abraham, la vision et la vue d'Abraham est limitée, mais Dieu voit plus loin, au-delà, Dieu pourvoira. C'est la seule chose qu'Abraham puisse dire à son fila, Dieu pourvoira, il ne peut pas lui dire que lui est prévu pour le sacrifice, il ne peut pas mentir non plus, alors il dit cela, Dieu pourvoira.
Dans ce Dieu pourvoira d'Abraham, nous sentons peut-être cet élément de combat, de lutte intérieure d'Abraham, il n'admet pas simplement ce que Dieu lui a demande, il ne peut pas cacher ses sentiments, sentiments d'homme et surtout de père. Dieu pourvoira. Lutte, sentiments d'Abraham, mais aussi, cette confiance absolue en Dieu, il pourvoira, Abraham a confiance en Dieu, même s'il ne voit pas d'issue à ces instants tragique, et il dit cette confiance, la transmet à son fils.
Cela devait être terrible pour Abraham, les sentiments, les luttes, mais ce qui est encore plus fort que les luttes, c'est la confiance qu'il a en Dieu, Dieu pourvoira. Cette confiance est plus forte même que ses sentiments, sentiments de peur. Oui, ce n'est pas pour rien que Abraham est appelé le père des croyants, le père de ceux qui croient, qui font confiance en Dieu. Sa confiance est plus forte que ça raison et ses sentiments. Dans la vie, nos vies, nos sentiments et notre raison peuvent parfois nous tirailler, nous faire douter de la bonté de Dieu, alors il fait bon pouvoir faire confiance en Dieu, croire, c'est-à-dire comme le dit la lettre aux Hébreux, avoir une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. Oui, Abraham ne voyait pas l'issue de son épreuve, mais il croyait, quelle confiance en Dieu!
Abraham ne ment pas à son fils. Dieu pourvoira. Dieu regardera, regardera pour un sacrifice. Car même s'il avait du offrir son fils, cela aurait été sous l'indication, la direction de Dieu. Abraham lutte, est mis à l'épreuve. Et cela continue, quand il prend le couteau, le terme employa en hébreu signifie lancer, Abraham doit comme lancer son couteau, donner un ordre à son bras, un bras qui refuse d'accomplir cet holocauste. Dieu pourvoira. Chose étonnante, le premier qui dit cela, Dieu pourvoira dans le récit, c'est Dieu lui-même, en indiquant à Abraham ou il doit aller, à Morija, Dieu pourvoira. Mais comme Isaac n'avait vraisemblablement pas compris toute la portée du Dieu pourvoira qu'Abraham lui avait dit, Abraham non plus ne comprend pas toute la portée de l'indication que Dieu lui donne. Il comprendra seulement après, comme Isaac comprendra aussi après tout l'enjeu de cette marche pour l'holocauste. Dans l'épreuve, nous sommes limités, ne voyons pas tout, ne comprenons pas tout, il y a des épreuves que nous subissons, et nous ne voyons et ne comprenons pas sur le moment, seulement après. Qu'est-ce qui est mis est l'épreuve en Abraham? Son obéissance? Aussi bien sûr, mais je ne crois pas que c'est le point principal. Ce qui est mis à l'épreuve, c'est sa confiance en Dieu, confiance en ces promesses, donc confiance en sa bonté, son amour. Et qu'est-ce qui peut plus mettre à l'épreuve la confiance en l'amour de Dieu, en sa bonté, que le fait de demander à Abraham une chose qui semble contredire la bonté de Dieu, l'amour de Dieu. Dieu peut-il être bon, s'il demande à un père de tuer son enfant?
La confiance d'Abraham en Dieu est mise à l'épreuve, confiance en ça bonté, en ses promesses. Et c'est peut-être aussi le point qui est mis à l'épreuve pour nous, qui lisons ce récit. Notre confiance dans la bonté de Dieu. Car c'est cela qui nous paraît difficile à avaler dans ce texte de prime abord, le fait que Dieu demande une chose pareille, offrir un enfant en sacrifice. Que les dieux Cananéens demandent cela, oui, mais pas Dieu, soit ce n'est pas Dieu qui demande cela, soit il n'est pas bon. Voila notre problème. Notre confiance est aussi mise à l'épreuve par ce récit. Notre foi au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, notre foi au Dieu, père de Jésus-Christ, notre foi en un Dieu d' pour.
La confiance d'Abraham est mise à l'épreuve. Pas seulement la confiance dans la bonté de Dieu, mais surtout la confiance dans ses promesses. Car Dieu avait promis à Abraham une descendance, une postérité, une postérité à Abraham en Isaac, en Genèse 17, verset 19, Dieu avait dit à Abraham, ta femme t'enfanteras un fils, tu l'appelleras du nom d'Isaac. J'établirai mon alliance avec lui code une alliance perpétuelle pour sa postérité après lui. Isaac était le fils de la promesse, Dieu avait promis une descendance à Abraham, qu'il ferait d'elle un peuple nombreux, et il avait affirme cette promesse en Isaac. Abraham était déjà âge quand Isaac lui est donne, c'est l'enfant de la promesse, toutes les promesses de Dieu tiennent dans la vie de cet enfant, et voila que Dieu lui demande d'offrir cet enfant. Voila le coeur de l'épreuve d'Abraham. Le verset 2 confirme cela, quand Dieu dit, prend ton fils, Abraham ne sait pas encore s'il s'agit d'Isaac ou d'Ismaël, car Ismaël est aussi son fils, Dieu continue, ton unique, mais ils sont uniques les deux pour leur mère, celui que tu aimes, mais Abraham les aimes les deux, quand Sara avait exigé de lui qu'il chasse la servante, il est dit que cela déplut à Abraham, à cause de son fils. Alors Dieu continue, il dit enfin le nom du fils qu'il doit offrir, Isaac, comme si Dieu avait voulu préparer Abraham a recevoir son ordre, ou plutôt sa demande, car ce n'est pas vraiment un ordre, car Dieu dit prends je te prie, ou prends donc, Dieu n'est pas autoritaire. il n'a pas forcé Abraham à donner suite à sa demande. mais il l'a mis à l'épreuve.
Ce qui est mis à l'épreuve, ce n'est pas avant tout l'obéissance d'Abraham, Abraham qui avait été obéissant, quand Dieu lui avait demande de quitter son pays, sa patrie, pour aller dans un pays inconnu, il avait obéi tout de agite. c'est sa confiance dans les promesses de Dieu, dans l'alliance que Dieu avait faite avec lui. Dieu avait fait une alliance avec Abraham et sa descendance, Abraham était entre dans sa projet d'alliance, alliance de Dieu avec Abraham, avec un peuple, prélude de l'alliance qu'il fera en Jésus-Christ avec tous les hommes, Abraham avait même essayé d'accélérer l'accomplissement de la promesse, en ayant un fils avec sa servante, il avait voulu aider Dieu à trouver une solution. Solution humaine, donc imparfaite. Que nous imitons parfois ou souvent, quand nous voulons par nos moyens accélérer l'accomplissement des promesses de Dieu. Faisons lui plutôt confiance, et obéissons-lui.
Maintenant, c'est Dieu qui semble mettre en question son alliance, es promesses. Il met à l'épreuve la confiance d'Abraham dans l'alliance de Dieu avec lui et sa descendance, dans les promesses qu'il avait faites à Abraham. Et maintenant, Abraham ne cherche plus à pourvoir lui-même pour la promesse, comme avec Ismaël, il ne cherche plus à aider Dieu, il dit, Dieu pourvoira. Abraham avait compris que c'est Dieu celui qui voit à l'avance, Dieu celui qui seul peut diriger ses projets de façon à ce qu'ils réussissent et Abraham, même s'il est tiraillé, il a cette confiance en Dieu, d'une manière ou d'une autre, il accomplira ses promesses. Dieu pourvoira. pour l'holocauste, pour la descendance d'Isaac, pour ses promesses.
Cette histoire est l'une des plus importantes pour le peuple juif, car il est question de la descendance d'Abraham, donc de l'existence même de ce peuple, de l'alliance de Dieu avec ce peuple. Nous sommes dans le temps de l'Avent, l'attente de la venue du Messie. Dans ce récit, c'est un peu ce tout le destin, toute l'histoire du peuple d'Israël qui sont concentrés. C'est toute l'alliance de Dieu avec son peuple qui est en jeu, oui même plus, avec le monde entier, puisque dans Nombres 24/17, il est dit, un astre sort de Jacob, Jacob, c'est le fils d'Isaac, et cet astre qui sortira de Jacob, c'est Jésus, descendant d'Isaac et de Jacob selon la descendance humaine, selon les généalogies de Matthieu et de Luc.
Abraham, lui, a confiance en Dieu, une confiance totale, il avance, malgré sa peine et ça douleur, mais il avance. Dieu pourvoira. Il lance sa main, et c'est à ce moment que l'ange de l'Eternel l'appelle, et lui dit: Abraham, Abraham, n'avance pas ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien. Dieu avait mis Abraham l'épreuve, Dieu savait qu'il ne ferait pas tuer Isaac par Abraham, et maintenant, qu'Abraham avait confiance à Dieu, une confiance totale, absolue, c'est vraiment le message de Dieu qui est transmis: N'avance pas ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien. Dieu n'exige pas qu'Abraham tue son fils, car Dieu est justement bon, Dieu met fin aux angoisse et à la douleur d'Abraham, comme il mettra fin une fois à toutes nos douleurs et nos angoisses, que nous avons à côte des joies et des bénédictions tant que nous serons sur cette terre. La confiance d'Abraham est mise à l'épreuve, comme notre confiance est mise à l'épreuve dans les promesses de Dieu tant que nous avançons vers la Morija céleste.
C'est l'ange de l' Eternel qui dit à Abraham: N'avance pas ta main sur l'enfant. Et Abraham entend cette voix, et donne suite à cette voix. Les commentateurs juifs de ce texte disent que c'est là un des points centraux du texte. Car au début, quand Dieu demande à Abraham d'offrir son fils en sacrifice, il lui parle directement, Dieu dit à Abraham, et maintenant, alors qu'il élance sa main, Dieu parle au travers de son ange. Abraham aurait pu dire à cet ange, non, ce que tu me dis, ce n'est pas la voix de Dieu, car il m'a demandé d'offrir mon fils. Et toi, tu n'es qu'un ange, qui me dit que tu parles au nom de Dieu?
Or Abraham a entendu cette voix là, lui a donne suite, à cette voix qui lui disait de ne pas tuer son enfant. Et cela est un grand mérite d'Abraham aux yeux des commentateurs rabbiniques, qui ajoutent, l'éthique prime sur la théologie, oui l'éthique est même la base de la théologie, le comportement de Dieu, ce qu'il fait ou ne fait pas, ce que nous devons faire ou ne pas faire. Ils disent que la loi de Dieu ne va jamais contre l'éthique, la morale, que justement, Dieu ne demande pas une chose pareille. En d'autres ternes, Dieu se soumet en quelque sorte lui-même à l'injonction morale. Abraham a entendu cette 2e voix, lui disant de ne pas tuer. Il l'a entendu, et lui a donne suite. Il ne s'est pas fixé d'une manière irréversible sur la première demande de Dieu, d'offrir son fils, il était prêt à entendre autre chose, à lui donner suite. Parfois, nous aussi, Dieu nous demande quelque chose, ou parfois nous avons l'impression que Dieu nous demande quelque chose. Alors comme Abraham, essayons d'écouter la 2 voix de Dieu, la suite, et ne pensons pas que nous avons une fois pour toutes tout compris la volonté de Dieu pour nos vies, ne nous laissons pas enfermer dans la prison de notre propre savoir ou connaissance. Mais soyons prêts à écouter la 2e voix de Dieu, la voix qui va dans le sens du Christ, de l'amour, du pardon, la suite. Car on peut être sincère, vouloir bien faire, mais n'écouter que la première partie de la voix de Dieu, de sa volonté, ne parler que de l'enfer et du jugement, des péchés que nous faisons, sans mentionner l'autre aspect, la 2e voix de Dieu, voix de l'amour, de la miséricorde, du pardon.
C'est tout le mérite d'Abraham. Il a entendu deux voix, une lui disant de tuer son fils, et ensuite une 2e lui demandant de l'épargner. Il a donc du faire un choix, et il a fait le choix dans le sens de l'amour, épargner la vie, même si cette voix venait de l'ange et non directement de Dieu. Ce texte veut donc nous dire que Dieu n'exige jamais de nous de faire des choses qui vont contre l'amour. Si les religions de Canaan connaissaient le sacrifice humain, Dieu montre que lui justement ne le désire pas. Combien de fois dans l'histoire de l'Eglise, les chrétiens, ou les personnes se disant chrétiens, n'ont pas écouté cette voix de l'amour, et au contraire, ont tué, d'autres chrétiens, d'autres personnes.
J'ai dit tout à l'heure que Dieu met fin aux angoisse et la douleur d'Abraham, comme il mettra fin une fois à toutes nos douleurs et nos angoisses, que nous avons à coté des joies et des bénédictions tant que nous serons sur cette terre. La confiance d'Abraham dans les promesses de Dieu fut mise à l'épreuve. Notre confiance est mise à l'épreuve dans les promesses de Dieu tant que nous avancerons vers la Morija céleste. Morija, Dieu pourvoira. Savez-vous et je termine par cela, où se trouve Morija? Dans 2 Chroniques 3/1, il est dit que Salomon commença de bâtir la maison de l'Eternel, donc le temple, à Jérusalem, sur la montagne de Morija. Nous vivons dans à l'attente de la 2e venue de Jésus, l'attente de la nouvelle Jérusalem, la Morija céleste promise dans l'apocalypse. Abraham fut mis l'épreuve, nous sommes mis à l'épreuve, mais comme lui, nous pouvons dire, Morija, Dieu pourvoira, Dominua providebit, comme sur la pièce de 5.-. Amen.