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mars 2001, Jérémie 20/7-13
Chers
frères et sœurs,
Il faut se battre dans la vie, vous avez déjà entendu cela, sans doute.
Est-ce que c'est vrai ? Oui, la vie est un combat, et la bible en parle, Paul
dit par exemple à Timothée : Combats le bon combat de la foi. (1 Tim 6/12). Il parle donc d'un combat intérieur.
Un combat en nous. Lorsque nous sommes tiraillés, ne savons pas que faire, qui
écouter, quelles décisions prendre. Le combat entre la chair et l'esprit, le
bien et le mal. C'est une réalité, il y a ce combat, même si c'est vrai Jésus
a acquis la victoire sur la croix. Que le combat principal a déjà eu lieu,
entre les forces du mal, du diable et de Dieu. Ce combat là, ce n'est plus à
nous de le soutenir. Mais il reste un
combat, combat entre la confiance en cette victoire et le doute, combat entre
marcher selon l'esprit ou selon la chair. Combat dans nos têtes, nos esprits,
en nous, les choix que nous faisons. Jésus parle aussi de deux aspects: Il dit
que le royaume de Dieu est au milieu de vous, mais il nous apprend aussi à
prier: que ton règne vienne. Jérémie lui est aussi dans un combat. Dès le début
de son ministère, lorsque Dieu l'appelle à ce ministère, il ne se sent pas
capable, il dit qu'il ne peut pas parler, qu'il est un enfant. Et Dieu lui répond,
ne dis pas je suis un enfant, car je suis avec toi pour te délivrer. Alors Jérémie
choisit le bon côté dans ce premier combat, il le dit d'ailleurs au verset 7
du chapitre 20: Tu m'as persuadé, Eternel, et je me suis laisser persuader.
Combat entre l'appel de Dieu sur sa vie, et sa réponse. Le premier combat, mais
pas le seul, lorsque j'hésite à suivre Dieu, devenir son disciple, lorsque je
ne me sens pas capable, ou alors que je ne veux pas. Mais ce n'était que le début.
Jérémie s'engage, accepte son ministère de prophète, entre parenthèses ce
ministère n'est pas limité à l'ancien testament, Paul dit clairement: Ainsi
donc, aspirez au don de prophétie,
(1 Cor. 14/39), et non seulement cela, mais encore de l'exercer, pour l'édification
de l'église. (Romains 12/6). Si quelqu'un d'entre vous a une parole de prophétie
pour notre paroisse, ce n'est pas interdit de la transmettre. Jérémie
s'engage, mais cela ne va pas tout seul. Il reçoit de l'opposition, du monde
religieux, puisque l'inspecteur en chef de la maison de l'Eternel le frappe et
le met un jour dans la prison (Jér. 20/2). Le ministère prophétique dérange
souvent les autorités religieuses. Mais non seulement cela, on se moque de lui,
tout le monde se moque de moi, dit-il. La moquerie, qui est souvent un signe de
la proclamation de la vérité. Parce que c'est
une façon de ne pas se soumettre à cette vérité, de ne pas la discuter,
prendre position. Une personne qui se moque d'un message reconnaît d'une
certaine façon que la vérité l'a touchée, parce que si elle pensait que le
message est simplement faux, elle aurait plutôt pitié de la personne qui lui
transmet ce message. Elle lui dirait, tu te trompes. Jérémie donc reçoit de
l'opposition, même de personnes qui étaient en paix avec lui. Il ne
s'attendait peut-être pas à de telles réactions, surtout de la part de
personnes qui étaient auparavant amis avec lui, en paix. Le ministère de prophète
n'est pas de tout repos, loin de là, mais il est nécessaire, prévu et institué
par Dieu, que cela nous plaise ou non. Alors devant les conséquences, les réactions,
c'est un combat pour Jérémie, combat entre sa fidélité à sa mission, son obéissance
à Dieu, et l'idée de tout abandonner. Il maudit même le jour de sa naissance
(Jér. 20/14), et pourtant il est
prophète de Dieu. La foi, l'engagement, la conversion, un ministère, les dons
ne rendent pas impossible de telles pensées, ne sont jamais une garantie contre
un combat intérieur, des luttes. Il se sent presque trompé de la part de Dieu,
comme une jeune fille devant un jeune homme qui prétendait l'aimer et ensuite
la quitte, ne lui donne pas ce qu'elle espérait, le mariage. Il y a parfois des
personnes qui se sont engagées dans la foi, qui ont fait plus qu'un pas, et qui
ensuite, parce que les chemins de Dieu n'étaient pas comme elles l'imaginaient,
ont été déçues, résignées. Elles croient encore en Dieu, mais
n'accomplissent pas son plan pour elles. Jérémie lui en tous cas est tiraillé,
c'est un combat intérieur. Il ne se sent peut-être plus la force de continuer
à prophétiser, annoncer le jugement si le peuple ne se repent pas, ou pense
qu'il l'a fait assez longtemps, et qu'il ne vaut plus la peine de continuer, vu
le manque de résultats espérés. Il évoque cela, ne plus faire mention de
Dieu, ne plus parler en son nom, mais en disant cela, il dit qu'il y a dans son
cœur comme un feu dévorant (Jér. 20/9), qu'il ne peut pas contenir. Le feu de
Dieu, de l'appel, de la foi. Comme nous aussi parfois, lorsque nous sommes peut-être
découragés, ou pensons à quoi bon continuer, une autre voix dans notre cœur
se manifeste, parce que quelque part nous savons que nous devrions faire la
volonté de Dieu. Lorsque nous nous écartons de lui, nous nous relâchons dans
notre zèle, nous sentons en nous que ce n'est pas bien. Parce que Dieu nous
appelé, parce que nous avons répondu à son appel, nous nous sommes engagés,
parce que nous avons vécu de belles bénédictions. Jérémie est tiraillé,
ballotté, et ce n'est pas agréable. Etre tiède, ni chaud ni froid, ni
totalement pour Dieu, ni totalement contre. Ni vraiment disciple, ni vraiment
indifférent. C'est peut-être la pire situation. Zigzaguer, naviguer de gauche
à droite, changer sans cesse de bord. Et ce combat intérieur est fatiguant, il
détruit, il ronge. Alors que faire ? Dans un combat, il faut savoir de quel côté
on est, avec qui est contre qui on se bat. Sinon on ne peut pas vaincre. Jérémie
commence à comprendre, à comprendre que s'il agit en fonction des réactions,
des craintes, des conséquences, alors en fait il combat contre Dieu. S'il ne
fait pas ce que Dieu attend de lui, s'il ne lui obéit pas, n'est pas fidèle
dans son ministère, il se bat contre Dieu, il est du mauvais côté. Il écoute
la crainte, il regarde aux circonstances, il est attentif aux mensonges de
l'ennemi: Regarde une fois la situation, les circonstances, les conséquences,
si le peuple ne se repent pas, c'est parce que tu as mal compris ta mission, ce
n'est pas Dieu qui t'a envoyé. Nous sommes aussi parfois en danger de regarder
aux circonstances, aux conséquences, nous avons obéi à Dieu, fait sa volonté,
et nous sommes ensuite dans une situation pire qu'avant notre engagement conséquent
pour lui. Alors on hésite, on ne sait plus trop que faire, que croire. Jérémie
lui comprend qu'il peut se battre contre Dieu, mais qu'il ne peut pas gagner.
Que c'est pas bien, non seulement pour Dieu et son royaume, mais encore pour
lui. Que ce feu le dévore. Le détruit à petit feu. Parce que ce n'est pas le
plan de Dieu. Pas l'appel de Dieu pour sa vie. Pas son ministère. Qu'on est
vraiment heureux et satisfait qu'en accomplissant la volonté de Dieu. Il
comprend que ce combat est inégal, perdu d'avance, qu'il n'a pas de sens. Alors
que fait-il ? Il capitule, il dit à Dieu, tu m'as saisi, tu m'as vaincu. Il
comprend que Dieu non seulement est le plus fort, mais aussi le Dieu d'amour et
de bonté. Que se battre contre lui, c'est se battre aux côtés de l'ennemi, du
mal, de la mort. Tu m'as saisi, tu m'as vaincu. Quelles belles paroles,
lorsqu'un être humain peut dire cela à Dieu: Tu m'as saisi, tu m'as vaincu.
Lorsqu'il ne combat plus contre Dieu, mais avec lui. Nous devons savoir avec qui
est contre qui nous voulons nous battre. Jésus dira: Celui qui n'est pas avec
moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse. Avec Dieu on
ne peut être neutre. Si la neutralité existe pour notre pays, et qu'elle nous
a rendu bien des services, avec Dieu, elle n'existe pas. Celui qui n'est pas
avec moi est contre moi dit Jésus (Matthieu 12/30).
Quelqu'un qui n'est pas avec Dieu est contre lui, même s'il ne le veut
pas ou ne le croit pas. Il faut savoir quel est son camp, avec qui et contre qui
on se bat. Si on ne fait pas la volonté de Dieu, même dans un domaine que nous
pensons insignifiant, nous nous battons contre lui. Parce que lui désire notre
sanctification, que nous fassions les bonnes œuvres qu'il a préparées
d'avance. Il faut choisir son camp. Et si on est un peu malin, on choisit le
camp du vainqueur, du plus fort. Même à la limite si on ne comprend pas toutes
les tactiques de Dieu, et tous ses plans et tous ses chemins. Ce n'est pas nécessaire.
Un soldat ne connaît pas forcément tous les plans de son supérieur, mais ce
qu'il sait, les plans qu'on lui a dévoilés, ceux-là il doit les observer. On
peut même penser que Dieu est injuste sur certains plans, je ne le crois pas,
soyez rassurés, mais même dans ce cas il faudrait la peine de le suivre. Vous
comprenez ce que je veux dire. Même si on avait une petite amertume, quelque
chose qui nous plaît pas chez lui, ce n'est pas une raison de choisir le camp
perdant. Se battre contre Dieu, c'est possible, mais c'est fatiguant, et surtout
cela nous fera perdre la bataille à la fin. Nous serons du mauvais côté de la
barrière. Nous pouvons tout dire à Dieu, c'est même bien, comme Jérémie et
tant d'autres, nos sentiments, nos émotions, mêmes nos ressentiments, mais
ensuite nous devons nous décider de quel côté nous voulons nous battre. Tu
m'as saisi, tu m'as vaincu dit Jérémie. Il capitule. Il ne s'oppose plus à
Dieu. Et après avoir dit cela, malgré les circonstances, les oppositions, il
peut dire: Mais l'Éternel est avec moi comme un héros puissant. Cette
certitude est comme une lumière dans l'obscurité. S'il renonce à se battre
contre Dieu, s'il capitule, alors il sera du côté des vainqueurs. Ceux qui
semblent plus forts que lui perdront: C'est pourquoi mes persécuteurs
chancellent et n'auront pas le dessus; ils seront remplis de confusion pour
n'avoir pas réussi: Ce sera une honte éternelle qui ne s'oubliera pas. Son
choix est aussi libérateur, ce n'est pas à lui de se venger de ses ennemis: Je
verrai ta vengeance s'exercer contre eux, car c'est à toi que je confie ma
cause. (Jér. 20/12). Et il décrit ce qui s'est passé: L'Éternel des armées
éprouve le juste, il pénètre les reins et les cœurs (20/12). Il comprend que
Dieu n'est pas un Dieu lointain ou imaginaire, mais qu'il pénètre
les reins et les cœurs, au plus profond de l'être humain. Il était
tiraillé, il y avait un combat dans son cœur, mais maintenant il a choisi, il
a laissé Dieu vaincre en lui, vaincre sa fierté, son essai de se battre seul,
de vouloir se battre contre Dieu, de douter du bien-fondé de l'appel de Dieu et
de son ministère. Tu m'as vaincu. Le combat au-dedans de lui est achevé, il se
bat avec Dieu, et le combat "extérieur", contre les ennemis, lui sera
aussi bientôt achevé, à la fin Dieu vaincra sur toute misère, mal,
souffrance ou mort. En somme, il y a trois combats: Le combat à Golgotha, déjà
terminé, le "reste" des combats et l'achèvement du royaume de Dieu,
dont la victoire est acquise, et le combat en moi. De quel côté je vais me
mettre ? C'est à moi de choisir. Jérémie
a choisi: Tu m'as saisi, tu m'as vaincu. Il ne sa bat plus contre Dieu, mais
avec lui: l'Éternel est avec moi comme un héros puissant. Amen.