Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

Jérémie 32/1-15, acheter un champ d'espérance

Chers frères et sœurs,

    Ce matin, j'aimerais vous parler d'une histoire. Vous aimez les histoires? Même si vous aimez pas, ce matin, j'ai choisi une histoire pour la prédication. Rassurez-vous, ce n'est pas n'importe quelle histoire, mais une histoire que l'on trouve dans la bible, dans l'ancien testament plus précisément. L'histoire, c'est un homme qui achète un champ, et déjà en ce temps là, pour acheter ou vendre un champ, on faisait un contrat, devant témoins, aujourd'hui il y a un notaire, et on inscrit cela dans le registre foncier. Et il y avait aussi déjà deux exemplaires du contrat, ceci, en ce temps là comme aujourd'hui, pour éviter dans la mesure du possible la contestation. Voilà l'histoire, un homme qui achète un champ. Vous me direz, mais elle est un peu courte, et puis qu'est-ce qu'elle nous dit cette histoire? Apparemment pas grand-chose. Et pourtant, en regardant de plus près, peut-être qu'elle nous dira plus de choses que nous le pensions. Car Dieu voit au fond des choses, il n'y a pas de hasard pour lui, et des actes anodins en apparence ont parfois une signification bien réelle et profonde. Car il ne s'agit pas de n'importe quel champ acheté par n'importe qui à n'importe quelle époque. Ce champ est acheté par Jérémie, Jérémie le prophète. Et les prophètes, on n'aime pas trop, surtout les riches et les puissants, parce qu'ils dérangent. Ils dévoilent la réalité spirituelle, alors on les tue, et surtout le monde religieux n'aime pas les prophètes, car ils dérangent la tranquillité du monde religieux, regardez Jésus ce qu'il dit, Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes, Jérusalem représente ici le monde religieux. Pourquoi a-t-on perdu, ou donné peu de places au dons prophétiques, au ministère de prophète, dans notre église, ne serait-ce pas pour les mêmes raisons, parce qu'ils dérangent. Chers frères et sœurs, nous avons besoin de toutes les armes spirituelles, tous les dons, tous les ministères dans notre église. Il y a différents ministères, enseignant, évangéliste, apôtre, prophète, berger, différents dons, et nous avons besoin de toute la diversité des moyens que Dieu a choisi, sans pour autant nous concentrer sur un seul ministère ou un seul don. Le bon enseignement ne suffit pas, alors prions et croyons pour déterrer nos dons, en recevoir de nouveaux, pour l'édification de l'église et l'avancement du règne de Dieu. Nous avons besoin de tout ce que Dieu a prévu pour son église. Aussi de prophètes. Jérémie était donc un prophète, et apparemment un prophète de malheur, on ne les aime pas, on préfère les prophètes qui nous annoncent la richesse et la santé et une vie sans problème, et parfois les gens courent vers de tels prophètes, mais un jour, quand tout ne se réalise pas comme prévu, ils sont dans de beaux draps. Jérémie lui annonce la chute du royaume de Juda et de Jérusalem, je livre cette vielle entre les mains du roi de Babylone. Et il dit pourquoi, car les enfants de Juda n'ont fait dès leur jeunesse que ce qui est mal. Mais cela ne plaît pas au roi de Juda, Sédécias, qui fait enfermer Jérémie, aujourd'hui on n'enferme plus, mais on fait taire, on empêche les prophètes de parler parfois. Et c'est une situation presque paradoxale, car si Sédécias enferme Jérémie, les soldats du roi de Babylone, Nabuchodonosor, sont autour de Jérusalem. Le roi est donc enfermé, avec tout son peuple, et au lieu de reconnaître que Jérémie dit la vérité, il l'enferme. Attitude humaine typique, une espèce de fuite en avant, qui est en fait une retraite dans la fausse direction, au lieu de voir la réalité, reconnaître ses fautes, on s'en prend à celui qui dévoile les fautes. Dieu permettra la prise de Juda et du royaume, c'est un jugement, et autre fait paradoxal, Sédécias signifie l'Eternel est justice. On ne peut échapper à la justice de Dieu en fermant les yeux sur le péché. Sédécias, l'Eternel est justice. Pourtant il a été averti par le prophète Jérémie, Jérémie qui signifie, celui que l'Eternel a désigné. C'est Dieu qui a désigné Jérémie, on peut le lire au premier chapitre de ce livre de Jérémie: La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots: Avant que je t'aie formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu sois sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. Je répondis: Ah! Seigneur Eternel! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. Et l'Eternel me dit: Ne dis pas: Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t'enverrai, et tu diras tout ce que je t'ordonnerai. Ne les crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l'Eternel. Puis l'Eternel étendit sa main, et toucha ma bouche; et l'Eternel me dit: Voici, je mets mes paroles dans ta bouche. Regarde, je t'établis aujourd'hui sur les nations et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes.

C'est toujours Dieu qui établit, qui choisit, qui consacre. Nous ne pouvons que répondre à l'appel de Dieu, mais cela nous pouvons, et Dieu nous invite. Nous n'avons peut-être pas tous le ministère prophétique de Jérémie, mais nous avons tous reçu des dons et des talents, une bouche, des mains, un cœur pour servir Dieu et le prochain. Mais comme Jérémie, nous pensons parfois que nous ne sommes pas faits pour la tache à laquelle Dieu nous invite, je ne suis qu'un enfant, nous pouvons le dire à Dieu, je suis un enfant dans ce domaine, mais écoutons aussi ce qu'il nous répondra. Jérémie s'est levé, a dit ce que l'Eternel lui a ordonné, et cela l'a amené en prison. Et pourtant c'était juste, alors quand parfois nous passons comme dans une prison, une difficulté, une épreuve, cela ne veut pas forcément dire que nous nous sommes éloignés du plan de Dieu, c'est parfois juste le contraire, les difficultés, l'opposition est parfois un signe qui accompagne ceux qui s'engagent dans la vérité. Alors que fait il ce Jérémie, alors qu'il se trouve en prison? Il pourrait se plaindre, je sers Dieu, et voilà ce qui m'arrive, ou alors se dire, Juda va être prise, c'est bien fait pour elle et le roi Sédécias, ils verront que j'ai eu raison. Une sorte de Schadenfreude à l'avance. Non, rien de cela, dans cette situation, dans sa prison, alors que l'ennemi est aux portes de la ville, ce prophète Jérémie achète un champ. Voilà un acte prophétique. C'est insensé, cela n'a pas de sens, l'ennemi va prendre la ville, prendre les champs, et Jérémie veut acheter un champ de son cousin Hanameel. Hanameel a raison de vendre, on le comprend, il est malin, comme les gens qui travaillent dans la vente et l'achat de terrains et d'immeubles, pas tous, mais il veut trouver une bonne poire comme on dit, une personne avec laquelle il pourra s'enrichir au dernier moment, avant que le champ ne soit exproprié par l'ennemi. C'est le dernier moment d'en tirer un profit, juste avant la débâcle. Et c'est précisément au moment où Hanameel vient vers lui, que Jérémie comprend que ce rachat sera Parole de Dieu, aura valeur de signe. Dans le contexte douloureux de Jérusalem, le geste de Jérémie fera du bien aux gens, leur donnera du courage et de l'espérance. Ce geste intervient au moment où tout menaçait de sombrer dans le désespoir et le découragement, tant la situation était étouffante. Autour de Jérémie, il y a beaucoup de gens qui écoutent et regardent, c'est normal, il a tout fait pour attirer l'attention, ne laisser personne indifférent.

Jusque là, Dieu avait demandé à Jérémie d'aiguiser le regard de ses contemporains sur leur conduite, le dénoncer leur méchanceté, leur infidélité, leur incroyance. Un discours sévère, tranchant, et maintenant c'était une autre parole qu'il sentait naître en lui sous la poussée de Dieu; une parole tendre et vigoureuse à la fois, une parole d'espoir, une parole d'amour, de vie. Alors Jérémie a parlé. Il a fait ce que Dieu attendait de lui. Fait ce qu'un poème d'Alexandre Voisard décrit à sa façon: "Risque un pas hors les murs survivants, sors de ta demeure et parle au monde ébranlé ton langage le plus clair, ces verbes polis à la pierre qui redonnent un sens à ce qu'on nommait espérance". Tout semblait devoir finir et s'effondrer; Jérémie témoigne d'un avenir qui repose en Dieu. Et il dit: ainsi parle le Seigneur tout Puissant, dans ce pays, on achètera encore des maisons, des champs et des vergers. Et plus loin: 6 Et maintenant, ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël, Sur cette ville dont vous dites: Elle sera livrée entre les mains du roi de Babylone, Vaincue par l'épée, par la famine et par la peste: Voici, je les rassemblerai de tous les pays où je les ai chassés, Dans ma colère, dans ma fureur, et dans ma grande irritation; Je les ramènerai dans ce lieu, Et je les y ferai habiter en sécurité. Ils seront mon peuple, Et je serai leur Dieu. Je leur donnerai un même cœur et une même voie, Afin qu'ils me craignent toujours, Pour leur bonheur et celui de leurs enfants après eux. Je traiterai avec eux une alliance éternelle, Je ne me détournerai plus d'eux, Je leur ferai du bien, Et je mettrai ma crainte dans leur cœur, Afin qu'ils ne s'éloignent pas de moi. Je prendrai plaisir à leur faire du bien, Et je les planterai véritablement dans ce pays, De tout mon cœur et de toute mon âme. Car ainsi parle l'Eternel: De même que j'ai fait venir sur ce peuple tous ces grands malheurs, De même je ferai venir sur eux tout le bien que je leur promets. Quelles bonté de Dieu, et quelles promesses. Jérémie lui n'a pas seulement parlé, il a fait un geste, un signe, acheté un champ, quelque chose d'un peu fou, à rebours du bon sens, mais qui venait de Dieu. Il a montré quelque chose de l'avenir que Dieu préparait. "on achètera encore des champs" Il a acheté un champ quand plus personne n'y pensait, ni ne le croyait possible. Comme planté une promesse. Voilà un vrai prophète, qui n'annonce pas seulement l'avenir, mais donne un signe, une parole d'espérance. Toute prophétie qui ne contient pas de promesse, de signe de l'amour de Dieu n'est pas de Dieu à mon avis. On peut annoncer le jugement, la vérité, c'est vrai, mais aussi la bonté de Dieu. Jérémie n'a ni cultivé la nostalgie d'un temps où le peuple n'était pas compromis, ne s'est pas contenté du présent tel qu'il était, cherchant simplement à tirer son épingle du jeu et éviter dans la mesure du possible les aléas de l'existence. Il s'est engagé au nom des promesses de Dieu, a fait un signe de ces promesses et annoncé ces promesses. Dieu fait des miracles, c'est vrai, croyons le, prions selon l'évangile, mais parfois un signe d'espérance, de paix, de pardon vaut mieux qu'un miracle qui ne résoudrait pas la détresse au fond d'un cœur, ou le manque d'espérance. Dieu est bon, il nous invite aussi à acheter un champ, cela peut être dire une prière de reconnaissance à Dieu, le remercier pour ses promesses, pardonner à quelqu'un ou que sais-je. Ou faire une visite, donner une parole d'encouragement, un geste de consolation, tous des champs que nous achetons pour son royaume. Je ne connais pas vos cœur, ni les champs que vous pouvez acheter, mais Dieu les connaît, et il nous invite comme Jérémie, même si la situation paraît désolée, d'acheter un champ d'espérance. Dieu est bon, il garde ses promesses. Regardez une fois la signification des noms impliqués. J'ai déjà parle de Jérémie et de Sédicias. Mais on trouve Hanameel, le cousin de Jérémie, auquel il désire acheter un champ, Hanameel signifie Dieu a pitié, et le champ se trouve à Anathoth, qui signifie: réponses à la prière, Baruc, auquel est remis le contrat d'acquisition, signifie: béni, et son père Nérija signifie: lampe de l'Eternel. Dieu est juste, c'est vrai, mais il a pitié de notre misère, il répond à nos prières, il bénit et sa parole d'espérance éclaire nos chemins. Amen